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mercredi 28 juillet 2010

Dimanche 25 juillet 2010. 16h30.

Georgette est venue déjeuner à la maison. Des huîtres, un soufflé au crabe. Vous partez toujours ce soir ? Jean-Luc Lefrançois, prêtre à Donville et curé de Chausey, nous a invités à l’accompagner pour une traversée jusqu’à l’île à bord du Lys noir, « un vieux gréement » construit au début du XXe. Nous serons une dizaine à bord (dont l’évêque du diocèse…). Retour lundi, après une nuit passée sur le bateau.

Samedi 24 juillet 2010. 22h20.

C’est l’autre œil, à présent. Une petite infection sur le bord de la paupière. Ca suffit, vraiment... Je suis passé chez le médecin. Reparti avec une pommade, un collyre. Mais je suis resté un moment dans le cabinet. La généraliste s’était fait communiquer les résultats de mes analyses. De mon bilan tous azimuts. Conclusion : ça ne va pas très fort, mais plutôt du côté où on ne l’attendait pas. Je m’en vais en morceaux, comme un tissu usé au coin des rapiécures. Je n’en dirai plus rien. Je n’y penserai plus, je n’en parlerai plus. J’ai mon livre à écrire. Et après, on verra.

Vendredi 23 juillet 2010. 23h30.

L’infirmier est passé à la maison pour faire ma prise de sang. Ces fichues analyses… Je me suis remis au livre, dispersé d’une foule d’inquiétudes. Mon œil droit s’est installé dans le flou et je ne parviens plus à régler mon regard. Je me fais l’effet d’être un vieux poste de TV à l’image fuyante. J’ai accompagné Amélie au potager dans l’après midi. Nous avons récolté quelques fraises, des radis. Un rang de pommes de terre. Arrosé. Au fond du terrain, les minuscules artichauts étaient montés en fleurons. Cela faisait d’énormes chardons très hauts sur leurs tiges. Des bourdons terrestres, rayés de noir et jaune, s’enfonçaient dans les aigrettes, enivrés de nectar.

Jeudi 22 juillet 2010. 21h45.

Je m’en suis sorti à peu près. Au début de son livre, Michaël Ferrier confie qu’il a pris la décision d’écrire avec la tempête de décembre 1999. Cela m’a donné le fil fragile du papier. J’ai halé tout le texte avec précaution. Ouf… De toute façon, je n’aurais jamais rédigé une critique négative. Elles n’offrent aucun intérêt, d’ailleurs. Mieux vaut s’abstenir. Quand on aime pas, quand on est agacé, c’est ce qu’il y a de mieux à faire. Pas un mot. Pas un seul. Amélie est arrivée au premier train du soir. Je n’avais pas pris le temps de faire les courses. Vite dîné. De bric et de broc.

Mercredi 21 juillet 2010. 22h00.

J’ai commencé à rédiger pour Le Magazine le papier sur Sympathie pour le fantôme, de Michaël Ferrier que Joseph m’avait commandé. Je me suis senti sans cesse tiraillé, partagé, dans ce livre. Je l’ai lu encore, et relu, et à nouveau. Le texte sans arrêt s’échappait. Je ne parvenais pas à me le rassembler dans une lecture évidente. J’alternais des moments d’irritation et des embellies vraies. Un drôle de propos, déjà. Vu de Tokyo, le narrateur de ce roman fait un constat décalé : Plus personne ne sait comment se souvenir ou comment oublier, plus personne ne sait comment être français et, sous le prétexte d’une émission de TV, d’un colloque universitaire, il s’en va aborder, par les marges, ce qu’on cherche à appeler « l’identité française ». J’ai beau m’énerver sur des envolées méprisantes et cyniques, sur des pages de bon élève… il se passe malgré tout quelque chose. A la fin de la journée, j’étais toujours aussi mal à l’aise et hésitant.

mardi 20 juillet 2010

Mardi 20 juillet 2010. 23h15.

J’ai repris mon texte. Juste relu, corrigé. Rien écrit.

Lundi 19 juillet 2010. 22h00.

Arrivée à Granville avec pas mal de retard sur l’horaire. Le train transportait un groupe d’enfants vers une colonie de vacances. L’un d’eux a actionné le signal d’alarme. Pour rire... Sur cette ligne, il n’y a presque jamais un trajet sans contretemps. Je suis passé voir Georgette avant même d’ouvrir la maison. Elle a fini par aller consulter l’ORL pour son arête de poisson coincée dans la gorge. Il s’agit d’une pointe minuscule. Antibiotiques, corticoïdes. Si vous souffrez encore, il faudra tenter une opération. - Tu parles que je vais mieux, m’a-t-elle dit. J’ai été jusqu’aux Fontenelles. Le potager est dans un état complet de désolation. J’ai arrosé à peine. Juste le plus fragile. Il faisait trop chaud. Pas travaillé aujourd’hui. J'ai écrit des lettres. J'ai tant de correspondance en retard. Placé aussi les papillons du jardin de Veyrier sur les étaloirs. Il n’en restait que trois en bon état après le voyage. Je les ai identifiés : un tabac d’Espagne (Argynnis paphia), une zygène du lotier (Zygaena loti) et une hespérie du chiendent (Thymelicus acteon). Capturés le 17 juillet, jour du mariage de Jérôme et Marion.

Dimanche 18 juillet. 23h15.

Le jour nous a levé malgré nous. Soleil radieux sur le lac bleu. De la maison, la vue est incroyable. Marcus, hier, m’avait appris le nom des montagnes. Les Dents de Lanfon, la Dent du Cruet, la Tournette, la Pointe de Talamarche. Nous étions nombreux pour le café à partager cette lassitude souriante des lendemains de fête. Une mélancolie d’échos, de souvenirs trop frais, dans la douceur flottante de prolonger le temps ensemble. Vider notre chambre. Faire les bagages. Tout ce qu’il restait de la noce s’est retrouvé pour un grand pique-nique au château. Il faudra se revoir ailleurs. Nous lancé nos invitations. A Christophe et Brigitte. A Armelle et Tanguy. A Marie et Jacques… Paris, Carolles. Nous n’irons pas à Grasse cet été. Marion et Jérôme partent en Crête. Virginie, Marcus et les petites viendront passer quelques jours en août avec nous avant de rentrer au Mexique. C’est dans longtemps…, a soupiré Camille. Je ne crains pas qu'elle s'ennuie, mais j’ai trouvé aussi. Avant même de les quitter, j’avais déjà hâte de les retrouver. Aude et Mathieu nous ont raccompagnés en gare d’Annecy. Somnolé dans le train. Au hasard des wagons, nous avons retrouvé Gérald sur le quai à Paris. J’ai réalisé que j’avais à peine dit au revoir à Séverine hier. Que je ne lui avais pas demandé de nouvelles d’Agathe. Mais à qui ai-je parlé ces jours-ci, finalement ?

Dimanche 18 juillet 2010. 4h30.

La petite église de Menthon-Saint-Bernard était pleine de famille et d’amis. Nos deux mariés se regardaient très émus. Je me tenais dans les stalles, à côté de Marcus. En face de nous Charlotte et… Marion les témoins de Marion. Je voyais Amélie au deuxième rang, coiffée de son grand chapeau rouge. Il y aura très bientôt un an, nous étions tous les deux dans la petite chapelle Saint-Jean d’Antibes. Quand j’aurai adhéré à toi de tout moi-même, nulle part il n’y aura pour moi douleur et labeur, et vivante sera ma vie toute pleine de toi. Je me suis répété, pour eux, en silence, cette prière des Confessions de saint Augustin que nous avions lue ce jour-là. Après la messe, nous nous sommes tous retrouvés pour le buffet et le dîner au château de Menthon. Lieu important, s’il en est, dans la mythologie familiale. C’est là que Virginie et Marcus se sont mariés l’été 1999. Là encore qu’ils ont fêté leurs dix ans de mariage, l’an passé, le 19 juillet. Lors de cet anniversaire, j’ai demandé à Emmanuel la main d’Amélie. Et Jérôme y a rencontré Marion… Champagne, discours, rires et instants touchants, conversations englouties dans le brouhaha et l’envahissante musique. Nous sommes partis bien tard après bien des embrassades. A qui déjà ? Camille, recroquevillée sur sa chaise, dans le frais de la terrasse, avait sombré depuis longtemps dans un sommeil de plomb. Seule vaillante des trois, Victoria continuait de danser, de courir d’un groupe à l’autre et de s’empiffrer de mousse au chocolat. De faire des grimaces. De rire aux éclats. Oui, encore ! Fais-moi rire encore !

Samedi 17 juillet 2010. 13h45.

L’atmosphère des préparatifs était un rien tendue hier. Ce matin, elle s’est comme contractée. Je suis allé autour de la maison à la chasse aux papillons. Ca voletait partout autour de la lavande et des buddleias. Mais en guise de filet, je n’avais pour les capturer qu’une bouteille d’eau en plastique dont j’avais coupé le goulot. Je suis quand même parvenu à emprisonner quelques fadets, deux tabacs d’Espagne, une zygène et une petite hespérie. Comme je revenais avec mon butin, Victoria, à qui j’avais montré l’an dernier comment on préparait les insectes, m’a dit : Mais avec ton œil qui ne voit plus, comment vas-tu faire pour les toutes petites épingles ?

Vendredi 16 juillet 2010. 22h15.

Virginie et Marcus étaient venus nous chercher en gare d’Annecy. La messe de mariage de Marion et Jérôme a lieu demain à l’église de Menthon-Saint-Bernard et nous logeons chez eux, à Veyrier, dans leur châlet qui domine le lac. Là-bas, nous avons retrouvé Claire et Emmanuel, Jérôme. Patou, venu de Grasse avec la 15 CV Citroën de 1951 où prendront place les mariés. Et surtout les trois gamines, Camille, Victoria et Valentine. Camille était flanquée d’Alix, « sa cousine préférée », la dernière d’Armelle et de Tanguy, une petite rousse du même âge, aux grands yeux clairs. Nous avons joué au Mille bornes après le déjeuner, alors qu’arrivaient encore d’autres gens. J’ai fait de gros progrès avec les réunions de famille. Mais sans les enfants, je crois que mon malaise l’emporterait. Au-delà de quatre ou cinq personnes, je ne sais plus vraiment quoi dire et j’ai l’impression de jouer un rôle, de réciter un texte. J’ai essayé la jaquette que je dois porter demain pour la cérémonie. Jérôme a voulu en effet que ses témoins soient en morning suit. Depuis combien de temps n’ai-je pas noué de cravate ?

vendredi 16 juillet 2010

Jeudi 15 juillet 2010. 23h30.

J’ai eu le sentiment d’assez mal défendre le livre de Jean Rouaud à Jeux d’épreuves. C’est toujours la même difficulté quand les textes me sont trop proches. En faisant le détour par son enfance dans l’Ouest et les paysages pluvieux de sa « Loire inférieure », Rouaud, à sa manière, a écrit ici son Itinéraire de Paris à Jérusalem. Une histoire d’eau bénite et de reconnaissance. D’images pieuses, d’amour et d’émotion. Dans ce récit intime, magnifiquement sincère, il trace l’étonnante carte d’un voyage en Terre sainte qui se révèle aussi le voyage intérieur le conduisant aux sources de son imaginaire. Vocation d’écrivain. J’aurais voulu tout emporter. Je n’ai eu finalement qu’une forme d’approbation mitigée. Et Alexis Liebart n’a vraiment pas aimé. Tant pis. Davantage d’adhésion au second enregistrement. Je présentais Pain et raisin de Josep Pla, un écrivain catalan, décédé au début des années 1980. Dans la rencontre improbable, sur la côte de Cadaqués, d’un romancier et d’un contrebandier, se met en place une intrigue fine, envahie par les paysages et leur sauvagerie douce. Augustin Trapenard, pour la première fois, participait à l’émission. J’ai adoré son enthousiasme contagieux. Rien à lui rétorquer. Même sur je ne sais plus quel recueil de nouvelles américaines, genre creative writing, qui m’avait pourtant laissé assez indifférent. J’ai tout de suite abandonné mes préventions pour faire écho à son élan. Bon, j’ai oublié l’auteur et le titre, mais lui, quel talent… J’ai retrouvé Amélie au Sauvignon. Un quincy. Cela faisait longtemps.

jeudi 15 juillet 2010

Mercredi 14 juillet 2010. 23h45.

J’ai revu mes lectures pour Jeux d’épreuves. J’enregistre deux émissions à la suite demain. Je ne sais pas trop ce que je vais réussir à dire sur Evangile (selon moi) de Jean Rouaud. Un très petit livre qui vient comme un appoint, un index presque, à l’ensemble de son œuvre, familiale, autobiographique. Quand notre imaginaire nous vient des Saintes Ecritures… Je comprends si bien cela. Comment le partager ? Nous avions rendez-vous pour dîner avec Delphine et Françoise-Marie dans un restaurant du Marais. Traversée du Luxembourg. Le boulevard Saint-Michel, la rue de Rivoli. Notre flânerie de touristes nous a fait arriver à peine en retard. Côtes-du-Rhône blanc pour trinquer. Delphine va mieux. Elle va même bien après son opération. Le repas a été gai. A peine en retenue (on ne se voit pas si souvent…). Elles partent cette semaine à Venise, puis en Corse. Elles nous ont annoncé qu’elles allaient se marier. A Liège. Dans moins d’un an. Vous serez avec nous ? - Evidemment…

Mardi 13 juillet 2010. 22h20.

Toujours ce tour de la maison. Rien oublié ? Les livres en pile, les papiers rassemblés, les volets tirés. Un rituel de rien. On ferme. Pour pas longtemps. Nous revenons bientôt. Moi le premier, dans une semaine. J’ai rempli les mangeoires des oiseaux. Passé voir Mme Bassard pour le courrier. Nous avons mis un temps infini pour arriver jusqu’à Granville. Manèges à Jullouville, baraques à frites et croustillons hollandais. C’est la saison… Pas une place de stationnement à la gare. Il a fallu se garer en haut de la rue Couraye. A Paris, nous avons retrouvé, finalement avec plaisir, le désordre maintenant apprivoisé de l’appartement. Pour le coup, nous avons vraiment deux chez nous. Amélie m’a accompagné à mon rendez-vous chez le cardiologue. Nouveaux examens la semaine prochaine. J’attends vos résultats. On verra. Nous sommes rentrés à pied de l’avenue de Breteuil jusqu’à la rue Danville. Il faisait un ciel bleu de carte postale. Quelques courses en chemin. Du jambon, du basilic, des tomates. Il reste du rosé ? - Oui, une ou deux bouteilles de coteaux d’Aix…

mardi 13 juillet 2010

Lundi 12 juillet 2010. 23h10

J’ai fait un peu de courrier. Essayé de me remettre au travail. Je ne me dépêtre pas de mes angoisses. Elles me font une vermée agitée, sinueuse, impossible à démêler. Nous sommes passés voir Georgette. Ca va ? - Pas trop, non… Elle a avalé une arête de poisson au déjeuner et elle garde une douleur à la gorge à chaque fois qu’elle déglutit. J’ai pris de la mie de pain, du jus de citron pour faire passer. Amélie l’a accompagnée chez la généraliste qui lui a prescrit un désinfectant local et lui a conseillé de consulter un ORL. Catherine et Olivier sont venus prendre un verre à la maison. Nous étions installés sur la terrasse quand la pluie s’est mise à tomber. Enfin ! (nous pensions au potager, eux à la pelouse qu’ils viennent de semer). Mais un quart d’heure plus tard, l’averse avait déjà cessé.

lundi 12 juillet 2010

Dimanche 11 juillet 2010. 23h50.

L’orage est resté suspendu dans le ciel toute la journée. Trois gouttes juste vers midi. A peine. Je n’ai pas travaillé.

dimanche 11 juillet 2010

Samedi 10 juillet 2010. 23h00.

La première chose que j’ai à faire, se dit Alice en errant à travers la forêt, c’est de reprendre ma taille normale…

vendredi 9 juillet 2010

Vendredi 9 juillet 2010. 22h30

Bresaola, roquette, pâtes fraîches. Nous avons déjeuné dans un minuscule bistrot italien au bas de la rue de la-Montagne-Sainte-Geneviève après être allés, ensemble, chez le coiffeur (j’en avais bien besoin…). Amélie m’a accompagné à mon angiographie de l’œil. Nous avons attendu un moment d’être reçus par le médecin chargé d’interpréter les résultats de l’examen. Ses conclusions sont plutôt vagues. C’est bien un problème vasculaire. Un genre d'infarctus du nerf optique. Mais la cause pourrait être ça ou alors ci ou ça. Le mieux serait de passer d’autres examens encore… Le flou est, pour le coup, parfait en circonstance. J’étais heureux de prendre le train.

Jeudi 8 juillet 2010. 22h45.

J’étais en avance d’une bonne heure pour Jeux d’épreuves. J’avais oublié que Joseph enregistrait deux émissions coup sur coup aujourd’hui. J’ai été m’installer en attendant à la terrasse des Ondes où j’ai pu relire, au calme, L'autre jardin, de Francis Wyndham. Ce tout petit livre raconte comme une histoire de famille, triste, doucement inexorable, dans l’Angleterre de la fin des années trente et de la guerre. Le temps qui passe y ressemble à un dimanche après-midi dans la nausée des angoisses diffuses. Pas de drame, juste des vies qui s’effilochent. Un texte très simplement beau. Nathalie le défendait. Je lui dois beaucoup de découvertes de ce genre. Pour moi, cette semaine, c’était Les romans vont où ils veulent de François Taillandier. J’ai une profonde admiration pour l’oeuvre de Taillandier et, au-delà, je ressens avec lui une grande proximité. Peut-être parce que nous avons le même âge et que fatalement nous avons grandi dans les mêmes moments, avec les mêmes repères. Je m’en suis aperçu dans deux ou trois conversations que nous avons eues ensemble. Cela tient à peu, mais cela ouvre une sorte d’intelligence partagée du monde et, somme toute, c’est assez troublant… Les romans vont où ils veulent est le quatrième volume de La grande intrigue, une fresque familiale prévue pour balayer un demi-siècle de changements et d’évolution de la société française. Un désordre de destins et d’époques sur cinq générations et cinquante-cinq années. Commencée en 2005, la série s’achève à la rentrée 2010 avec le cinquième et dernier livre. Taillandier, né, comme moi, en 1955, aura alors cinquante-cinq ans. Chacun des titres est bâti en onze chapitres, ce qui en portera le total à cinquante-cinq aussi. Un jeu ? Si l’on veut. Sauf que les chiffres sont d’emblée débordés par un fantastique foisonnement littéraire. Tout se répond ici, entre province et Paris, dans l’intrication des généalogies de ces Herdoin, Maudon, Rubien… L’anecdote appelle l’Histoire. Et si on peut suivre le sort que la vie réserve aux personnages dans l’ordre de la publication, chaque tome garde aussi intacte sa propre unité. On les lit au hasard si on en a envie. Les Romans vont où ils veulent nous balade entre la guerre 1914-1918 et la télé-réalité. Une soirée échangiste et l’avenir du catholicisme. C’est encore un homme d’affaires qui cherche à inventer, via Internet, une langue universelle faite d’exclamations répétées, de curieux barbarismes et de pictogrammes. Dans le prochain, Time to turn, il s’agira d’un auteur à succès (il vend des millions de livres...) qui va s’appeller… Dan Muzo. Il y a une chanson de Souchon comme ça : Putain, ça penche, on voit le vide à travers les planches… J’étais programmé pour parler en dernier. Je me suis dépêché. Il restait peu de temps. Mais tout le monde m’a soutenu et j’ai réussi à dire l'essentiel : que François Taillandier est un grand écrivain.

jeudi 8 juillet 2010

Mercredi 7 juillet 2010. 23h40.

Je me suis réveillé, comme hier et comme avant encore, avec ce phosphène bleu-gris qui tache le bas de mon œil droit. J'y vois bizarrement. Je ne m’habitue pas. Cela va mieux lorsque je travaille. Alors je travaille. A la maison ce matin, dans le train l’après-midi. Amélie m’attendait à la gare. Dans l’appartement, les bibliothèques sont posées. Cela a belle allure et surtout, surtout, les livres vont enfin retrouver leur place. Des travaux, nous venons de passer à l’aménagement. Cela va être vraiment chez nous. Noëlle est venue prendre un verre. Elle part à Carolles demain et nous emmène une grande étagère dans sa voiture. On se verra vendredi là-bas ? Elle vient de déménager elle aussi. Elle est parvenue à quitter son horrible immeuble de la Porte Brancion pour un deux-pièces près de la mairie du XVe. Sixième étage. Avec un petit balcon…

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