Amélie avait demandé à Paul Lequesne, le traducteur d’Andreï Kourkov, de nous renseigner sur le sens de la phrase écrite en haut de notre petite icône de Sébastopol. Il vient de lui répondre : Je ne suis pas très calé en slavon (russe d'église), et l'inscription est assez illisible sur la fin. Mais je déchiffre un « archange Gabriel » et une « Varvara » (sainte Barbe), ce que confirme l'épée tenue par le personnage de gauche qui est un attribut de sainte Varvara dans l'imagerie orthodoxe. A cause de l’épée, j’avais pensé à sainte Agnès de Rome, à sainte Catherine d’Alexandrie qui eurent chacune la tête tranchée. Pas à sainte Barbe ou sainte Barbara, « la grande martyre » pourtant, atrocement torturée et décapitée par son propre père au IIIe siècle parce qu’elle refusait d’abjurer sa Foi.
mardi 30 septembre 2014
Dimanche 21 septembre 2014.
Par Xavier Houssin le mardi 30 septembre 2014, 17:50
Samedi 20 septembre 2014. 19h30.
Par Xavier Houssin le mardi 30 septembre 2014, 17:22
Marché à Granville avec Claire et Emmanuel. Pas mal déçus que la saison des saint-jacques ne commence que début octobre. Mais nous serons repartis ! Ils se sont rattrapés sur les homards et sur les huîtres, les praires, et les palourdes, et les bulots. Nous avons fait un sort aux homards dès midi. Juste grillés avec un beurre d’estragon. J’ai commencé à répondre aux vœux reçus hier. Il m’en est arrivé d’un peu partout. De proches. Du loin aussi. D’amis perdus de vue ou presque. Quand déjà était-ce cette dernière fois où nous nous nous étions parlé ? Et où, d’ailleurs ? Deux, trois lignes, doucement affectueuses. Attentives. Présentes. Mais, cette année encore, affaire d’époque, pas un seul mot écrit. Cela me reste un peu difficile. J’ai encore, j’ai toujours, de la réticence face à cette immédiateté des textos, des courriels. Ce mode d’écriture, maintenant totalement acquis et partagé, me semble si volatil. Pas de mémoire, pas de trace. Rien à garder à soi de personnel, de charnel. Il est devenu (presque) impossible d’entretenir une « vraie » correspondance, faite de pauses, de maturations, d’occasions. Des lettres où l’émotion se touche, se respire. Les larmes de Cyrano qui brouillent l’encre quand il écrit pour Christian à Roxane. Les fleurs glissées dans les enveloppes. Les phrases griffonées sur une nappe en papier. Oh, avoir le temps… Tout va trop vite. Et je suis si lent, si lent. Inadapté en fait. J’avais entamé un moment un échange avec une élève de première d’un lycée de l’Orne où j’étais intervenu. Mais, de courriel en courriel, je n’arrivais pas bien à suivre le rythme. Son rythme. Cela s’est éteint de ma faute, au bout d’un an, dans mon incapacité à savoir me servir de cette écriture immédiate. Je pense souvent à Adélie. Elle m’a adressé un message il y a peu : Tu ne me donnes plus aucune nouvelle. C’est triste, non ? Je vais essayer de lui répondre. Autrement.
Vendredi 19 septembre 2014. 23h40.
Par Xavier Houssin le mardi 30 septembre 2014, 17:20
J’ai raté mon dîner d’anniversaire. Trop fait cuire les grouses. Dessécheés. Tout juste mangeables. Mais question cadeaux, j’ai été gâté. Mes beaux-parents m’ont apporté une caisse de visan 2011, un côtes-du-rhône village profond, puissant, foncé. Amélie m’avait trouvé les éditions originales du Sylvie et Bruno (Is all our Life, then but a dream/ Seen faintly in the golden gleam/ Athwart Time’s resistless stream ?) et Sylvie et Bruno concluded de Lewis Carroll publiées chez Macmillan en 1889 et 1893. Et aussi une belle girouette pour le toit. Le couvreur va bientôt passer ramoner la cheminée. Il en profitera pour la fixer. Quant à moi je m’étais déjà offert les Œuvres de La Harpe parues à Yverdon en 1777. De Mexico, la veille, j’avais reçu un pull ras du cou en cachemire (noir bien sûr, histoire de ne pas perturber mon dress code). Les petites ont appellé. Bon zanniversaire Zavier, m’a fait Appolline. Ma jolie filleule de bientôt trois ans…
Vendredi 19 septembre 2014. 17h00.
Par Xavier Houssin le mardi 30 septembre 2014, 17:18
Mon Dieu, j’ai cinquante-neuf ans… J’ai respiré un grand coup. Je sais, je suis bête, mais je ne me fais pas à ce fichu compteur. Les parents d’Amélie sont arrivés pour déjeuner. Depuis lundi, ils sillonnent la région, d’un site du Débarquement à un autre. Les plages, les fortifications, les musées, les cimetières. Emmanuel avait l’idée en tête depuis longtemps. Cette année, entre leurs quarante-cinq ans de mariage et ses soixante-dix ans à lui, c’était l’occasion où jamais. Il est encore pris dans l’émotion de ce qu’il a vu. Etreint. Intarrissable.
jeudi 25 septembre 2014
Jeudi 18 septembre 2014. 22h10.
Par Xavier Houssin le jeudi 25 septembre 2014, 18:28
Marché à Carolles avec Jean-Pascal. Il est passé prendre un verre à la maison. Les essences rares de son jardin d’ombre se déssechent dans le trop beau temps. Il arrose comme il peut. Espère la pluie. Moi pas. Claire et Emmanuel arrivent demain à la maison pour quelques jours, à la suite de leur périple sur les plages du Débarquement. Un voyage prévu de longue date. Jusqu’ici, ils ont eu grand soleil. Il faut que ça dure. J’ai laissé mijoter un sauté de veau tout l’après-midi. Une recette très simple et parfumée. Choisir de préférence de la noix, coupée en gros cubes. Passer les morceaux dans le paprika et le cumin avant de les faire dorer à l’huile d’olive, dans la cocotte. Déglacer au vin blanc. Réserver. Dans un peu d’huile d’olive « neuve », faire revenir des oignons coupés fins, plusieurs gousses d’ail tranchées. Couvrir ensuite de quartiers des tomates bien mûres, pelées et épépinées. Remettre la viande. Saler, poivrer. Ajouter un demi citron confit (ou plus) coupé en dés, du thym frais émietté, une branche de basilic, un demi bouquet de coriandre, un peu de gingembre rapé, un piment (ou plus). Goûter l’assaisonnement. Rectifier. Baisser le feu. Oublier (en vérifiant quand même que ça n’attache pas). J’ai servi avec du riz mélangé à des copeaux de tomates confites. Saupoudré le plat de coriandre hachée. Amélie, que j’étais allé chercher au train de 20h00, a aimé...
Mercredi 17 septembre 2014. 20h20.
Par Xavier Houssin le jeudi 25 septembre 2014, 18:26
Isabelle m’a gentiment relancé pour ma chronique de Next. Je l’ai écrite dans la journée. Parlé des marronniers malades un peu partout. Ravagés par la chenille de la mineuse (Cameraria ohridella) et atteints, aussi, par un dépérissement bactérien qui les décime. Pas gai. J’ai pensé à ceux du Cours à Senlis. Ces marronniers de mon enfance. Il faut vraiment que j’aille les voir. Ce sera peut-être ma dernière contribution à Next. Combien y aura-t-il de numéros ensuite ? Des rumeurs courent sur le fait que Françoise-Marie qui a quitté le magazine le mois dernier serait nommée à la direction de la rédaction de Elle. Je l’ai entendu de diverses personnes et tout tend à penser que c’est vrai. Je ne sais pas si elle est superstitieuse, mais je ne vais pas prendre le risque de la féliciter sur une nomination qui n’est pas encore officielle. D’ailleurs, je ne suis pas censé être au courant. Je lui ai quand même envoyé un mot. A elle et à Delphine. Mais pour autre chose… Elles se marient samedi prochain.
mardi 16 septembre 2014
Mardi 16 septembre 2014. 22h00.
Par Xavier Houssin le mardi 16 septembre 2014, 22:30
Deux jours sans vraiment écrire. Et puis j’ai ma chronique à rédiger pour Next, cette fichue nécro de Goytisolo « à rédiger en avance » et puis proposer aussi des papiers pour les prochains numéros du Monde. J’ai déjeuné chez Catherine et Olivier. Fait des courses à Granville. Le ciel est resté bleu toute la journée. Je suis allé jusqu’à la Croix-Paquerey pour voir la mer. Cela faisait longtemps.
Lundi 15 septembre 2014. 22h10.
Par Xavier Houssin le mardi 16 septembre 2014, 22:29
Les élagueurs étaient toute la journée chez les Beltoise justement. Ils mettaient à bas le grand peuplier d’Italie du bout du jardin. Un exercice de haute voltige. J’aurais bien aimé qu’ils continuent leur travail avec le peuplier de l’autre côté du chemin, chez Jean-Michel, mon voisin d’en face. Déjà trois ou quatre automnes qu’il me promet qu’il va le rabattre. L’arbre a largement quarante ans. Les jours de tempête, la flèche penche et craque. Si elle cède, elle tombe sur ma maison. Oui, oui, je vais le faire. Mais tu ne le trouves pas beau ? – Si très beau. Dangereusement.
Dimanche 14 septembre 2014. 21h40.
Par Xavier Houssin le mardi 16 septembre 2014, 22:29
L’auberge du village va rouvrir. Les anciens propriétaires du commerce, à force de n’importe quoi, avaient fini par faire faillite à la fin de l’an dernier. Rien n’allait là-bas. Rien du tout. La cuisine tenait de l’assemblage de mauvaise qualité. On travaillait dans le surgelé, le prêt à garnir et les fonds de sauce en poudre. Quant à l’atmosphère. Un grand écran plat allumé en permanence, des panneaux de bois peints de couleurs criardes qui se voulaient « pub anglais ». De la musique stridulant en permanence dans les oreilles. J’en passe. Comment peut-on gâcher à ce point un endroit magique ? C’était vraiment de la confiture aux cochons. Cet ancien presbytère est à ce point charmant que même les aménagements « discutables » réalisés par l’ancienne municipalité ne sont pas parvenus à l’abîmer. Il y avait beaucoup d’attente à savoir ce qu’allait devenir l’affaire. Quel candidat allait donc choisir le mandataire judiciaire ? La nouvelle vient de tomber. Je crois que nous pouvons être rassurés. Le repreneur est le fils de M. et Mme Beltoise, mes voisins immédiats. J’avais déjà perçu cette proximité comme un gage heureux, mais Laurent Beltoise a surtout un impressionnant parcours culinaire. Il arrive de Corée où il enseignait au Cordon bleu de Séoul. Auparavant, il a été chef des cuisines au Club Med, à l’ambassade d’Espagne… Un professionnel de très grande qualité. Il s’installe à Carolles avec femme et enfant. Je lui ai dit deux mots par-dessus la haie. Quelque chose comme : Bienvenue, merci, et qu’est-ce qu’on est contents.
lundi 15 septembre 2014
Dimanche 14 septembre 2014. 14h30.
Par Xavier Houssin le lundi 15 septembre 2014, 16:59
Noëlle est de retour à Carolles. Elle venue prendre un verre à la maison. Vite fait, hein ? Je ne reste pas. Elle allait aux mûres avec une amie. Moi, je ne sors pas. Je reste à ma table. Et faute de travailler, je rêvasse, je rêvasse…
Samedi 13 septembre 2014. 23h50.
Par Xavier Houssin le lundi 15 septembre 2014, 16:58
Je n’ai pas bien travaillé. Resté des heures sur un mot. Défaire. Refaire. J’ai fini par abandonner tout cela. Je suis parti à mon dîner en avance pour flâner un moment dans les chemins. J’ai ramassé deux petits carabes dorés sur un talus vers l’Humelière. Je les ai relachés un peu plus loin. Avant d’arriver chez Monique et Jean-Marie. J'y ai (re)fait la connaissance d'Alice qui a maintenant deux ans et demi. Toute petite et blonde à côté de son père Yannick, immense et brun. Sa femme Elisabeth était restée à Paris pour le travail. Amélie aussi. Dommage pour elles. Ce soir c’était homards à la nage et croze-hermitage.
Samedi 13 septembre 2014. 15h30.
Par Xavier Houssin le lundi 15 septembre 2014, 16:53
Hier Jean-Marc Jungers m’avait envoyé un petit message : Votre icône est prête. Je suis allé la chercher ce matin. Alors, qu’est-ce que vous en pensez ?, m’a-t-il fait assez content. Il peut l’être… De derrière le vieux vernis sale est apparue une scène d’une infinie délicatesse de tons. Magnifique. Troublante. A y regarder bien à présent, je ne pense pas qu’il s’agit d’une Annonciation. On y voit un ange tenant une épée, probablement l’archange saint Michel et, à son côté, une sainte, avec contre son cœur la croix du Martyre et à la main l’épée de son supplice. Sainte Agnès de Rome ? Sainte Catherine d’Alexandrie ? Il faudrait que quelqu’un puisse me traduire ce qui est écrit en cyrillique. Enfin, il y a, au dos, ce petit bout de papier collé en memento. On y lit : Tableau pris par auguste Barth. Aubier Voltigeur au 86e de ligne – 2e bataillon dans une maison de Sébastopol, le jour de l’entrée de l’armée française dans la ville en ruines. C’était en 1855. Je suis arrêté quelques numéros plus bas dans la rue des Juifs au Détour, la librairie de Fany Héquet et Raphaël Naklé où il y a un très beau rayon jeunesse. Acheté le cadeau pour les sept ans de Neela, mardi, et une histoire de loup et de portes qui claquent pour Alice, la petite-fille de Monique et Jean-Marie qui m’ont invité à dîner ce soir.
vendredi 12 septembre 2014
Vendredi 12 septembre. 21h45.
Par Xavier Houssin le vendredi 12 septembre 2014, 21:55
Je me suis énérvé à propos d’histoires de sous. La maison des écrivains et de la littérature ne m’a toujours pas réglé les frais de transport de mes interventions à La Courneuve avec les élèves du lycée Rimbaud. A Nice, le contrat de vacataire que j’avais signé en juin pour la rédaction du dossier de presse du Festival du livre, s’est visiblement perdu. Vous pourriez en renvoyer un exemplaire ? J’attendrai fin octobre pour être payé. Et chez Chronopost, personne n’envisage raisonnablement de me rembourser les frais de port et la valeur du colis qu’ils m’ont égaré. Des heures au téléphone à essayer de débrouiller tout cela. Je n’ai pas bien travaillé.
Jeudi 11 septembre 2014. 22h40.
Par Xavier Houssin le vendredi 12 septembre 2014, 21:53
Depuis ma visite à Nathacha la semaine dernière, je cherchais une phrase d’un de ses livres qui me revenait, incomplète, en tête. J’ai fini par trouver. Longtemps, j’ai eu honte de la chance que je croyais avoir. C’est dans Blue Bay palace, sorti en 2003. Et qui devrait reparaître bientôt en poche.
Jeudi 11 septembre 2014. 14h30.
Par Xavier Houssin le vendredi 12 septembre 2014, 21:51
J’ai retrouvé Jean-Pascal sur le marché. Il est bien ce marché… Certes, maintenant que la « saison » est terminée, il s’y trouve un peu moins de commerçants, mais il reste vivant, animé. D’un étal à l’autre, les gens se parlent. Echangent des nouvelles, et même des recettes de cuisine. Commentent les petits événements du village. Cancanent gentiment. On y est bien. C’est rare. Ca rend confiant. J’ai fait des courses de célibataire. Amélie ne vient pas ce week-end. Elle est, avec ses auteurs, à America, le festival du livre de Vincennes. Je ne me fais pas à cette absence. On s’appelle plusieurs fois par jour, accrochés chacun au quotidien de l’autre. Sauf que le mien est bien moins agité. Je passe mes journées à essayer d’avancer dans mes textes. Je sors dans le jardin. Arrache les pissenlits, coupe les roses fanées. Je n’ai pas vu la mer depuis longtemps. Il me suffit de la savoir là, tout près. Jean-Pascal est venu partager une bouteille de bourgogne blanc avec moi. Il ne reste pas à Carolles. Après le déjeuner à Coquelonde avec Simone, il rentre à Caen.
Mercredi 10 septembre 2014. 16h50.
Par Xavier Houssin le vendredi 12 septembre 2014, 21:50
Amélie a bouclé les prochaines rencontres littéraires de Carolles. Il y aura Nathalie Kuperman, Laurence Tardieu, Denis Grozdanovitch, Marie-Hélène Lafon et, peut-être en février (tout dépendra de la sortie de son livre), Michel Onfray. A chaque fois, je ferai le M. Loyal…
Mardi 9 septembre 2014. 20h50.
Par Xavier Houssin le vendredi 12 septembre 2014, 21:50
J’ai répondu à une « enquête » du Centre régional des lettres, à Caen. On m’y demande si je suis disposé à intervenir dans les écoles, à animer des débats. J'ai coché toutes les cases. Trouvé sur le site d’un bouquiniste les Œuvres de La Harpe en trois volumes (ici, ils ont été rassemblés en deux…) parues à Yverdon, en Suisse en 1777. La Harpe avait trente-huit ans. L’année précédente il avait été élu à l’Académie. Cette édition dont Voltaire disait : Ce sera un livre qui me sera cher et que je lirai bien souvent, contient des textes qui attaquent le clergé, comme le Camaldule. On ne les retrouve plus les années suivantes. La Harpe a ainsi effacé au fur et à mesure ce qu’il appelait ses essais de jeunesse. Il a rogné sans cesse dans ses écrits au point d’en faire vraiment disparaître. Il en est que, malgré des années de recherche, je n’ai jamais vus en vente. Et après le grand séisme du 16 mars 1794 où il fut arrêté (il n’a dû qu’à Thermidor d’éviter la guillotine), il les a totalement reniés. Cher La Harpe, que j’ai le sentiment de si bien comprendre, avant et après ses revirements sincères, tant lorsque l’on s’attache à la biographie de ces oubliés des Lettres et du Temps, dans un étrange partage, on les sent revivre. J’ai hâte de recevoir ces livres. Je revenais d’une course au bourg lorsque j’ai croisé Jean-Marie. Il m’a invité à prendre un verre. Nous avons évoqué ses projets pour Carolles. L’aménagement, la sauvegarde, les embellissements. Parlé de la vie au village. Pas toujours douce. La semaine dernière, il s’est fait agresser à coups de poings devant l’école par un parent d’élève pour des histoires de garderie. Il a su garder son sang froid. L’abruti s’est retrouvé à la gendarmerie. Mais quand même… A Paris, l’autre jour, à Montmartre, il paraît que le préfet de police et le patron de la sécurité publique ont été pris à parti et molestés par de petits adeptes de la mendicité et des trafics en tout genre. Ca tourne mal. Pitié, pas ici !
Lundi 8 septembre 2014. 18h40.
Par Xavier Houssin le vendredi 12 septembre 2014, 21:49
Cela fait bien deux semaines que je tourne et retourne le courrier que m’a adressé mon « voisin de derrière » après que je lui ai envoyé la facture de ses dégâts au jardin. Dans son mot, il argumente de manière confuse pour essayer de ne me payer que la moitié des travaux de remise en état. Je me suis décidé à lui répondre. Il n’a pas formulé le moindre regret, la moindre excuse. Il me semble que me rembourser est le moins qu’il puisse faire. D’autant que mes frais me vont pas s’arrêter là. Cet automne, il va falloir préparer le sol et planter de nouveaux grimpants pour remplacer ceux que ses mauvais traitements ont fait disparaître. J’ai été affecté par cette histoire plus que je n’imaginais. J’ai déserté mon bureau. Je ne supportais plus, à la longue, de voir, chaque fois que je levais les yeux, ce mur gris et vide. Cette végétation efflanquée. Je me suis installé dans la salle à manger, fenêtre ouverte sur les hortensias et les rosiers. Je continue les poèmes. J’ai l’impression que je n’en verrai jamais la fin.
lundi 8 septembre 2014
Dimanche 7 septembre 2014. 22h10.
Par Xavier Houssin le lundi 8 septembre 2014, 21:33
Nous avons mal dormi. Hier dès l’après-midi on entendait déjà les vibrations sourdes des basses des beuglants débordants d'on ne sait quelle fête. Puis d’une autre… Ce devait être un samedi noces et banquets. Cela s’est poursuivi assez tard. Et pire. Un peu avant cinq heures du matin, dans le chemin, les occupants de l’une ou l’autre des deux maisons récemment contruites, revenant sans doute de ces réjouissances bruyantes, se sont offert des after en mettant la musique à plein volume. Je sais, la grossièreté est devenue ordinaire. J’ai pensé à la quiétude fracassée dont parle Jean-Michel Delacomptée dans son Petit éloge des amoureux du silence. Nous sommes allés chercher le pain et les journaux au bourg. La journée s’est échappée à toute allure. Se laissant dévorer de ce rien d’angoisse des dimanches. De retour de la gare où j’avais accompagné Amélie au train, je me suis arrêté sur la crête, après Granville. J’avais le cœur vide, vide, vide.
Samedi 6 septembre 2014. 20h30.
Par Xavier Houssin le lundi 8 septembre 2014, 21:32
Le potager est une vaste jachère. Mes graines de haricots n’ont pas levé. Les carrés disparaissent sous des vagues de renouée, de mouron et de chénopode. Amélie s’est mise au travail. Elle a dégagé les potirons, les salades et les menthes. J’ai tondu. Je passerai la motobineuse la semaine prochaine. J’ai encore le temps pour les plantations et les semis d’automne. Je vais tenter l’ail et l’oignon, les petits pois, les fèves. Les propriétaires de ce bout de terrain consentiront-ils un jour à nous le céder ? J’y installerais bien un jour mes « arbres littéraires ». Les érables sycomores de Lamartine et de Jerome K. Jerome, le cyprès de la maison d’Edmond Rostand, ceux de la tombe de Shelley à Rome, les ifs de Mistral… Déjeuner de fruits de mer : langoustines, étrilles, bouquets et palourdes du marché de Granville. J’avais des huîtres de celui de Carolles, jeudi. J’y avais pris aussi un petit gigot de pré-salé. Jean-Pascal devait venir le partager avec nous le soir. Il a finalement rejoint Martine et Agathe à Caen. Tant pis, nous le mangerons sans toi.
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