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vendredi 12 octobre 2018

Vendredi 12 octobre 2018. 19h40.

Etienne est passé ce matin m’apporter une bouteille de calva de son voisin. Ca me fait plaisir ! Il était un peu déçu de ne pas voir Amélie. Elle est à Gradignan jusqu’à dimanche soir pour le festival Lire en poche. Journée blanche. Mal travaillé.

Jeudi 11 octobre 2018. 21h30.

Je me suis rendu compte que j’ai laissé passer l’anniversaire de Yann. L’invitation à dîner à l’auberge mercredi dernier était à cette occasion. Ca ne m’avait pas effleuré. Quel âne. Il va falloir que je me rattrape. Je me perds dans les dates. Cet après-midi encore. J’ai emmené la chienne faire ses rappels de vaccins chez le vétérinaire. Pour me rendre compte là-bas que j’étais en avance de plusieurs mois. Ca aurait dû être en février. Tant pis, on y va. Vu mon papier sur Pagano dans Le Monde. Le type qui s’occupe de la titraille au journal a écrit dans le chapô Trilogie des confins à la place de Trilogie des rives. Il aurait pu se relire. La trilogie des confins, c’est Cormac McCarthy. Tellement rien à voir. Ca m’énerve.

Mercredi 10 octobre 2018. 19h50.

J’ai fini de retranscrire mon interview de Simonetta Greggio. C’est un exercice fastidieux. Avant, je prenais des notes. Je devais les remettre vite au propre, faite de quoi, si j’attendais, je n’arrivais plus à relire mes gribouillis. En enregistrant aujourd’hui, j’ai gagné du confort, et je suis devenu, du même coup, paresseux. Ca traîne.

Mardi 9 octobre 2018. 19h20.

Madame Bassard est à l’hôpital. Elle respirait mal. On lui a diagnostiqué un œdème pulmonaire. Son cœur est fatigué. Elle a eu quatre-vingt douze ans cet été. Matinée de courrier. J’ai organisé les rendez-vous de mon séjour à Paris fin novembre, avant de m’apercevoir qu’aucun train ne circule sur la ligne cette semaine-là. Compliqué de décaler. Il va falloir partir de Rennes, si je trouve une bonne âme (à part Yann, je ne vois pas) pour m’accompagner. A moins que je prenne la voiture, mais le prix du stationnement reste un problème.

Lundi 8 octobre 2018. 20h00.

Fatigué. Tassé. Un peu chagrin. Dehors, il faisait un temps superbe, mais je n’avais aucune envie de bouger. Amélie m’a tiré dehors. Allez ! J’ai bougonné pendant un moment et puis mes vilains nuages ont fini par se dissiper. Sans elle tout serait noir. Chaque jour.

Dimanche 7 octobre 2018. 23h00.

La Harpe a 3 ans. En janvier, ce sera l’anniversaire de son arrivée à Carolles. En cadeau, Amélie l’a emmenée faire une longue balade au bord de mer, du Port-du-Lude à Kairon. Je suis resté à la maison rédiger mon papier sur Pagano. Cela m’a pris longtemps. Je butais sur les mots, je recommençais plusieurs fois les phrases. Tout s’embrouillait. J’étais dans la crainte de trahir mon émotion. D’en faire trop ou pas assez. Au bout du compte, je ne sais pas bien quoi penser de ce que j’ai écrit.

dimanche 7 octobre 2018

Samedi 6 octobre 2018. 22h40.

J’ai retrouvé cette semaine, dans les papiers de ma mère, une prière qu’elle avait écrite le 6 octobre 1990. Mon père était mort quatre ans plus tôt. Elle avait soixante-douze ans. Grande marée. La mer est loin/ La mer est loin, très loin./ Si loin qu’on la dirait engloutie dans l’horizon./ L’estran lisse et brillant s’étend à perte de vue./ Je m’avance et je m’avance encore/ En vain, la mer est toujours aussi loin/ Et rien ne trahit sa présence./ Trop loin, trop loin la mer./ Trop loin pour mes forces./ Au bout de mes pas, je ne trouve rien,/ je ne vois rien, je n’entends rien./ Et toujours ce sable mouillé où je m’enfonce./ Où es-tu seigneur ?/ Trop loin, trop loin pour moi/ Trop loin pour mes efforts dérisoires,/ Bien au-delà de mon possible./ J’ai fait vers toi tous ces pas laborieux/ Et comment, comment te trouver/ si tu t'éloignes à mesure que je me traîne vers toi./ Faut-il laisser la mer aux bateaux/ Et Dieu aux saints,/ Aux saints qui ont eu ce courage qui me manque./ Ce courage d’un pas après l’autre/ vers l’inaccessible infini./ La mer est loin, si loin et je n’ai plus de force./ Mais je sais, je sais qu’elle reviendra./ Oui, je sais, à la vitesse du coursier./ Elle sera là, il suffit de l’attendre. Je serais bien allé lire ce texte sur la grève, mais il a plu sans cesse aujourd’hui. De grosses gouttes lourdes. Juste une éclaircie dans la matinée pour le marché à Granville. A la nuit tombante, nous avons poussé jusqu’à la Croix-Paquerey, abrités sous le grand parapluie rouge qu’Amélie m’avait offert pour mon anniversaire.

Vendredi 5 octobre 2018. 21h50.

Amélie arrivait de Bruxelles où elle accompagnait Andreï Kourkov pour une rencontre chez Tropismes. Elle avait attrapé de justesse son train gare Montparnasse. Je meurs de faim. Sur le port, à la terrasse du Petit mareyeur nous nous sommes partagé un beau plateau d’huîtres, d’oursins, de bouquets. Temps d’été. Nous sommes rentrés à la maison déballer sa valise. Elle avait rapporté de chez Dandoy tout un assortiment de biscuits, palets aux amandes et speculoos. Plus, de la veille où elle était à Lille, du fromage de Hollande, du vieux-lille (heureusement sous vide). Promenade sur la plage jusqu’à la fin d’après midi. Retour par la vallée des peintres et la Mazurie. Nous avions l’impression de ne pas nous être vus depuis une éternité.

Jeudi 4 octobre 2018. 23h00.

Avancé un peu.

Mercredi 3 octobre 2018. 22h30.

Brigitte et Yann m’ont invité à dîner à l’auberge de Carolles. Ils prennent soin de moi. Cela faisait bien longtemps que n’étais pas allé là-bas. Le menu du soir était parfait. Un très délicat consommé aux couteaux, un dos de cabillaud cuit à la perfection. Quel dommage que le décor intérieur soit à ce point sans âme. Bon, à la décharge de Laurent Beltoise et de sa femme, il ont dû faire avec le désastreux aménagement des lieux par l’ancienne municipalité. Mais quand même…

mardi 2 octobre 2018

Mardi 2 octobre 2018. 20h20.

Pas fait grand chose. Du courrier en retard. Je suis encore patraque. Mais les affaires reprennent. Après l’interview de Simonetta Greggio pour son Elsa mon amour, Raphaëlle m’a demandé un papier sur Serez-vous de nôtres d’Emmanuelle Pagano, plus deux courts textes sur le Fabienne Jacob et l’Adeline Fleury. Reste aussi une chance pour La blessure de Jean-Baptiste Naudet. Mais demain, juré, je me remets à mon livre.

Lundi 1er octobre 2018. 21h20.

Mal fichu. J’ai hésité à faire du feu. Il commence à faire froid.

Dimanche 30 septembre 2018. 23h00.

Le train d’Amélie est parti avec un élément de moins. Déjà presque plein à la gare de Granville. Voyage épouvantable. C’est vraiment la rentrée.

Dimanche 30 septembre 2018. 16h20.

J’ai profité du beau temps pour commencer à nettoyer le jardin. Je ne peux pas laisser M. Mitaillé tailler les haies autour d’un telle jungle. J’ai fait de grandes coupes dans les rosiers lianes afin de pouvoir attacher correctement leurs tiges aux branches des sapins. Arraché la vigne vierge qui colonise les pentes du toit. Bref j’ai passé ma journée sur une échelle. Et comme je ne suis pas très doué, j’ai réussi, à la fin, à me coincer le pied entre deux barreaux coulissants. Un cauchemar. Que je monte ou que je descende, j’écrasais mon orteil. Amélie m’a sorti de là de justesse. Ouf ! Plus de peur que de mal.

Samedi 29 septembre 2018. 19h10.

M. Heslouis qui nous livrait le bois depuis des années est mort cet été. En janvier, quand il est venu la dernière fois, il nous avait annoncé qu’il allait devoir se faire opérer du cœur. Trois fois rien. Mais l’intervention ne s’est pas aussi bien passée que le chirurgien l’envisageait. Il a traîné quelques mois une grosse fatigue. Je vais me remettre, me disait-il quand je lui téléphonais. Il avait soixante-neuf ans. C’est Norbert, qu’on ne voit plus depuis qu’il a déménagé à Coudeville, qui nous a annoncé la nouvelle dans un bref message. Le jour de l’enterrement, nous partions pour Veyrier. Où se fournir à présent ? Lui venait des Cresnays, à plus de quarante kilomètres de chez nous, juste par amitié. Etienne, l’oncle d’Amélie (je fais ce raccourci, en fait il est le frère du mari de sa grand-tante maternelle…) chez qui nous avions été déjeuner à Saint-Jean-des-Champs nous a mis en relation avec son voisin, un M. Hamelin qui fait des pommes, des moutons et du bois. Ce matin, il nous a benné une corde et demie dans le chemin. Etienne, à quatre-vingt-deux ans, était venu nous donner un coup de main. Nous voilà parés pour les mois à venir.

Vendredi 28 septembre 2018. 20h40.

J’étais à Paris toute la semaine. Pour un rendez-vous médical d’abord, et puis j’en ai profité pour voir des gens. Je m’ursifie à Carolles. Je reste dans ma tanière. Plus jamais je ne vais dans le bourg (au départ à cause de cette abominable rue principale avec ses parterres sinistres), je boude le marché du jeudi, les commerçants. Je promène la chienne à des horaires où je suis sûr de ne croiser personne. Ou presque. Brigitte et Yann, heureusement, m’arrachent assez régulièrement à ma rumination. Viens prendre un verre. De fait, ils rajoutent une assiette. A Paris, j’ai aéré ma sauvagerie. Nous avons dîné lundi chez Isabelle, avec Astrid et Lahlou, et Cécile, une de ses amies, journaliste et traductrice. J’ai déjeuné le lendemain avec Marie, vu Pascale dans l’après-midi et pris un verre avec Brigitte en fin de journée. Le jour suivant, c’était raout à l’Iconoclaste pour fêter le prix Fnac d’Adeline Dieudonné. Amélie avait, après, réservé une table chez René où nous avons retrouvé Steven pour sa dernière soirée avant son avion du retour. Grandes embrassades dans la rue du Cardinal-Lemoine. See you next time ! La semaine est finie. Je vais pouvoir reprendre ma vie d’ours.

(…)

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Mercredi 19 septembre 2018. 9h00.

J’ai soixante-trois ans. Il faut que je me dépêche.

(…)

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Lundi 10 septembre 2018. 19h45.

Fiona, Steven et Leo sont partis hier en début d’après-midi. Ils sont restés deux jours à la maison. C’était pour eux l’avant dernière étape de leur périple de cet été en Europe. Arrivés d’Australie fin juillet, ils se sont baladés un peu partout, en Italie, en Espagne, en Belgique, en Angleterre. J’étais seul pour les recevoir (Amélie accompagnait Estelle-Sarah Bulle au Livre sur la place à Nancy). Pas facile de me débrouiller en anglais. Je baragouine. Je bute sur le vocabulaire, je trébuche dans les conjugaisons, mais nous parvenons quand même nous comprendre. Cela reste toutefois de la haute voltige. Leur fichu accent australien n’arrange rien. Ils ont beau être d’acharnés francophiles, ils n’ont pas fait, père, mère et fils, un seul progrès depuis que je les connais. Depuis combien de temps au fait ? Quand je suis allé rencontrer Fiona en Australie pour Point de Vue en 2000, Leo avait un an. Sacré compte. Nous nous sommes baladés un peu en Baie, mais surtout, il fallait que j’emmène Steven voir la « vraie » maison d’enfance de Dominique Aury. Lors de son dernier séjour, en décembre, je lui avais en effet fait faire un faux pèlerinage. La bâtisse de la Butte du Val-Saint-Père que j’avais trouvée n’était pas la bonne. L’authentique était à… la Butte, mais à Saint-Senier-sous-Avranches. J’ai decouvert ma méprise à un dîner à la Mazurie chez Dominique et Marianne. La grosse maison du Val-saint-Père où j’avais traîné Steven appartenait à un cousin de Marianne. Ne pourrait-on pas la visiter ? En écoutant mes explications topographico-littéraires (l’endroit était censé avoir appartenu à Charles de Montalembert, l’académicien), Dominique avait tiqué. Il avait fait son enquête et découvert que je m’étais trompé. Et bien trompé. Sur place, Steven a fait de nouvelles photos. Il était un peu déçu : Mais on ne voit pas le Mont-Saint-Michel d’ici !

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