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mardi 26 octobre 2010

Lundi 25 octobre 2010. 22h10.

J’ai repris mon manuscrit. Entamé un nouveau chapitre. J’y ai traîné la journée entière. Je me sens fatigué. Relu aussi, avant de le renvoyer à François, le livret de la messe d’enterrement d’Alain à la chapelle saint Jean. Là où l’abbé Dukiel nous a bénis à l’été 2009. Alain était le bedeau de cette chapelle de famille. La cérémonie aura lieu mercredi. Jérôme s’est décidé à y aller. Il prend le train demain. Virginie sera là aussi. Amélie aurait peut être voulu s’y rendre. Mais elle doit rester à Paris pour la presse de Tom Segev dont Liana Levi publie la biographie de Simon Wiesenthal. Nous mélangeons un peu mon cafard, nos inquiétudes, sa tristesse... Je l’ai retrouvée pour un verre chez Péret. Pas envie d’être tout de suite à la maison.

lundi 25 octobre 2010

Dimanche 24 octobre 2010. 23h45.

Virginie est pour une semaine en France. Des affaires à régler avec la maison de Veyrier. Marcus et les filles sont restés au Mexique. Nous l’avons retrouvée, le temps d’un déjeuner chez ses parents à Versailles. Il y avait là Marion et Jérôme. Séverine aussi qui était venue, seule, avec Agathe. Arnaud et Thomas sont déjà partis en vacances dans la famille de Gérald. Toute petite Agathe qui n’a cessé de me courir vers moi pour que je la fasse sauter en l’air. Oh, doucement. Si petite... Si fluette. J’avais l’impression d’avoir, au vol, attrapé dans mes bras un nuage.

Samedi 23 octobre 2010. 22h20.

Frédéric est venu prendre les mesures pour les dernières étagères dans la cuisine. Tout va finir par trouver sa place… Nous sommes à Paris depuis plus de dix jours. Carolles me paraît bien loin. Courrier entassé, mauvaises herbes. Pas sûr que nous puissions y retourner la semaine prochaine. Au travail ? J’ai accompagné Amélie qui devait récupérer une paire de boucles d’oreilles en réparation dans une boutique du VIIe. Nous étions, sur le chemin du retour, dans la rue de Babylone, lorsque nous sommes tombés nez à nez avec Nathacha et Bernard. Dans la poussette, Neela. Deux ans déjà. Ils sont rentrés de Mayotte il y a quelques semaines à peine et ont retrouvé un appartement dans l’immeuble même qu’ils avaient laissé. Drôle de boucle. Et magnifique hasard. Un café dans le bistrot d’à côté. Nous n’avions pas envie de nous quitter. Ils sont venus nous rejoindre à la maison une petite heure plus tard. Champagne. La petite s’est fait des moustaches au jus de fraise. Moi qui accroche des signes tout partout, j’en ai vu un très doux…

Vendredi 22 octobre 2010. 21h30.

J’ai eu mes derniers résultats. Ils sont ceux qu’on attendait. L'intervention est prévue, jour pour jour, le mois prochain. Je ne parviens toujours pas à reprendre mon rythme d’écriture. Demain. Demain…

Jeudi 21 octobre 2010. 23h40.

Est-ce qu’on peut déjeuner ensemble ? Amélie m’a appelé à la sortie de mes cours à Censier. Nous nous sommes retrouvés au Pré Verre. Alain, son grand-père vient de mourir. Il avait été hospitalisé quelques jours après la fracture à la cheville de son épouse Jacqueline. Impossible de rester seul. Trop fatigué. Trop malade. Il est parti comme s’il avait compris que tout allait devenir compliqué, inextricable… Les soucis, les chagrins, font une poche lourde qui crève de deuil en deuil. Je suis rentré vite de Jeux d’Epreuves. Nous avons invité Marion et Jérôme à la maison.

Mercredi 20 octobre 2010. 23h00.

Corrigé les travaux des étudiants. Préparé les cours de demain. Relu au calme les livres pour Jeux d’Epreuves. J’y présente Poser nue à La Havane de Wendy Guerra. Le journal apocryphe d’Anaïs Nin à Cuba. Un journal comme le roman quotidien, entièrement reconstruit, de son séjour sur l’île, entre ses dix-neuf et ses vingt ans. Cuba représente pour elle une terre familiale. Son père et sa mère y sont nés. S’y sont rencontrés. Son voyage à La Havane se trouve donc être celui des retrouvailles avec ses origines, mais aussi, et surtout, celui de la découverte d’elle-même. Parce que, dit-elle, Le paradis de mon enfance était un paradis inventé... Anaïs Nin, si prolixe pourtant, n’a laissé presque aucune trace écrite de ces quelques mois-là. Wendy Guerra en recoud chaque jour avec une incroyable proximité. Et tout en devient vrai. Et tout en devient juste. Nous mentons avec douceur, explique-t-elle. Je suis allé faire quelques courses dans le quartier. Solveig et Nicolas venaient prendre un verre et il ne restait plus rien des bouteilles de vin blanc ramenées de Touraine…

mercredi 20 octobre 2010

Mardi 19 octobre 2010. 22h40.

Le Pot-au-noir ou la mer des Sargasses… Un effrayant calme plat, en tout cas. Je me suis souvenu de ce court métrage d’animation de la fin des années soixante-dix : La traversée de l’Atlantique à la rame. Fantômes et pourriture. Les algues s’accrochent aux avirons. Pour un peu, je resterais à dériver en rond. Encore un effort. J’ai travaillé. Il me reste juste le temps d’aller à la fin du livre. Au bout de la journée, j’ai rejoint Amélie au bar de l’hôtel d’Aubusson où elle avait un rendez-vous pour ses parutions de janvier. Drôle de décor là-bas. C’est pourtant une belle maison XVIIe, mais tout m’y semble factice. On se croirait dans un théâtre, sur un plateau de cinéma… Extérieur nuit. Ca tombe vite maintenant. Nous sommes rentrés sous une petite pluie fine.

mardi 19 octobre 2010

Lundi 18 octobre 2010. 22h10.

J’ai mal travaillé. Je rebrouillonne. Je disperse tout à nouveau. En faisant la lecture à rebours, j’ai fini par revenir doucement dans le texte. N’empêche. Je n’ai rien gardé des pages de cette journée. Du coup, elle s’est entièrement effacée.

lundi 18 octobre 2010

Dimanche 17 octobre 2010. 23h20.

Bricolage et rangements. Un long dimanche après-midi fait de riens douillets...

Dimanche 17 octobre 2010. 15h10.

Nous avons pris un café chez Péret avec Sarah et son fils Noé. Le petit a deux ans. Bientôt trois ? Je savais qu’elle habitait à nouveau le quartier après être restée assez longtemps en Ecosse. Partie comme ça. Pour travailler, pour grandir, pour comprendre. Pour changer. Nous ne nous étions jamais croisés depuis. De toutes les amies de collège de Marie, elle est celle à qui je suis resté, de loin, toujours attaché. Il n’est pas besoin de parvenir à tout expliquer. Affinités. Correspondances. J’étais content de la revoir. Elle suit une filière de formation aux métiers du Livre et travaille dans une librairie du XIXe. On se reverra sans doute. Nous sommes allés jusqu’au marché du boulevard Blanqui. Remonté les étals jusqu’à la place d’Italie. Paniers pleins et premier froid d’automne.

Samedi 16 octobre 2010. 22h15.

Lever tard. Séverine est venue déjeuner à la maison avec les enfants. Arnaud, Thomas et Agathe. Cette toute petite qui revient de si loin. J’ai l’impression que cela fait si longtemps aussi. C’était il y a un an. Octobre dernier. L’hôpital Necker, les opérations et les angoisses. Aujourd’hui, elle est vive, souriante. Curieuse de tout. Ouf ! Et puis merci… Amélie avait fait un poulet rôti. Des pommes de terre au four. Séverine nous avait amené une tarte aux pommes. J’ai repensé à ces repas des dimanches à Senlis quand Maman invitait mon parrain René, ma tante Poulouche. Des instants tièdes d’enfance. J’ai emmené les deux garçons aux Cousins d’Alice, le magasin de jouets à l’angle de la rue Daguerre et de la rue Lalande où je venais souvent avec Marie, quand elle était petite. Ils ont fouillé partout dans les casiers et sont repartis avec des poignées de billes, des petites voitures, des dinosaures en plastique. Bricoles. J’étais, je crois, bien plus content qu’eux.

Vendredi 15 octobre 2010. 21h20.

Nous ne sommes pas partis à Carolles. Déjà, je ne me sentais pas vaillant mais, en plus, du fait des grèves, il n’y a presque aucun train. Amélie a même dû annuler son voyage de samedi au Mans. Elle devait y accompagner Lionel Salaün au festival du livre. Lui venait de Chambéry. Un TGV sur quatre ou quelque chose comme ça. Affaire réglée. Tout ce temps à Paris ? On n’a plus l’habitude…

Jeudi 14 octobre 2010. 20h45.

Je n’ai pas vu passer les quatre heures de cours avec les étudiants. Nous avons évoqué dans la pelote d’actualité culturelle de la semaine John Lennon et Vargas Llosa. Flaubert, Hugo et Fidel Castro. Luc Besson, Lacan, Zuckerberg, Duras, Pina Bausch, Dostoïevski. Basquiat, l’Andromaque de Racine. Petites touches de vernis. Juste savoir un rien qui donne envie de chercher plus loin. Amélie m’avait invité chez Guiseppe pour le déjeuner. A deux pas de la clinique. Nous avons parlé d’autre chose. Etiré au plus longtemps le temps qu'il restait. Bon, je crois qu’il faut y aller. Ca a été, comme on dit, un mauvais moment à passer. Résultats dans huit jours. En sortant, je voulais aller prendre un verre au bar du Lutétia. Mais impossible de marcher sans grimaces. Nous sommes rentrés à la maison. Resté au lit. J’ai attrapé Don Camillo et ses ouailles de Giovannino Guareschi. Retrouvé dans sa préface, cette petite phrase : Je ne me suis jamais repenti d’avoir fait le lendemain ce que j’aurais pu faire la veille ou un mois plus tôt. Bah. On se (ré)conforte comme on peut…

Mercredi 13 octobre 2010. 22h00.

Préparé les cours pour Censier. Couru la journée après des rendez-vous au sujet de livres pour lesquels je ne ferai pas de papiers. Je vais prendre mon courage à deux mains et appeler Raphaëlle et Florence pour voir ce qu’il est encore possible de passer dans Le Monde. Mon retard est abyssal. En même temps, on ne m’a rien réclamé... Croisé Virginie boulevard Saint-Germain. Nous sommes allés prendre un café aux Deux magots. Nous ne nous étions plus parlé ou presque depuis que j’avais été fichu à la porte de Page en 2007. Un malentendu idiot entre nous et qui a duré. Faute à qui ? A l’odieux bonhomme qui dirigeait cette boîte où je suis juste resté quelques semaines. On se laisse entortiller parfois dans des manipulations perverses. Elle aussi, depuis, a été flanquée dehors. Elle se lance, à son compte, dans les relations libraires-éditeurs. Ca devrait marcher. Elle connaît ça par cœur…

mercredi 13 octobre 2010

Mardi 12 octobre 2010. 23h00.

Presque un autre chapitre ce matin. J’avance lentement. Je pense à ce que m’a écrit Laurence : Dès que tous ces examens seront finis, plonge dans ton texte. Tu t’oublieras, tu retrouveras de l’énergie, tu construiras quelque chose. Tu verras. Je suis allé chercher Amélie place Paul-Painlevé. Peu ou pas de bus à cause de la grève. Nous avons marché. Le petit Luxembourg et ses grands marronniers au cordeau. Des enfants jouaient à disperser les tas de feuilles mortes à coup de pieds. En arrivant au bas de l’avenue de l’Observatoire, j’ai jeté un œil aux deux marronniers fous qui, depuis des années, font leurs fleurs en plein automne. Toujours à contre saison... Nous avons pris un verre chez Péret. Pas envie de rentrer. Nous avons déjeuné au guéridon d’un minuscule traiteur crétois du bas de la rue Daguerre. Attendu l’heure du rendez-vous au centre d’imagerie médicale. Nous sommes sortis tard de là-bas. C’est étrange comme on se fait à son état. Reste du très mauvais, d’autres incertitudes, mais j’ai évité le très pire. Et j’en suis soulagé. Nous sommes revenus à la maison fatigués. Plus légers aussi. Oui, oui, encore un verre. Pour trinquer. Cette nuit, nous allons mieux dormir. je dois subir d’autres « explorations » jeudi, avant de partir à Carolles. Ensuite ? C’est écrit dans l’Evangile : A chaque jour suffit sa peine.

mardi 12 octobre 2010

Lundi 11 octobre 2010. 23h10.

Retour avec Amélie au train du matin, bondé. Demain, c’est la grève et de toute façon, il faut que je sois à Paris pour un second examen dont je m’efforce de ne rien penser. J’ai déballé les affaires dans l’appartement. Répondu au courrier. J’ai rejoint Marie-Françoise pour un déjeuner chez Fernand. Beaucoup parlé. Je suis rentré doucement par le Luxembourg. Les nouvelles de la grand-mère d’Amélie ne sont pas bonnes. Elle s’était fracturé la cheville en faisant une vilaine chute ce week-end. Son état se complique. Les soins risquent d’être très très longs. Il a fallu hospitaliser aussi son mari dont la santé n’est pas brillante non plus et qui ne pouvait pas rester seul à la maison. Marion et Jérôme sont venus dîner à la maison. Soirée simple. Ils vont bien. Portés par de beaux projets, calmes. Ils avaient passé le week-end à Bruxelles. Pendant leur séjour là-bas, j’avais reçu un message de la librairie d’art de la rue de la Madeleine qui avait enfin déniché le catalogue de l’exposition Fernand Knopff que je cherchais depuis des années. Ils me l’ont ramené. J’ai rangé ce hasard du bon côté…

lundi 11 octobre 2010

Dimanche 10 octobre 2010. 22h50.

J’ai rédigé ma chronique du mois pour Next. Il me reste tant d’autres papiers. Amélie est allée arracher le cruau aux Fontenelles. Huit brouettes pleines. Nous nous sommes retrouvés là-bas. Cueilli des roses, à ses rosiers, pour Georgette. Des rouges, des jaunes. Ramassé les courges qui ne grandiront plus. Au soir, nous étions invités à prendre un verre chez Isabelle et Fabien. Ils sont installés maintenant à Saint-Pair où ils louent un pavillon dans un de ces nouveaux lotissements qui entourent maintenant complètement le bourg.

Samedi 9 octobre 2010. 22h00.

Amélie est allée tôt au marché de Granville. Rentrée fatiguée. Nos nuits de ces moments derniers sont hachées. Je rumine. Elle s’inquiète. Qu’est-ce que tu as acheté ? Nous nous sommes offerts un joli déjeuner au jardin. Thon blanc cru mariné. Les premières saint-jacques. J’ai débouché du champagne. Let's pretend. Et ça passe doucement. Nous avons dormi dans l’après-midi. Rien fait. Pas travaillé. Pas sortis. Malgré le beau temps.

samedi 9 octobre 2010

Vendredi 8 octobre 2010. 22h40.

Hier, quand nous sommes arrivés à Carolles, le ciel au-dessus du jardin était tout étoilé. Aujourd’hui, il a fait grand soleil. Les feuilles du figuier s'entassaient en tapis craquant sur le chaud de la terrasse. La terre des cactus se séchait doucement. Nous avons été au marché à Jullouville. Quelques courses pour Georgette qu’on lui a amenées tard. Ca ne fait rien. Elle a rangé son couvert déjà prêt sur la table. Sorti les biscuits apéritifs et la bouteille de vin blanc. Comme je suis contente de vous voir. Près du tas de bois, en rentrant, nous avons trouvé deux beaux bolets à chair jaune (Boletus chrysenteron). Huile d’olive, ail et persil. Nous les avons ajouté à notre déjeuner. J’ai eu envie de profiter du beau temps pour montrer le Nez de Jobourg à Amélie. Les hautes falaises, le raz Blanchard, les îles. Je ne pensais pas que la route serait aussi longue, mais cela en valait la peine. Ce sont là-bas des paysages chargés d’attente. A la sauvagerie apaisée de fougères rousses, de haies ployées au vent. Goury, Omonville, Landemer. Nous avons poussé jusqu’à Cherbourg en longeant la côte. Je n’étais pas revenu dans la ville depuis que Marie y était à l’école des Beaux-Arts. Nous avons pris un verre sur le port. Rentrés à la nuit. Sous les étoiles.

jeudi 7 octobre 2010

Jeudi 7 octobre 2010. 23h50.

J’ai de nouveaux horaires à Censier. Je commence à 8h00, je finis à midi. Arrivé bien trop en avance. Il faisait encore nuit noire. Pas un café ouvert dans les rues autour de la fac. Je n’avais pas envie de remonter vers le métro. Je suis resté un peu sottement sur le trottoir à attendre l’heure de mon cours. Mes étudiants (une très large majorité d’étudiantes, en fait, comme l’an dernier…) sortent juste du lycée. Tellement jeunes... Nous avons posé les premiers jalons de l’année. Questionnaire d’actualité chaque semaine, revue de presse. Premiers papiers. J’ai hâte des semaines qui viennent avec eux. Déjeuner au Perron avec Amélie et Brigitte. Il reste des moments où tout va bien. A Jeux d’épreuves, j’avais amené Nos cœurs Vaillants de Jean-Baptiste Harang, un roman lent, tendre, de la fin des enfances, de ces moments où l’on se retrouve, qu’on le veuille ou non, bien obligé de grandir. Et qui prend doucement à contrepied nos souvenirs.

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