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mercredi 19 novembre 2014

Mercredi 19 novembre 2014. 18h30.

Avez-vous pu poursuivre votre travail sur L’herbier des rayons ?, m’écrit Isabelle Vervey C’est un très beau projet et j’espère que nous aurons le plaisir, à la SGDL, de le découvrir bientôt. Tenez-nous au courant ! Il me reste encore quelques poèmes à écrire. Et surtout je dois commencer à monter les planches.

Mardi 18 novembre 2014. 22h50.

C’est Dominique Fabre qui a remporté le prix Eugène Dabit. Rien à dire : Photos volées est un beau livre. Mais moi, je défendais plutôt, dans la dernière sélection, le Joseph de Marie-Hélène Lafon, cette histoire lente d’un ouvrier agricole dans une ferme isolée du Haut Cantal. Et la chronique simple et discrète de gens que l’on fait disparaître, et avec eux leur monde (notre monde) en entier. J’ai récupéré mon nouveau téléphone portable chez Ginkgo, le magasin d’informatique du boulevard Saint-Germain (il fallait transférer ce qui était sur l’ancien). Pris un verre avec Marguerite. Retrouvé Amélie pour dîner au Chinois de la rue Montfaucon. J’ai eu froid toute la journée.

Lundi 17 novembre 2014. 17h40.

J’ai croisé Jacques Eyzat rue Daguerre. Nous avons longtemps travaillé ensemble. Il était le directeur artistique de Point de Vue. Nous sommes allés prendre un café. Qu’est-ce que tu deviens ? Dans ces courts moments, on découvre qu’on ne peut pas dire grand chose. Que raconter de si important ? Nous avons échangé nos adresses. Il vit entre Paris et Morlaix. C’était un peu troublant de le rencontrer parce que je venais juste d’avoir des nouvelles de Corinne qui m’envoie, comme souvent des photos de ses vacances, de ses deux garçons qui grandissent. Elle avait justement pris un verre avec Catherine qui était à la maquette, ces lointaines années-là.

Dimanche 16 novembre 2014. 22h00.

J’ai reçu un message de Marie-Ange Guillaume. Elle me remercie pour le papier sur son livre écrit autour de la mort de sa mère, Aucun souvenir de Césarée, paru dans le Next du mois de novembre. Je suis heureux que mes quelques lignes l'aient touchée. Elle parle des blessures d’existence, mais dans chacun des textes que j’ai lus d’elle, le ton reste léger. Elle est un rien triste, à peine nostalgique. Un peu à vif parfois. Jamais dans le regret ou l’amertume. Tendresse et coups de canifs. Ca ne saigne pas pour de vrai. Du moins ça cicatrise.

Samedi 15 novembre 2014. 21h10.

Isabelle m’avait demandé de réfléchir à des brèves pour Next. Les tendances à encourager ou à enterrer pour 2015, expliquait-elle. Je n’ai pas grande idée. Pour ce qui est d’oublier, je pourrais peut-être parler de « L’Académie Balzac », l’émission de télé(web)-réalité où les participants, une brochette d’écrivains en herbe, sont enfermés dans un château. Ou alors de BookTube, l’affligeante « communauté littéraire » sur YouTube. Sinon, il y a la rentrée de janvier-février : sans prix littéraires ! De quoi se réjouir. Temps pluvieux et froid. Aux obsèques du père de Cécile Bisson à Champeaux, l’église était pleine. Nous avons dû rester sur le parvis

Vendredi 14 novembre 2014. 19h40.

Le jardin est envahi de feuilles mortes. J’ai passé un temps infini à les dégager. A les faire disparaître derrière les haies. Je ne vais pas tarder à devoir recommencer. Le saule Marsault et le frêne n’ont encore presque rien perdu. Dans les petites plates-bandes, côté chemin, mes semis de roses trémières ont levé. Il y en a une multitude. J’ai planté les trois Générale vicomtesse de Vibraye et le schizophragma que Jean-Pascal m’a rapportés de sa dernière virée chez ses pépinièristes de Bretagne. Il ne vient pas à Carolles cette semaine. Il s’est fait mal au dos. Mon Pauvre vieux, c’est l’âge, dit-il. J’ai l’impression d’entendre mon père. Et moi comment entend-il mes jérémiades? Nous devions aller ensemble chez un de ses amis qui se sépare de plusieurs pièces de sa collection d’histoire naturelle. Je lorgne particulièrement une carapace de tortue… Annick et Norbert sont venus partager notre déjeuner. Ils nous apportaient des figues de leur figuier étonnamment prolifique cette année. Eh oui, il en vient encore ! J’ai continué de travailler au jardin jusqu’au jour tombé. Préparé la pintade au choux pour le dîner. Nous attendons Claudine et Patrick ce soir.

Jeudi 13 novembre 2014. 16h30.

Déjeuner avec Marianne et Amélie à Qualité street (drôle de nom), un petit restaurant tout simple de la rue de la Montagne-Sainte-Geneviève. Marianne se collette toujours sa situation précaire. Le travail qui déborde ou qui se fait attendre. Et les gens qui oublient de vous payer. Je suis rentré faire les valises pour Carolles. Deux semaines que nous n’y sommes pas allés. J’ai l’impression que cela fait une éternité.

Mercredi 12 novembre 2014. 20h30.

Amélie m’a emmené à la boutique Bouygues de l’avenue du Général-Leclerc chercher une nouvelle « carte SIM » pour mon téléphone. Claire et Emmanuel m’en ont rapporté un tout neuf du Mexique. La (très) jeune vendeuse à qui je demandais de m’aider à le mettre en service me parlait doucement comme un vieillard. Petit exercice d’humilité. Enfin ça marche. Reste à récuper les données de l’ancien. C’est une autre paire de manches.

Mardi 11 novembre 2014. 23h50.

J’ai déposé Marie en taxi en bas de chez elle. Un petit signe de la main. Je l’ai regardée franchir la porte cochère de son immeuble. Nous aurons passé trois très beaux jours à Vienne. Je n’étais jamais allé là-bas. Nulle part en Autriche d’ailleurs. Le choix de la destination s’était fait presque au hasard. Elle avait juste envie d’aller vers l’est. J’appréhendais un peu le séjour. A part des moments passés à Carolles, quelques trajets de vacances, nous n’étions jamais partis seuls ensemble. Sauf une fois. Je crois qu’elle avait quatre ou cinq ans. C’était un hiver à Chamonix. Je ne m’en rappelle rien d’autre que de l’avoir perdue dans le centre-ville un après-midi. Un instant d’inattention. Je devais regarder ailleurs. La panique de ce moment-là me coupe encore le souffle. Sale souvenir. Après avoir erré un temps qui m’a semblé infini, je l’avais enfin aperçue au pied de la fameuse statue de Balmat montrant le Mont-Blanc à Saussure. Elle pleurait. Mon Dieu, quelle émotion. Nous nous en sommes souvenus tous les deux à Vienne. Oui, cela a été un beau séjour. J’avais retenu un hôtel dans Leopoldstadt à dix minutes à pied du vieux centre. Nous avons beaucoup marché d’un bout à l’autre de la ville. Nous avons visité l’Albertina (Marie tenait à l’exposition Arnulf Rainer, moi je ne voulais pas rater les Dürer), sommes montés au sommet de la cathédrale Saint-Etienne (quel vertige). Découvert aussi l’église des Jésuites, une incroyable merveille baroque, toute en dorures, en trompe-l’œil, en colonnes de marbre torsadées. Avec des reliques enchassées dans les autels. Nous avons traîné au café Mozart et à l’hôtel Sacher. Ecouté des valses et des polkas de Strauss pour touristes (mais l'orchestre était parfait de qualité ) au Kursalon. Mangé des wiener schnitzels et des saucisses à la moutarde en buvant du weißburgunder Et puis passé de longues heures dans la galerie de zoologie du muséum d’histoire naturelle (le plus beau que j’ai jamais vu). Le dernier jour nous avons traversé le Prater tout roux de feuillages d’automne pour aller jusqu’au Danube. Qui est vraiment bleu, comme on le dit. Il faut dire qu’il faisait grand soleil. J’étais content d’être là avec ma fille. Et j’ai aimé Vienne. La chanson de Barbara m’y est revenue en ritournelle. Facile, mais quand même… J’ai répété de mémoire les paroles à Amélie comme nous dînions à l’Italien de la rue Daguerre. Il est minuit ce soir à Vienne,/ Mon amour il faut que tu viennes./ Tu vois je m'abandonne,/ Il est si beau l'automne/ Et j'aimerais le vivre avec toi./ C'est beau Vienne./ Avec toi...

dimanche 16 novembre 2014

Samedi 8 novembre 2014. 22h40.

Gabrielle avait peur de de ne pas être à l'heure. Vite ! On va arriver en retard. Cela faisait des semaines que nous avions réservé des places pour Trotro fait son cirque, un spectacle chanté et dansé d’après les albums de Bénédicte Guettier (Trotro est le pendant, en âne gris, de Petit ours brun. Et comme lui, il vit de micros aventures : Trotro joue à cache-cache, Trotro a un beau cartable, Trotro fait la sieste, Trotro range sa chambre. J’en passe…). Une foule d’enfants flanqués de parents déjà un peu las se pressait devant le théâtre. Ambiance de kermesse à l’intérieur. Ca braillait, ça riait, ça pleurnichait. Mais au lever du rideau un frémissement ravi a parcouru cette très jeune assistance. Gabrielle avait l’air aux anges. Elle battait des mains en mesure, applaudissait à tout rompre. Et son bonheur nous était doucement contagieux. Nous avons déjeuné avec elle dans un minuscule restaurant du passage des Panoramas. Retour à la maison pour la sieste. Je lui ai relu Boucle d’or et les trois ours (quel succès…). Jérôme est venu la récupérer en fin d’après-midi. Fatigué. J’ai écrit comme j'ai pu ma chronique de décembre pour Next. Demain je me lève de bonne heure. J’emmène Marie à Vienne pour ses trente ans.

Vendredi 7 novembre 2014. 21h25.

J’ai fracassé la théière. En ouvrant le placard, un poivrier en équilibre instable est tombé sur le bec de la verseuse. Brisé net. Heureusement, elle était vide. J’ai regardé un peu hébété le contraste entre le blanc de la porcelaine et le brun brûlé du tanin uniformément déposé à l’intérieur. Des années de patine. Je l’avais achetée lorsque j’avais emménagé rue du Moulin-Vert au moment de mon divorce. Je me suis senti navré. Je vais la recoller et m’en servir comme pot à fleurs à Carolles pour mes petites primevères Gold-Lace du printemps. Je n’aime pas que les objets meurent, qu’ils disparaissent. Je suis étrangement attaché aux miens. A ceux qui m’accompagnent. Qui m’ont accompagné. Au-delà, je fais mes sauvetages. Dans les vide-greniers, aux ventes Emmaüs, chez les antiquaires, je recueille tout un tas de bricoles abandonnées. J’apprivoise leur mémoire. Je les réveille. J’ai rédigé mon papier sur Pirotte pour Le Monde. Sur ses textes posthumes : Portrait craché, son « roman » au Cherche Midi. Et aussi ses recueils de poèmes : À Saint-Léger suis réfugié à L'Arrière-Pays et Une île ici au Mercure de France. Is all our life then but a dream ? Je garde depuis longtemps ces mots du Sylvie et Bruno de Lewis Carroll comme une sorte de devise. Pirotte a toujours considéré la vie comme imaginaire. À commencer par la sienne. Et je le rejoins tellement. Je suis allé chercher Gabrielle à la maternelle à Saint-Cloud. Elle dort à la maison ce soir. Demain nous l’emmenons à un spectacle pour enfants aux Folies Bergère. J’ai pris un taxi tant j’avais peur d’arriver en retard. Toujours cette incapacité que j’ai à voyager en banlieue. Retour en tramway. Mon Dieu que c’est loin, que c’est long. Tellement étranger

Jeudi 6 novembre 2014. 17h30.

Reçu un petit message de Philippe. J’avais complètement oublié la dernière sélection du prix Eugène Dabit. Pourrais-tu m'adresser ton choix rapidement ?, me demande-t-il. Il y avait cinq titres à selectionner. Je n’en ai retenu que trois : Joseph de Marie-Hélène Lafon, Mousseline et ses doubles de Lionel-Edouard Martin et Indétectable de Jean-Noël Pancrazi. Au-delà de ma préférence, j’ai de vrais arguments pour les défendre chacun. Délibération le 18. Je suis prêt.

jeudi 6 novembre 2014

Mercredi 5 novembre 2014. 23h10.

J’ai reçu un message de Sylvie Doizelet, comme une étrange réponse à la lettre que lui avais envoyée et qu’elle n’a jamais reçue au moment de la mort de Jean-Claude Pirotte. La peine est immense, m’écrit-elle. Et j’ai senti sourdre la mienne. Irrépressiblement. Faut-il croire aux hasards qu’au moment de commencer mon papier pour Le Monde sur ses textes posthumes, son roman, ses poèmes, je reçoive un mot de sa compagne ?

Mardi 4 novembre 2014. 22h40.

J’ai commencé à mettre en ordre quelques événements de décembre pour ma prochaine chronique de Next à rendre cette semaine. La fête des lumières à Lyon, un salon des vins naturels à Paris sur une péniche. Blanche Neige d’Angelin Preljocaj à l’opéra de Versailles et Casse-noisette à Garnier. L’exposition « Eloge de la rareté » à la BNF et la réédition aux Belles lettres de Meuh ! de François Morel. Reste à trouver le lien. Demandé à Gilles Leroy qui publie un nouveau roman en janvier (Le monde selon Billy Boy, au Mercure) de me rediger le « Top 5 » des livres qui l’ont marqué. J’avais rendez-vous au Rostand avec Gérard en début de soirée. Il voulait me montrer les épreuves d’un livre de Benoît Dalle à paraître prochainement chez Frison-Roche. Tu me donneras ton avis. Pas bien compris quelle est la part qu’il avait prise dans le manuscrit, ni ce qu’il attendait vraiment de moi. Mais s’il ne s’agissait que de lire... L’occasion surtout était belle de renouer avec une relation que le temps avait relachée. Nous avons passé plus de dix années à travailler ensemble au service de psychiatrie du 8e arrondissement de Paris. A partager un humanisme de plein bon sens, une vraie proximité aux autres. Attachés aussi par le goût du passé, de la culture. Des auteurs et des livres. Il a mené une carrière exigeante et se trouve maintenant chef de service à Sainte-Anne. Nous avons réaccordé un peu nos vies. J’étais ému en le quittant. A bientôt, n’est-ce pas ?

Lundi 3 novembre 2014. 20h20.

Agathe, la fille de Séverine et Gérald devait passer un scanner ce matin à l’hôpital Necker. En 2009, alors qu’elle était tout bébé, elle avait subi plusieurs graves opérations au ventre. A l’époque, elle s’en était sortie assez douloureusement. Pauvre mioche. Trimballée de chirurgien en chirurgien, de service en service. Mais finalement sauvée. Aujourd’hui, à cinq ans, elle va mieux. Elle va bien. Sauf que l’angoisse n’a jamais pu vraiment quitter ses parents. Ce d’autant que les médecins n’ont jamais eu un mot rassurant. Voire un mot, tout simplement. Alors la moindre colique, la moindre indigestion. Et puis ces derniers mois, Agathe se plaignait. Rendez-vous donc pris, non sans mal, pour un examen. Mais là, ils se sont rendus compte, explique Séverine, que ce n’était pas un scanner qu’il fallait faire à Agathe mais un « entero IRM ». L’examen demandé (par le chef de service de chirurgie viscérale) ne se faisait en effet paraît-il plus depuis longtemps. Il y a de quoi devenir enragé. Car, en plus, sans ciller, le secrétariat annonçait qu’il fallait deux mois d’attente minimum pour passer ce fichu IRM. Comme je hurlais, continue Séverine (eh oui, j’en suis capable !), alors ils ont sorti de leur chapeau un rendez-vous pour le 13 novembre. Dont ils avaient soit disant oublié d’envoyer la convocation… La faute à la mise ne place d’un nouveau logiciel. L’informatique a bon dos. Mais pire, c’est le mépris dont font preuve tous ces gens. Phobiques de la relation. Incapables de proximité. D’intelligence. De compassion. Pouah !

Dimanche 2 novembre 2014. 23h50.

Nous avons revus Virginie, Marcus et Victoria en fin de soirée. Avant qu’ils ne partent pour Roissy. Leur avion était annoncé avec du retard. Ils sont restés du coup un moment à l’appartement. Ils avaient passé l’après-midi à Saint-Cloud. D’abord chez Séverine et Gérald puis chez Marion et Jérôme. L’occasion pour Victoria de revoir ses cousins : Agathe, Thomas, Arnaud. Gabrielle et Antoine. J’ai joué pendant des heures avec Gabrielle, a-t-elle raconté. Qu’est-ce qu’elle était contente ! Comme ces parenthèses me paraissent étranges. Irréelles. Ils sont venus aujourd’hui nous voir à Paris. Hier, ils décollaient de Johannesbourg. Et dans douze heures, ils atterriront à Mexico. Cela rend d’autant plus rare, plus précieuse, leur présence. Victoria m’a sauté au cou avant de s’engouffrer dans le taxi. Le temps se dissout en un rien. Me laissant si vide. Si vite.

Dimanche 2 novembre 2014. 17h40.

Virginie, Marcus et Victoria ont fait escale chez nous de retour d’Afrique avant de rentrer à Mexico. Le voyage, c’était pour les dix ans de Victoria. Elle voulait voir les animaux. Elle n’a pas été déçue. Pendant sa semaine de safari du Botswana à la Zambie (ou au Zimbawe…) elle aura croisé des troupeaux d’éléphants, des lions, des zèbres, des crocodiles, des antilopes, des girafes. Des autruches. Et des oiseaux de toutes les couleurs. Fin du périple aux chutes Victoria… Elle était encore là-bas quand elle nous en parlait. Nous lui avons offert son cadeau d’anniversaire : une paire de Dr. Martens rouge pétard. Je lui ai glissé une édition poche de La ferme africaine de Karen Blixen. Elle est peut-être encore petite pour le lire, m’avait prévenu Amélie. Possible. Mais je m’étais souvenu de Karen et moi, le livre Nathalie Skowronek publié chez Arléa en 2011. J’ai découvert Karen Blixen, y écrit-elle, sous une tente, au Kenya, j’avais onze ans, je voyageais avec mon frère et mes parents. À la lumière d’une lampe de poche, je lisais La ferme africaine et elle c’était moi et moi j’étais elle. Je me suis dit que cette magie-là pouvait très bien recommencer. Marcus nous a invités à déjeuner. Il avait réservé depuis longtemps au Clown Bar, le bistrot de la rue Amelot, repris il y a six mois par une nouvelle équipe. Repas délicieux et surprenant (des beignets de bulots aïoli, de la cervelle de veau aux coques et aux rattes fumées…). Victoria s’est endormie sur la banquette. J’ai tenté sans succès de la réveiller pour le dessert. Il faut dire que je n’ai pas insisté beaucoup.

Samedi 1er novembre 2014. 21h30.

Apolline, ma filleule, là-bas au Mexique, a trois ans. Nous avons bavardé un moment tous les deux au téléphone. Toi, tu es mon Parrain, répète-elle en appuyant fort sur le « P ». Aujourd’hui, elle souffle ses bougies mais elle n’aura ses cadeaux que mardi, lorsque Virginie et Marcus seront rentrés de leur voyage avec Victoria en Afrique (nous les voyons demain à Paris). Depuis une semaine, à Mexico, puis à Ixtapan, Claire et Emmanuel gardent le reste de la petite tribu de filles. Nous avons déjeuné d’un plateau d’huîtres chez le poissonnier de la rue Daguerre. Nettoyé et rangé l’appartement tout le reste de la journée

Vendredi 31 octobre 2014. 18h50.

J’ai corrigé les épreuves du troisième tome de l’Oeuvre complète de Bruno Durocher. Suis passé les apporter à Nicole, rue de l’Arbalète. J’ai l’impression que je ne verrai jamais la fin de ce travail. Nicole m’avait demandé d’en prendre la direction en septembre 2008. Le temps de rassembler les textes, de les ordonner, de faire le choix des contributeurs, le premier volume, celui de de poésie n’est sorti au printemps 2012, celui de proses, un an après. Mais sa fabrication a été pas mal perturbée : des erreurs dans la couverture, des défauts d'agencement. En plus, l’imprimeur a été mis en liquidation judiciaire. Il faut maintenant en trouver un nouveau pour diffuser des tirages de bonne qualité. Du coup le volume sur le théâtre reste un peu en suspend. Après il y aura l’album (chrono-biographie, photos et documents). Mais, pour l’instant, ses éléments sont loin d’être rassemblés. Et puis, à Caractères, tout est fragile. Tout se passe au jour le jour. Nicole tient bon. Mais continuer à publier tient souvent du miracle. Je suis rentré à pied par le boulevard Arago. Les marronniers sont tous effeuillés.

jeudi 30 octobre 2014

Jeudi 30 octobre 2014. 20h00.

Les frelons asiatiques (Vespa velutina) sont arrivés à Carolles. Vendredi dernier, Jean-Pascal nous avait montré un nid à l’angle du chemin de l’Alleu. Enorme. Perché au sommet d’un frêne, il faisait largement soixante centimètres de diamètre. Aujourd’hui, il vient d’en découvrir deux près de Coquelonde. Il doit y s’en trouver d’autres alentour. Quand on pense que chaque colonie contient plusieurs milliers d’individus. Brr… Leur présence explique pourquoi cet été nous n’avons quasiment pas vu d’abeilles, ni de guêpes : ils les dévorent. Les moyens de lutte semblent pour l’instant assez dérisoires. Et comme les nids abritent une centaine de « fondatrices » qui partent essaimer ailleurs, l’invasion ne fait que commencer.

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