Départ très tôt pour la gare de Lyon. Chauffeur Uber infect. Le bonhomme, garé à l’autre bout de la rue me regardait dans son rétroviseur tirer les deux lourdes valises. Il a juste commandé l’ouverture du coffre de l’intérieur et me les a laissé charger seul. Comme Amélie rassemblait encore les dernières affaires à l’étage, il a grommelé : On va encore attendre des heures ? Parce que je n’ai pas que ça à faire. Je travaille. Pour le reste, le voyage a été sans histoires. J’avais emporté du travail, je n’ai rien fait, même pas ouvert un livre. A partir d’Avignon, le soleil brillait haut. Je me suis laissé embarquer dans le paysage. Claire et Emmanuel nous attendaient à la gare d’Antibes. Nous sommes allés directement rendre visite à Jacqueline, la grand-mère maternelle d’Amélie qui vient d'être installée à quatre-vingt-douze ans dans une maison de retraite médicalisée. Impossible pour elle de rester dans son appartement. La présence de quelqu’un vingt-quatre heures sur vingt-quatre lui étant devenue nécessaire. Nous ne sommes restés qu’un court moment dans la chambre, car elle se fatigue vite. Mais je la sens acharnée à vivre, à durer. On l’a dite plusieurs fois perdue, elle a repris pied à chaque fois. Tenant la dragée haute à tout son entourage et à la mort. Chez moi, les vieillards ont toujours été résignés et doux. Je crois. Déjeuner tardif aux Margouillats. La crèche dans l’entrée, le sapin brillant de boules et de guirlandes dans le salon. Marion et Jérôme arrivent avec les enfants le 23.
jeudi 4 janvier 2018
Mercredi 20 décembre 2017. 17h00.
Par Xavier Houssin le jeudi 4 janvier 2018, 00:26
Mardi 19 décembre 2017. 23h50.
Par Xavier Houssin le jeudi 4 janvier 2018, 00:24
J’ai déposé la chienne à sa pension de Saint-Pierre-Langers. Elle avait l’air contente de retrouver Eléonore. Viens, on va rejoindre les copains. J’apprehéndais un peu. Je suis reparti plus léger. Grand beau temps glacé. Jean-Pascal avait fait spécialement le trajet de Carolles pour m’apporter des biscuits au gingembre et à la cannelle et deux bocaux de tripes à la mode de Caen (il a dégotté la semaine dernière à deux pas de chez lui celles du champion du monde 2017) à emporter à Grasse. Je veux la photo de ton beau-père devant son caquelon de tripes championnes du monde ! – Promis. J’ignorais l’existence d’un tel concours international, mais j’ai réalisé que presque toutes nos charcuteries normandes affichent en devanture des premiers prix de saucisses (avec ou sans oignons), de boudin ou de pâté de tête. J’ai repensé à mon prix Paul Verlaine. Nous avons tant besoin, tous, d’être reconnus, d’être distingués. J’étais à Paris en milieu d’après-midi. Passage rapide à l’appartement. J’ai pris un verre à la Perle avec Pascale, histoire de fêter Noël et la nouvelle année. A la tienne, vieux pou ! Filé à mon rendez-vous chez le coiffeur d’où j’ai rejoint, en flânant, le restaurant où je devais retrouver Steven pour notre dîner d’adieu (il rentrait en Australie le lendemain). J’avais choisi, puisque le Bistrot de Paris battait maintenant un peu de l’aile, de l’emmener chez René, au bout du boulevard Saint-Germain. Je ne connais plus tellement de ces adresses que le temps n’a pas encore trop écorniflé. Rognon de veau à la crème pour moi, bourguignon pour lui. Nous avons vidé pas mal de bouteilles autour de la littérature, de nos projets et des années qui passent. Amélie est arrivée plus tard dans la soirée et a remis un peu d’ordre dans notre conversation babélienne. Somme toute, nous ne nous étions pas trop mal compris. Après ses entretiens (avec Angie David, Philippe Sollers, Florent Georgesco, Josyane Savigneau) et ses balades sur les traces de Dominique Aury, Steven repart avec pas mal de matériau pour son livre. Je suis content que nous ayons pu l’aider. Il m’a étouffé de grandes embrassades australiennes et nous nous sommes séparés. Il revient en France en septembre. Avec Fiona et Leo.
mercredi 20 décembre 2017
Lundi 18 décembre 2017. 20h10.
Par Xavier Houssin le mercredi 20 décembre 2017, 22:20
Grand ménage dans la maison. Je pars demain à Paris. Nous prenons le train jeudi pour Antibes. Noël en famille chez les parents d’Amélie avec Marion, Jérôme et les enfants.
Dimanche 17 décembre 2017. 21h00.
Par Xavier Houssin le mercredi 20 décembre 2017, 22:20
Grisaille. Dans le froid humide, le rosier Queen of Sweden a poussé deux boutons qui n’écloront jamais. J’ai accompagné Amélie au train du soir.
Samedi 16 décembre 2017. 23h50.
Par Xavier Houssin le mercredi 20 décembre 2017, 22:19
Je suis allé chercher Thierry Dancourt à Granville. Il était accompagné de sa femme, Nathalie, qui est illustratrice. Elle dessine pour la jeunesse et a réalisé avec lui deux intriguants albums « d’errances urbaines ». Un sur Royan, l’autre sur Paris. Après le déjeuner, je les ai emmenés en Baie, à Saint-Léonard. Cette promenade là-bas est devenue rituelle. J’y ai conduit presque tous les auteurs. A chaque fois, je les vois, les uns, les autres, saisis par l’émotion. Et je me sens fier d’être de ce pays de l’à perte de vue et des ciels sans cesse changeants. Cette fois-ci, toute une troupe d’oies bernaches a passé et repassé au loin avant de se poser en cacardant bruyamment sur l’herbu. Retour à Carolles. Il y avait une cinquantaine de personnes à la rencontre. Thierry Dancourt n’est pas spécialement du genre prolixe en public. J’ai fait ce que j'ai pu pour l’amener à se livrer un peu. Et qu’il nous guide, au mieux, dans le secret de ses livres.
Vendredi 15 décembre 2017. 23h20.
Par Xavier Houssin le mercredi 20 décembre 2017, 21:44
Marché rapide à Jullouville dans un froid glacé. Nous sommes restés près du poêle toute la journée. Amélie lisant les épreuves du dernier Silvia Avallone et moi terminant mes fiches Dancourt. Cet homme est un mystère. J’ai rarement été confronté à un telle absence de renseignements personnels. On sait juste qu’il est né en 1962 à Montmorency et qu’il a travaillé un temps comme « rédacteur indépendant ». J’ai retrouvé le portrait qu’a fait de lui Alexandre Fillon dans Livres Hebdo en 2012 et j’y ai attrapé deux ou trois informations supplémentaires. Alexandre, d’après Amélie, le connaît bien. Je me suis donc risqué à l’appeler. C’est quelqu’un de très discret, m’a-t-il répondu. Et tout ce que je savais sur lui, je me suis empressé de l’oublier. Bon. En fouillant un peu partout, j’ai encore pu grapiller de quoi étoffer (juste) un peu ma présentation. Mais quel cache-cache ! Dîner à l’auberge le soir pour les vœux du maire au conseil municipal. Laurent Beltoise avait réalisé un « menu asiatique » pour l’occasion. Coréen en fait (il a donné longtemps des cours de cuisine à Séoul et Malsook, son épouse est Coréenne). Gimbap, bulgogi, kimchi. C’était bien moins exotique pour nous (excepté Teiji et Marie-Claire rompus, eux, à la gastronomie japonaise) que pour la plupart des convives. Plutôt bon. Pour ma part, j’aurais volontiers rajouté un peu de piment frais.
Jeudi 14 décembre 2017. 22h10.
Par Xavier Houssin le mercredi 20 décembre 2017, 21:42
Pour la SNCF, la saison des feuilles mortes est terminée. Du coup, le train d’Amélie arrive à nouveau à 20h00 au lieu de 20h30. Une demi-heure, ce n’est pas rien.
Jeudi 14 décembre 2017. 17h50.
Par Xavier Houssin le mercredi 20 décembre 2017, 21:42
J’ai commencé à préparer la rencontre de samedi avec Thierry Dancourt. Repris Jeux de dame son roman de la rentrée mais aussi les trois précédents parus entre 2008 et 2012 : Hôtel de Lausanne, Jardin d’hiver et Les ombres de Marge Finally. Quelle étrange sensation lorsqu’on les lit « ensemble » de s’apercevoir à quel point ils sont reliés les uns aux autres. Labyrinthes croisés, miniscules passerelles, passages secrets. Je ne sais pas ce qu’il aura envie d’en dire.
Mercredi 13 décembre 2017. 19h40.
Par Xavier Houssin le mercredi 20 décembre 2017, 21:41
Je me suis remis au livre depuis le début de la semaine, mais je n’avance toujours pas. Pour un paragraphe écrit, je supprime une page. Je recommence encore. C’est sans fin. Je m’étais fixé fin décembre pour terminer. J’en suis tellement, tellement, tellement loin. Février ? Je n’ose plus rien imaginer quant aux dates. Plus rien me promettre. Je fais des calculs idiots. Et si je parvenais à faire 2000 signes, 3000 signes, par jour ? Là j’aurais terminé vers le… Je m’embourbe. Je suis englué de lenteur et d’hésitation. J’ai eu Nathacha au téléphone. Nova, la petite chienne cocker qu’ils avaient acheté pour Neela venait juste d’arriver du chenil. J’ai senti une légère panique. Et chez toi, La Harpe a été propre au bout de combien de temps ? J’avoue que je ne me souviens plus. J’ai vu des photos. Neela est aux anges.
lundi 11 décembre 2017
Dimanche 10 décembre 2017. 22h50.
Par Xavier Houssin le lundi 11 décembre 2017, 16:08
Quel vent ! Sur la grève, l’écume faisait des paquets de mousse après lesquels courait La Harpe (What a fantastic dog !). Jolie promenade jusqu’à Jullouville avec le retour par l’ancienne voie de chemin de fer. Après-midi studieuse pour Steven qui terminait le déchiffrage de la biographie, en français, de Dominique Aury par Angie David. 560 pages. Je l’admire. Il a rendez-vous avec elle demain matin. Je suis redescendu à la plage chercher des galets (pas trop grands, pas trop petits) pour Louise qui en a besoin pour confectionner des cadeaux de Noël. J’espère que ça lui conviendra. Amélie et Steven rentraient à Paris par le même train. La pluie est tombée toute la soirée.
Samedi 9 décembre 2017. 23h00.
Par Xavier Houssin le lundi 11 décembre 2017, 16:07
Le marché avec Steven à Granville. Il achèterait tout. Et, de fait, dès qu’il s’échappe un peu, il revient avec quelque chose. Du pâté de campagne, des amandes salées, des huîtres. Il lorgne sur le calvados et s’arrête longuement devant les fromages de Flavie et François. Comme ils ont vécu deux ans en Australie, ils lui font un brin de causette. What a fantastic market ! Fantastic revient sans cesse dans sa bouche. Fantastique, magnifique, extraordinaire, formidable. Tout cela tient pour lui en un seul mot qu’il répète à l’envi. Il faut dire que si Amélie et lui se comprennent sans souci, converser avec moi est plus compliqué. Il y a belle lurette que j’ai balancé ma grammaire anglaise aux orties. Je mélange les temps des verbes et des pans entiers de mon vocabulaire se sont effondrés. Aussi nous nous contentons de l’essentiel. Fantastic ! Great ! J’ai fait de mon mieux cependant dans l’après-midi pour le guider sur les traces de Dominique Aury à Avranches. Pas eu de nouvelles (j’allais dire : bien sûr…) du « maire-historien ». Je me suis donc concentré sur les éléments biographiques en ma possession et j’ai aussi compté sur la chance. La Butte est un ancien hameau du Val-Saint-Père à un jet de pierre du Jardin des plantes et de l’église Notre-Dame-des-Champs. Nous avons marché, regardant les maisons, hésitant sur telle ou telle, avant que j’aperçoive une grande bâtisse abandonnée, fin XVIIIe, début XIXe, à moitié cachée par la végétation. S’il existait là une propriété ayant appartenu à Charles de Montalembert, ce ne pouvait être qu’elle. L’endroit offrait un incroyable panorama sur la Baie. Nous nous sommes tus, pris dans une étrange harmonie. Mais, hélas, salissant le silence, montait d’en bas (pourtant loin) l’incessant grondement des voitures passant sur la quatre-voies. Un tour à Notre-Dame, balade choisie dans le vieil Avranches. Les ruelles étroites, le château, la statue de Valhubert. Je me suis aidé des Beatles pour lui expliquer : Nothing has changed/ It’s still the same…
Vendredi 8 décembre 2017. 23h50.
Par Xavier Houssin le lundi 11 décembre 2017, 16:05
Récupéré Steven à la gare de Granville. Chargé de toute sa littérature sur Dominique Aury et d’une bouteille de champagne.
Jeudi 7 décembre 2017. 22h40.
Par Xavier Houssin le lundi 11 décembre 2017, 16:04
Il y a des mois maintenant que, pour le dîner du jeudi, je prépare un tartare de poisson pour Amélie.. Je ne sais plus comment elle en a eu l’envie, mais rituellement, je m’efforce à chaque fois d’en inventer un différent. Il y a eu du thon rouge, du saumon, du maquereau, du bar, du rouget, de la dorade, des saint-jacques. J’y ai ajouté des crevettes grises ou du haddock, du flétan fumé, des œufs de saumon. Bien sûr de l’ail ou de l’oignon, du persil, de la coriandre, de la citronnelle, du gingembre, des piments, de la pomme verte. Et puis citron vert ou citron jaune. Huile d’olive. Aujourd’hui, c’était du bar de ligne, acheté au poissonnier du port de Granville, le seul qui sache lever les filets sans y abandonner un paillasson d’arêtes. Virginie de passage à Paris ces jours-ci avait donné à Amélie mercredi un bon kilo de lemoncitos du Mexique et un pot de salsa verde préparée par Carmella. Je n’avais donc qu’une base très simple à réaliser pour faire place à ces deux (exceptionnels) ingrédients. Incroyable salsa verde (tomatillos, citrons, piments habaneros et j’en passe). Quelle explosion !
Mercredi 6 décembre 2017. 19h20.
Par Xavier Houssin le lundi 11 décembre 2017, 16:02
J’ai regardé ce qui me reste en banque : pas grand chose. Virement du Monde pour le mois de novembre : 241, 69 €. A ce train-là, il n’y aura bientôt plus rien.
mercredi 6 décembre 2017
Mardi 5 décembre 2017. 21h10.
Par Xavier Houssin le mercredi 6 décembre 2017, 16:10
J’ai voulu préparer un peu le « jeu de piste » Dominique Aury pour le séjour de Steven. J’avais noté, mais je finis par ne plus savoir d'où, qu’elle avait passé les dix premières années de sa vie à Avranches et plus particulièrement à Saint-Senier-sous-Avranches (maintenant un faubourg), chez sa grand-mère paternelle, laquelle habitait une maison autrefois propriété de l’écrivain catholique libéral (et académicien) Charles de Montalembert. Je me suis mis en quête. Appelé Sophie pour avoir les coordonnées de l’ancien directeur de Avranches FM. Il habitait, je croyais, Saint-Senier et était passionné de vie locale. Au téléphone, il a été plutôt évasif. Et m’a renvoyé vers David Nicolas l’actuel maire d’Avranches, historien, et qui a été longtemps en charge du patrimoine historique et culturel de la ville. Son numéro de téléphone ? – Je vous donne le standard de la mairie. Je préfère qu'il vous donne ses coordonnées personnelles lui-même. Ah, ça... J’ai préféré envoyer un courriel. Pouvez-vous m'aider, ou me guider vers qui, selon vous, serait susceptible de me donner des renseignements ? J’attends maintenant la réponse. Entre temps, j’ai avancé. Un peu. Dans sa biographie de Dominique Aury, Angie David écrit : La maison de sa grand-mère n'est pas à Avranches même, mais dans un petit village à côté, La Butte, dans la commune de Val-Saint-Clair. Maison ayant appartenu à Montalembert, qui domine la baie du Mont-Saint- Michel. Plutôt que « Val-Saint-Clair », c’est du Val-Saint-Père dont il s’agit (aujourd’hui également un faubourg). Et il se trouve bien là-bas un lieu appellé La Butte, d'où l'on peut voir la Baie. Reste à trouver la maison.
Lundi 4 décembre 2017. 20h40.
Par Xavier Houssin le mercredi 6 décembre 2017, 16:06
Wagon bondé ce matin. Hier, un (nouveau) « problème de signalisation » avait bloqué la gare Montparnasse. Les naufragés de la veille s’étaient rués sur le premier train. Je suis passé chercher la chienne tout de suite en arrivant. Je l’ai récupérée noire de boue. A croire qu’elle avait passé quatre jours à se bauger dans les mares. Elle a bien profité des copains et des galopades dans les champs, m’a dit Eléonore. Ca se voyait. J’ai pourtant essayé de vous la garder propre, a-t-elle ajouté devant mon air effaré. Les copains et les galopades l’avaient en tout cas épuisée. A la plage, où je l’avais emmenée pour une balade, elle n’a pas couru comme à son habitude. N’a pas mangé. Je l’ai étrillée sous la douche. Et elle est allée se sécher auprès du feu. S’est endormie sans demander son reste.
mardi 5 décembre 2017
Dimanche 3 décembre 2017. 22h30.
Par Xavier Houssin le mardi 5 décembre 2017, 23:55
Je me repassais la soirée d’hier. Théâtre, restaurant de fin de spectacle. Nous avions été prendre un verre avant. Louise était ravie. Enthousiaste même. Et moi aussi, je l’étais de son bonheur simple de l’instant. De sa joie de vivre de gamine qui emportait ma vieille âme d’aujourd’hui. C’est ma fête, celle de mon saint patron, François-Xavier. Lorsque je pense à lui, je me retrouve il y a deux ans à Tepotzotlán, à une cinquantaine de kilomètres au nord de Mexico, comme nous revenions avec Virginie, Marcus et les filles, d’un petit périple dans les villes coloniales. L’église qui porte son nom, et le couvent attenant, ont été transformés en musée d’art religieux. Il trône, mon saint, au centre des grands retables, doré dans les dorures. Baroque. Lumineux. Nous sommes au premier jour de l’Avent, puisse-t-il éclairer mon chemin. Steven est arrivé à Paris hier. Il est passé à la maison prendre un verre avant que nous allions dîner dans un bistrot, rue Decrès. Je baragouine, lui aussi. Amélie nous traduit. Nous sommes contents de nous retrouver. Et comment va Fiona ? Et Leo ? Je lui ai donné tous les livres et la documentation pour ses recherches sur Dominique Aury. Reprécisé ses rendez-vous : Angie David, Philippe Sollers, Florent Georgesco, Josyane Savigneau… Il viendra à Carolles le week-end prochain pour un Aury Tour Normand. Elle a en effet grandi à Saint-Senier-sous-Avranches. Cela tombe plutôt bien, non ?
Dimanche 3 décembre 2017. 1h40.
Par Xavier Houssin le mardi 5 décembre 2017, 23:54
Levés tard. Nous avons fait quelques courses rue Daguerre. Déjeuné tard aussi. Traîné en début d’après-midi. Nous sommes passés chercher Louise (toujours à pied) rue de Chambéry. Il y a déjà un moment que j’avais pris des places pour le Tartuffe, avec Michel Bouquet, au théâtre de la Porte Saint-Martin. En l’absence de Bourgeois gentilhomme (elle avait très envie de voir la pièce), je m’étais rabattu sur ce spectacle moins évident, peut-être, pour elle. Mais, tu verras, Bouquet est un très grand acteur. Un très vieil acteur de fait. ll a quatre-vingt-douze ans. Pourvu qu’il ne meure pas en scène !, pouffait Louise. La salle était pleine. Derrière nous, un couple d’imbéciles, poussait de tonitruants soupirs, à chaque fois que Louise, à l’oreille, me chuchotait : Qui c’est lui ? – Orgon. - Et lui ? – Valère, l’amoureux de Marianne. La mise en scène, il faut le reconnaitre, était un peu confuse et le jeu des acteurs un rien… excessif. Tout était tourné vers Bouquet, porté, soutenu, et assez admirable. C’est dansTartuffe (il y jouait Damis) qu’il avait eu son premier rôle en 1944. Comment ne pas y penser ?
Vendredi 1er décembre 2017. 23h00.
Par Xavier Houssin le mardi 5 décembre 2017, 23:52
J’ai déjeuné avec Josyane au Tournon. Déjeuner bienvenu après notre récent malentendu. Elle voit mon Australien mi-décembre à propos de Dominique Aury et du Femina. Nous avons parlé des Lettres de Claudel à Ysé, de celles de Sollers à Dominique Rollin, de la correspondance en général. Et de mille autres choses. Pas osé compter les années où nous nous sommes perdus de vue. C’étaient de vraies retrouvailles. Pris un café avec Karine au Select. J’y ai croisé Isabelle Gallimard, Sabine, Caroline et Raphaëlle qui m’a rassuré en deux mots à propos de mes propositions de janvier. J’entendais Amélie en Jiminy Cricket : Tu vois que tu devrais prendre des rendez-vous plus souvent ! Elle m’a rejoint à la Perle où j’étais avec Pascale. Dîner tous les deux dans un restaurant savoyard infâme de la rue Grégoire-de-Tours (notre envie de fondue –il faisait froid- nous avait ôté toute prudence). Rentrés pedibus cum jambis. Qu’est-ce que je marche depuis que je suis à Paris.
Jeudi 30 novembre 2017. 22h40.
Par Xavier Houssin le mardi 5 décembre 2017, 23:50
C’était mon jour. Mon quart d’heure de célébrité puisqu’aujourd’hui, on me remettait à l’Académie française le prix Paul Verlaine pour L’herbier des rayons. Je n’étais pas le seul, certes, à être distingué. Nous nous trouvions une bonne soixantaine d’impétrants à nous partager l’ensemble du palmarès. Et parmi eux Nathacha qui recevait le prix Anna de Noailles pour son Tropique de la violence et Isabelle, le prix Amic pour Une allure folle. Litanie de louanges. On se lève, on écoute l’air modeste et compassé. Ce petit livre aussi précieux que le ciel par-dessus le toit compte trente-six jours et trente-six poèmes, du cœur de l’hiver au début du printemps. À chaque poème correspond la planche d’un herbier et le nom de la rue où la plante fut cueillie. Une suite mémorable de « petites particules de souvenirs épars »., a dit Michael Edwards. Moi qui ai tant besoin de reconnaissance, je dois l’avouer, ça m’a vraiment fait quelque chose. Tant pis pour ceux qui raillent. Au fond, je ne suis pas si désabusé. Amélie était venue me retrouver pour déjeuner à la Palette juste avant la séance. Elle aura été assise tout le temps à mes côtés. Nicole et Pascale étaient là aussi. J’étais bien entouré sous la Coupole. L’endroit était tel que je me l’étais imaginé. Sauf dans certains détails. Je ne savais pas que, maintenant, par exemple, les fauteuils des académiciens (certes en velours vert, larges et confortables) étaient des sièges à assise repliable, comme au théâtre et au cinéma. Pas non plus qu’on avait accroché de grands écrans plats sur les murs. Mon Dieu même là… La séance s’est continuée avec des discours académiques. J’ai surtout retenu celui d’Hélène Carrère d’Encausse à propos de d’Alembert, dont on allait célébrer, mi-décembre, le tricentenaire de la naissance. Rien à dire sur « l’éloge » en lui même. Mais à plusieurs reprises, Mme le secrétaire perpétuel a cité La Harpe, confrère à l’Académie de d’Alembert à l'époque. Pour en dire quoi ? Qu’il était mauvaise langue. Qu’il était ingrat et malveillant. Qu’il se répandait en propos venimeux. Pauvre cher La Harpe. J’étais à la fois content d’entrendre son nom dans ce lieu et aussi si tristement navré. Je repensais à cette phrase de Collé, son contemporain : Il faut que M. de la Harpe ait un secret particulier pour se faire plus d’ennemis qu’un autre. Ca perdure, plus de deux cents ans après sa mort, et en méconnaissance totale de sa biographie. Dommage.
« billets précédents - page 30 de 137 - billets suivants »
