Un saut chez Buchet pour déposer un dossier. Une dernière main aux valises. Nous étions gare de Lyon en avance. Dîner dans le train avec les courses que j'avais faites en début d'après-midi. J'ai sorti les sets de table, les verres à pied et les couverts à manche grenat. Champagne aussi. Juste un peu de décor pour accompagner notre bonheur de partir. C'est vrai que nous sommes contents d'aller à Grasse. De mettre quelques jours en parenthèses nos incertitudes d'avenir. Le travail, l'argent... Emmanuel était venu nous chercher à Cannes. Claire nous attendait aux Margouillats. Nous avons passé une bonne heure en retrouvailles avant de nous coucher. Au calme.
vendredi 27 mars 2009
jeudi 26 mars. 1h40
Par Xavier Houssin le vendredi 27 mars 2009, 19:26
Pas de cours à Censier. La fac est à nouveau bloquée. Ce sont les étudiants qui m'ont prévenu par mail. Ils m'ont semblé un peu désemparés. Je le suis moi aussi. J'ai du mal à ne pas les voir. Cette rencontre hebdomadaire avec eux m'est devenue importante et ils me manquent. Vraiment. Journée un peu défaite. J'ai profité du temps libre pour commencer, enfin, à nettoyer et ranger l'appartement. Je suis juste venu à bout de la salle de bains en début d'après-midi. J'ai tout récuré et surtout jeté deux immenses sacs de berloufes. Boîtes vides, bricoles, chiffons de rien. Nous conjuguons tous les deux un drôle de penchant à la conservation de l'envahissant inutile. Et nous n'avons simplement pas de place. Pas assez d'étagères, de tiroirs. A la poubelle, les Je me souviens. J'avais rendez-vous une nouvelle fois avec Alexandre d'Oriano, le président du Cercle Anna de Noailles. Nous nous sommes enfin parlés. Le préfacier que j'ai choisi n'est pas très en odeur de sainteté avec certains membres de son association. Il va donc falloir « composer ». J'ai pris un verre avec Pascale au J'Go. Tu penses à ton prochain livre ?, m'a-t-elle demandé. Sans cesse... Mais je finirai bien, avant, ce texte sur le quincy... Et il y ces poèmes que je veux rendre à Nicole pour Caractères. Enfin, si je suis honnête avec moi-même, ce prochain livre, La fausse porte, je sais vraiment pas quand et comment je vais parvenir à m'y mettre. J'ai une signature à Senlis début avril. Retour aux origines. C'est là-bas que tout doit s'éclairer. Nous dînions chez Aude et Jérôme dans le XIIe. Une agent liitéraire, un libraire... Lors de soirées comme celle-ci, je mesure la chance que j'ai aujourd'hui me mêler l'amitié aux livres.
mercredi 25 mars 2009
Mardi 24 mars. 23h40
Par Xavier Houssin le mercredi 25 mars 2009, 00:36
Florence a appelé dans la matinée. Elle devait animer une rencontre à la Villa Gillet, à Lyon, lundi prochain, mais des imprévus l'empêchaient d'y aller. J’ai pensé à toi. Tu es libre ? Pas si simple. Nous partons à Grasse jeudi et nous y serons encore ce jour-là. J’ai commencé par dire non, puis j’ai changé d’avis. Cela n’ampute le séjour que de quelques heures. Je peux prendre un train à Cannes et rentrer à Paris tôt le lendemain. La conversation téléphonique se déroulait, moitié sur le trottoir de chez Bisson, moitié dans sa boutique où nous passions commande pour le buffet du 2 mai. Ma prestation lyonnaise en payera une partie. Nous avons été dire au revoir à Georgette. C’était court cette fois-ci encore... Nous ne reviendrons pas avant quinze jours. Le reste de la journée a filé en rangements. Nous avions rendez-vous à Granville chez le notaire pour signer le contrat de mariage. Tout est en ordre à présent. Nous avons fêté ça avec deux demis au comptoir du bar de la gare. Le trajet de retour a été dantesque. Au cause des travaux entrepris en semaine sur les voies, nous avons dû aller en car à Villedieu, puis prendre un premier train jusqu’à Argentan et un second jusqu’à Paris. Le tout émaillé de pannes et d’incidents qui nous ont fait arriver avec une bonne heure de retard. L’appartement débordait de livres et de courrier. On verra ça demain ?
Lundi 23 mars 2009. 23h00
Par Xavier Houssin le mercredi 25 mars 2009, 00:35
Petite réunion de chantier à l’heure de l’apéritif devant un verre de touraine avec Thierry Giffard et Franck Duchemin. Pour ce qui les concerne (le parquet, les placards, l’éclairage, les interrupteurs), tout devrait être terminé en avril. En deux semaines, les travaux ont d’ailleurs vraiment avancé. La nouvelle chambre est peinte. Les retouches à l’intérieur ont été faites. Le seuil a été posé devant ce qui n’est désormais plus « un garage », mais « une resserre ». Reste quand même la fermeture du koetsch, l’isolation du toit, le sable de granit à épandre dans la cour… Côté jardin, le printemps est arrivé. Et même un peu vite. Les narcisses plantés en novembre ont déjà commencé à fleurir. Les jonquilles et les muscaris font un tapis au pied du frêne. La clématite bourgeonne. La vigne vierge est partout étoilée de minuscules pousses rouges. J’ai taillé les rosiers. Ramassé les dernières feuilles mortes envolées de la mauvaise saison et balayé les chatons du saule. M. Mitaillé doit venir bientôt, je paufinerai après. Aux Fontenelles, les salades sont magnifiques sous leur tunnel de forçage et les oignons sortent de terre. Nous sommes allés porter ces bonnes nouvelles à Georgette. Elle se sort doucement d’une nouvelle bronchite. Le soleil me fait du bien, sourit-elle. Il me requinque. Des nouvelles des uns et des autres. Nous ne sommes pas restés très longtemps : Philippe passait prendre le café. Pourrions- nous rencontrer, même brièvement ?, avait-il demandé. J’avais craint un moment un souci pour le mariage. Pas du tout : il officiera à la mairie sans problème. S’il désirait me voir, c’est qu’il avait appris que je signais mon livre mi-avril à Carolles et à Granville. Il me proposait son aide auprès des correspondants de la presse locale. Je vous fais la liste. J’ai dû être maladroit tant j’ai été touché. Bien sûr, un grand merci. L’après-midi s’est passée à nettoyer, à ranger. Fabien est venu dîner. Pas eu le temps de faire des courses. Nous avons cuit du riz. Ouvert des bocaux de seiche à l’américaine. Débouché du vin blanc. Amélie avait fait un feu. Nous avions retrouvé la maison.
Dimanche 22 mars. 23h50
Par Xavier Houssin le mercredi 25 mars 2009, 00:33
Nous avons retrouvé Akli au petit déjeuner, à l'hôtel, face à son café au lait. Il était aux prises avec un vieil auteur bavard et tout débordant de lui-même. Un exégète de Nostradamus prédisant pour bientôt la fin du monde avec la grippe aviaire. Je peux m’asseoir ? Vous savez, ce qui nous attend c’est La Grande Pandémie. Les deux tiers des habitants de la terre disparaîtront. Akli nous a fait signe de le rejoindre. Au secours... Comment le faire taire ? C’est ainsi, très souvent, au bonheur des salons... La journée à Bondues a ressemblé à un vrai dimanche. Jeunes parents et enfants à la sortie de la messe. Badauds. Personnes âgées en promenade. Et cette qualité d’ennui impalpable qui n’existe qu’un jour par semaine. Mais j’ai aussi rencontré beaucoup de lecteurs touchants, attentifs. Quelquefois tellement proches. On échange deux, trois mots. On est gêné un peu. Quel est votre prénom ? A Bondues, le 22 mars... José et Christian, son mari sont venus me voir. Ils étaient déjà là hier. Ils hantent depuis des années toutes les rencontres littéraires. Ne ratent pas un débat. Enregistrent la moindre émission. De vrais fans de la littérature. Absolument sincères. Infiniment touchants. On te laisse. On va prendre nos places. Je participais à une des tables rondes animées par Michel Paquot avec deux auteurs, Richard Andrieux et Georges Flipo, que j’avais « présentés » avec les autres premiers romanciers au Festival de Chambéry en mai de l’an dernier. Pas vraiment de points communs entre nous. Je n’ai pas bien compris non plus s’il y avait un thème. Nous n’avons fait qu’enchaîner trois monologues. Qu’ont écouté les gens ? Le train partait dans une demi-heure à Lille. Nous avons filé. Salué Akli et Michel. Remercié Jean-François pour son accueil. Embrassé Julie. A Paris, changement de gare. Voyage somnolent. Fabien était venu nous attendre à Granville. Le train avait du retard. Evidemment.
mardi 24 mars 2009
Samedi 21 mars. 22h00
Par Xavier Houssin le mardi 24 mars 2009, 11:09
Nous étions attendus à la gare de Lille. Vingt minutes en voiture jusqu'à Bondues. Une banlieue très résidentielle, maisons cossues et espaces verts. J'étais invité pour deux jours de salon du livre. La manifestation avait lieu dans un grand gymnase à l'écart du petit centre ville. Une espèce d'isola avec des auteurs assis derrière leurs piles de livres. Jean-François m'avait installé entre Michel et Akli. J'ai été soulagé d'être en leur compagnie. Je sais trop comment ces moments peuvent être d'une profonde solitude. J'ai signé quelques livres. Rien à voir avec Michel « régional de l'étape » (il habite à La Madeleine), et qui dédicaçait Max, son dernier livre, à un public déjà conquis. Plus, bien sûr, Effroyables jardins. Akli avait aussi ses fidèles. Impressionnant. Je ne vais quasiment jamais dans ce genre de rencontres. Mes lecteurs, du coup, s'y trouvent plus discrets. Dans l'après-midi, Annabelle est passée. Elle était accompagnée de deux copains de classe que, je ne sais pas pourquoi, j'ai pris pour des petits-cousins dont j'avais oublié le nom. Cela a créé entre nous une bizarre parenthèse avant que le malentendu ne cesse. J'étais content de voir Annabelle. J'éprouve pour elle une grande tendresse, assez inexprimable. Je l'ai aimée petite fille. J'aime à la voir grandir. Mais on se connaît mal, faute de se voir vraiment. Je suis d'une famille où l'on ne se dit pas grand chose et où il n'y a jamais d'effusions. Comment cela se rattrape-t-il ? Elle a acheté un exemplaire de mon livre pour Henri, son arrière-grand-père (Papy...). Mon oncle aussi. Je m'en suis senti honteux de ne lui pas lui avoir adressé. Depuis ses récents soucis de santé, j'avais tellement le sentiment qu'il voulait se retirer du monde. Je n'avais pas envie de le déranger. J'ai gribouillé un mot maladroit sur la garde... Nous avons quitté Bondues pour l'hôtel en fin d'après-midi. On nous avait logés dans le Vieux-Lille, dans le quartier du Lion-d'Or. Nous sommes allés prendre un verre avec Akli, place de la Déesse. Il était fatigué. Nous aussi. Nous l'avons quitté pour aller dîner à l'Huitrière, un restaurant de poisson à la décoration années 1930 où je n'étais encore jamais allé. Il n'y avait pas de place en salle. Nous sommes restés au bar, devant, près du comptoir de vente. Une douzaine de Gillardeau chacun. Deux verres de muscadet. Nous étions à deux pas. On rentre vite... C'est bien.
Vendredi 20 mars. 23h45
Par Xavier Houssin le mardi 24 mars 2009, 10:59
J'ai repris mes notes pour Jeux d'épreuves. Déjeuné à la va-vite. Répondu au courrier. Renvoyé, un peu plus étoffée, la liste de propositions en littérature française pour Le Monde que Raphaëlle n'avait pas eu le temps de regarder. Je lui ai surtout redemandé s'il était possible que je prenne en charge la poésie, laissée « vacante » dans le journal depuis le départ de Patrick. Pourvu que ça marche. Je me débats pour repousser les bords de la peau de chagrin de mon travail... C'est de ne jamais avoir de vraies commandes, de vrais projets, qui me met en retard sur tout et me perd dans d'incessants tricotages de temps perdu. A l'émission je défendais Cartouche de Nellie Campobello paru chez Caractères, une suite « d'histoires vraies » de la révolution mexicaine écrites à hauteur d'enfant. Nellie Campobello était une petite fille pendant ces années de confusion et de violence. Les textes sont des moments rassemblés au fil des réminiscences. Cela donne des séquences terribles et en même temps très tendres. Je ne connaissais pas Nellie Campobello. J'ai appris qu'elle était une des grandes figures des « années d'or » de la culture mexicaine entre 1930 et 1950, poète, écrivain, danseuse, chorégraphe. Elle avait été l'amie de Frida Kahlo, de Diego Rivera, de José Clemente Orozco... Cartouche est le premier de ses livres traduit en français. L'enregistrement a fini beaucoup plus tard que prévu. Je me suis dépêché de rejoindre Amélie. Nous avions rendez-vous avec Camille et Dorothée, aux Trois Baudets pour un concert du groupe Mendelson. Nous ne sommes pas restés bien longtemps dans la salle. La sono était tellement épouvantable que nous avons dû fuir. Quel gâchis. Nous nous sommes retrouvés tous les quatre sur le trottoir du boulevard de Clichy pas mal dépités. Qu'est-ce qu'on fait? Une ou deux cigarettes. Nous avons marché un peu. Et nous avons fini par nous venger de la soirée (côtes-de-bourg et pommes aillées) dans un restaurant du Sud-Ouest de la rue des Abesses.
lundi 23 mars 2009
Jeudi 19 mars. 22h45
Par Xavier Houssin le lundi 23 mars 2009, 09:10
Maman aurait eu quatre-vingt-onze ans aujourd'hui. Elle était née le 19 mars 1918 à Chassignolles dans l’Indre. Tout près du Nohant de George Sand. Ma grand-mère Angèle avait échoué là avec ses trois aînés, fuyant l’avance allemande. La minuscule maison natale, sur la place du village est maintenant une bibliothèque. Elle n’en était pas peu fière. Le 19 mars, est aussi le jour de la saint Joseph, et, Joseph, c'était le prénom de mon grand-père... J'ai ressassé cette petite boucle toute la journée.
Mercredi 18 mars. 23h00
Par Xavier Houssin le lundi 23 mars 2009, 09:10
J’avais rendez-vous avec Laure dans un café de la rue de Solférino. Laure, ma patronne à Point de Vue pendant douze ans (la propriétaire du titre, en fait…) que je n’avais pas revue depuis fin 2004 quand Colombe Pringle, nouvelle directrice de la rédaction, avait obtenu qu’on me flanque à la porte. Le temps passe bizarrement. Je n’en ai jamais voulu à Laure. J’ai toujours éprouvé pour elle, assez instinctivement, des sentiments d’amitié, bien évidemment impossibles à exprimer dans le travail, les relations quotidiennes, la hiérarchie, les enjeux... Un an ou deux après, elle vendait son journal. On s’était envoyé un mot, puis plus rien. Là, elle me faisait signe pour la sortie de mon livre. Nous avons parlé une petite demie-heure. Comment vas-tu ? – Et toi ? – Et ta vie ? Chacun un peu pressés. Elle entre deux avions. La France et l’Italie. Et le reste du monde. Moi, pensant au changement à Sèvres-Baylone. Et puis au bus à prendre pour aller à Censier. A bientôt. - Sûr... Je suis arrivé pile à l’heure à la fac. Mon petit groupe d’étudiants vient malgré la grève. J’ai rendu les reportages du premier semestre. Il y a des idées, des formules, de l’aisance. Mais on est loin du compte. Comment les aider à faire mieux ? Amélie était retenue à un dîner. J’avais une invitation pour l’inauguration d’ArtParis au Grand-Palais. Etrange ambiance saturée d'images, de toiles, de photographies criardes. On se serait cru dans un dessin de Sempé. Je ne connaissais personne. Juste croisé Mijo. Qu’est-ce que tu penses de tout ça ? - Je suis un peu perplexe, mais c’est sûrement très bien.
Mardi 17 mars. 23h55
Par Xavier Houssin le lundi 23 mars 2009, 09:07
J’ai rédigé le questionnaire d’actualité pour les étudiants demain. La mort de Bashung, celle de Pierre Bourgeade, Dabadie sous la Coupole et Andy Warhol au Grand-Palais . Je suis parti au café de la mairie, place Saint-Sulpice. J’avais rendez-vous à nouveau avec le président du Cercle Anna de Noailles. J’ai attendu un moment. Personne. Nous nous étions déjà ratés une fois précédente. Cela commence à devenir compliqué : je dois règler vite mes problèmes de préface, car je viens enfin d’obtenir le feu vert pour la publication des Innocentes. Encore un titre de sauvé pour la collection. Je suis soulagé… C’était la nocturne au Salon. Longue soirée. J’ai été d’abord faire mes civilités et mes embrassades sur le stand de Buchet. Florence, Nathalie et Jérôme y ont fait depuis jeudi un extraordinaire travail de libraires. Ca c’est pas mal passé pour toi, m’a glissé Nathalie. Merci. Merci beaucoup. J’aimerais tant que ce livre circule. Qu’il soit lu, qu’il soit relu, qu’il vive. J’ai passé un moment au cocktail de Télérama, puis aux Inrockuptibles. Baguenaudé un peu au hasard pour finir par me réfugier chez Stock. Nous nous sommes juste croisés Amélie et moi. Après la fermeture, elle enchaînait un dîner avec les gens de L’Olivier. Quelle pitié qu’elle ne puisse pas conserver son poste d’attachée de presse là-bas. Elle n'en parle jamais, mais je sais que ça la navre. Marianne a ramassé ma solitude un peu errante au moment de la fermeture. Nous sommes allés dîner rue de Chambéry, près du parc Georges-Brassens, dans le restaurant qu’Hafed Benotman a ouvert avec Francine, « la femme de sa vie » qu’il a rencontrée et épousée en prison. C’est à Marianne que je dois d’avoir lu les textes d’Hafed chez Rivages. A l’époque, en 2006, il purgeait une peine à Fresnes pour je ne sais encore quel braquage. Francine se débrouillait comme elle pouvait. Je dirigeais les pages livres d’Epok…. Marianne m’avait rédigé un papier sur Poteaux de torture qu’il avait écrit dans sa cellule. De mon côté, j’avais longtemps traîné un projet de portrait pour Le Monde. L’article est sorti en 2008, à l’occasion de la publication de Marche de nuit sans lune. Les derniers clients partis, Hafed a baissé le rideau de fer. Nous sommes restés un moment à discuter. Cigarettes et vin rouge. Amélie venait de rentrer. J’ai trouvé un taxi en maraude rue de la Convention.
Mardi 17 mars. 1h30
Par Xavier Houssin le lundi 23 mars 2009, 09:04
Beaucoup de monde à Beaubourg. Le débat s’est poursuivi bien au-delà de l’horaire prévu. J’avais juste croisé Alberto Ruy-Sanchez au Salon samedi. Nous n’avions rien préparé ensemble, mais en quelques courtes questions nous sommes entrés comme en correspondance pour croiser son univers. Un étonnant Tout où se mêlent la prédestination, la fidélité à l’enfance, les élans créatifs, les sensations. Vocation d’écrivain. Chaque fois j’y pense… Les histoires s’écrivent dans l’écho des singularités et des similitudes. Il a parlé de ses premières années près du désert de Sonora, de sa grand mère fantasque qui emportait la vie entière dans une paraphrénie baroque, de ses obsessions religieuses, de sa jeunesse à Paris. Et puis de Mogador, son territoire sensible. Etre toujours le même n’avance à rien. Dans ce jeu de miroirs sans cesse déplacés où nous vivons, le sens de toutes choses se transforme à chaque instant ; nous flottons en permanence comme des poissons, dans l’humeur changeante des autres, nous peuplons les têtes troublées, les songes de ceux qui nous détestent ou nous désirent. Tout change, de nuit en nuit, dans les silences opaques qui nous rattachent les uns aux autres. Le public, capturé, captivé, l’écoutait avec une frémissante attention. Ca a été un beau moment. Francine, après la recontre, nous a emmené dîner, Alberto, Margarita, sa femme, Amélie et moi et une poignée d’amis. Nous avons pu ainsi continuer de tisser la soirée. Petits nœuds d’existence, larges points communs. Embrassades. Nous nous sommes promis de nous revoir. A Mexico d’abord. Mais quand ? On va s'écrire...
Lundi 16 mars. 16h10
Par Xavier Houssin le lundi 23 mars 2009, 09:02
J’ai mis la dernière main à ma rencontre de ce soir avec Alberto Ruy-Sanchez. Choisi les extraits des textes. Mis au propre mes notes. Francine à la BPI du Centre Pompidou voulait que l’on reçoive Carlos Fuentes. Je suis parvenu à la convaincre que ce n’était pas forcément le bon choix. Fuentes n’est plus qu’un « institutionnel » de la littérature mexicaine et je n’avais vraiment pas grand chose à lui demander. Pas sûr non plus qu’il en ait rien eu à dire. Le débat aurait été glacé. C’est Pascale, il y a longtemps, qui m’avait fait découvrir Ruy-Sanchez. Elle avait édité au Rocher Les visages de l’air, son premier livre traduit en français par Gabriel Iaculli, début d’une fresque ou d’un cycle sur Mogador, ville du sel et des rêves. Réinventée, reconstruite en arabesques. Cette ville devient avec lui un labyrinthe des sens. Chaque page est envahie d’une poésie charnelle et troublante. Bien loin du Mexique ? C’est paradoxalement le contraire. D’un côté l’autre de l’océan, les terres sont en miroir. Même eau. Même sable. Amélie est venue me rejoindre pour déjeuner. J’ai été acheter un paquet de fiches bristol pour mes questions. J’ai besoin de les écrire, de les recopier. Sinon, je suis perdu. Mes idées se dispersent, me quittent. Et c’est foutu.
dimanche 15 mars 2009
Dimanche 15 mars. 23h30
Par Xavier Houssin le dimanche 15 mars 2009, 23:41
Fenêtre ouverte. Vent tourné. Ce sont les cloches de la messe de 11h00 à Saint-Jean-Baptiste-de-Grenelle qui nous réveillé. Une vraie grasse matinée de dimanche. Amélie est partie au Salon. Je suis resté à la maison. Toujours du travail en retard. J'ai écrit mon portrait de John Berger. Commencé à lire Traits pour traits de Brigitte Lozerec'h dont m'avait parlé Anny à Bruxelles. J'ai levé le nez, il faisait déjà nuit. La journée s'était éteinte doucement.
Samedi 14 mars. 22h45
Par Xavier Houssin le dimanche 15 mars 2009, 16:25
Le Salon, toujours. Je signais mon livre en début d'après-midi. A côté de Mercedes d'abord. Puis de Caroline. J'ai vu pas mal de gens. De ceux que que je connaissais bien. Brigitte, Alain, dont sur le coup (j'ai eu honte), je n'arrivais plus à retrouver le prénom. De ceux aussi dont je n'avais plus de nouvelles depuis un moment. Jérôme, notamment, avec j'avais travaillé à Point de Vue et qu'il faut que je revoie, vraiment. J'ai été dire bonjour à Nadine chez Denoël. Il y avait là Sempé à qui j'ai bavardé. Nadine m'a présenté à Posy Simmonds qui vient de sortir chez eux Tamara Drewe, un roman dessiné qui a beaucoup à voir (très librement) avec Loin de la foule déchaînée de Thomas Hardy. Elle avait déjà réalisé un « album » de la même veine, à l'attache littéraire d'emblée plus explicite, Gemma Bovery. Ritournelles d'ennui où se débattent ses héroïnes, anglaises... Tout est d'une lucidité mordante, mais doux et attachant. J'ai pu lui dire. C'était important. J'ai récupéré Amélie sur le stand de L'Olivier. Nous avions prévu de dîner avec Delphine et Solveig. Nous nous sommes retrouvés rue Pierre-Leroux chez Guiseppe. Au calme. En connivence. Et c'était bien. Très très simplement.
Vendredi 13 mars. 23h40
Par Xavier Houssin le dimanche 15 mars 2009, 14:58
Amélie est partie au Salon de bonne heure. J'ai lu Nous aurons toujours Paris d'Eric Faye chez Stock. Un livre d'errances intimes, de vagabondages personnels. On pourrait dire de souvenirs, en tout cas, de ceux qui enfoncent dans les broussailles. Celles qui griffent d'épines et de ronces du temps. Je l'ai ajouté à ma liste de propositions de papiers pour Le Monde. J'ai remis au propre mes notes pour mon portrait de John Berger. Commencé à préparer ma rencontre de lundi à Beaubourg avec Alberto Ruy-Sanchez. Je ne suis allé à mon tour au Salon qu'en milieu d'après-midi. Après un moment chez Buchet, j'ai été écouter l'hommage rendu à Beatrix Beck organisé par Valérie sur le stand du CNL. Il y avait là sa petite-fille, Béatrice Szapiro et Raphaël Sorin qui l'avait aidée à sortir de l'oubli en 1977 en la « re » publiant au Sagittaire. C'était très tendu et très tendre. Emouvant. L'intimité du moment a été un peu mise à mal par un concert, ou plutôt un beuglant, qui avait lieu dans la travée d'en face. Pas si grave. Tant pis. J'ai retrouvé Amélie. Elle devait accompagner Olivier Adam au journal du soir de France 3. Nous avons dîné ensemble, avant qu'elle ne l'embarque pour les studios, dans le même libanais qu'hier, avec Pierre et Elodie. Je suis resté avec eux un moment. Puis j'ai pris, à pied, le chemin de la maison. Dix minutes. A peine.
samedi 14 mars 2009
Vendredi 13 mars. 0h40
Par Xavier Houssin le samedi 14 mars 2009, 12:26
Je suis allé voir John Berger ce matin. Il habite Antony dans un pavillon en meulière, à un quart d'heure du centre, de l'autre côté de la RN20. Il partage son temps entre ce bout de banlieue et un petit village de Haute-Savoie. Nous avons parlé longtemps. Longtemps. Autour d'un café, d'un autre, puis d'un verre de vin. De son livre bien sûr, Un métier idéal. De sa patiente mise en place, de sa construction en reflets. De John Sassall surtout, ce médecin de campagne qu'il avait rencontré dans les années 1950, et dont la voix fait ici sans cesse chorus avec la sienne. Je ne supporte pas que l'on fasse quoi que ce soit près de mes yeux. Je pense que c'est là que je vis. Sous et derrière mes yeux. Cette phrase, John Berger, qui est aussi peintre, aurait pu la prononcer lui même. D'abord, le regard. Ensuite, les mots. Une combinaison de la reconnaissance à peine différée. D'abord. Ensuite... Nous avons évoqué bien d'autres choses. Il s'est trouvé entre nous une vraie connivence. Fondée sur de minuscules moments d'existence qui se répondent. J'ai compris pourquoi La Salamandre, dont il avait écrit le scénario et les dialogues, m'avait à ce point touché, trouvé. Comme s'il y avait une vivante adhérence des arrière plans, des textures. Un écho tout simplement. Nous aurons une belle journée, me dit du fond de la voiture mon compagnon de voyage. Oui ce sera une belle journée répéta tout bas mon coeur en adoration et il tressaillit de douce mélancolie et de joie. Cette phrase d'Heinrich Heine, début d'une plus longue citation, enchâssée dans le film, nous l'avons choisie pour notre faire-part de mariage. Je ne savais pas alors que je verrais John Berger. Amélie est son attachée de presse pour Un métier idéal et pour un autre livre qu'il publie simultanément à L'Olivier, De A à X. Elle lui avait demandé de nous le dédicacer dans la coïncidence des voyelles. Trois jours plus tard, nous recevions de lui un grand dessin. Notre premier cadeau en quelque sorte. Voilà, c'est cela. Avec Amélie je retrouve ma vie, la première, celle des émotions et des vocations, telle que je m'en suis éloigné il y a si longtemps. Lorsque nous nous sommes dit au-revoir, John Berger m'a dit : On se tutoie, non? C'est mieux de le faire avant la prochaine fois. Je suis reparti soulevé d'allégresse légère. Repris la ligne de Sceaux. Croix de Berny, Bourg-la-Reine, Bagneux, Gentilly. Des noms à remonter en très lointain passé. J'ai passé tant d'années à oublier. A ne pas faire attention. J'ai retrouvé Amélie au Wepler où elle déjeunait avec Martin, puis je suis parti au Salon du livre. Je voulais y être de bonne heure pour ne pas avoir à faire la queue à l'entrée de l'inauguration. Les stands n'étaient pas encore complètement installés. Je me suis baladé dans les travées encore presque vides. Croisé Christelle, Laurence. Rejoint Pascale chez Buchet où les libraires, Florence, Nathalie et Jérôme, mettaient une dernière main à l'agencement des tables. Encore un tour au calme avant l'heure de l'ouverture. Embrassé Brigitte, Agnès. Entr'aperçu Laurent dont la nouvelle traduction d'Alice sort bientôt au Livre de poche. Et puis, comme tous les ans, a commencé cette errance ballottée au hasard de la foule et des rencontres. Un verre, quelques mots, des embrassades. On se perd, on se retrouve. J'ai récupéré Amélie sur le tard. Nous avons continué ensemble nos divagations sur le salon. Nous sommes partis bien après la fermeture. Je tirais un peu des bords, fatigué de piétinements et de vin blanc. Nous sommes allés dîner tout près, rue de la Croix-Nivert, dans le restaurant libanais où nous étions allés, tiens l'année dernière...
vendredi 13 mars 2009
Mercredi 11 mars. 22h20
Par Xavier Houssin le vendredi 13 mars 2009, 18:02
Les étudiants m'ont prévenu par texto, par mail. La fac est bloquée. Impossible d'entrer. Je n'ai donc pas fait cours aujourd'hui. J'en ai profité pour revenir tranquillement sur le livre de John Berger, Un métier idéal. Le Pèlerin a accepté un portrait autour de ce texte paru en Angleterre en 1967 et qui fait la chronique lente et réfléchie de l'activité d'un médecin de campagne au Pays de Galles. L'histoire s'écrit en mots et en images. Berger a appuyé sa narration à tout un récit photographique réalisé par Jean Mohr. Tout de suite le ton est donné : Les paysages peuvent être trompeurs. Un paysage semble parfois être moins un décor pour la vie de ses habitants qu'un rideau derrière lequel se déroulent leurs combats, leurs réussites et leurs malheurs. Je vois Berger demain chez lui en banlieue parisienne. Je suis très impressionné. Non pas que je connaisse bien son oeuvre, mais parce qu'il est l'auteur du scénario et des dialogues de La Salamandre, ce film d'Alain Tanner qui est, là aussi, images et mots, tout au centre de ma vie. J'ai rejoint Amélie au Sauvignon. Nous y avions rendez-vous avec Olivier et Alexandre. Ils allaient ensuite à la remise du prix Hennessy du meilleur journaliste littéraire 2008. J'espérais bien l'avoir cette année. Mais comme c'est Alexandre qui l'a obtenu, je suis bien moins déçu. Et même je suis content.
Mardi 10 mars. 23h00
Par Xavier Houssin le vendredi 13 mars 2009, 17:39
J'ai déjeuné avec Anne au Perron. Elle m'a demandé des nouvelles. Bah, tout va bien. Sauf les sous. Enième constat de ces moments un peu inquiétants. Tout ce que je fais ne rapporte pas grand chose et le contrat d'Amélie aux éditions de L'Olivier s'arrête fin avril. Elle n'en dit rien, mais je sais que cela la désole. Elle se sent vraiment bien dans cette maison, où son travail est reconnu et apprécié. Mais, la crise... Les plans sociaux. Il n'y a pas moyen d'embaucher, paraît-il. Fragiles. Nous nous marions dans à peine deux mois et c'est compliqué de faire des projets. Je vais arrêter de geindre, ai-je dit à Anne. Il fallait parler d'autre chose et c'est ce que nous avons fait. Les publications de Léo Scheer, le Salon qui ouvre jeudi soir... Ca va aller. Ca va aller. Nous avons rejoint Aline et Sabine, deux tables plus loin, pour le café. J'ai fait un bout de conduite à Sabine qui rentrait au Cherche Midi. Passé chez Buchet. Attendu en vain le président du cercle Anna de Noailles avec qui je devais parler de la préface des Innocentes. Drôle de journée. J'ai retrouvé Amélie au Sauvignon. Nadine et Frédérique nous ont invités à leur table. C'était bien de sentir entourés.
Lundi 9 mars. 22h15
Par Xavier Houssin le vendredi 13 mars 2009, 16:37
Je n'ai pas réussi à faire grand chose. J'ai essayé de ranger un peu mes papiers, factures, bulletins de paie, contrats... Comme à chaque fois que je me mets à cet exercice, je m'aperçois qu'il y a une quantité de choses que j'ai perdues. Ma vie administrative est dans un désordre épouvantable. J'ai remis le fatras en pile. On verra la prochaine fois. Amélie a appelé pour dire qu'Alexandre était persuadé d'avoir raté ses pâtes aux fruits de mer. Ca me paraissait pourtant simple, genre « la cuisine de placard » ou « la cuisine du congélateur ». Mais il suffit d'un rien. J'ai revu ma recette :
Pour quatre à six personnes,
- 2 sachets de pâtes fraîches (spaghettis ou linguines) vérifier les proportions en fonction des indications du fabriquant. - 2 sachets de fruits de mer surgelés (moules, anneaux de calamars, crevettes, etc) sans surimi surtout ! (On peut bien sur prendre des fruits de mer frais, c'est meilleur mais c'est plus cher et plus long à préparer et ça dépend du marché). - 1 gros oignon finement émincé. - 6 gousses d'ail. - 1 botte de basilic. - 1 botte de coriandre. - thym. - 1 boîte de pulpe de tomates (en prévoir une autre pour parer à toute éventualité). - 1 petit bocal de sauce arrabiata. - 1 verre de vin blanc. - coriandre moulue. - sel, poivre du moulin. - huile d'olive. - persil plat haché.
Laisser décongeler les fruits de mer, les mettre à feu moyen dans une sauteuse, un wok ou une poêle à large bord, les laisser rendre leur eau au maximum, bien égoutter (plusieurs fois au besoin). Faire revenir l'oignon émincé dans l'huile d'olive, quand il commence à quitter le blanc pour le roux, ajouter les fruits de mer dans la poêle. Vérifier qu'ils ne rendent plus du tout d'eau. Sinon égoutter encore. Eplucher l'ail. Enlever le germe. Couper les gousses en copeaux. Ajouter au fruits de mer. Verser la pulpe de tomates, mélanger doucement. Saler, poivre, saupoudrer largement de coriandre moulue. Monter le feu, le réduire aux premiers gros bouillons pour le laisser juste clapoter. Vérifier une première fois l'assaisonnement Ajouter le thym, le vin blanc Ajouter, grossièrement hachées, la botte de basilic et celle de coriandre Verser le contenu du bocal de sauce arrabiata Laisser reprendre les bouillons, vérifier encore l'assaisonnement Laisser réduire suffisamment pour que la sauce soit onctueuse mais plus du tout "flotteuse". Cuire les pâtes dans beaucoup d'eau salée, avec un filet d'huile d'olive, suivant les indications du fabriquant. Les égoutter. Verser les pâtes dans le plat de service. Verser un filet d'huile d'olive, poivrer, mélanger. Mélanger une partie de la sauce aux pâtes. Napper avec le reste. Saupoudrer de persil haché. Servir tout de suite. Garder au chaud pour resservir.
En fait, il faut être le nez toujours dedans...
A part des plats comme celui-là, je ne fais plus beaucoup la cuisine. Il n'y a guère de place à la maison. Amélie m'avait fait remarquer l'autre jour que les plaques de cuisson étaient recouvertes par des piles de livres. C'est tout qu'il faut ranger. Pas seulement mes documents.
Dimanche 8 mars. 22h30
Par Xavier Houssin le vendredi 13 mars 2009, 15:06
C'était le dernier jour. Nous sommes allés déposer les valises à la consigne automatique de la gare du midi. Josyane a appelé un quart d'heure après notre arrivée à la Foire. Nous sommes allés prendre un café et avons écrit ensemble un petit paquet de cartes postales croisées. Kerenn nous a invités à déjeuner. On se voit une fois par an tous les deux. A Paris ou a Bruxelles. Elle pige un peu partout, elle se démène, elle est courageuse. Là, elle a des responsabilités dans l'organisation de la Foire. Ce serait bien que le vent tourne un peu. Amélie attendait Véronique Ovaldé qui devait signer Et mon coeur transparent chez Filigranes. Véronique nous a rejoints au moment du café. Sur le stand, je suis tombé sur le père de Martin qui m'a gentiment demandé de dédicacer mon livre. Heures de dimanche. Le temps a passé vite. Nous avons fait nos adieux. J'ai été embrasser Lucie. La remercier encore pour le papier qu'elle m'avait consacré dans Le Soir. A la maison, nous avons eu du mal à rentrer. L'entrée était bloquée par les paquets que la concierge avait déposés pendant le week-end. Parmi eux, il y avait les épreuves du dernier Jean-Pierre Otte, La vie amoureuse des fleurs dont on fait les parfums que j'avais demandées à Marie-Laure. Texte court. Je l'ai lu avant de me coucher.
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