Journée de rangements. Franck est passé en début d’après-midi avec Nicole et les jumeaux, Marion et Thomas. Il va nous installer des prises de courant dans la resserre pour le congélateur acheté la semaine dernière. Nous avons fini par en faire l’acquisition afin de faire face à la surproduction saisonnière du potager. Courgettes, aubergines, haricots. Qui aurait cru que nous ferions une si belle récolte ? Les potirons grossissent sous le feuillage. Il y a déjà cinq ou six artichauts. Amélie est allée chercher son chapeau chez la modiste de Carolles. Une grande capeline rouge avec des plumes et des fleurs en tissu. Ca lui va à ravir. Elle est, bien évidemment, superbe. Superbe.
Samedi 11 juillet. 2h10
Par Xavier Houssin le jeudi 16 juillet 2009, 20:12
Nous avons déjeuné au Bistrot de Paris avec l’abbé Dukiel pour fixer les grandes lignes du déroulement de la cérémonie du 25. Nous lui avons montré les textes que nous avions choisis. L’Évangile de la Providence (Matthieu 6, 26-34), un court extrait de L’imitation de Jésus-Christ et une prière des Confessions de saint Augustin… La date approche vraiment. Dans cinq jours, nous serons à Magagnosc. Quitté André Dukiel sur le trottoir de la rue du Bac. Nous avons traversé pour aller chez Deyrolles. J’ai acheté une boîte afin d’installer les guêpes que j’ai naturalisées l'été dernier pour Victoria. Elle l’aura juste pour l’anniversaire de l’attaque furieuse de l’essaim dans le potager où elle avait été piquée (heureusement une seule fois). Nous sommes allés chercher la petite camionette de location, réservée depuis une semaine, que nous avons chargée à ras-bord : la commode de la grand mère d’Amélie, des livres, des disques, de la vaisselle, deux paires d’arrosoirs et tout un tas de berloufes que nous allons essayer de caser à Carolles. Long trajet par la route. Nous étions à la maison très tard. On déchargera tout cela demain.
Jeudi 9 juillet. 23h00
Par Xavier Houssin le jeudi 16 juillet 2009, 13:29
J’ai enregistré deux Jeux d’Épreuves. Un bilan de l’année avec Josyane, Alexis, Clara, Baptiste et, avec les mêmes, la première émission de rentrée où je présentais Honecker 21 de Jean-Yves Cendrey. Quand il s’est agi de donner son coup de cœur 2008-2009, je n’ai pas hésité : Jérôme de Jean-Pierre Martinet. C’est Raphaël Sorin qui m’a mis dans les mains cet épais roman paru la première fois en 1978 au Sagittaire et réédité au mois d’octobre 2008 chez Finitude. Je crois que je n’ai jamais rien lu d’aussi noir, d’aussi désespérément triste et sans espoir. Et tout cela se déploie dans un festival cynique et grotesque. Magnifique. Y-a-t-il des livres que vous avez « moins » aimés ?, m’a demandé Joseph. Je ne suis pas à l'aise dans l’exercice. Juste laché quelques mots sur D’autres vies que la mienne d’Emmanuel Carrère que j’ai vraiment trouvé le contraire d’un livre sincère. Mais, à quoi sert finalement ce genre de commentaire ? Mieux vaut ne rien en dire. Ne pas en parler. J’ai été faire un peu de courrier au Rostand. Amélie m’y a rejoint après son travail. Elle est maintenant en vacances. Nous sommes allés dîner à deux pas à la Bastide, chez Gilles. Pressé de sardines marinées, gaspacho de fèves à la chair de crabe. Notre été peut commencer.
Mercredi 8 juillet. 22h30
Par Xavier Houssin le jeudi 16 juillet 2009, 13:27
J’ai mis en place mon travail pour la rentrée. Un portrait de Jean-Yves Cendrey, un autre d’Antonio Caballero. Des papiers sur deux premiers romans (Terre des affranchis de Liliana Lazar chez Gaïa, La peine du menuisier de Marie Le Gall chez Phébus) et aussi Efina de Noëlle Revaz, Ce n’est qu’un début de Christophe Bouquerel, Un amour exclusif de Johanna Adorjàn. A suivre Richard Price, Wendy Guerra, Marie Sizun, Hélène Gaudy, Lucien Suel. Et j’espère vraiment Raymond Dumay dont Stock réédite Mort de la littérature paru dans les années cinquante. J’avais lu son Guide du vin, à la fin des années soixante-dix, quand je me piquais, jeune homme, de m’y connaître en appelations, en vignobles et en bonnes bouteilles. J’ai beaucoup appris en le lisant et j’ai surtout découvert, au fil de ses autres livres, un auteur avec lequel je me suis senti très vite en harmonie. Dumay est un humaniste, un « honnête homme » comme on disait dans les siècles passés. Et il est sensible proche, intelligent… J’avais rendez-vous avec Dany au Select pour prendre un verre avant les vacances. Nous avons bavardé un long moment en terrasse. Lou a commencé son traitement. La petite semble prendre avec cette grande confiance des enfants la longue sucession d’injections d’hormone de croissance qui l'attend. Et, maintenant qu’elle a pris la décision, Dany est plus détendue, enfin, moins inquiète. François Escoube passait sur le boulevard. Il m’a demandé des nouvelles de Douce Lumière, le dernier volume paru de « Domaine public ». Comme président du jury du prix Marguerite Audoux, je l’avais naturellement sollicité comme pour m’aider à promouvoir le livre. Nous avions débattu d’une foule de projets : une soirée, des signatures avec Benoîte Groult qui avait rédigé l’avant-propos, des conférences… Organiser une soirée à La Coupole. Alors, où en sommes-nous ? Comment lui expliquer que tout cela n’avait pas rencontré beaucoup d’enthousiasme ? Je vous raconterai…
mercredi 8 juillet 2009
Mardi 7 juillet. 22h50
Par Xavier Houssin le mercredi 8 juillet 2009, 16:17
Déjeuner au Perron avec Brigitte. J’ai mangé mes premières figues de l’année, avec de fines tranches de speck. Les mêmes qu’à Carolles, blanches, charnues. J’espère que j’en récolterai cette année. L’été dernier, les étourneaux avaient nettoyé l’arbre en à peine plus d’une journée. Brigitte m’a reparlé de Passage des larmes d’Abdourahman Waberi. J’ai juste commencé à le lire et je suis assez enthousiaste. Belle histoire sur l’exil et le passé. Comme un retour entre parenthèses, porté par une écriture sobrement poétique. Je suis passé chez Gallimard déposer La ballade de Lola et Le premier pas suffit pour Guy Goffette. Zigzagué sous la pluie d’orage, de porches en stores de boutiques, avant de retrouver Renaud au Café de la mairie. Nous avons bavardé plus d’une heure. De tout. De rien. De nos livres, de la littérature, de nos amis. De nos projets aussi. Renaud vient de terminer un manuscrit qui s’appelle L'enfant du milieu. Un texte bouleversant, sur les longs lambeaux de l'enfance, la crainte du grandir et la peur de la perte. J’espère qu’il va trouver l’éditeur qu’il mérite. J’ai été chercher Amélie à son travail. Ou plutôt, je l’ai attendue dans le petit square Paul-Painlevé, sur un banc, au pied de la statue de Puvis de Chavannes. Jérôme nous a rejoint à la maison. Il dînait avec Marion chez des amis dans le quartier. Un semaine qu’il a commencé son nouveau boulot de représentant chez Dargaud. Il est enthousiaste à un point que ça fait bonheur à voir.
Dimanche 5 juillet. 23h30
Par Xavier Houssin le mercredi 8 juillet 2009, 16:16
Marianne a perdu sa grand-mère. Quatre-vingt-dix-huit ans. La vieille dame vivait depuis quelques années dans une maison de retraite. Je me souviens du moment où il avait fallu débarrasser son appartement. Marianne avait entassé chez elle tout un fourniment de meubles, de bibelots, d’objets divers. Elle nous avait donné une table sur laquelle je travaille maintenant à Paris. Elle doit être très triste. L’âge ne fait rien au chagrin. Tout cela ne se raisonne pas. J’ai beaucoup d’admiration pour le courage de Marianne. Depuis qu’elle a été flanquée à la porte du Bateau livre, avec Amélie et Martin, elle vivote de lectures et de corrections de manuscrits. Une tâche ingrate. Indispensable mais jamais reconnue. Dernière péripétie en date, elle a fait un énorme travail d’éditrice pour le prochain polar de Jean-Christophe Grangé, La forêt des mânes, à paraître en septembre. Une fois tout terminé, Albin Michel lui a proposé royalement 500 €. Elle en a arraché 750 après une âpre discussion. Ca fait 10 € de l’heure. Quel mépris. Quelle honte… Elle viendra à Carolles « garder » la maison en juillet quand nous serons dans le Sud. Nous passerons un moment avec elle avant. J’ai terminé mon portrait de Guy Goffette. Juste à temps pour que nous puissions aller à la plage. Il y avait de très grosses vagues. Nous sommes restés dans l’eau une bonne demi-heure. Allez, on rentre. Il faut ranger un peu.
Lundi 6 juillet. 23h50
Par Xavier Houssin le mercredi 8 juillet 2009, 16:16
Le train de 6h00 attrapé tout juste. J’étais lent ce matin. Nous avons pris un café gare Montparnasse. Amélie a filé à son travail. J’ai traînaillé dans l’appartement. Pas fait grand chose. J’ai pris un café avec Béatrice pour parler des livres de rentrée chez Gaïa. Il s'y trouve le premier roman d’une jeune femme, Terre des affranchis, qui semble vraiment intéressant. Une histoire sombre dans la Roumanie de Ceausescu où le surnaturel s’enroule à la vie âpre. J’avais rendez-vous chez l’ophtalmo. Il me faut maintenant, en plus, des lunettes pour voir de loin. Pas besoin de les mettre tout le temps!, m’a-t-il fait bonhomme. Je m’en vais en morceaux. J’ai l’impression d’être un vieux chien fatigué. J’ai retrouvé Amélie. Quand elle est là, je revis. Nous sommes allés rue Bonaparte chercher la robe qu’elle mettra le 25. Très simple, courte, en lin blanc. Oui, elle sera vraiment magnifique, Amélie. Nous étions invités à dîner chez Elodie et Pierre, boulevard Voltaire. Je ne suis pas le meilleur convive qui soit en ce moment. Mais tout était bien. Chaleureux, amical. Je dirais : reposant…
Vendredi 3 juillet. 22h15
Par Xavier Houssin le mercredi 8 juillet 2009, 16:15
J’avais ménagé la surprise. Amélie a découvert le potager. Encore plus en abondance que la semaine dernière. Nous avons défait la bâche du tunnel. Découvert, déjà, deux melons sous le feuillage rampant. Il y a des piments aussi. Nous avons travaillé sur place jusqu’au soir et nous sommes descendus à la plage, les mains noires de terre. La mer était loin. Nous avons marché longtemps jusqu’à mi-cuisses avant de pouvoir nager.
Samedi 4 juillet. 23h00
Par Xavier Houssin le mercredi 8 juillet 2009, 16:15
Amélie est partie au marché à Granville. Je suis resté à la maison écrire mes papiers. Nous nous sommes échappés dans l’après-midi pour aller voir Georgette. Elle a à nouveau bon moral depuis qu’elle a refusé qu’on aille plus avant dans les examens médicaux pour sa mâchoire. Ils voulaient faire une biopsie. Tu te rends compte… Passé chez Ciboulette, la modiste du village, pour passer commande du chapeau d’Amélie pour la cérémonie à Antibes. Quelque chose de grand, de rouge, de fleuri. Elle aura fini dans une semaine. Amélie sera magnifique.
Vendredi 3 juillet. 1h20
Par Xavier Houssin le mercredi 8 juillet 2009, 16:14
J’ai avancé mon départ pour Carolles. J’ai essayé de travailler dans le train, mais j’avais l’esprit ailleurs. Tellement ailleurs que je me suis aperçu en chemin que j’avais oublié que j’avais rendez vous pour déjeuner avec Karine, Solveig et Vanessa. J’ai appelé chez Stock pour m’excuser. Je n’ai pas fait grand chose de la journée. Paillé les rosiers derrière la maison. Lu un peu. Attendu Amélie surtout. Elle est arrivée très tard. Il était tombé un long orage en fin d’après-midi. La nuit sentait la terre mouillée.
jeudi 2 juillet 2009
Mercredi 1er juillet. 23h20
Par Xavier Houssin le jeudi 2 juillet 2009, 22:55
J'ai terminé mon papier. Parlé avec Isabelle des projets de rentrée pour Le Pèlerin. Un portrait d'André Bucher qui publie La Fontaine aux miroirs chez Denoël. Un autre d'Armel Job pour Tu ne jugeras point chez Robert Laffont. Je vais les appeler la semaine prochaine. Je les connais tous les deux. Je suis leur travail depuis un moment. Elle m'a confié également trois ou quatre petites recensions. Eu Florence aussi au téléphone pour les sorties en littérature étrangère au Monde. Je lui rends déjà deux articles pour le prochain numéro : Le violon d'Auschwitz et 2500 signes sur la nouvelle traduction d’Alice au Livre de poche. J’ai trouvé cela un peu court pour l’événement, mais je n’ai pas beaucoup protesté, tant je suis content de pouvoir en parler. Depuis que Laurent m’avait annoncé qu’il s’était mis à ce travail, j’attendais avec impatience… Il a remarquablement réussi. C’est, avec celle de Jacques Papy, une des traductions les plus fidèles au texte original et à l’esprit de l’auteur. Dernière en date, elle tire leçon et profit des autres. Elle se sort des chausse-trappes (phrases à double sens, calembours, quiproquos, fautes volontaires, mots-valises) partout placées dans le texte. Et surtout (rien qu’un exemple : choisir La traversée du miroir plutôt que De l’autre côté... pour Through the Looking-Glass…), elle est infiniment proche du sens. J’ai envié Laurent d’avoir pu se lancer dans cette tâche à laquelle j’aurais tant aimé, moi aussi, me risquer. J’ai découvert Alice seulement à la fin de l’adolescence et je me souviens de cette lecture comme d’une invraisemblable émotion. J’avais tout dévoré à la suite. Depuis, Lewis Carroll ne m’a plus quitté. En 1998, j’étais parti en reportage en Angleterre pour le centenaire de sa mort. A Guildford, j’avais assisté à un office à l’église où il prêchait le dimanche. Fait le tour de sa maison des « Chesnuts ». Sur sa tombe, j’avais ramassé une poignée de terre. Toujours pieusement conservée. Je voudrais retourner là-bas. Encore une fois. En début de soirée, Amélie m’a accompagné, rue du Cherche-Midi, chez le médecin spécialiste. Une dame charmante qui a déployé des trésors de gentillesse pédagogique et rassurante. N’empêche, j’ai bien entendu : je suis malade et je ne guérirai pas. Il va juste falloir vivre avec. Sorti de là avec une ordonnance pour des examens, un traitement. J’étais tendu comme une chanterelle. Allons dîner. Il était tard. Chez Christelle, à Midi vins, un peu plus bas dans la rue, j’ai commandé du chinon blanc.
mercredi 1 juillet 2009
Mardi 30 juin. 22h40
Par Xavier Houssin le mercredi 1 juillet 2009, 18:44
Nouveau déjeuner pour la rentrée littéraire. Avec Nathalie à La Cigale-Récamier. J'ai salué Gérard, le patron, toujours gentiment empêtré dans des bonjours aux « célébrités » qui fréquentent sa table : journalistes, politiques... Que du beau monde. L'autre jour, à dîner, il avait même Michelle Obama et ses filles. C'est dire... Je l'ai connu dans les années 1990 quand il avait repris un restaurant rue Chomel, La Cigale, justement... Il y faisait déjà de magnifiques soufflés. J'y allais très souvent avec Alain que je ne vois plus depuis mon départ de Point de Vue. Alain a pris sa retraite à Concarneau. On s'est bêtement brouillés au sujet d'un manuscrit qu'il m'avait adressé. J'ai commencé de rédiger mon papier sur le Père Brown. il faudrait que je prenne le temps de m'intéresser davantage à Chesterton, singulier auteur « chrétien », dont l'oeuvre dépasse de loin ses nouvelles policières. J'aime vraiment ces écrivains anglais du tournant du XIXe et du XXe. Pas de nouvelles de mon Jerome K. Jerome, d'ailleurs. Je vais rappeler chez Omnibus. Amélie est rentrée. Trente degrés. L'air était moite. Dîner léger...
mardi 30 juin 2009
Lundi 29 juin. 23h00
Par Xavier Houssin le mardi 30 juin 2009, 16:46
Nous avons fait traîner un peu le petit déjeuner. Amélie est partie travailler. J'ai terminé la lecture des Enquêtes du Père Brown de Gilbert Keith Chestertown. Brown est un prêtre, rondouillard et myope, qui parvient à dénouer d'invraisemblables intrigues criminelles. Je dois écrire un papier sur lui pour la série d'été du Pèlerin. A la première personne... L'appartement était étouffant. Je l'ai fui en fin d'après-midi pour retrouver Amélie. Nous étions invités au Divan du monde pour la soirée de rentrée littéraire des éditions JC Lattès. Embrassé Brigitte, dit bonjour à gauche et à droite. Il y avait Akli avec qui nous avons bavardé un moment. Nous sommes partis quand la musique a commencé à atteindre un volume dissuasif. On ne s'entendait plus. Métro bondé. Le trajet a semblé interminable jusqu'à Vaugirard. Retour à pied doucement. Un Perrier au tabac de la mairie. Mon Dieu, qu'il faisait chaud.
Dimanche 28 juin. 23h45
Par Xavier Houssin le mardi 30 juin 2009, 16:07
A peine le café avalé, je suis retourné à mes confitures. Cinq minutes de cuisson à petits bouillons. Soigneusement écumer. Vérifier la nappe. J'ai peut-être laissé traîner. Le résultat risque d'être un rien... compact. Pas sûr. Ce sera la surprise à l'ouverture des pots dans quelques semaines. J'en ai rempli une douzaine. Davantage que l'an dernier. J'en ai apporté un à Georgette après avoir passé le contenu au mixer. Pour mon goût personnel, je préfère garder les minuscules peaux, les pépins. Géraldine, Vincent et Alexandre étaient retournés à la plage. J'ai planté le rosier qu'ils avaient offert pour notre mariage. Un Pierre de Ronsard grimpant. Je l'ai installé à l'arrière de la maison contre la vigne. Les baigneurs sont remontés avec un Alexandre bien fatigué. Il s'est installé dans la chaise longue et n'a plus bougé. J'aime bien ce petit garçon solitaire. Inquiet. A la fois sage et pas facile. Il me renvoie tellement à celui que j'étais. Il va avoir six ans le 10 juillet. Tous les trois sont partis après déjeuner. La longue route, les bouchons des retours du dimanche. J'ai rangé. Rassemblé les affaires. Ecrit un petit papier pour Le Monde sur La condition d'Eustachy Rylski. Aux Fontenelles, Jean-Claude m'avait demandé de lui laisser dehors un arrosoir et un seau pour prendre l'eau au puits. Grâce à lui, les légumes attendront notre retour sans problèmes. J'ai cueilli pour Paris une laitue, une romaine, des radis, des oignons, un énorme bulbe de fenouil. Dernier tour au jardin. J'ai attrapé le train à Granville. Pas de retard, heureusement. Une demi-heure après l'arrivée, je retrouvais Amélie. Comment s'est passé ton week-end ? - Comme toi. J'attendais juste ce moment-là.
Samedi 27 juin. 23h20
Par Xavier Houssin le mardi 30 juin 2009, 12:39
La matinée à la plage. Alexandre voulait voir la mer. Mais rien à faire pour l'y faire entrer. Elle est trop glagla, répétait-il en sautillant d'un pied sur l'autre. J'ai nagé un long moment. L'eau était juste fraîche. Tout était entouré de brume de chaleur. On ne voyait ni les îles, ni le Grouin de Cancale, ni même Granville. Le pignon Butor se cotonnait dans un vaporeux brouillard. Nous avons déjeuné sous le sapin. J'ai emmené tout le monde ensuite au potager cueillir les cassis. Les pieds du fond étaient chargés de lourdes grappes, bien noires. Avec Géraldine, nous avons égrené la récolte : presque quatre kilos. J'ai ajouté le sucre, le jus de deux citrons et donné un premier bouillon dans la bassine à confitures. J'ai versé la préparation dans une terrine. Il faut que ça macère une nuit entière.
Samedi 27 juin. 3h10
Par Xavier Houssin le mardi 30 juin 2009, 11:32
Nous sommes séparés. Amélie part trois jours au Festival du roman noir de Frontignan. Nous avons pris le train chacun de notre côté. J'étais à Granville en milieu de matinée. Les courses au supermarché pour Georgette. Je suis passé les lui déposer tout de suite. Tu n'as rien oublié ? Hier, elle était à Rennes avec Josette et Jean-Claude pour visiter le parc du Thabor. Il y avait des roses magnifiques, tu sais... Depuis que le médecin, à Avranches, a cessé de l'inquiéter (le scanner est normal, lui a-t-il dit) , elle reprend goût à tout. J'ai mis de l'ordre dans la maison. Nettoyé le jardin, ratissé la cour. Géraldine, Vincent et leur petit Alexandre viennent passer le week-end. Chaleur de plomb. Pas un souffle de vent. J'ai été aux Fontenelles pour arroser. Les poireaux de la semaine dernière avaient bien triste mine, mais tout le reste était magnifique. Oignons, échalotes, radis, haricots, fenouils, salades. Ca avait poussé de manière incroyable. De véritables légumes de concours. Les tomates étaient en impressionnants buissons autour des tuteurs. Du jamais vu dans mon expérience potagère. J'ai cueilli une énorme laitue rouge. Je suis rentré préparer le dîner. Des bulots, des langoustines, des cerises jaunes du verger de Mme Bassard. Mes invités sont arrivés très tard. Vincent, emporté sans doute par la monotonie de l'autoroute, avait continué jusqu'à Pontorson. Pour un peu, ils étaient au Mont-Saint-Michel.
lundi 29 juin 2009
Jeudi 25 juin. 21h50
Par Xavier Houssin le lundi 29 juin 2009, 18:21
Déjeuner chez Cagnat, rue Christine avec Emmanuelle et Aurélie pour la rentrée d’Actes Sud. J’espère pouvoir m’occuper, au Monde, du dernier roman de Jean-Yves Cendrey, Honecker 21. Ce serait encore mieux s’ils me laissaient aller à Berlin pour faire un portrait. Je me sens une proximité littéraire comme « instinctive » avec Cendrey, bien que nous n’écrivions pas du tout de la même manière et avec des préoccupations, semble-t-il, bien différentes. C’est la raison pour laquelle, d'ailleurs, j’avais eu beaucoup de mal à rédiger le papier sur son précédent livre, La maison ne fait plus crédit, paru à L'Olivier. J’aimerais assez élucider cela. Il y a aussi Les identités remarquables de Sébastien Lapaque que je viens juste de commencer et peut-être le Metin Arditi (Loin des bras), ce dernier pour Le Pèlerin. Dans ces moments de projets, j’aime autant entendre parler des livres et en parler aussi que de les lire. Le temps de la vraie lecture est juste un peu plus loin. Réunion chez Buchet dans l’après-midi. Derniers échanges au sujet de « Domaine public ». Pour que tout soit bien clair. Tout l'est malheureusement. J’ai tourné la page, plus de raison de s’attarder...
Mercredi 24 juin. 22h30
Par Xavier Houssin le lundi 29 juin 2009, 18:12
J’ai décrypté mes notes pour le portrait de Guy Goffette. Déjeuné au soleil à la terrasse du J’Go avec Marion pour parler de sa rentrée au Mercure. J’ai chipoté dans mon assiette. Pas vraiment d’appétit. J’ai fait des analyses de sang. Mon taux de sucre est beaucoup trop élevé. A lire les résultats, j’ai l’impression d’être le camion de nitroglycémie dans Le salaire de la peur. Rendez-vous est pris chez un médecin spécialisé la semaine prochaine. On verra… Je suis rentré rapidement préparer ma présentation du recueil de nouvelles d’Anna de Noailles, à paraître en octobre, pour la réunion des représentants de Volumen. Cela se passait dans une salle sans fenêtres au sous-sol de l’hôtel Mercure de la rue la Gaîté. Sinistre. J’ai été très bref. Deux mots sur l’auteur, sur la modernité du livre, car Les Innocentes est vraiment un texte surprenant. C’est le dernier volume de la collection. Je vous le confie. Que dire d’autre ? J’ai retrouvé Amélie pour aller dîner à la Villa corse avec Jacques, un de ses amis qui vit depuis plus de dix ans à Hong-Kong. La banque, le commerce, je n’ai pas complètement compris. Je les ai écouté déplier leurs souvenirs comme des petits papiers. Des riens, des anecdotes. Tous les jours j’apprends à mieux connaître Amélie.
Mardi 23 juin. 23h10
Par Xavier Houssin le lundi 29 juin 2009, 12:52
La journée est tombée dans un trou noir. Des rendez-vous sans fin et du temps à tuer. J’en ai profité pour relire Juste pour le plaisir, le dernier roman de Mercedes. Livre sombre des années sombres, puisque de la fin de la guerre d’Espagne au procès Barbie, il va, ressassant, sans cesse, une histoire naturelle du Mal. Guère d’espoir. La terre n’est qu’une gigantesque fosse commune où gisent, côte à côte, les victimes et les bourreaux. Nous débattions ensemble au premier étage du Café de la mairie, place Saint-Sulpice. Chacun présentant le livre de l’autre. Mine de rien, nous étions assez émus de l’exercice. Mercedes a dit des choses très touchantes sur La mort de ma mère. Pas grand monde dans l’assistance. A peine une dizaine de personnes. Mais nous avons répondu à beaucoup de questions. Une jeune femme m’a même demandé pourquoi je n’écrivais pas pour le théâtre. Vous pourriez entendre votre voix. Le théâtre? Honnêtement je n’y ai jamais pensé. Je ne pense pas en être capable d’ailleurs. Mais tous ces mots font leur chemin. L’intérêt que ces gens me porte m’étonne à chaque fois. Et à chaque fois me fait du bien.
dimanche 28 juin 2009
Lundi 22 juin. 23h45
Par Xavier Houssin le dimanche 28 juin 2009, 23:47
J’ai rejoint Diane pour déjeuner rue de Vaugirard. C’était la première fois qu’on se voyait vraiment depuis son départ de Buchet en mai de l’année dernière. Après un remplacement chez Grasset, elle s’occupe maintenant de littérature étrangère chez Belfond. Cela a l’air de lui aller plutôt bien. Je rencontrais en début d’après-midi Antonio Caballero, un de ses auteurs de rentrée. Belfond traduit Un mal sans remède, son seul roman, publié en Colombie il y a vingt ans. C’est une succession d’aventures picaresques qui surviennent à un poète et qui ont pour décor un Bogota violent et surtout absurde. Nous étions installés dans le patio de l’Hôtel de l’abbaye, rue Cassette. On parlait poésie, justement. La réalité n’a aucune importance, m’a dit Caballero. Il a tellement raison. Soirée d’anniversaire chez Catou et Jocelyn à Romainville. Le bout du monde… Nous y avons retrouvé Marianne. On s’est échangé les nouvelles au milieu de plein de gens que je ne connaissais pas. A la nuit tombée, Amélie a donné le signal du départ. En arrivant à l’appartement, nous nous sommes aperçus que nous avions quitté la fête vraiment de bonne heure…
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