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lundi 8 septembre 2014

Vendredi 5 septembre 2014. 18h10.

J’ai reçu ce matin au courrier Cènes de famille de Jean-Louis Maunoury. J’avais égaré ce texte, sorti il y a une quinzaine d’années chez Autrement. Je l’ai retrouvé, sans le chercher, sur le site d’une librairie d’occasion. Relu d’une traite et avec un bonheur intact. Ce sont des souvenirs d’enfance et des souvenirs de table. Un livre des apprentissages, un récit de bouche, comme dit Maunoury. Il raconte son cocon nourricier dans une Normandie de l’intérieur des terres pendant les années 1940. Grands parents, parents, oncles et tantes y composent toute une généalogie des savoir-faire culinaires. On trouve bien davantage de fidélité que de nostalgie dans cette histoire des origines. Une affaire de goût et d’appartenance. Il est tant important de savoir d’où l’on vient.

Vendredi 5 septembre 2014. 1h50.

J’ai été chercher Amélie au train de 23h00. J’avais tout préparé. Fait les courses au marché tôt ce matin. Je m’en aperçois davantage lors de nos retrouvailles : que c’est long le temps lorsqu’elle n’est pas là...

Jeudi 4 septembre 2014. 19h00.

J’ai été rendre visite à Nathacha à Caen. Bernard a été nommé à la rédaction en chef de FR3 Basse-Normandie. Ils ont emménagé il y a peu de temps. L’appartement qu’ils occupent, au premier étage d’un immeuble « de la reconstruction », près du port de plaisance, m’a paru gigantesque. De grandes pièces lumineuses, une terrasse. Avec cette sobriété utilitaire de ces volumes des années 1950. Pas d’autre âme que celle de ceux qui y habitent. Cela semblait d’autant plus vaste que tout est encore presque vide. Il leur reste des piles de cartons à ouvrir, des meubles à installer. Nous avons échangé les nouvelles. Petite remise à jour de nos quotidiens. Depuis notre rencontre en 2004 au Festival du premier roman de Chambéry (dix ans !), nous avons gardé une relation proche, tout en nous voyant assez peu. A chaque fois, il y a comme à rattraper le temps écoulé. J’avais, sur les conseils de Jean-Pascal, réservé une table pour le déjeuner dans un restaurant du centre, A contresens, rue des Croisiers. Au menu du jour : velouté de pomme de terre rafraîchi au lait de coco, coque piquante et soja ; boulette d’agneau aux épices, coco à la tomate, carotte orange à la fleur d’oranger (Nathacha m’a débarrassé du petit fagot de carottes). Le repas était délicieux, mais je ne peux pas m’empêcher de m’irriter de la désormais inévitable mise en scène de la cuisine contemporaine. Impossible d’échapper au dressage « graphique » de portions minimalistes dans les assiettes, ni à un envahissant vocabulaire débordant de « saveurs » ou de « textures ». De même qu’on va préférer parler de « cromesquis » plutôt que de (banales) croquettes ou qu’on dira de noix de saint-jacques juste poêlées qu’on les a « simplement snackées ». Nous nous sommes retrouvés les derniers à partir du restaurant. Parlé de son prochain livre qu’elle publiera chez Gallimard en janvier. Ce qui l’aide à oublier la fin de relation plutôt aigre et malveillante qu’elle a vécu avec les éditions de L’Olivier où elle avait fait paraître Le dernier frère en 2007. Nous nous sommes promenés un peu dans Caen. Je ne me sens pas très à l’aise dans cette ville où se côtoient abruptement ce qui reste du magnifique patrimoine épargné par les bombardements de 1944 et, surtout dans le quartier des Quatrans, les constructions en barres parallèles, les bâtiments ternes, uniformément laids. On se croirait, par endroits, dans ces banlieues où les architectes, emportés par l’ivresse des terrains vagues, bâtissent au nom de l’urbanisme social et créatif des clapiers en béton. Nous sommes allés chercher Neela à la sortie de sa toute nouvelle école. Elle va avoir sept ans ce mois-ci. Comme elle m'a paru grande. Il fallait que je reparte. Embrasse Bernard. - On se revoit bientôt ? Qui sait, peut-être sommes-nous moins éloignés aujourd’hui entre Caen et Carolles qu’à Paris à un arrondissement de distance...

mercredi 3 septembre 2014

Mardi 2 septembre 2014. 22h50.

J'ai reçu un message de Violaine Bérot. Son prochain roman sortira chez Buchet-Chastel. Je suis content. C’est moi qui l’ai mise en contact avec Pascale, persuadé qu’entre elles, entre l’écrivain et l’éditeur, la rencontre était évidente. Je doute sans cesse. Je ne ne suis jamais sûr de ce que je ressens. Mais là, comment dire, c’était évident. Oui, vraiment, je suis content. J’ai acheté des étiquettes pour l’herbier. Rouvert les poèmes. Je continue.

Mercredi 3 septembre 2014. 22h00.

Au printemps, Christian m’avait offert une couleuvre à collier (Natrix Natrix) conservée dans un bocal à spécimens. Mais le couvercle était cassé, le niveau du formol avait baissé. Je me suis décidé à remettre enfin tout cela en état. Le reptile a maintenant rejoint les autres habitants du couloir. J’ai pensé à Thomas. Sept ans. Il n’est jamais venu à Carolles. Je crois qu’il aimerait bien mon petit cabinet d’histoire naturelle.

Lundi 1er septembre 2014. 21h00

J’ai passé la nuit sur le portrait d’Olivia Rosenthal. Fini à 6h00. Voilà ce que c’est de s’y mettre à la dernière minute. Il faut dire que ce coup-ci j’ai tiré la limite jusqu’au bout du bout. La journée a été molle. J’ai passé une commande de café…

Samedi 30 août 2014. 23h40.

Ce soir, c’était la première des « Rencontres littéraires de Carolles ». Au conseil municipal, Amélie est en charge du livre. Depuis le début, elle voulait inviter des auteurs. L’idée a vite fait son chemin. Elle a organisé son programme. Et puis, tu pourrais animer les débats… Plus de soixante personnes étaient venues, salle de l’Amitié, écouter Edouard Launet parler de son livre Le seigneur des îles. On se connaît un peu tous les deux de Libération. Il a écrit un très beau texte sur les Anglo-normandes : Chausey, Jersey, Guernesey, Sercq, Herm, Aurigny, Jethou. Le plateau des Minquiers et les cailloux des Écrehou. Sa randonnée maritime se révèle au fur et à mesure un voyage intime, poétique, littéraire. Grand succès. Les gens étaient ravis. Lui aussi. Il a filé après ses dédicaces. Il allait, à Saint-Nicolas, à la soirée des Joffrin (son patron actuel – et le mien aussi si l'on veut - puisque Laurent Joffrin a été nommé en juin à la tête de la rédaction de Libé…). On devrait se revoir d’ici la fin de l’année pour un dîner chez Eric et Charlotte.

Dimanche 31 août 2014. 17h15.

Grand beau. Nous avons fait une petite promenade jusqu’au potager. Pas lents. Je me sentais tiraillé par un drôle de mal-être. Pas envie qu’Amélie reparte. Pas bien sûr de parvenir à m’en sortir avec mon papier. Il y avait foule sur le quai à la gare. Le train n’a été mis en place qu’à la toute dernière minute. La main sur la vitre. Oh, que je n’aime pas ça.

Samedi 30 août 2014. 14h30.

Je voulais travailler à mon papier pour Le Monde. Mettre un peu d’ordre dans mes souvenirs de la rencontre avec Olivia Rosenthal. J’ai laissé Amélie partir seule au marché de Granville. En rentrant, elle est passé chez Jean-Marc Jungers, l’encadreur de la rue des Juifs. Nous lui avions laissé à nettoyer une petite icône XVIIIe ou XIXe vraiment très sale (vraisemblablement une Annonciation), récupérée dans les affaires mises au rebut au 12 boulevard Thiers à Grasse. Dans ces « vieilleries » qui n’intéressaient plus personne... Il vient juste de commencer son travail. Mais c’est spectaculaire, m’a-t-elle dit. Toutes les couleurs, les dorures, réapparaissent. On retrouve les contrastes… Elle avait acheté des pigeons qu’elle a faits au four avec une farce aux pistaches. J’ai sorti une bouteille de Cru de Béchade, un côte-de-bourg de 2001.

Vendredi 29 août 2014. 20h20.

Dans un des carrés d’osier de la terrasse, j’ai installé les quatre plans de basilic que j’avais commandé pour Amélie : basilic pourpre, basilic citron, basilic anis, basilic poivre. Le tout est qu’elle puisse se retenir d’en couper avant une bonne semaine, le temps qu’ils s’enracinent un peu… Contre le mur du fond, là où le voisin m’a tout arraché et détruit, quelques pousses timides de chèvrefeuille verdissent. J’ai planté une vigne et un jasmin qui se desséchaient au bord de la fenêtre à Paris. Je mettrai les grimpants de remplacement courant octobre. Mais d’ici que le béton soit caché, il va falloir être patient. Mon portrait d’Olivia Rosenthal est programmé pour le prochain numéro du Monde des Livres. Et je n’ai pas remis le nez dans mes notes depuis un moment.

Jeudi 28 août 2014. 16h30.

Marie a trente ans aujourd’hui. J’espère qu’elle aura reçu à temps le petit mot que je lui ai envoyé. Je l’appelerai dans la soirée. Elle travaille toute la journée. J’ai été faire un tour jusqu’à la grève. Me suis laissé prendre par les souvenirs de cette journée de 1984. La maternité de l’hôpital Saint-Vincent-de-Paul où est née ma fille a fermé fin 2011. Le reste a suivi. Les entrées aujourd’hui sont murées. Que vont devenir les bâtiments XVIIe ? La chapelle de la Trinité avec sa rosace ? La mairie de Paris veut installer là-bas un « éco-quartier ». Il y a de quoi être inquiet. Alain Jaubert que j’avais rencontré à une terrasse rue Daguerre au début de l’été m’avait dit qu’on pourrait peut être récupérer les rosiers restés dans la friche, avant que tout cela soit livré aux démolisseurs. Je crois qu’il existe une rose ancienne « Marie », du milieu du XIXe. Rose vif. Je ne sais plus où j’ai lu ça. Il faudrait retrouver le nom de l’obtenteur. A défaut de rosiers rescapés de la maternité, je pourrais peut-être en installer un plan ou deux au jardin. Jean-Pascal est venu me chercher pour aller au marché. Depuis plus de deux mois maintenant, il y a en effet un vrai marché à Carolles, dans la rue principale. J’ai fait le plein de tomates, de fraises. Acheté des pâtes fraîches. Des homards et des vigneaux. Des salicornes. Du pâté de campagne à la camionnette de chez Le Blanc. Viens déjeuner à la maison, m’a dit Jean-Pascal. J’ai pris un bouquet de dalhias pour Simone au vieux couple d’horticulteurs anglais qui vend des plantes un peu « rustiques » en pots. A Coquelonde, Agathe et Margaux étaient installées au bout du jardin avec leurs sandwiches pour regarder passer les cavaliers de l’épreuve d’endurance des Jeux équestres mondiaux. En contrebas, par intervalles, on entendait : cataclop, cataclop… Une poignée de badauds était perchés sur le pont de la route de la Mazurie. Nous étions dans la cuisine à boire du montagny pendant que s’ouvraient les moules dans la cocotte. Nous ne sommes pas allés voir.

Jeudi 28 août 2014. 22h30.

J’ai préparé les homards pour le dîner. Mis la table. Je suis parti en avance à la gare. Amélie est sortie du train dans les premiers.

Mercredi 27 août 2014. 21h10.

J’avance dans les poèmes, mais, une fois encore, je suis en retard. Mon Dieu que je suis en retard... Toujours en retard. J’avais en effet promis à Geneviève Bouffartigue de lui envoyer avant fin août une grande partie des textes et quelques photos de planches de l’herbier définitif. Pour les textes, ça devrait aller. Mais j’appréhende vraiment la mise en feuilles de l’herbier. Peur d’être maladroit, d’abîmer les plantes… Alors, je repousse le moment de m’y mettre. Et puis il y les quatre spécimens que je ne suis pas parvenu à identifier faute de fleurs. Anne, la fille de Norbert, qui est botaniste avait promis de m’aider. Mais chaque chose en son temps : d’abord finir ces poèmes.

mercredi 27 août 2014

Mardi 26 août 2014. 22h00.

J’ai repris les poèmes de mon Herbier des rayons. L’écriture revient doucement. J’ai reçu un message d’Alexis qui m’encourage. Il rentre d’Arcachon début septembre et ne passe que quelques jours à Paris avant de partir pour Venise avec Agnès. Nous y étions l’an dernier fin octobre. Nous avions loué un petit appartement, Fondamenta de la Pescaria dans le Dorsoduro. Je garde en moi précieusement le souvenir de cette semaine là-bas, comme une fleur glissée entre les pages d’un livre. Je revois Amélie sur les Zattere ou Campo San Barnaba. J’avais ramené de Torcello un plan de geranium sauvage et d’une ruelle toute proche de chez nous quelques boutures de sedum palmeri. Ils ont prospéré depuis dans la petite serre du koetsch.

lundi 25 août 2014

Lundi 25 août 2014. 21h50.

Je me suis mis trop tard hier à mes papiers. Du coup, j’ai fini dans la nuit et me suis couché trop tard aussi. Au réveil, j’étais vaseux. Et tout encore poissé de rêves désagréables. Dehors, la pluie tombait en rideau. J’ai commencé à lire Mousseline et ses doubles, le dernier roman de Lionel-Edouard Martin qui paraît fin septembre et dont Marc Villemain venait juste de m’envoyer les épreuves. Les tas de houille, d’anthracite brillaient d’un éclat mat, anguleux. L’humidité sentait fort le charbon. J’aime cette écriture si simple d’apparence. Fuyant son jardin gorgé d’eau où il ne pouvait rien faire, Jean-Pascal est passé me dire bonjour. Nous avons parlé sa mère. A quatre-vingt-huit ans, Simone n’a plus envie de grand chose. Elle ne sort plus. Tout la fatigue. Lui est désemparé. Après son départ, j’ai fait du courrier. Mon Dieu qu’il pleuvait. De larges gouttes ininterrompues qui couchaient les phlox, faisaient tomber les pommes et les pétales des rosiers. J’ai guetté longtemps l’éclaircie qui me permettrait de prendre l’air. Le ciel s’est dégagé peu avant la tombée du soir. J’ai marché vers la Croix Paquerey, continué jusqu’à la falaise. La mer était bleu indigo. J’ai téléphoné à Amélie en rentrant.

Dimanche 24 août 2014. 16h00.

La matinée a filé à toute allure. Un saut au village, une courte promenade vers la Mazurie. Nous nous sommes arrêtés à Coquelonde dire au revoir à Martine qui rentre à Caen ce soir avec les filles. Jean-Pascal reste à Carolles s’occuper de ses plantes. J’ai accompagné Amélie à la gare en tout début d’après-midi. Brocante à Jullouville, foire aux melons à Granville : j’ai bien cru que nous n’arriverions pas à l’heure. Il faisait tout gris. On s’est embrassés. A jeudi… - Tu vas travailler ?

Samedi 23 août 2014. 22h30.

Norbert et Annick sont venus prendre un verre. Nous les avons gardés un peu plus longtemps. Des moules à la crème, un bout de fromage, quelques pêches. Badiane, la petite chienne cavalier king Charles qu’ils ont recueillie l’an dernier est allée se coucher sur le tapis de mon bureau. J’ai trouvé qu’elle allait bien dans le décor. Norbert m’a paru fatigué. Il ne se remet pas vraiment de son accident cardiaque d’il y a quelques mois. Et traîne depuis sans l’avouer une permanente inquiétude. Il s'en défend d'ailleurs. Non, non, tout va bien, il faut juste que je fasse attention. Martine et Jean-Pascal, Agathe et sa copine Margaux qui passe une dernière semaine de vacances avec elle, se sont arrêtés à la maison au retour de leur promenade sur la falaise. Ils avaient compté les phares. Le ciel est si clair qu’on aperçoit celui de Jersey. Amélie a servi à tout le monde sa dernière recette de tisane : basilic pourpre, gingembre et poivre. Ca fait une boisson violette aux saveurs piquantes. C’est un peu spécial, a dit Annick. La petite Margaux, elle, en a repris deux fois.

Samedi 23 août 2014. 16h20.

Avant de partir, hier soir, Gilles m’a remis un manuscrit. La copie d’un petit cahier de souvenirs rédigés par une très vieille dame dont Anne et lui sont proches. Déportée à Auschwitz en 1944 quand elle avait dix-sept ans. Lis-le et dis-moi si on peut en faire quelque chose. Hum… Je l’ai ouvert ce matin. Le texte est maladroit, il se dépêche, comme s’il venait presque déjà trop tard. On sent les efforts de mémoire, les hésitations, les approximations. Mais c’est cette hâte justement, cette confusion, qui lui donnent son émotion et sa vérité. Quant à en « faire quelque chose », je ne suis pas sûr. En jeunesse ? En BD ? Nous sommes allés au marché de Granville. Acheté les fraises du déjeuner et un gros bouquet de dahlias pour Simone. Nous étions invités à à Coquelonde. Jean-Pascal avait préparé un bourguignon.

Vendredi 22 août 2014. 23h50.

Avant de partir en vacances, M. Mitaillé a débarrassé le gros tas de branchages (coupes du figuier, des rosiers et des dernières lianes mortes du massacre des grimpants du fond du jardin) que j’avais déposé devant la barrière. Il a aussi tondu à ras l’herbe devant la maison avant l'arrivée des premiers cyclamens. Avec les pluies de ces derniers jours, une foule de pousses vertes trouent le gravier de la cour. Il va falloir traiter. Nous sommes sortis avant le déjeuner. Longé la falaise par le chemin des douaniers. Descendus au port du Lude. Au bourg, chez le marchand de journaux, j’ai acheté le tiré-à-part de l’Histoire mondiale du courrier et de la poste, une édition résumée d’un gros bouquin écrit il y a quelques années par François Simon, notre voisin du chemin ombragé. Je le savais ornithologue passionné, mais je ne lui connaissais pas cet autre intérêt. En fait, c’est un curieux qui s’enthousiasme sans cesse, un touche-à-tout qui possède (j’en passe) de vraies connaissances en paléontologie, en conchyliologie. A la fin de son ouvrage, d’ailleurs, on trouve, en marge, un bel article sur la fameuse coquille accrochée au bâton ou au manteau des pèlerins. S’agit-il à l'origine de Pecten maximus ? De Chlamys varius ? François Simon a été maire de Carolles jusqu’en 2001. On lui doit une foule d’actions discrètes pour la préservation de l’identité de notre village. J’ai relu Joseph de Marie-Hélène Lafon et Je suis très sensible d’Isabelle Minière que je devrais chroniquer pour Le Monde. Amélie est allée désherber au potager. Elle a dégagé les plants de menthe. Nettoyé autour des courgettes et des potirons. Le soir, nous étions invités chez Anne et Gilles Roubellat où se produisait une de leurs amies, chanteuse. C’était décidemment un vendredi musical à Carolles. A l’église, il y avait un récital de piano : Schubert, Brahms et Weber. Nous, c’était plutôt Edith Piaf ou Reggiani.

vendredi 22 août 2014

Jeudi 21 août 2014. 23h30.

J’ai reçu un coup de fil de Françoise-Marie. Elle quitte Libération. Des accumulations de mésententes, si j’ai bien compris. Ca a fini par craquer. Reste que je ne sais pas ce qu’il adviendra de ma chronique dans Next. Il y aura probablement un numéro en octobre. Mais après… Cela faisait quatre ans. La rentrée s’annonce décidemment très difficile. Amélie m’a rejoint à la gare de Vaugirard. J’ai dormi dans le train. Epuisé. De Granville, nous sommes allés directement au dîner organisé pour les membres du conseil municipal de Carolles et leurs conjoints qui se tenait au petit bar de plage, face à la mer, sur la dune. Bilan et perspectives. Il y a un peu plus de cent jours que les élections ont eu lieu. La soirée était gaie et vraiment amicale. Ca m’a fait du bien.

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