Marianne a ramassé les feuilles au jardin (on n’en voit décidemment pas la fin), Amélie a rangé les placards. J’ai fini les plantations de narcisses. J’ai mis presque trois cents oignons en terre dans la plate-bande. Des Totus albus, des Poéticus actea. S’ils veulent bien pousser ensemble, nous aurons un printemps tout fleuri de blanc. Nous avions rendez-vous vers midi à Jullouville pour payer le loyer annuel des Fontenelles. Politesses, biscuits salés et verre de Byhrr avec les propriétaires. Amélie a laissé entendre que nous serions intéressés à acheter le terrain. Les autres n’ont pas opposé de fin de non recevoir. Quand nous vendrons, nous vous le proposerons en priorité. Nous avons une petite chance que cela se fasse. Ils viennent de se défaire d’une maison à Carolles. Pourquoi pas du potager ? Cela dit, je n’ai pas la moindre idée du prix qu’ils peuvent demander. Mais ce serait bien. Si bien.
mardi 25 novembre 2008
Dimanche 23 novembre. 23h10
Par Xavier Houssin le mardi 25 novembre 2008, 11:46
Samedi 22 novembre. 23h30
Par Xavier Houssin le mardi 25 novembre 2008, 11:44
Nous nous sommes attaqués au garage de bonne heure. Il était rempli du sol au plafond. Les malles, les cartons, les sacs. Les petits meubles envahis de boîtes ficelées, les tiroirs débordants. Et les conserves, le vin, les légumes, les pommes dans les clayettes. Les outils du jardin, la tondeuse électrique, la débroussailleuse. Marianne nous a aidé à jeter tout un nouveau fatras d’inutile. Couvertures trouées, vieilles armatures, ustensiles rouillés. Tu veux vraiment garder ça ? Besoin que quelqu’un d’autre décide. Nous avons déjà tellement trié, trié. Amélie a fait trois voyages en voiture jusqu’à la décharge de Montviron. Nous avons empilé le reste dans la remise des Fontenelles en d’incessants allers et retours. La pluie nous a heureusement à peu près laissés tranquilles. En fin d’après-midi tout était terminé. Place nette. Il ne reste plus qu’à mettre de l’ordre dans la maison. Surtout dans les placards invraisemblablement encombrés. Visite à Georgette. Elle toujours aussi dolente et fatiguée. Elle ne sait plus quoi dire entre se plaindre et rassurer. Elle réclame à lire, mais ne trouve pas son bonheur dans ce que nous lui rapportons. Clavel est Démodé et trop triste, Claudie Gallay Pas si bien écrit que ça. Je vais lui passer Le cœur cousu de Carole Martinez. Nous sommes allés dîner chez François à Genêts. Un restaurant discret dans une ruelle du village. Dans la nuit un peu brumeuse, j’ai eu du mal à retrouver l’endroit. Tout ici est simple et chaleureux. Nous avons dignement fêté au cheverny notre grand débarras. Le patron fait ses grillades dans la cheminée, porc, bœuf, agneau, et parle littérature culinaire avec un enthousiasme intarissable. Amélie a pris date avec lui pour mai. C’est que nous allons avoir quelques belles tablées pour le mariage.
Samedi 22 novembre. 1h50
Par Xavier Houssin le mardi 25 novembre 2008, 11:42
Le train de 10h30 est encore parti avec du retard. Cette fois-ci, c’était les feux de la motrice qui ne fonctionnaient plus. Tout le monde se tassait sur le quai de départ. Les employés de la gare étaient simplement odieux. J’allais dire, question d’habitude. Fichue ligne Paris-Granville. Il y a toujours quelque chose qui ne va pas… Marianne faisait le voyage avec moi. Amélie l’avait « embauchée » pour nous aider à débarrasser tout le garage. Le maçon doit y couler une chape de béton avant que nous n’en utilisions une partie pour faire une chambre. C’est qu’on s’agrandit. Nous avons fait les courses ensemble à l’arrivée. Du bar, des tourteaux, des saint-jacques, des coquillages, de grosses huîtres pied-de-cheval. Georgette m’avait réclamé au téléphone quelques commissions que nous lui avons portées avant même d’ouvrir la maison. Elle a les traits tirés de fatigue et de douleur. Ca ne va pas, ça ne va pas, ça ne va pas. Rien ne la soulage. Quand arrive Amélie ? – Ce soir, comme d’habitude. Là, le train était à l’heure. Amélie a découvert le fauteuil club refait à neuf en toile rouge, les nouveaux rideaux aux fenêtres. La tapissière avait tout installé samedi dernier. Nous avons soupé tous les trois jusque tard. La pluie battait violemment aux carreaux. Pourvu que demain la journée nous garde quelques éclaircies.
lundi 24 novembre 2008
Samedi 22 novembre. 1h50
Par Xavier Houssin le lundi 24 novembre 2008, 21:23
Le train de 10h30 est encore parti avec du retard. Cette fois-ci, c’était les feux de la motrice qui ne fonctionnaient plus. Tout le monde se tassait sur le quai de départ. Les employés de la gare étaient simplement odieux. J’allais dire, question d’habitude. Fichue ligne Paris-Granville. Il y a toujours quelque chose qui ne va pas… Marianne faisait le voyage avec moi. Amélie l’avait « embauchée » pour nous aider à débarrasser tout le garage. Le maçon doit y couler une chape de béton avant que nous n’en utilisions une partie pour faire une chambre. C’est qu’on s’agrandit. Nous avons fait les courses ensemble à l’arrivée. Du bar, des tourteaux, des saint-jacques, des coquillages, de grosses huîtres pied-de-cheval. Georgette m’avait réclamé au téléphone quelques commissions que nous lui avons portées avant même d’ouvrir la maison. Elle a les traits tirés de fatigue et de douleur. Ca ne va pas, ça ne va pas, ça ne va pas. Rien ne la soulage. Quand arrive Amélie ? – Ce soir, comme d’habitude. Là, le train est arrivé à l’heure. Amélie a découvert le fauteuil club refait à neuf en toile rouge, les nouveaux rideaux aux fenêtres. La tapissière avait tout installé samedi dernier. Nous avons soupé tous les trois jusque tard. La pluie battait violemment aux carreaux. Pourvu que demain la journée nous garde quelques éclaircies.
Jeudi 20 novembre. 22h50
Par Xavier Houssin le lundi 24 novembre 2008, 20:28
J’ai signé des exemplaires pour les libraires une bonne partie de la journée. Cela fait étrange d’adresser les livres si tôt. Je n’ai pas pu m’empêcher de l’écrire d’ailleurs dans la dédicace. Un peu plus de deux mois et demi avant… J’espère que cela ne fait pas trop prétentieux. C’est un drôle d’exercice que ces envois en garde. Jusqu’ici, ça va, je connais ceux pour qui je trace deux ou trois phrases. Juste dédier ce petit texte de chagrin. Déjeuner avec Nadine chez Claude Saintlouis. Deux bonnes semaines qu’on ne s’était vus. Elle me manque vite Nadine. J’avais l’impression que cela faisait une éternité. Les programmes de rentrée de Denoël (il y a un deuxième roman de Sophie Bassignac), les histoires des uns et des autres. Nous avons trempé nos lèvres dans le beaujolais nouveau histoire de goûter. Je crois que je n’aime plus vraiment ça, mais je reste attaché à cette « tradition » qui rassemble encore les gens. Lorsque j’étais à Point de Vue, nous organisions des pots homériques avec Alain. Nous nous entendions bien tous les deux. Toujours ensemble à se raconter le monde tel qu’il pourrait être. Des discussions presque adolescentes. En tout cas, à n’en plus finir. Alain a été flanqué à la porte en 2002, je crois. Il a pris sa retraite à Concarneau. J'ai été viré deux ans après. Nous nous sommes éloignés à cause d’un livre de souvenirs qu’il avait écrit et sur lequel je n’ai pas su dire sans doute ce qu’il fallait. Je m’en suis souvenu de tout cela en prenant le chemin du retour vers chez Buchet, et, du coup, j’ai acheté deux bouteilles pour offrir un coup à boire là-bas. Quand je les ai sorties en fin de journée, nous n’étions plus très nombreux pour trinquer. Suffisamment quand même… J’ai retrouvé Amélie. Elle avait réservé deux places au Vieux colombier pour Le voyage de M. Perrichon avec Pierre Vial et Madeleine Marion. Que l'homme est petit quand on le contemple du haut de la mère de Glace ! Bon, la mise en scène était, pour mon goût, un peu trop « intelligente » Mais je n’ai pas boudé mon plaisir du tout. J’avais une dizaine d’années quand j’ai découvert Embrassons-nous Folleville!. Et si on allait revoir du Labiche ?
Mercredi 10 novembre. 23h00
Par Xavier Houssin le lundi 24 novembre 2008, 16:00
Les étudiants ont tiré au sort leurs sujets de reportage. Une boutique, un café, un bout de rue, un pan de quartier près de Censier. La semaine prochaine ils partent « sur le terrain ». Dans l’après-midi, j’ai continué à envoyer mon livre aux libraires. Pour une histoire d’adresse dont je n’étais pas sûr, j’ai appelé Annabelle à L’Arbre à lettres. Nous ne nous étions pas parlé depuis bientôt deux ans. Elle m’a appris que Virginie avait démissionné de Page et qu’elle travaillait à présent à la Maison des écrivains. Je lui ai téléphoné tout de suite pour la féliciter. Heureuse est elle de s’être sauvée de ce guêpier. Là aussi, cela faisait combien de temps qu'on ne s'était vus ? Je l’ai retrouvée le soir avec Claire pour un verre rue Monsieur-le-Prince. L'heure, et largement plus, a filé vite avec elles. Il faut vraiment cultiver les affections, l’amitié. Amélie m’attendait plus tard à La bastide Odéon. Un dîner décidé à la dernière minute pour fêter encore un jour ensemble. Gilles avait cuisiné son lièvre à la royale. La fameuse recette du sénateur Couteaux, où tout finit en compotée exquise. Après des heures et des heures de cuisson.
Mardi 18 novembre. 22h30
Par Xavier Houssin le lundi 24 novembre 2008, 15:54
J’ai déjeuné aux Editeurs avec Hélène. Je ne me sens pas vraiment à l’aise dans cet endroit. Une espèce de décor qui n’est que du décor. Je repense toujours à la taverne alsacienne qu’il y avait ici avant. Des brasseries alsaciennes, d’ailleurs, il n’y en a plus guère à Paris, en tout cas plus du tout entre Montparnasse et quartier latin. L’Alsace à Paris avec ses serveurs et ses serveuses en costume a cédé place début 1980 à un prétentieux restaurant de chaîne. Chez Hansi au bout de la rue de Rennes est devenu une monstrueuse boutique de vêtements. Qu’ont-ils fait des fresques qui décoraient la salle ? Hélène voulait me parler du Dictionnaire des papes, pour Le Pèlerin. Notre conversation a glissé assez vite sur le pape d’aujourd’hui, puis sur la morale et la foi. Terrain difficile. J’ai du mal, de plus en plus, à entendre les morales et je me sens en même temps porté par la foi. Comme je peux. Comme je suis. Je connais Hélène depuis longtemps. Elle possède une rare délicatesse d’âme qui me fait tout lui céder. Alors, nous avons glissé sur nos (lourdes) divergences…
Lundi 17 novembre 2008. 23h40
Par Xavier Houssin le lundi 24 novembre 2008, 11:59
J’ai lu, une fois encore, La domination d’Anna de Noailles. Je pense qu’il va être difficile de republier ce texte. Le titre sonnait trop prometteur. Nous sommes ici dans la curiosité littéraire, bien plus que dans la littérature. Il me reste pour la collection, un recueil de nouvelles, pour le coup toujours accessibles. Et encore pleines de surprises, de nouveauté. Je vais regarder également La nouvelle espérance. Si je me fiais au titre là aussi… J’ai déjeuné avec Paul. Nous avons regardé ensemble les premières listes d'envoi aux libraires pour La mort de ma mère. J’ai téléphoné l’après-midi à Senlis à la librairie Henri IV, celle que tenait Madame Fiévet quand j’étais petit. J’ai parlé d’elle avec la nouvelle propriétaire. Je la revois, tirée à quatre épingles, avec ses cols claudine, son rang de perles au cou. Dans sa boutique, il flottait une odeur de papier, de bois ciré, de colle. D’encre neuve. De plastique d’intercalaires et de protège-cahiers. Quelque chose de fade, relevé, en recoins, de vagues d’âcre et d’acide. Je m’y sentais chez moi, un peu. Vraiment. Madame Fiévet doit être âgée maintenant. Irais-je à Senlis au moment de la sortie du livre ? J’ai peur de m’y engloutir dans les souvenirs insidieux et la nostalgie. On verra. Marie est venue dîner à la maison au soir. Elle avait laissé Beuys chez elle. Beuys, c’est son chat. Un tout jeune matou au pelage blanc et roux qu’un ami lui a apporté la semaine dernière. Elle est ravie. Souvenir de ses années aux Beaux-Arts, elle lui a donné le nom de ce plasticien allemand dont une part de l’œuvre a consisté dans des enveloppements de feutre. Aviateur abattu pendant la seconde guerre mondiale, gravement brûlé, il avait été, nous a-t-elle raconté (je n’en savais rien), sauvé par des nomades qui l’avaient enduit de graisse avant de le rouler dans des couvertures… de feutre.
mardi 18 novembre 2008
Dimanche 16 novembre. 22h00
Par Xavier Houssin le mardi 18 novembre 2008, 12:14
Jeannine est partie sans même rien avaler à part une dosette de médicament homéopathique. A peine une minute d'au revoir. Un signe de la main. Sa voiture a filé dans le matin encore noir vers le bas de l'avenue. Elle est pressée. Ce festival de Tournai, c'est un nouveau rendez-vous avec son Maurice. Elle n'en cède pas un seul. Etonnante amoureuse. C'est ce qui la fait vivre. C'est tout ce qui la tient. Nous avons rassemblé nos affaires, rabattu le canapé, effacé le désordre de nos deux nuits dans le salon-musée. Echangé nos adresses avec Marina et bu avec elle le café. Le taxi attendait. On s'écrira, promis. Les bagages déposées à la consigne, nous avons flâné au marché de la gare du Midi. Rien à acheter ici puisque Jérôme et Marion rentrent trop tard de leur séjour à l'Ile d'Yeu pour passer comme prévu ce soir à la maison. Nous sommes remontés en tram jusqu'à la place Sainte-Catherine. Déjeuné lentement. Ecrit des cartes postales. Fait le retour à pied tout doucement vers la gare. La dernière Chimay bleue. Minuscule déprime comme en fin de vacances. Ca passe. C'était bien ce séjour... Retour à la maison. On y est bien aussi.
lundi 17 novembre 2008
Dimanche 16 novembre. 2h00
Par Xavier Houssin le lundi 17 novembre 2008, 17:56
Notre nuit à nous n’a pas été très longue non plus. Etouffée de volets hermétiquement clos, de figures de musée et d’étrangeté sensible. Nous avons fait chacun des rêves agités. Petit déjeuner avec Marina qui termine son deuxième séjour ici. Cela doit être vraiment une curieuse expérience que de partager ce « tous les jours Carême » de Jeannine pendant des semaines. Se lever avec lui, vivre chaque instant dans sa présence et son ombre. Veiller avec lui. se coucher avec lui. Parler de lui, le faire parler, en récitant sans cesse ses poèmes. Raconter ce qu'il a fait et ceux qu'ils l'ont connu. Les bons amis, les admirateurs et les envieux aussi. Chaque instant est envahi. C'est beau, tendre et terrible. Dans la maison, dans le minuscule jardin, j'avais ses vers en ritournelle. Impossible de les chasser... Ma main tenait la main du temps,/ Moi aussi, j'étais éternel./Dès que j'ouvrais les bras au vent,/ Mes yeux se remplissaient de ciel.
Nous avons pris le métro jusqu'au centre. Toujours cette même grisaille humide. Nous nous sommes réfugiés au palais des Beaux-Arts où nous avons passé une bonne partie de la journée. Longue déambulation à travers l'exposition CoBrA et les oeuvres de Dotremont, Asger Jorn, Karel Appel. Mais je voulais également revoir les collections XIXe et montrer à Amélie les toiles de Khnopff et surtout celle qui représente Marguerite, sa soeur, debout dans l'encadrement d'une porte, un bras accrochant l'autre, le regard à côté, toute de blanc vêtue. Les portraits d'Evenepoel, les paysages de Vogels et de Boulenger. Ensor... Nous sommes repartis tout flottants d'impalpable vertige. Au soir nous étions invités à Ixelles. Un dîner chez Fanny la soeur de Martin qui était venu à Bruxelles avec Catherine et Simon. Simon, nous ne l'avions pas vu depuis le printemps dernier. Il a grandi, bien sûr, et attrappé une bonne bouille de petit garçon. Il y avait la mère de Martin, Pierre son père dont nous avions fait la connaissance en septembre au cocktail de rentrée de la délégation générale Wallonie-Bruxelles à Paris. Nicolas aussi, sa femme Marie et leur fils Aurélien qui du haut de ses neuf mois lançait à Amélie des yeux enjoleurs. Le repas a été gai. Familial. Fraternel en un mot. Martin nous a raccompagnés bien tard à Anderlecht. Nous avions la clé. Jeannine nous attendait discrètement. J'avais peur de ne pas vous voir avant de partir pour Tournai. Nous avons mis le réveil pour nous lever avec elle...
Vendredi 14 novembre. 23h10
Par Xavier Houssin le lundi 17 novembre 2008, 17:51
Il tombait une petite bruine grise et désespérante à Mouscron. C'était ce ciel si gris qu’un canal s’est pendu, comme chantait Brel. Pourtant j’aime infiniment ce temps qui enveloppe en large froidure. Ce vent de mer, du bout de la mer, sans autres obstacles que les villes qu'il noie en lents tourbillons. J’aime tout cela, tout. Oui, tout... Et d’une province l’autre, d’une langue à l’autre, même. Zonder liefde warme liefde/ Waait de wind de stomme wind/ Zonder liefde warme liefde/ Weent de zee de grijze zee/ Zonder liefde warme liefde/ Lijdt het licht het donk're licht/ En schuurt het zand over mijn land/ Mijn platte land mijn Vlaanderland. Le presque par cœur hésitant qu’on ne comprend pas en entier. Oui, je suis ici en connaissance et en reconnaissance. Nous avons pris le train pour Bruxelles en fin de matinée. Un peu moins d’une heure de trajet. Tournai, Ath, Enghien, Halle. Amélie lisait, j’étais perdu dans la brume du paysage. De la gare du Midi, nous avons pris le taxi jusqu’à la place aux herbes et sommes allés déjeuner à la Taverne du passage, au bout de la Galerie de la Reine. Des croquettes de crevettes, du civet de lièvre, quelques verres de Mousel. Un repas bruxellois tel que je me l’imagine. Nous avons tiré notre valise à roulettes dans le quartier de la Grand-Place. Fait des achats de touristes : chocolat, spéculoos et cartes postales. Des roses aussi pour Jeannine. C’est elle qui nous héberge ces deux jours dans sa maison d’Anderlecht. Dans la maison de Maurice Carême plutôt… Maîtresse du poète au long cours, aux présents différents et au très loin des loins, elle règne aujourd’hui sur l’œuvre, les livres, les lieux et les objets. Carême est mort il y a trente ans, il n’a jamais été aussi vivant pour elle. Elle nous attendait les bras ouverts. Embrassades, champagne, charmant et interminable dîner. Elle loge en ce moment Marina Tickhanova, une jeune universitaire russe qui prépare une thèse à Smolensk sur la poésie de l’enfance en France. Marina occupait la chambre à l’étage, nous avons installé notre couchage dans le lourd canapé pliant du salon au milieu des bustes, des portraits, des souvenirs. Jeannine, à quatre-vingt-trois ans, passait, elle, la nuit sur un lit de camp dans son bureau. Courte nuit d’ailleurs. Elle partait aux aurores pour installer son stand Maurice Carême à la foire du livre de Tournai.
Jeudi 13 novembre. 23h50
Par Xavier Houssin le lundi 17 novembre 2008, 16:11
J’étais à Mouscron sur le coup de midi. Quelqu’un était venu me chercher en voiture à la gare de Lille. Un quart d’heure de voiture. Roubaix, Wattrelos… La frontière belge qu’on franchit sans s’en apercevoir. Itinéraire connu. Je n’ai pas osé demander à passer par la rue d’Avelghem. Les pudeurs sont idiotes… La bibliothèque de Mouscron est en partenariat avec le festival du premier roman de Chambéry. Je devais présenter les auteurs que j’avais déjà vus là-bas et qui viendront en Belgique en janvier prochain. Une première séance avec des lecteurs au bar de la bibliothèque (un vrai bar dans une bibliothèque, un bonheur !), une dernière en début de soirée avec des enseignants et des professionnels du livre. Entre les deux, j’ai eu le temps de traîner un peu en ville. Ce n’est pas que ce soit beau ici, mais j’y suis bien. Je suis considérablement attaché à cette petite ville. C’était, lorsque j’étais enfant, LA destination. Un Eldorado frontalier où mes oncles s’approvisionnaient en bière et en cigarettes, réputé pour ses restaurants copieux, gastronomiques et bon marché. Il y avait surtout La Cloche, un estaminet sardanapalesque où venait mon oncle Henri au moins deux fois par an. J’avais été une fois invité aux agapes semestrielles. Je devais avoir dix ans. Grande émotion de filet américain, de frites et de lèvres trempées dans un verre de Chimay bleue. A la tienne, mon oncle… Je m’en suis éclusé deux, tout seul, au Werkers Kring (au cercle) rue du Beau-Chêne, en mettant une dernière main aux fiches de mon débat du soir. A Mouscron, j’ai retrouvé Carinne, la directrice de la bibliothèque, avec un immense plaisir. On avait fait connaissance à Chambéry en 2004. Voici quelqu’un qui ne se prend pas au sérieux et qui ne fait pourtant que des choses essentielles. Dévorée, très simplement, de littérature et d’amitié. Amélie avait raté la correspondance du car à Lille. Elle est arrivée tard mais a quand même pu encore se faire servir une plantureuse assiettes de crevettes grises à la tomate. Nous, nous étions attablés depuis un bon moment. Avec Yves, le compagnon de Carinne et Mabrouk Rachedi, un auteur chez Lattès en résidence ici. La table avait été réservée… à La Cloche…
Jeudi 13 novembre. 1h10
Par Xavier Houssin le lundi 17 novembre 2008, 12:55
J’avais tout oublié pour mes cours aujourd’hui. Les travaux à rendre, les feuilles de présence, de notation. Ca ne fait pas très sérieux. Tant pis. Le semestre n’avance pas si mal. Les étudiants parviennent maintenant à faire des revues de presse de bonne qualité. Je les sens plutôt contents, assez mordus par l’actualité. Des retards de trains jusqu’à l’arrivée des « anarchistes », nous avons débattu de l’étonnant traitement de l’information à propos des sabotages sur les caténaires de la SNCF. Je vais pouvoir les envoyer bientôt faire de petits reportages… Je suis repassé en vitesse chez Buchet. Sur mon bureau m’attendaient mes exemplaires de La mort de ma mère. Deux mois et demi avant la sortie en librairie, il faut commencer à penser aux envois. Raphaël m’a gentiment demandé de lui en dédicacer un. Il a été très enthousiaste pour mon texte dont il avait lu les épreuves il y a un mois ou deux. Pour moi, c’est étrange. Je regarde la couverture bizarrement. Je n’ose pas l’ouvrir. Je ne sais pas quoi en penser. Je suis allé prendre un café avec Raphaël. D’une certaine manière, je voulais qu’on change de conversation... Nous avions prévu d'ailleurs qu’il me raconte sa rencontre avec Jean-Pierre Martinet du temps où il avait édité Jérôme au Sagittaire. Des bribes de vies, là, se dessinent peu à peu. Je vais téléphoner à Alfred Eibel pour en connaître encore. Je reste très impressionné, très remué, par ce livre, Jérôme. Si tout va bien j’écris le papier pour Le Monde dans le courant de la semaine prochaine. Des gens du Monde, il y en avait pas mal à la librairie Compagnie où j’ai retrouvé Amélie en début de soirée. C’était pour la sortie des Actes des assises internationales du roman chez Bourgois. Nous sommes restés un moment avant de nous rendre avec Joëlle chez Hélène et Bertrand, boulevard Beaumarchais. Ce sont eux qui auraient dû venir dîner rue Saint-Charles, mais rendre l’appartement plus tôt que prévu a interrompu brutalement nos invitations. Je partage avec Bertrand les années des petites classes au collège Saint-Vincent. Nous avons découvert cela par hasard l’an dernier. Il est mon aîné de peu et nous nous y sommes probablement croisés. Nous avons des souvenirs proches. Des instants, des visages. Surtout, nous en parlons avec le même malaise sourd. Le même sentiment de révolte. Le même écoeurement. J’ai besoin que nous en parlions ensemble vraiment si je veux recommencer le livre que j’avais déjà bien commencé puis jeté quand ma mère est morte…
Mardi 11 novembre. 22h45
Par Xavier Houssin le lundi 17 novembre 2008, 12:53
Cérémonie du souvenir. Nous allions dire au revoir à Georgette en fin de matinée quand nous avons aperçu le rassemblement près de l’église. Rien n’avait encore commencé. Nous avons salué d’un signe de tête les uns et les autres. Ecouté les discours. Celui du président des anciens combattants, celui du maire aussi qui s’est juste contenté de lire le communiqué officiel. Dommage. Au fur et à mesure que les années passent, il me semble en effet que l’événement devrait occuper davantage d’importance. Toujours cette idée de ne pas oublier. N’était-ce pas cette année la première commémoration de l’Armistice qui se fait sans un survivant français de la Grande guerre? Il y avait parmi l’assistance le petit-fils d’un des soldats dont le nom était inscrit au monument aux morts de Carolles. Il avait fait le trajet de Bretagne pour l’occasion. Ca n’aurait pas été plus mal qu’on en dise quelque chose. Enfin… La cérémonie s’est achevée de manière touchante : Joêle a fait chanter La Marseillaise aux petits de l’école. Quelques couacs et beaucoup de bon cœur. Nous avons enfin pris date pour un déjeuner en décembre avec elle et Philippe. C’est lui qui nous marie en mai. Deux mots avec les élus de l’opposition municipale. Trois avec Mlle Verdé. Comment va votre tante ? – Nous y allions justement... Georgette était à table. Un peu de la poule au pot que nous lui avions amené. Un domino de fromage. Ce n’est quand même pas la grande forme. Je me suis laissé à nouveau entraîner malgré moi dans mes réminiscences et dans mes craintes. La mort de ma mère. Verra-t-elle la sortie du livre en février ? Nous sommes repartis par le train de 18h30. J’ai travaillé à mes fiches pour mes interventions de jeudi à la bibliothèque de Mouscron. Nous nous sommes couchés, vaincus par le désordre de l’appartement, à peine la valise déballée…
lundi 10 novembre 2008
Lundi 10 novembre. 22h30
Par Xavier Houssin le lundi 10 novembre 2008, 21:44
On nous a livré du bois. Une demie corde pour commencer. Il était temps. Il restait juste six ou sept bûches. C’est du châtaignier d’une coupe de trois ans qui claque sur les braises. On dirait que la chaleur en est plus joyeuse. Différente. Habitée. Nous avons fait des confitures avec les tomates vertes achetées à Granville samedi. Toujours pas passé au potager des Fontenelles. Le vent souffle. Au jardin, j'ai profité d'une accalmie pour rabattre les tiges des dahlias et des phlox. Arranger un peu la plate-bande sur le côté de la maison. J'ai planté les cinquante oignons de narcisse reçus il y a quinze jours. Des totus albus, tout blancs et parfumés. Mais je me suis aperçu très vite qu'il n'y en avait pas assez. Il seraient vraiment trop clairsemés. Du coup, nous en avons recommandé en catastrophe. Les mêmes et aussi des Poéticus actea, avec un discret coeur jaune. Georgette, à qui nous racontions cela, nous a sorti les photos de son jardin de l'Humelière. Les miens étaient magnifiques, regardez... Elle a fini par appeler le médecin. Elle avait refusé qu’on le fasse les jours derniers. Pas la peine. Pas la peine. De toute façon ce sera un remplaçant. Il lui a prescrit des anti-inflammatoires. Je les prendrai plus tard… Elle a mangé de meilleur appétit et nous a poussés doucement vers la porte. Je crois que notre sollicitude commence un peu à lui peser. C’est signe qu’elle renvique. On se verra demain. Aujourd'hui, le Goncourt a été décerné à Atiq Rahimi, le Renaudot à Tierno Monénembo pour Le Roi de Kahel. Si nous étions à Paris, nous serions allés fêter ça au New Morning avec POL. Et passés embrasser Géraldine au Seuil. Christine a téléphoné pour savoir si nous étions en route. Ca va? Oui, ici ça va mieux. Je respire.
Lundi 10 novembre. 1h50
Par Xavier Houssin le lundi 10 novembre 2008, 21:33
Georgette a téléphoné vers les 9 heures. Venez, s'il vous plaît. Elle nous a demandé de l’aider à préparer son café. J’ai passé une bonne nuit, mais là, maintenant, je suis épuisée. Nous sommes restés avec elle le temps de son petit déjeuner. En fait de café, c'est du Ricorée. Elle a grignoté un morceau de pain mou. Nous avons rassemblé son linge sale. Mis une machine à tourner. Au soir, elle semblait plus reposée. Moins anxieuse. Elle avait eu de la visite. Sa voisine du dessus qui s’inquiétait de ne plus la voir sortir. Mademoiselle Verdé aussi. Ca fait du bien de se sentir entourée… Les mêmes mots que ma mère avait dit si faiblement. J’ai vite chassé l’idée. J’ai passé la soirée à rédiger mon papier sur Le Couteau de Jenůfa de Xavier Hanotte pour Le Monde. 4500 signes pour raconter aussi les méandres d’une œuvre touffue, envahissante. Je me retrouve en connivence mélancolique avec Hanotte, dans cette obsession de la perte, de la disparition. Avec cette quête permanente d’identité qu’il incarne, lui, pour l’essentiel, dans le souvenir perpétué et permanent de Wifred Owen, jeune poète britannique tué à vingt-cinq ans, à Ors, dans le Nord, quelques jours seulement avant l’Armistice de 1918. Je ne souviens que de bribes. Il me manque quelques vers. Quels cierges portera-t-on pour leur dernier voyage ? (…)/ Le front pâle des filles sera leur linceul/ Les fleurs, la tendresse d’âmes patientes/ Et chaque lent crépuscule, un volet qui se ferme. Mon Dieu, comme toutes les histoires se rejoignent.
Samedi 8 Novembre. 23h20
Par Xavier Houssin le lundi 10 novembre 2008, 21:29
Nous avons fait le marché à Granville sous une pluie fine en bourrasques. Acheté des moules et des coquilles saint-jacques. Un beau saumon. Une poule un peu grasse pour faire du bouillon. Plein de légumes. Carottes, poireaux, salsifis, cèleri. Amélie a cuisiné tout l’après-midi pour Georgette. Elle lui a préparé plein de petits repas. Pour plusieurs jours. C’est qu’elle n'est pas beaucoup mieux. Ca la tire violemment dans les côtes. Elle peine. Elle s’étouffe. Ne vous en faites pas. S’il je me sens vraiment mal je vous appellerai.
Vendredi 7 novembre. 22h00
Par Xavier Houssin le lundi 10 novembre 2008, 21:27
Chaque semaine je rentre dans un jardin d’après déluge. L’ornière de l’entrée se creuse un peu plus à chaque fois. L’herbe est trempée. Les feuilles tombées font une drôle de tisane dans le tonneau de récupération d’eau. Plein à ras bord. J’attendais le ferronnier qui doit prendre les mesures du cadre qui soutiendra les grandes portes de serre que François nous a données l’an dernier et qu’Emmanuel a réussi, non sans mal, à nous faire parvenir cet l’été. Il a fait deux trois croquis. J’attends le devis. Je n’avais pas appelé Georgette à cause du rendez-vous. Je lui ai téléphoné en fin de journée. Pas réponse. J’ai réessayé à la nuit tombée. Ca continuait de sonner dans le vide. Je suis passé tout de suite, vaguement inquiet. Elle ne va pas bien du tout ma vieille marraine. Elle peut à peine bouger. Son dos est bloqué. Le moindre mouvement la fait gémir. Le médecin est passé hier. Il pense qu’il s’agit d’une vertèbre déplacée. Il a donné des calmants. Ca passera, ça passera, répète-t-elle. Elle m’avait préparé toute une liste de courses. Je t’attendais pour aller coucher, m’a-t-elle dit. Je lui ai installé une planche sous son matelas. Je dormirai mieux sur du dur. Ne t’inquiète pas, ça va aller. Je l’ai quittée plutôt inquiet. Elle est si fragile. Comme prête à casser. Les traits tirés de fatigue et de douleur. Je suis parti chercher Amélie à la gare. Elle sera bien là demain ?, m’avait demandé Georgette. Dîner rapide. Dehors le vent sifflait dans les branches du figuier.
vendredi 7 novembre 2008
Vendredi 7 novembre. 2h15
Par Xavier Houssin le vendredi 7 novembre 2008, 16:22
Jeux d’Epreuves à nouveau cette semaine. Je me fais la rengaine du « L’ai-je bien défendu ? ». Là, c’était Noces de Chêne de Régine Detambel. Je suis accroché à ses livres depuis que j’ai lu La quatrième orange en 1992. En moins de vingt ans (elle a publié pour la première fois chez Julliard en 1990), elle a bâti une œuvre inouïe qui parle du corps, de la peau, des émotions vivaces. Dix-sept ou dix-huit romans, au moins six « textes brefs », cinq essais, deux recueils de poèmes, plus la jeunesse, plus les ouvrages collectifs, les préfaces, les critiques d’art, les articles. Je suis, à chaque fois, ébloui par son écriture. Elle l’envahit de plaies, de rage, de lancinances. De nature brute. Foisonnante. Instinctive. Noces de chêne est un très beau texte sur la vieillesse, sur la permanence du désir. Sur la fidélité en amour. J’ai foncé à la maison juste après l’émission. Je devais avoir Xavier Hanotte au téléphone. Le Monde m’a passé commande d'un « atelier d’écriture » sur son dernier titre, Le couteau de Jenufa. A rendre lundi. Je venais à peine de raccrocher quand Marie a sonné. Nous sommes partis ensemble rejoindre Amélie rue Saint-Charles pour notre dernier dîner là-bas. Nous devons rendre en effet l’appartement plus tôt que prévu. De la famille de Dominique et Frédéric doit y loger. Nous n’aurons pas vraiment habité cet endroit. En fait, nous commencions juste à l’apprivoiser. Nous avons passé cette soirée de clôture avec Agnès et Laurent, Anne-Gaëlle et... Laurent. Nous avons fini le poulet rôti, les frites, la glace à la mangue, celle au tiramisu, le pouilly, le bourgueil, les discussions sur les livres, les livres, les livres. Il était tard. Tout le monde est rentré chez soi. Nous avons rangé. Amélie a passé une serpillère sur le sol. J'ai fait le tour des pièces. Dans la chambre, j'ai raccroché au-dessus du lit le portrait du petit Grégory.
Mercredi 5 novembre. 16h10
Par Xavier Houssin le vendredi 7 novembre 2008, 16:10
J’ai passé une demi-heure au téléphone avec Erik Orsenna. Une courte interview pour le site d’Hachette. J’ai rédigé le papier dans la foulée et je l’ai envoyé. La remise du Médicis avait lieu à 13h00 à l’hôtel Lutétia. J’y suis parti un peu à reculons. La perspective d’avoir à écrire en deux heures un pseudo portrait du lauréat attendu ne m’enchantait pas vraiment. J’étais encore dans le métro quand Amélie a appelé : Je viens de l’apprendre… Le prix va à Blas de Roblès. J’ai été envahi par une belle bouffée de contentement où se mêlaient la satisfaction que ce fantastique bouquin auquel Laure Leroy et Serge Safran ont cru avec tant d’enthousiasme soit à nouveau distingué (il a déjà obtenu le prix Fnac, le prix Giono, il reste sur la dernière liste du Goncourt). Celle aussi que le travail qu’ils accomplissent chez Zulma soit ainsi reconnu et salué. Celle enfin de n’avoir pas à faire mon pensum sur le livre de l’auteur « concurrent ». En plus, comme Isabelle avait déjà rencontré Blas de Roblès, c’est elle allait se charger de l’article. J’allais avoir ainsi un après-midi plutôt tranquille. Dans les salons du Lutétia, peu savaient déjà. J’ai passé discrètement un coup de fil à Christine, au Monde, pour l’avertir et savouré ensuite un peu sournoisement le privilège d’être de ceux qui avaient la primeur du résultat. Rien que quelques minutes avant, mais avant les autres… Anne Wiazemski a dévoilé le palmarès. Là où les tigres sont chez eux n’est passé qu’au quatrième tour et grâce à sa double voix de présidente. Le Médicis récompense aussi Cécile Guilbert pour son essai Warhol spirit. Je suis allé l’embrasser. A la sortie, Géraldine et Marie Lagouanelle m’ont gentiment agrégé à leur déjeuner. Nous sommes allés chez Enzo, un italien de la rue du Dragon. Les pâtes y étaient relevées, piquantes. Mais j’en voulais davantage. Il fallait que ça arrache. J’ai pensé à cette phrase de Ferré : Le piment, le vrai, c’est celui qu’on rajoute. Et c’est ce que j’ai fait.
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