J'ai terminé mon livre. Enfin, je crois. Je ne relis rien. Amélie m'a laissé un message, de retour d'un dîner. Il est trop tard pour rappeler. J'attendrai la fin de matinée pour lui en parler. Je vais me coucher...
mercredi 20 août 2008
Mercredi 20 août. 21h40
Par Xavier Houssin le mercredi 20 août 2008, 21:48
Pierre Péan, de Bombay, a adressé ce matin un « numéro spécial » d'Info Écoles, la feuille informatique qu'il envoie assez régulièrement aux membres de son association. Cette fois-ci, pas de compte-rendus de sorties des enfants, rien sur de nouveaux matériels pour les centres d'apprentissage, pas de nouvelles du dispensaire, ni de chronique du bidonville de Malad. Il s'agissait là d'un drôle d'appel au secours. Sur un ton un peu caustique, faussement détaché, il explique que depuis quinze ans qu'il est en Inde, ses revenus (la retraite qu'il touche de France, en fait) sont devenus bien maigres pour payer un loyer. Mégapole de pays émergeant oblige, l'immobilier a flambé. Et pour continuer sereinement à assurer son travail de bénévole qui ne compte ni ses heures ni son énergie, il ressent le besoin d'un petit coup de pouce. Quand je l'ai rencontré en 2002 pour mon reportage, il avait déjà, je crois, plus de soixante-dix ans... Il demande à ce que l'on réfléchisse à une petite indemnité de logement. 5 à 10 euros par an et par adhérent. Si c'est possible... J'ai reçu en copie deux réponses indignées. Deux dames, dont on pressent qu'elles sont sûrement très bien, vitupèrent par mail. Désolée, écrit la première, mais le pouvoir d'achat des Français diminue aussi. Je ne suis pas marraine d'un enfant de Bombaye (sic) pour vous permettre de payer votre loyer. Et l'autre d'enchaîner : Cette démarche est totalement déplacée et inacceptable de la part d'un responsable d'une association. Je suis en rage depuis tout à l'heure. J'ai vu son appartement là-bas, il y a six ans. Tout petit, pièces nues. A une heure du centre. il n'y a pas un autre européen dans ce bloc de béton. Il a adopté deux filles et se dévoue aux autres. Education. Soins médicaux. Toujours à la recherche de quatre-vingt-dix-neuf roupies pour en faire cent. Il compte chaque sou et pour ce qui est des siens, ses poches sont percées quand il s'agit d'aider ceux avec qui il a fait le choix de vivre. Je lui ai écrit un long mail avec copie à tous. J'espère convaincre les autres qu'il faut l'aider un peu. Je pense à cet Évangile des Béatitudes que Marie a lu à la messe d'enterrement de ma mère. Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde. Il me reste dix pages pour finir mon livre.
Mardi 19 août. 23h50
Par Xavier Houssin le mercredi 20 août 2008, 00:09
Pas trop mal travaillé. J'ai laissé le livre en début d'après-midi. Annabelle est passée avec sa cousine Amandine. Quinze ans. Quatorze ans. Amandine en avait huit quand je l'ai vue pour la dernière fois. J'ai parlé un peu avec ces deux jeunes filles. De ces riens importants. Ca étreint doucement. Et puis ça rend heureux, finalement. Annabelle cherche un stage l'an prochain pour un mois à la télé à Lille. Je vais faire ce que je peux. Vers 16h00 , j'avais un entretien téléphonique avec Véronique Bergen. Elle publie à la fin du mois Fleuve de cendres chez Denoël. Un quatrième roman. Des recueils de poèmes. Des essais aussi qui me laissent plus à distance... Mais j'aime l'écriture de cette jeune femme. Lyrique. Entêtante. Je rends son portrait à Christine pour Le Monde la semaine prochaine.
Sur le tard, Fabien et son père sont restés pour dîner. Dans son appartement, Marie a l'électricité.
mardi 19 août 2008
Lundi 18 août. 21h30
Par Xavier Houssin le mardi 19 août 2008, 23:48
Journée de départs. J'ai accompagné Amélie au 6h04; Il tombait à Granville une petite bruine qui noyait notre tristesse de séparation dans son écume froide. Plus le temps passe moins je me fais à ces adieux. J'ai marché le long du wagon en gardant le plus possible la main contre la vitre. Je me suis aperçu qu'il faisait toujours sombre. Arrêt un long moment au retour sur la plage. L'aube a mis du temps à poindre. C'est que la saison bascule. Viennent l'automne et la nuit. J'ai travaillé un peu en attendant de réveiller Virginie et les filles. Elles sont parties vers 10h00, la voiture chargée comme jamais. J'ai embrassé Camille et Victoria, murmuré trois mots en secret à l'oreille de Valentine. Un petit signe à l'angle du chemin. En deux jours qu'elles sont là, elles laissent la maison étrangement vide. Envie de rien ranger. J'étais encore dans la sidération de leur absence quand Emmanuel a appelé. Ca m'a fait sourire, cette complicité du manque. Il m' a passé Claire. Et nous avons continué à parler des gamines...
lundi 18 août 2008
Dimanche 17 août. 22h50
Par Xavier Houssin le lundi 18 août 2008, 08:23
Nous avons passé une vraie journée de « grandes vacances » avec ces trois petites filles. Un tour de manège à Jullouville, un Orangina à la terrasse du Casino. L'après-midi à la plage à traquer dans les mares quelques rares crevettes. Jeux de ballon et pâtés de sable. Jeux de société à la maison. Tout cela me ramène bien loin. J'ai pensé sans cesse à l'enfance de Marie avec une nostalgie de fin de dimanche. Le temps passe, c'est tout. Elle vient d'effectuer une partie de son déménagement. Elle attend juste que l'électricité soit branchée pour habiter son appartement. Il se trouve que son propriétaire est Antoine Bueno. Je l'avais rencontré il y a un peu plus de deux ans. Il avait écrit à l'époque Le Triptyque de l'asphyxie à La Table Ronde. Un livre pas mal déjanté, drôle, grinçant où se croisaient des maniaques et des Schtroumpfs. Je vais lui envoyer un mot.
Samedi 16 août. 23h00
Par Xavier Houssin le lundi 18 août 2008, 07:53
Ca aurait pu être vraiment pire... Dans l'après-midi nous étions allés tous ensemble aux Fontenelles. Petit tour des salades et des pommes de terre. Les filles dans le fond du potager cueillaient des framboises. Victoria les plantait sur chacun de ses doigts avant de se les engloutir d'un coup. Camille les picorait sagement. Valentine ramassait des pommes vertes qu'elle mettait consciencieusement en tas. Qui a mis le pied au mauvais endroit ? Nous avons dérangé un nid de guêpes. Elles sont sorties furieuses. Je ne sais plus comment nous avons attrapé les enfants pour les tirer au loin de ce nuage vrombissant. Les bestioles nous ont poursuivi jusque dans la rue. Virginie et moi avons été leurs principales cibles. Le pull-over qu'elle portait noué sur les épaules s'en est retrouvé couvert. Je les avais en grappes accrochées aux chevilles. Nous nous en sommes tirés chacun avec une dizaine de piqûres. Un peu de mal. Beaucoup de peur. Amélie est sortie de l'aventure quasi indemne. Et surtout les petites ont été épargnées. Seule Victoria s'est fait piquer à la main. Elle a supporté la douleur de manière très stoïque. Pharmacie à Jullouville. Un peu de pommade et une sucette à la baraque Thorin. Tout est rentré dans l'ordre. N'empêche. Nous nous sommes faits une belle frayeur rétrospective. Je suis allé au soir détruire le guêpier en y mettant le feu. Je me suis souvenu que mon enfance avait bourdonné aussi d'abeilles, de guêpes et de frelons. Tout est revenu avec cette mésaventure. J'avais oublié la sauvagerie des jardins.
samedi 16 août 2008
Vendredi 15 août. 23h50
Par Xavier Houssin le samedi 16 août 2008, 00:03
J'ai cherché à me rappeler quelles avaient pu être les affectations de mon père . Je m'y égare, entre l'Indochine, le Pacifique, l'Afrique du Nord, les Antilles. Au fond, je crois qu'il ne m'en a jamais vraiment rien raconté et que je me suis juste efforcé de tracer son itinéraire à partir de quelques bribes de conversation. Je n'ai jamais osé lui poser des questions. On s'est retrouvés si tard. Nous avions tous les deux comme la peur de gêner. C'est trop tard maintenant. Quand il est mort en 1986, Jean a récupéré son journal. C'est maintenant que j'aimerais le lire. J'ai tourné en rond autour de cette affaire. Ecrit un peu quand même. Il faut que je m'y résolve, je n'ai guère de souvenirs. Au plus près, au plus vrai, je dois tout réinventer.
Virginie a appelé pour des histoires d'itinéraire. Nous avons du mal, Amélie et moi à masquer notre impatience. Elle arrive avec les filles demain pour le déjeuner.
vendredi 15 août 2008
Jeudi 14 août. 23h50
Par Xavier Houssin le vendredi 15 août 2008, 23:19
Amélie est partie la journée faire la traversée de la baie avec Marie-Jeanne et Dominique. Ils ont loué une maison en front de mer à Coutainville. Il y a quinze jours nous étions chez eux à Châteauneuf. J'aime assez ces échanges de distances, de trajets. Nous avons dîné ensemble. Il donneront des nouvelles de la maison à Claire et Emmanuel. Les pièces refaites. La terrasse. Le figuier. Ils leur parleront aussi des Fontenelles où nous les avons traînés à peine rentrés de balade. Les pauvres. Amélie leur a même confié pour ses parents un petit sac de notre récolte de pommes de terre. Nous sommes, je crois, victimes de notre enthousiasme potager. Mais c'est si bien d'être enthousiastes et de vouloir le partager. Il était temps. je découvre...
Marie m'a appelé. Elle a récupéré les clés de son appartement. Déménagement dimanche. J'ai hâte de voir comme elle est installée.
Mercredi 13 août. 22h45
Par Xavier Houssin le vendredi 15 août 2008, 22:47
Je travaille comme je peux. J'hésite. Je réécris dix fois la même petite phrase. Je fume. J'écrase tout un paquet dans le cendrier. Je me décourage. Je me secoue. Je finis par faire un tour au jardin. Mais, là non plus, ce n'est pas très brillant. Les Cecile Brunner tentent lentement leur remontée florale de fin d'été. Ils peinent. Ceux de la haie poussent une dizaine de bourgeons chacun. Et les deux lianes, sous les sapins ont fait éclore des fleurs presque par inadvertance. Les belles éclaircies ne parviennent pas à sécher la pluie de nuit qui se grasse en flaques. Les dahlias et les phlox s'effondrent d'humidité. J'ai l'impression d'une saison fatiguée...
mercredi 13 août 2008
Mercredi 13 août 1h10
Par Xavier Houssin le mercredi 13 août 2008, 12:49
J'ai entrepris ce soir, avant de les accrocher de nouveau aux murs du couloir, de nettoyer les boîtes d'insectes. Les miennes, celles que Julie m'a laissées en souvenir après la mort de Brigitte, celles qu'on nous a offertes, celles que nous avons achetées au hasard de brocantes. Il y avait tout un lot que nous avions trouvé l'an dernier chez Walter, l'antiquaire de Carolles. Fouillis d'épinglages exotiques aux ailes détachées, usées et transparentes. L'intérieur des coffrets était empli d'une fine poussière noire. Thorax desséchés. Antennes éparses. Le carton était encore imprégné d'essence de Mirbanne. Il y avait là de magnifiques specimens. Des papillons d'Afrique... Je les ai enlevés un à un. Posés délicatement sur les étaloirs. Mis à part dans une petite boîte, ceux qui étaient décidément trop abîmés et replacé les autres sur des planches refaites. J'ai déchiffré surtout les petites étiquettes. Meriones, Oribazus, Leonidas, Demodocus... Les dates des captures s'échelonnaient de 1901 à 1905. Sénégal, Congo belge, Madagascar. Qui était-il ce fou de lépidoptères? Que faisait-il là-bas? Je vais demander à Walter chez qui il a récupéré la collection.
J'ai rangé pour finir, presque intacte, une série d'Urania aux couleurs toujours éclatantes : orange, vert et bleu métalliques. Ce sont les plus beaux. Virginie viendra de l'Île-de-Ré, samedi, avec les trois petites. Elles dormiront deux nuits à la maison.
Lundi 11 août. 21h30
Par Xavier Houssin le mercredi 13 août 2008, 11:46
Amélie voulait aller sur la tombe de ma mère. J'ai refusé un peu évasivement, prétextant la fatigue ou le temps incertain. C'est que j'ai du mal à m'y rendre alors que mon petit livre cale à nouveau. Là-bas, dans cette fausse proximité, je sais que tout se fibre, se tord et s'entremêle. Je ne parviens plus à penser et je perds les mots. Il faut tellement de temps pour que l'absence repose. Et j'ai peur d'oublier, dans mon coeur embrouillé.
lundi 11 août 2008
Dimanche 10 août. 22h30
Par Xavier Houssin le lundi 11 août 2008, 10:51
C'était brocante aujourd'hui à Carolles. Georgette nous a demandé l'asile pour la journée. Elle n'avait pas envie passer le dimanche recluse dans son rez-de chaussée trop proche de la foule et du bruit. Nous avons déjeuné un peu tard. Du soufflé au saumon et du veau Marengo. Dans l'après-midi, Mademoiselle Verdé est venue la rejoindre. Amélie a joué au rami, sous le figuier, avec les deux vieilles dames. Lorsque nous avons ramené Georgette chez elle, les vendeurs remballaient leurs affaires. Nous avons marchandé une petite table de toilette des années trente. Une affaire. Petit à petit, nous meublons notre maison... Au soir Fabien est venu prendre un verre. Nous l'avons gardé à dîner. Il nous a raconté les frasques des deux gremlins pendant la quinzaine. J'ai fini par en rire. Allez, l'ouragan est passé.
dimanche 10 août 2008
Samedi 9 août. 22h00
Par Xavier Houssin le dimanche 10 août 2008, 17:25
J'aurais dû me remettre à mon livre, mais nous avons profité du beau temps pour nettoyer le potager, tondre et réparer les dégâts au jardin. Nous nous sommes baignés, tard, harassés de grand air.
Vendredi 8 août. 23h10
Par Xavier Houssin le dimanche 10 août 2008, 17:17
J'ai pris le 10h30 pour Granville. Il est arrivé avec une bonne demi-heure de retard. Des vaches sur la voie entre Verneuil et L'Aigle. J'ai juste eu le temps de faire l'aller-retour entre Carolles et la gare pour ramener Valérie et ses fils. Trois et six ans? En quinze jours, les deux garnements ont dévasté le jardin. Arraché les grappes de raisin qui pendaient à la vigne. Plié les branches du figuier et lacéré les feuilles. Cassé le scion fragile de ginko biloba, piétiné les hortensias, étêté les dahlias. Jeté dans les haies les statuettes de terre cuite. Ils sont même parvenus à tordre un râteau. Deux hachettes ont disparu. Dans le tonneau de récupération d'eau, ils ont jeté une vingtaine de gros cailloux, dont le plus volumineux pèse au moins quinze kilos. Comment ont-ils fait? Quelle hargne destructrice. A l'intérieur, le pauvre vieux fauteuil club, déjà bien fatigué, a reçu le coup de grâce. Accoudoirs lacérés et coussin éventré. Le crapaud a eu plus de chance, seuls ses galons ont été arrachés. Comment ont-ils réussi à dessouder les ibis de bronze qu'avait ramené d'Indochine mon grand-père au XIXe siècle? Mystère de petits barbares... Que reste-t-il à découvrir? Du calme. Aux Fontenelles, le potager est beau. Dans la jachère des mauvaises herbes, les semis éclatent. Les salades sont énormes. J'ai été chercher Amélie au dernier train. Nous avons dîné au jardin. Un homard grillé. De la laitue rouge fraîchement coupée avec juste une cuillère d'huile d'olive ramenée du moulin d'Opio. On ne va pas se plaindre.
Jeudi 7 août. 23h50
Par Xavier Houssin le dimanche 10 août 2008, 09:54
J'ai déjeuné avec Marie-Françoise chez Paul, place Dauphine. Nous avons parlé du temps comme il advient. Et de ce qu'il fabrique. Il n'y avait pas mieux que cet endroit pour raccrocher les années. Pour comprendre comment elles se tissent. Imperceptiblement. C'est encore un hasard. Mais je suis si content qu'elle m'ait fait retrouver ce petit périmètre. Comme on laisse les lieux et comme on s'en souvient... Quand j'habitais rue de l'Arbre-Sec, je venais souvent lire ici. C'est à ne pouvoir s'y méprendre, le sexe de Paris qui se dessine sous ces ombrages. Je pensais à Nadja et j'avais dix-huit ans. J'avais acheté à l'époque dans une librairie qui n'existe plus les six tomes du Vicomte de Bragelonne gravés par Dutertre. Une fortune. J'allais boire timidement un verre de pouilly au tabac Henri IV. Je rêvais d'un bureau de bois clair exposé à la vitrine d'Aliette Texier. Nous avons parlé longtemps avec Marie-Françoise. Je n'avais pas envie de partir. Le restaurant était vide quand nous nous sommes levés de table. Je reviendrai. Merci. J'ai juste pu être à l'heure pour rejoindre Marie à Denfert-Rochereau. Un verre sur la place. Quelques pas. L'orage nous a arrêté sous un auvent rue Daguerre. Nous avons forcé quelques mètres jusqu'à la librairie Boulard. Elle cherchait un cadeau pour une amie chez qui elle se rend ce week-end à Bruxelles. Elle semble en harmonie avec elle-même, Marie, et je m'en émerveille. Au soir Delphine et Marie-Sophie étaient à la maison. La soirée s'est passée amicale et douce. Je n'ai pas écrit une ligne, mais quelle belle journée...
jeudi 7 août 2008
Mercredi 6 août. 23h00
Par Xavier Houssin le jeudi 7 août 2008, 12:07
J'ai enfin terminé l'édition du Marguerite Audoux. Remis le fichier à Géraldine pour la fabrication. Rédigé les argumentaires de vente pour Paul. Le volume devrait sortir en février. J'ai pris rendez-vous avec Vera à la rentrée pour parler de l'avenir de « Domaine public ». Mon idée de départ de ne publier que des auteurs qui viennent juste d'entrer dans le domaine, m'apparaît aujourd'hui comme une légitimité assez abstraite. Je l'ai compris vraiment avec ce livre où tout s'est bloqué. Pas moyen d'intercaler une autre parution. Certes, le résultat sera beau, mais quel laborieux parcours... il y a eu toute une suite d'incidents et la chronologie m'a pris un temps fou. La vie de Marguerite Audoux se déroule elle-même comme un roman début de siècle. Aussi, il ne faut pas en rater la progression dans la remise en perspective des rencontres, des séjours. Pendant ces mois de travail, j'ai été troublé, davantage que je le suis (souvent) dans ce genre d'exercice par des coïncidences de lieux qui me font connivences. Sa villégiature à Saint-Pair-sur-Mer, mais aussi l'Esterel, le XIVe et sa dernière adresse, 71 rue de la Convention... Nous y sommes passés en rentrant de dîner chez Dominique et Frédéric, rue Saint-Charles. Jeu de l'oie littéraire. je reprends mon propre manuscrit demain.
Mercredi 6 août. 15h00
Par Xavier Houssin le jeudi 7 août 2008, 11:54
Je devrais davantage faire confiance en la Providence. Celle de mon grand-père Joseph. Celle de ma mère. Celle de l'Evangile de Matthieu : Ne vous inquiétez pas du lendemain : demain s'inquiétera de lui-même. Marie a signé le bail de son appartement cet après-midi. Elle emménage mi-août
mercredi 6 août 2008
Mardi 5 août. 23h15
Par Xavier Houssin le mercredi 6 août 2008, 09:11
J'ai retrouvé Marie en tout début d'après-midi, rue Buffon, où elle avait rendez-vous pour visiter un appartement. Cela fait un moment qu'elle cherche activement sans que cela débouche sur une signature de bail. Elle butte chaque fois sur un problème de caution. Pour la première fois, je ne peux pas l'aider. Je suis confronté à cette réalité que je m'efforce d'escamoter depuis un an : je ne gagne vraiment plus d'argent. Je sais qu'elle se débrouillera, elle est pleine de confiance, mais ça me fait étrange. Elle attend une réponse pour un deux-pièces du côté du Faubourg-Saint-Antoine. Demain. Demain...
mardi 5 août 2008
Lundi 4 août. 22h30
Par Xavier Houssin le mardi 5 août 2008, 09:29
J'ai travaillé chez Buchet aujourd'hui. Toujours l'édition de ce volume de Marguerite Audoux qui n'en finit pas... J'ai surtout laissé à Pascale les pages de mon manuscrit en cours. Nous avons déjeuné ensemble rue Saint-Sulpice. Ce qu'elle m'a dit sur mon texte m'a beaucoup rassuré. Il me reste deux semaines pour terminer le livre.
Dimanche 3 août. 23h00
Par Xavier Houssin le mardi 5 août 2008, 08:50
Je n'ai jamais aimé partir. Ce sont ces égratignures du regret dont on arrache longtemps les fines croûtes brunes. Nous sommes rentrés à Paris avec un gros bouquet de lavande, des branches d'olivier. Des citrons encore accrochés à leurs feuilles. Avec aussi les confitures d'orange d'Emmanuel et ses pots d'ail confits au vinaigre. Le matin, il nous avait prêté sa Lotus pour une balade. Amélie m'a laissé le volant à Gourdon. Nous avons continué un peu en direction de Bramafan et sommes revenus par la route des gorges et Bar-sur-Loup. Il était encore tôt. Le soleil était rasant. Le paysage sinuait dans le bruit du moteur. J'étais comme un petit garçon content.
Amélie a relu dans le train les livres de sa rentrée. Je me suis endormi en pleine France. Réveillé à nuit noire. Nous nous sommes offerts un taxi jusqu'à l'appartement. Sulfur, le poisson voilier avait bien supporté notre semaine d'absence. J'ai changé l'eau de son bocal. Arrosé les misères et l'oxalis pourpre. Il faisait lourd et chaud. Nous avons laissé les fenêtres ouvertes.
« billets précédents - page 131 de 138 - billets suivants »
