J'ai préparé Jeux d'Epreuves pendant la matinée. Rédigé quelques mots sur Dans ma maison sous terre de Chloé Delaume. Regardé à nouveau les autres livres pour l'émission : Nullipare de Jane Sautière, L'autofictif d’Éric Chevillard, Boue de Guillermo Fadanelli... Je m’étais arrêté sur ce roman, paru chez Bourgois, dans le milieu de mes lectures mexicaines. Le premier chapitre est terrible de lucidité sur l’âge. Sur le corps. Il est faux, écrit Fadanelli, de dire qu'on pourrit lentement, vous le faites en quatre ou cinq coups, qui de surcroît vous surprennent toujours. Pendant des mois, votre visage reste immuable, statique, et même rajeuni. Soudain, à sept heures du matin, (…) la cire fond, la peau se relâche, les dents sautent de leur place, le dos se ploie, et vos cuisses commencent à s'arquer, semblables à deux sourires aigres… J'avais du temps avant l'enregistrement : j'ai décidé d'aller déjeuner aux Ondes. Il était 14h00 passé. Je devais être affamé car j’ai dévoré le tartare et les frites. Englouti la corbeille de pain en entier. J'ai pris deux cafés. J’allais en commander un troisième quand j’ai vu Alexis se diriger vers la Maison de la radio. C’était l’heure. Dans le couloir, devant le studio, j'ai retrouvé Baptiste. Nous avons parlé de la mort de François Dufay, renversé par une voiture pendant ses vacances. On se connaissait peu. Je l'avais juste croisé quand il travaillait au Point. Mais il y a dans ce métier une proximité d'espèce. Nous étions bouleversés tous les deux. Il était marié. Il laisse trois enfants... L'enregistrement a commencé avec un peu de retard. J’espère que j’ai su défendre Dans ma maison sous terre. Faire passer mon émotion, dire un peu de l’élan intérieur qui m’a saisi à la lecture de ce texte si noir, si tendre, si désespéré. Il y a bien des années, j’avais noté dans un petit carnet cette phrase de Raymond Carver : Inconsolable, c’est le mot le plus triste du monde. Ca m’est revenu d’un coup à cette lecture. En rentrant, je n’ai pas eu le courage de me remettre à mes papiers. J’ai étiqueté les plantations, arrosé délicatement. Et je me suis lancé dans le rangement du foutoir de l’appartement. J’ai tout trié en tas, en piles. Je ne faisais que déplacer l’envahissement. Je devais avoir multiplié le désordre par dix quand Amélie est arrivée.
vendredi 27 février 2009
Vendredi 27 février. 0h15
Par Xavier Houssin le vendredi 27 février 2009, 00:32
jeudi 26 février 2009
Jeudi 26 février. 1h15
Par Xavier Houssin le jeudi 26 février 2009, 01:22
Je suis resté à la maison toute la journée pour écrire la suite des papiers pour les pages Mexique. J'ai pu avoir quelques mots de Sergio Pitol pour enrichir son portrait. Il ne s'est pas passé grand chose depuis que je l'avais rencontré à Mexico l'été 2007 au bar de cet hôtel de la Zona rosa. Après son attaque cérébrale, il a couru voir les médecins aux quatre coins de la planète. Il a été en Chine, au Japon, en Espagne et en Suisse. En ce moment il est à Cuba où il a déniché des docteurs fantastiques. Il n'a pas écrit une ligne mais, dit-il, tous mes rêves sont romanesques. Amélie est allée dîner seule chez Catou à Romainville. Trop de travail, je ne pouvais pas l'accompagner.
mercredi 25 février 2009
Mercredi 25 février. 0h45
Par Xavier Houssin le mercredi 25 février 2009, 10:13
Aujourd'hui m'a glissé des mains comme un carpillon qu'on rejette à l'eau. En me laissant une odeur de rivière et de vase. J'ai rédigé deux notules mexicaines. Relu encore la lettre que j'ai reçue de cette dame de Quiberon qui était en Indochine avec ma mère et que j'avais « retrouvée » parce qu'elle m'avait écrit une première fois en 2006 après la parution de mon papier sur L’eau rouge de Pascale Roze dans Le Monde. Un papier sur l'Indochine, justement, que j'avais terminé à la maison juste après que Maman était morte. Je ne me défais pas de cette coïncidence. Dans son courrier, « Lily » me raconte des bouts de sa vie. Elle me parle du décès de son mari, un officier parachutiste qu'elle avait rencontré là-bas. Il est parti en me tenant la main et ses dernières paroles ont été « N'oublie jamais que je t'aime ». Elle a joint la photocopie d'un cliché de groupe. Une quinzaine de jeunes femmes en uniforme dans un jardin. Ma correspondante est au premier plan, bras croisés. Derrière elle, il y a ma mère.
J'avais rendez-vous avec la direction de Buchet pour faire le point sur « Domaine Public ». J'ai attendu longtemps. Tout le monde était en réunion. On s'est vus rapidement. J'ai parlé de mes projets. Anna de Noailles, Gustave Lerouge. On se reverra plus tard. Avec des chiffres et des éléments concrets. Perspectives et réalités... Pourvu seulement que les réalités ne fassent pas tout sombrer. Je suis rentré à la maison. Notre petit deux-pièces était envahi de linge qui sèche, de livres, de papiers en vrac. J'ai terminé de lire Pétales, le recueil de nouvelles de Guadalupe Nettel au milieu du capharnaum. Amélie rentrait tard à nouveau. Nous nous sommes retrouvés à la pizzeria de la rue du Théâtre. Comment était ta journée ? - Je suis un peu fatiguée...
mardi 24 février 2009
Lundi 23 février. 23h50
Par Xavier Houssin le mardi 24 février 2009, 01:14
Coup de fil de Raphaëlle pendant le trajet vers Paris. Ce serait bien que j'écrive le portrait de Pascal Garnier pour demain. J'ai annulé mon déjeuner avec Stéphanie et décalé tout ce qui n'était pas indispensable. Tant pis. C'est que ça ne va pas être simple cette semaine. Il y a encore une dizaine de papiers mexicains en souffrance. J'ai rendez-vous chez Buchet demain avec Vera et Jean-Manuel pour parler de « Domaine public » et je dois enregistrer Jeux d'Epreuves jeudi. Restons zen. A l'appartement, une surprise m'attendait. Presque tous les semis avaient levé sur la commode. Tomates, courges, aubergines... La ciboulette faisait un duvet vert dans la terrine. J'ai arrosé en bruine fine. Je me suis mis au travail assez ragaillardi par ce petit printemps domestique. Pas vu la nuit tomber. Amélie est rentrée un peu tard. Je n'avais pas encore tout à fait fini.
lundi 23 février 2009
Dimanche 22 février. 23h30
Par Xavier Houssin le lundi 23 février 2009, 13:43
Le brouillard n’a pour ainsi dire pas quitté la journée. Des fils de brume étaient entortillés jusque dans les haies du jardin. Aux Fontenelles, on ne voyait pas le bout du terrain. Le tunnel à salades que Marion et Amélie avaient installé au début du mois a tenu le coup. Sous le voile de protection les petites pousses commencent à bien se développer. Nous avons apporté de la lecture à Georgette (Je n’ai plus rien. J’ai même relu les Fables de La Fontaine…) : La Nouvelle traduction par Bernard Hoepffner des Aventures de Tom Sawyer et des Aventures de Huckleberry Finn de Mark Twain, Une enfance lingère de Guy Goffette et les Chers Italiens de mon si cher Jean Noli, disparu il y aura neuf ans en mai. J’avais connu Jean quand Point de Vue l’avait fait travailler comme rewriter, en 1996 ou 1997. Il avait été (vrai) grand reporter à Match et faisait le nègre en écrivant les récits de voyages de la plupart des navigateurs solitaires. Il habitait près du Champ-de-Mars dans un appartement à faire rêver les touristes japonais tant toutes le fenêtres donnaient sur la Tour-Eiffel. Mais il y vivait peu, partant dès qu’il pouvait pour Hoëdic, l’île bretonne où il avait une maison. On s’entendait bien tous les deux. Il est mort à soixante-douze ans. A la fin, il réclamait sans cesse des livres pas difficiles. Le dernier ? Harry Potter à l’école des sorciers. C’est vraiment bien, tu sais. J’ai fait un papier sur A l’angle du renard de Fabienne Juhel, toujours pour Le Monde. J’ai mis à jour mes notes sur Pascal Garnier. J’attends que Raphaëlle me donne une date, un calibrage. Annabelle est venue dire bonjour, en fin de journée, avec Thierry, son père. Nous avons parlé de ses études, du stage qu'elle a effectué à La Voix du Nord, de son désir, toujours tenace d’être journaliste. De mon livre aussi. Elle avait voulu venir à Lille pour ma signature au Furet. Malheureusement dans le petit mot que je lui avais envoyé je m’étais trompé de date. Le 11 à la place du 10. La pauvre s’était cassé le nez.
Samedi 21 février 2009. 23h10
Par Xavier Houssin le lundi 23 février 2009, 13:38
Nous sommes allés à Granville commander le parquet pour la nouvelle chambre. Des lattes de chêne clair. Comme la maison change et comme elle a changé. Elle nous ressemble. Nous avons tout décidé ensemble. Tout choisi. Tout agencé. J’espère vraiment que les travaux seront achevés pour le mois de mai. Il y a encore à monter la petite serre du koetsch, le sable de granit à étendre dans la cour. Nous avions rendez-vous en milieu de matinée chez le notaire pour les dernières formalités avant la signature du contrat de mariage. Là aussi le temps se bouscule, il reste tant de détails à régler. Nous étions vers midi chez Georgette avec ses courses. Elle nous attendait. Elle avait sorti le vin blanc et la crème de cassis, les biscuits salés. Avec la tapenade qu’Amélie vient de lui faire découvrir, le cassis est sa nouvelle passion. Jus, liqueur, confitures, pâtes de fruits. Rien que des vitamines, assure-t-elle. Ca me requinque. Après-midi mexicaine. J’ai écrit quelques feuillets pour Le Monde sur Les vies perpendiculaires d’Álvaro Enrigue. Fabien est venu dîner. Amélie avait fait du gratin de bettes. J’ai fait griller les saucisses achetées chez Bisson. Nous avons bu un vieux rasteau. Avant d’aller coucher, j’ai relu mon papier.
Vendredi 20 février. 22h40
Par Xavier Houssin le lundi 23 février 2009, 13:36
Les « nouveaux » travaux de Carolles ont bien avancé. La laine de verre est maintenant installée dans les combles. La porte de douche a été enfin fixée dans la salle de bains et surtout, le menuisier a fini de cloisonner dans le garage ce qui sera bientôt une petite chambre. Je suis passé voir Georgette. Prendre sa liste de courses pour demain. Au village deux vieilles dames sont mortes cette semaine. Sinon, dit-elle, je n’ai vu personne. Façon de parler. Nathalie était là tous les jours et Josette est passée. Nous avons discuté plantes. C’est elle qui a en garde la dernière pousse de l’impatiens dont nous avions ramené du Mexique en 2007. La plante issue de la bouture initiale est morte à Paris, racines étouffées dans un pot à réserve d’eau. A la maison, M. Giffard travaillait silencieusement. Pas besoin de mettre mes bouchons d’oreille. J’ai rédigé le papier sur Les cosmonautes au Paradis de Tom McCarthy que je devais depuis longtemps à Florence pour Le Monde. Fabien a sonné à la porte vers sept heures. Il vient de prendre un nouveau boulot dans la maintenance d’appareils médicaux qui ressemble étrangement à celui qu’il a quitté. Oui, mais la différence c’est que c’est une grosse boîte. J’ai maintenant des RTT, un comité d’entreprise... Je me suis surpris à l’envier. Un travail stable. Des horaires fixes. Un salaire régulier. Quatre ans maintenant que je galère pour trois sous entre les piges aux journaux, les débats littéraires, la fac, les à-valoir de mes livres et de la collection, les demandes de bourses. Je suis fatigué… Amélie arrivait avec le premier train de la soirée. Les jours rallongent. Il faisait encore chien-loup lorsque je suis parti la chercher.
vendredi 20 février 2009
Jeudi 19 février. 23h00
Par Xavier Houssin le vendredi 20 février 2009, 13:39
J’ai relu mon portrait de Jean-Claude Carrière. Trois lignes à changer. Je l’ai envoyé au Pèlerin. Claudine m’avait fait parvenir les épreuves de son Dictionnaire amoureux du Mexique au début du mois. J’ai tout de suite aimé ce vagabondage sensible, ces évocations, ces commentaires… Le Mexique, voilà déjà bientôt deux ans que nous y sommes allés pour garder Camille, Victoria et Valentine. Nous n’avions pas fait d’autre tourisme que le marché le matin à Ixtapan et un peu de balade dans Mexico à la fin du séjour. C’était tant mieux d’ailleurs. Pour moi, ce pays restera celui de ces trois petites filles. Quand y retournerons-nous ? J’ai déjeuné avec Jean-Pierre au Bistrot de Paris. Le CNL, ma collection, son dernier manuscrit en quête d’éditeur. Nous avons bu le même gamay de Touraine que celui qui avait tant séduit Steven lors d’un de ses derniers passages à Paris, qu’à la fin d'un repas ici, il avait voulu en acheter je ne sais combien de bouteilles à ramener en Australie. En sortant je suis passé chez Deyrolles. Les insectes capturés l’été dernier et que je n’ai toujours pas étalés commencent à se dessécher. Je cherchais un produit pour leur rendre un peu de souplesse. Du coton et de l’eau, tout simplement, m’a dit le vendeur. Je ne vais quand même pas vous en vendre. Coups de fil chez Buchet. J’ai peut-être (enfin) trouvé un préfacier pour mon volume de Gustave Lerouge. Reste à choisir définitivement le titre à publier. J’hésite encore…
jeudi 19 février 2009
Jeudi 19 février. 0h50
Par Xavier Houssin le jeudi 19 février 2009, 01:39
La grève, les vacances. J'avais juste une poignée d'étudiants aujourd'hui... Dans le deuxième groupe, ils étaient si peu nombreux que nous sommes allés finir le cours dans un café rue Censier. Réfléchissez à des projets d'articles... Je les retrouve dans quinze jours. Je suis passé voir Nicole chez Caractères. Elle m'a confié ses livres mexicains. Quel travail. Une anthologie, un roman, deux recueils de poésie, un de nouvelles. Je vais essayer d'en glisser dans mes sélections. Les incroyables poèmes de Monica Mansour surtout. Je ne suis seule que si je ne suis pas/ avec moi-même. J'ai pris le bus jusqu'au Select. J'avais rendez-vous avec François Escoube, le président du prix Marguerite Audoux afin qu'il me donne des conseils pour la sortie de Douce Lumière en mars. Il connaît beaucoup de gens dans le Cher. Il faut organiser des rencontres, des réunions. Sans lui, j'ai peur de me retrouver vite seul. Amélie est venue me chercher là-bas en taxi. Nous allions dîner chez Anne-Gaëlle et Laurent. Ils habitent un appartement grand (petit...) comme le nôtre, au premier étage d'un de ces immeubles « industriels » du XIe. Je m'y suis senti tout de suite bien. Une impalpable proximité. Nous avons passé ainsi une soirée en connivences discrètes. Et en reconnaissances.
mardi 17 février 2009
Mardi 17 février. 23h45
Par Xavier Houssin le mardi 17 février 2009, 23:57
J'ai corrigé les travaux des étudiants et me suis remis aux lectures mexicaines. Beaucoup, beaucoup de papiers à écrire. Je m'y mets dès demain, sinon j'aurai du mal à tout rendre à temps. Un quart d'heure de retard déjà à mon rendez-vous. J'ai couru pour retrouver Brigitte au Perron. D'un livre de son programme à l'autre, nous nous sommes aussi remonté le moral. Tout ce qu'on nous raconte, tout ce qu'on nous diffère... Je l'ai raccompagnée rue Jacob. Amélie avait juste terminé son déjeuner avec Nathalie. Je les ai rejointes au Pré au Clercs pour un café au comptoir. Après-midi chez Buchet à imaginer des financements, des aides, pour les prochains volumes de « Domaine Public ». Amélie m'a appelé vers les 20h. Elle sortait juste de son bureau. Nous avons marché vers Sèvres-Babylone. Nous nous sommes arrêtés au Sauvignon pour un verre avec Nadine. On rentre ? - Oui, j'ai hâte d'être à la maison.
Mardi 17 février. 0h40
Par Xavier Houssin le mardi 17 février 2009, 00:42
J'ai passé une journée lancinante de fatigue et de mal de tête discret. J'ai continué à regarder les livres des auteurs mexicains du Salon. J'ai pris le petit conte à deux récits de Mario Bellatin, Jeux de dames. J'ai continué avec le Enrique Serna, Quand je serai roi que j'ai abandonné dans une bizarre lassitude qui n'avait pourtant rien à voir avec ce que je lisais. J'ai ouvert au hasard le Pléiade d'Octavio Paz : En fermant les yeux/ Je les ouvre dans tes yeux. J'ai fini par sortir en fin de journée. Je suis allé à mon rendez-vous avec Anne aux Editeurs. En l'écoutant parler (elle défendait avec conviction un texte de l'auteur australien Sonia Hartnett paru au Serpent à plumes) je me disais qu'il faudrait que j'appelle Steven à Melbourne pour lui demander ce qu'il en pensait vraiment, lui. Chez Buchet, il n'y avait plus que la dame du ménage (Bon courage, bon courage...) et Jean-François qui téléphonait porte fermée dans son bureau. Je suis parti tout de suite. Alexandre venait dîner à la maison. Amélie avait fait les courses. J'ai arrangé des pâtes aux fruits de mer. Coulis de tomates, ail en copeaux, thym et coriandre fraîche. Nous avons passé un repas très agréablement amical plutôt drôle et aussi littéraire. Alexandre est étonnant dans les arrière-plans qu'il ouvre sans cesse à ses lectures. Moi, j'ai toujours le sentiment qu'un gouffre d'oubli s'ouvre à chaque page tournée. Nous discutions. Et j'ai commencé à étrangement entendre les voix en écho. Coup de barre. Rien à faire. Quelle pitié... Qu'est-ce donc qui m'est arrivé aujourd'hui?
lundi 16 février 2009
Dimanche 15 février. 23h50
Par Xavier Houssin le lundi 16 février 2009, 16:36
Jardinage... J'ai débarrassé la commode. Recouvert le marbre de torchons pliés en plusieurs épaisseurs. Nous avons passé la matinée à remplir de terreau des petits godets en plastique et à semer les graines qui doivent germer au chaud. Si tout prend et se met à grandir, cela risque de devenir impressionnant. Courge verte d'Alger, concombre Rawa, potimarron Kuri, potiron Atlantic géant, potiron Buttercup, aubergine de Florence, aubergine Mirabelle, tomate noire de Crimée, tomate Coeur de boeuf, tomate Zebra, tomate Marmande, tomate Crovanese, tomate Liberty bell, poivron Cherry, piment Fish et j'en passe. Il était midi quand nous nous sommes aperçus que nous n'avions même une salade pour le déjeuner. Nous avons fait le marché sous le métro aérien. Revenus cabas plein. Quand donc viendra le temps de nos pleines récoltes?
Samedi 14 février. 23h15
Par Xavier Houssin le lundi 16 février 2009, 16:22
Ciel bleu et froid de glace. Je suis allé chercher des croissants. Je m'étais réveillé un peu terne. Le passage au dehors a tout revigoré. C'était Saint-Valentin. Une jeune fille au carrefour Commerce distribuait les prospectus des offres spéciales d'un magasin de lingerie. J'ai trouvé une botte de phlox blancs chez le fleuriste chinois de la rue Frémicourt. Je m'y étais pris trop tard pour passer une annonce dans le cahier spécial de Libération. Nous étions invités par Gilles à découvrir son banc d'huîtres de La Marlotte, rue du Cherche-Midi. Je vais finir par me faire à nouveau à l'endroit et mettre de côté tout son passé de palais de Dame Tartine. Les huîtres étaient superbes, le menetou parfait et Gilles charmant. Pas traîné cependant. Nous avions aujourd'hui un repas de famille. Jean-Pie, mon cousin (le fils d'Armand, frère de mon grand-père Joseph) et sa femme Brigitte nous recevaient chez eux près des Arts et Métiers. Il y avait aussi leur fils Jean-Baptiste qui a je ne sais jamais quel poste à l'université de Poitiers. Jean-Pie était éditeur au Seuil, Brigitte enseignait la philosophie. Je les avais rencontrés pour la première fois au moment de la sortie du 16 rue d'Avelghem. Le livre remuait alors quelques vieilles histoires. Nous avions déjeuné très plaisamment ensemble. Ne nous étions pas revus depuis. Leur appartement est au dernier étage d'un immeuble Eiffel, traversé d'un hallucinant escalier à volées multiples. Leurs fenêtres donnent sur les toits et le clocher de Saint-Nicolas-des-Champs. Nous avons passé un moment lent et agréable. Réapprentissage des nouvelles et de la relation. Au dessert, nous avons regardé de vieilles photos. Cherché des noms. Parlé de tirages à refaire... Nous sommes restés dans le quartier l'après-midi. Flâné longtemps vers Beaubourg et Saint-Eustache. Amélie voulait voir des laines à La Droguerie, pour un pull que Noëlle avait promis de lui tricoter. J'ai acheté un gros sac de terreau pour les semis potagers à faire à Paris. Nous sommes allés retrouver Mercedes qui signait son livre, elle aussi, chez Colette. Après la fermeture du magasin, comme la veille, ou presque, nous sommes partis avec la libraire dîner rue Vieille-du Temple, chez Anne, une amie de Mercedes. Je traînais mon terreau. Nous avons bu du champagne. Dans l'appartement trônait un énorme chartreux qui se pavanait d'aisance
Samedi 14 février. 1h45
Par Xavier Houssin le lundi 16 février 2009, 13:10
J'étais invité vers midi par Claudine Castelnau à Fréquence Protestante, une radio installée dans le XVIIe près de la place saint-Ferdinand. Studio en sous-sol et ambiance bon enfant. Nous sommes restés à l'antenne presque une heure. L'émission était en direct. J'ai raconté à nouveau cette étrange coïncidence du livre de Pascale Roze, L'eau rouge que j'avais fini de lire pour Le Monde dans le train qui m'emmenait vers la mort de Maman. De cette époque et de ce décor communs. Du papier que j'avais écrit dans la nuit qui avait suivi. Et du courrier de cette lectrice du journal qui s'était révélée avoir été sous les ordres de ma mère en Indochine. Chronique des hasards nécessaires. J'ai rejoint Amélie qui déjeunait au J'go avec Géraldine. C'était bien de se retrouver ainsi du jour au lendemain. Je ne suis pas resté longtemps chez Buchet : je signais mon livre en fin d'après-midi, rue Rambuteau, aux Cahiers de Colette, la librairie de Colette Kerber. J'y étais arrivé un peu à l'avance et je discutais avec elle quand presque brusquement est entré un monde fou. J'ai reconnu des amis, des gens, des connaissances. Combien, Mon Dieu? J'ai oublié des prénoms au moment des dédicaces. J'étais ému. Je bafouillais. Amélie passait d'un groupe à l'autre. Ca parlait, ça riait. Le trottoir, devant la boutique, était encombré de fumeurs. Mon quart d'heure de célébrité a duré jusqu'à 21h30. Il ne restait plus rien à vendre. Nuit froide du dehors. Nous avons cherché un restaurant. Tout était complet dans le quartier. Joëlle et Bernard nous ont emmené dîner chez eux à La Chapelle. Il y avait Delphine de juste retour de Dehli, Marion et Jérôme. Nous avons bu du brouilly. Très bon. Vraiment très bon. J'ai regardé Amélie, en face de moi à table. J'étais content et soulagé.
Jeudi 12 février. 23h20
Par Xavier Houssin le lundi 16 février 2009, 11:19
J'ai déjeuné avec Géraldine au Perron. Nous avons bavardé longtemps. De ses livres, bien sûr. Le développement des lignes d'Alain Veinstein que je vais proposer à Raphaëlle pour un papier au Monde si personne ne s'en est encore emparé, mais surtout de La solitude des nombres premiers, roman d'un italien que je connais pas et qu'elle a évoqué avec beaucoup d'émotion et de troublant enthousiasme. C'est une histoire d'enfance, d'adolescence et d'effrayante solitude. J'ai comme le sentiment que cela va me toucher... Nous avons parlé de Carolles, du mariage en mai, des travaux dans la maison et de la prochaine fois qu'ils y viendraient en famille. Géraldine et Vincent étaient les premiers à qui je l'avais prêtée l'été 2006. Leur fils Alexandre a cinq ans maintenant. Je pense souvent à lui, petit garçon qui récite des poèmes et qui a hâte d'écrire, remplissant des cahiers de lignes régulières que personne pour l'instant, à part lui, ne parvient à comprendre. Amélie est venue me chercher chez Buchet où j'avais continué l'après-midi mes investigations sur Gustave Lerouge. Nous étions invités à Issy-les-Moulineaux chez Anne-Laure et Damien, les parents de Géraldine (encore), la filleule d'Amélie. A douze ans, elle est l'aînée de quatre filles : Eugénie (10), Mathilde (6) et Justine (3). J'étais passé chez Chantelivres acheter des cadeaux. Nous avons passé un bon moment avec un album de la série Où est Charlie ? de Martin Handford. Rien à faire, je suis vraiment le dernier à apercevoir dans la foule le drôle de bonhomme en chandail rayé rouge et blanc. Moi, ce serait plutôt : Où sont mes lunettes ?
Mercredi 11 février. 23h00
Par Xavier Houssin le lundi 16 février 2009, 11:09
Les cours à Censier. Chez Buchet, les premières esquisses de choix pour le Gustave Lerouge à paraître à l'automne. Dans le courrier, il y avait la lettre d'une dame, sans timbre, déposée à l'accueil. Cher Monsieur, permettez-moi, cher Xavier... Elle était écrite par une ancienne élève de ma mère. Une de ces jeunes adolescentes en uniforme (avec béret s'il vous plaît!), précisait-elle. Le temps remonte encore. Je dois y aller et je dois raconter. Quand commencer? Bientôt. J'ai retrouvé Amélie dans le Marais où elle accompagnait un auteur pour une signature. Jérôme l'avait rejointe. Nous avons bu un verre dans un bistrot à vins de la rue François-Miron. Il avait apporté son CV. Nous l'avons regardé ensemble. Ce serait bien qu'il retrouve vite un boulot.
vendredi 13 février 2009
Mardi 10 février. 22h20
Par Xavier Houssin le vendredi 13 février 2009, 17:10
Journée à Lille. Rencontres avec des journalistes, signature au Furet du Nord. Je suis arrivé à midi pile sous une vraie drache. J'ai dû attendre à l'abri que cela se calme pour patauger jusqu'à la place de la Déesse. J'aime Lillle parce que beaucoup de mes émotions s'y entassent, s'y rassemblent. Les souvenirs y font des strates que mon enfance traverse. Lors de mes vacances d'été à Roubaix, on m'emmenait peu ici. Mais à chaque fois, quelles sorties... Ma mère et moi prenions tôt le Mongy, place de la Liberté. Trajet en cliquetis électriques le long du Nouveau-Boulevard bordé de grandes propriétes, de hauts arbres, de verdure. A peine arrivés, nous commencions la visite. La bourse, le palais Rihour, l'hospice Comtesse, les Beaux-Arts où j'ai vu mes premiers Goya. Les jeunes et Les vieilles. Je ne suis pas revenu dans ce musée depuis une éternité. Je garde en mémoire une toile dont je ne saurai dire qui l'a peinte. c'est un paysage de campagne mangé de ciel avec un grand champ mûr bordant un chemin crayeux. Il y a un personnage de dos, déjà loin, qui tient en laisse un chien. Peinture XVIIe, XVIIIe? J'étais fasciné, enfant, par ce tableau. Sans doute voyais-je là mon décor de Senlis et l'orée vers Halatte. Je confonds les deux, en tout cas, à présent. Je suis allé déjeuner dans la rue Le Pelletier. Un potjevlech et un verre de bière brune. J'ai enchaîné quelques rendez-vous. Une vingtaine de personnes m'attendait au Furet à 17h00. Michel Paquot animait le débat. Il y a eu pas mal d'échanges avec les gens qui étaient là. Je suis certain maintenant que l'intime se partage. J'ai dédicacé quelques livres. José, cette incroyable lectrice que je connais du festival de Chambéry 2004 et qui suit partout les auteurs qu'elle aime était venue en voisine de Neuville-en Ferrain. Il y avait aussi Tanguy qui s'était arraché à son travail pour l'occasion. Je suis rentré nuit tombée sous une petite pluie fine. J'ai attrapé le train de justesse. Gare du Nord, Amélie m'avait fait la surprise. Elle m'attendait au bout du quai.
Lundi 9 février. 23h00
Par Xavier Houssin le vendredi 13 février 2009, 16:56
M. Lequertier, le marchand de journaux n'a pas reçu mes livres. Il râle gentiment. Ca n'est pas tous les jours! Il a réclamé des affiches et ma photo aussi pour accrocher dans son magasin. J'ai appelé chez Buchet. Tout arrivera demain. Nous avons traîné une journée mi studieuse, mi molle. Promenade à la plage. Le vent commence à souffler au sol, chassant le sable en raz bruissant. On attend une tempête. Nous avons accroché soigneusement les volets. Mme Bassard ira les rouvrir dès le retour du calme. J'ai regardé le vieux peuplier en face de la maison. Pourvu qu'il tienne le coup. Les branches des sapins s'agitaient déjà fort quand nous avons fermé la barrière.
mardi 10 février 2009
Dimanche 8 février. 22h15
Par Xavier Houssin le mardi 10 février 2009, 00:29
Amélie, Jérôme et Marion ont insisté pour regarder la rediffusion du dimanche matin de La grande librairie sur France 5. J’ai essayé d’esquiver un peu. Mais difficile de se rater sur l’écran. Tu étais bien, non ? Mon image, mes gestes, mes mots. Pas certain. Hum, vraiment pas. Mais à quoi bon se défendre. L’important est ce qu’en voient les autres. Et je les crois. D’ailleurs cela tisse un étrange réseau. Après l’émission d’Alain Veinstein, quelqu’un m’a envoyé un message de Chine. J’ai eu un mot aussi d’un ancien condisciple de Senlis. Et d’autres encore. Ca me touche bien plus que je ne m’en dérobe. Je vais répondre. Bientôt.... Nous avons pris la voiture pour aller à Genêts. Je voulais montrer le Mont-Saint-Michel à Marion. Ce si près-si lointain qu’on lui découvre depuis le bec d’Andaine. Nous avons marché un peu en baie. Le luisant, les rivières. Le sable fin ridé, les bordures grises de la tangue et cette immensité. C’est mon paysage, j’y suis bien. J’ai raconté comment la mer gonfle les cours d'eau jusqu'à les déborder. Le danger de la brume. Les pêcheuses de coques englouties sous Tombelaine. Mon père aimait aussi faire le guide. Regardez, regardez disait-il en montrant le lointain, du sentier des douaniers qui borde la falaise. Affaire d'horizon et d'amers remarquables. Nous avons déjeuné tard. Gigot de pré-salé un rien avant saison. Jérôme et Marion ont pris le train du soir. Ca ne vous embête pas de dire au-revoir à Georgette ? Déjà ?, leur a-t-elle fait, dans ce serrement de coeur des petites visites. A la maison, nous nous sommes retrouvés dans un drôle de silence.
Samedi 7 février. 23h50
Par Xavier Houssin le mardi 10 février 2009, 00:29
Pari presque gagné. Du ciel lavé et du soleil, mais aussi des rafales et des giboulées. Au marché de Granville, je me suis laissé prendre à ce presque printemps. D’autant que le potager vient d’être enfin labouré. J’ai acheté au maraîcher une quarantaine de plants de feuille de chêne et d’oignons blancs à repiquer. Sous abri, bien sûr, a-t-il lâché. Bien sûr, ai-je répliqué. Tu parles. J’ai filé à la jardinerie acheter un tunnel de forçage. Une bâche en plastique jaune à monter sur des piquets flexibles. L’après-midi, j’ai traîné tout le monde aux Fontenelles. Vous êtes sûrs de ne pas vouloir vous promener au bord de mer ? Il fallait remettre en place les rosiers déterrés et mis en jauge par les jardiniers, planter les groseilliers qui végétaient à l’ombre des bambous à la maison, installer définitivement le petit ginko, décapité par les garnements de l’été dernier et écrasé par la remorque de M. Jouenne à chaque livraison de bois. Pendant que je m’attelais à ces sauvetages, Jérôme passait la tondeuse dans les graminées sèches pour dégager le genêt, rabattait les framboisiers. Amélie et Marion se battaient avec le mode d’emploi de la serre à salades. A cinq heures, c’était fini. Georgette à qui nous racontions nos travaux n’a pas été avare de ses encouragements. Les jardins lui manquent. Elle nous a donné un calendrier de semis et de plantations pour les mois à venir. Ca tombe bien. La commande que nous avions faite chez Baumaux est arrivée. Un énorme carton de semences et de tubercules. Il faut commencer par les pommes de terre dans quinze jours ! Et les pois aussi ! Gare si l’on rate. Elle va être déçue. J’aimerais tant lui offrir un été envahi de légumes et de fleurs.
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