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samedi 6 août 2011

Samedi 6 août 2011. 22h00.

Amélie a emmené Jean-Pascal de bonne heure au marché à Granville. Je suis resté à tourner dans mon découragement. Rien ne vient. Le temps passe. La moindre contrariété, la moindre déception me met à bas. J’ai du mal. Vraiment. Je n’emmènerai pas Amélie à Venise en train de nuit, en octobre, pour son anniversaire. Cela faisait une bonne semaine que j’essayais de retenir les billets à la SNCF. A chaque fois l’employé me disait que la location n’était toujours pas ouverte. Qu’il fallait repasser. Je suis tombé, hier, au guichet de Granville sur une jeune femme que cela a intrigué. En fait, il y a des travaux sur la ligne juste aux dates où je voulais réserver. J’imaginais déjà l’arrivée au matin sur la lagune. Et nos premiers pas, en sortant de la gare, sur la fondamenta Santa-Lucia. Je l’ai dit à Amélie. Ca devait être une surprise. Ce n’est pas grave. Une autre fois. Tant pis. Et puis nous irons ailleurs. Elle a raison. N’empêche… J’ai repris mes notes pour mon papier sur Céline Minard que je dois rendre ces jours-ci au Monde. Pas beaucoup avancé. Tu ne peux pas rester comme ça. Elle m’a embarqué à la plage. Il n’y avait plus grand monde. Un vent frais se levait balayant les nuages qui avaient accompagné la journée. Marché les pieds dans l’eau. Merci. Sans toi, tu sais…

Vendredi 5 août 2011. 21h50.

Nous sommes partis sous la pluie battante. Chargé le coffre du taxi de valises et de sacs. Nous emportons des livres, des papiers, une foule de choses à faire avant la fin de l’été. Dieu sait que j’ai du travail. Vais-je parvenir à secouer mes lenteurs… Granville était sous le ciel gris. Nous avons déjeuné (mal, mais ça c’était couru) au Grand aigle, un restaurant de chaîne qui est au buffet asiatique ce que Buffalo Gril est au barbecue et qui vient d’ouvrir à la sortie de la ville. Quelques courses rapides. Nous sommes passés voir Georgette en arrivant à Carolles. Elle est à nouveau faible. Elle a du mal à respirer. Depuis la printemps, sa santé suit la météo. Dépressions et éclaircies. J’attends le médecin tout à l’heure. Ouvert la maison. J’ai fait le tour du jardin. M. Mitaillé a taillé les haies, nettoyé les plates-bandes. Tout a reverdi. La terre est gorgée d’eau. Les pas s’y enfoncent presque. Et les rosiers ont du mal à remonter. Pas une fleur aux Etoile de Hollande, aux Cécile Brunner. Quelques unes, rares, sur le Munstead wood et le Generous gardener. Les étourneaux ont envahi les branches du figuier. Il attaquent allègrement les fruits à peine mûrs. On les sent vraiment chez eux. Pour qu’ils se dérangent, il faut vraiment être au pied de l’arbre. Ils s’en arrachent en pisotant dans un grand fracas d’ailes. Nouvelle visite à Georgette. Bah, j’ai comme d’habitude. Aller-retour à la pharmacie de Jullouville pour ses médicaments. En rentrant, nous avons été dire bonjour à Jean-Pascal, route de la Mazurie. Tout est gentiment bouleversé chez lui en ce moment. Il héberge depuis quelques jours un guitariste bolivien, venu pour les « Moments musicaux » et sa fille de quatre ans (Cassiopeia ?). La maison vit à l’heure latino-américaine, ce qui n’a pas l’air de dérouter beaucoup sa maman, Simone, toujours de bonne composition. Agathe est partie loger chez les parents ou les grands-parents d’une amie, un peu plus loin. Martine le rejoint ce soir. Dîner avec les œufs de Marie-Thérèse. Nous étions fatigués. Pas vu la mer.

vendredi 5 août 2011

Jeudi 4 août 2011. 23h50.

Amélie m’attendait au bout du quai, gare de l’Est.

jeudi 4 août 2011

Jeudi 4 août 2011. 22h30.

Voiture de location. J’ai pas mal cafouillé pour trouver le chemin jusqu’à Beurnevésin. Dans ce village frontière du Jura suisse, Jean-Claude Pirotte habite la maison située juste devant le poste de douane. J’hésitais pour l’entrée. De la fenêtre, Sylvie Doizelet, sa compagne a agité la main. Je suis content de te revoir. Nous avons parlé deux heures à la table de la cuisine en buvant du café. Il ne va pas bien Pirotte. Il est même très malade. Quelle infecte injustice. C'est tout-à-fait le début de la vie, le commencement, la genèse, écrivait-il il y a dix ans, au moment de sa soixantaine, comme il venait de rencontrer Sylvie. Nous avons remonté les années, reficelé les instants. Je vais avoir du mal à rédiger ce portrait. Je me sens près de ses inquiétudes, comme je me suis senti près à chaque fois de ses textes. Je te lirai le papier au téléphone. Tellement peur de froisser un mot, d’en mettre un à-côté. On s’est embrassés. Il m’a raccompagné jusqu’au bord de la route.

Jeudi 4 août 2011. 20h30.

Il m’a toujours semblé que les hasards me faisaient comme un signe. Des balises de rien. Une rencontre, un objet perdu et retrouvé, une vieille photo, une page qui s’ouvre dans un livre. Ou des mots qui résonnent. Des lieux qui se découvrent abruptement familiers. Sous cette pluie d’indices, je ne dois mes détours qu’à mes cécités, mes sottises, mes obstinations. Je n’ai pas vu. Pas compris. Ou pas voulu comprendre. Ou je n’étais pas prêt. Ce matin, je remettais au propre mes questions à Jean-Claude Pirotte quand une heure et demie environ après le départ de Paris, le train a freiné doucement jusqu’à presque arrêter. J’ai levé le nez de mes notes. Nous étions juste au passage à niveau de Pont-sur-Seine. A gauche, dans une lenteur de rêve, j’ai reconnu le canal, la passerelle, la rue principale, le clocher de l’église. Et de l’autre côté l’entrée du château et puis la cartonnerie. Un convoi nous a croisé faisant trembler les fenêtres. Nous avons repris notre allure à peine il était passé. Je suis allé souvent pendant vingt ans de ma vie dans ce village de l’Aube. Quand Marie grandissait. J’en garde des secrets et une douceur sourde dont je ne sais pas parler. Je n’ai pas réussi à me remettre au travail. En arrivant à Belfort, un long moment après, inexplicablement, quelque chose en moi s’était réconcilié. Qui sait...

Mercredi 3 août 2011. 22h10.

Réveil tôt. Douche discrète pour ne pas réveiller Virginie. Emmanuel nous a fait signe de la terrasse. On roule à 6h00… Vous prenez un café ? Camille a passé son nez à la porte de la cuisine. Hier soir, nous lui avions promis d’aller l’embrasser avant de partir. Tu penses vraiment qu’on aurait oublié ? Le jour se levait sur les collines. J’ai senti comme en enfance cette morsure de poitrine des départs de chez mes grands-parents. De la fin des vacances. Partir, c’est mourir un peu, me répétait ma mère. Je croyais qu’il s’agissait d’un proverbe. Ce n’est que bien plus tard que j’ai lu Le rondel de l’adieu, le poème d’Edmond Haraucourt. Je me le récite souvent, depuis, dans la tête.

Partir, c'est mourir un peu,/ C'est mourir à ce qu'on aime:/ On laisse un peu de soi-même/ En toute heure et dans tout lieu./

C'est toujours le deuil d'un vœu,/ Le dernier vers d'un poème ;/ Partir, c'est mourir un peu.

Et l'on part, et c'est un jeu,/ Et jusqu'à l'adieu suprême/ C'est son âme que l'on sème,/ Que l'on sème à chaque adieu.../ Partir, c'est mourir un peu.

Brèves embrassades à la gare de Cannes. Amélie a dormi dans le train. Nous étions à Paris vers midi. La journée s’est installée en parenthèses. Nous avons déjeuné chez le Grec de la rue Daguerre. Courses. Rangements. J’ai relu Place des Savanes de Jean-Claude Pirotte. Je le rencontre demain, à la frontière suisse, près de Belfort, pour un portrait dans un des numéros de rentrée du Monde. Nous nous étions écrit au moment de la sortie de mon anthologie poétique de Cayrol. Sinon, juste croisés quelquefois. Je ne voulais pas rater cette occasion de lui parler.

mercredi 3 août 2011

Mardi 2 août 2011. 23h45.

Virginie avait réservé des places pour la représentation du cirque Grüss, le soir, à Cabris. Des années et des années que je n’étais pas allé sous un chapiteau. Les trapézistes, les acrobates, les jongleurs. Les tigres et le dompteur. Il y avait aussi un époustouflant numéro, un effrayant ballet de huit motos tournant à toute vitesse dans une sphère métallique d’à-peine sept mètres de diamètre. Se frôlant sans cesse. Mais j'ai trouvé que le spectacle était surtout dans la salle. Ah, les yeux de Victoria…

Mardi 2 août 2011. 17h00.

C’était notre dernière journée ici. Rien vu passer de ce séjour. J’allais dire : comme d’habitude. Car nous avons vécu au rythme des enfants, dans l’enchaînement des déjeuners, des dîners. Du partage simple, des éclats de rire. Mais j’ai eu le sentiment, cette fois-ci, qu’à aucun moment nous ne nous sommes « posés ». Difficile de caser un moment calme, des confidences. C’est que nous étions nombreux. Nous reverrons Marion et Jérôme à Paris tout au long de l’année. Virginie et Marcus viendront bientôt à Carolles. Claire et Emmanuel nous ont promis d’y faire un saut à l’automne. Nous allons sans doute pouvoir nous rattrapper. Parler un peu d’Apolline qu’on attend. De la sixième de Camille. Et de nous. De chacun. Juste prendre le temps… Hier, la maison était au calme. Gabrielle gazouillait dans son relax. Emmanuel s’était installé en face d’elle. Il la regardait. Pas besoin d’être devin pour rejoindre les marges de sa rêverie. Allons, bien des choses aussi se disent dans le silence.

Lundi 1er août 2011. 21h00.

Nouvelle séance chez le kiné. Depuis quelques jours mon pied me fait mal. Différement. J’ai l’impression qu’on m’écrase les orteils à coups de marteau. Vous pensez que c’est normal ? – Oh, ça devrait passer…

Lundi 1er août 2011. 15h00.

Virginie, Camille, Victoria et Valentine, Marion et Jérôme, Edouard et ses enfants. Tous sont partis de bonne heure au Marineland d’Antibes pour voir les acrobaties des dauphins et des orques. Je ne suis pas fou des parcs d’attraction, ni de ce genre de spectacles. Je me suis dit que peut être les filles auront la chance d’apercevoir d’autres dauphins, de la plage, quand elles viendront à Carolles à la fin du mois. Amélie m’a emmené faire un tour à Nice. Nous nous sommes baladés la matinée dans les ruelles de la vieille ville. Visité la cathédrale Sainte-Réparate. Flâné un peu sur le marché aux antiquaires du cours Saleya. Claire et Emmanuel nous attendaient pour le déjeuner. Des crudités fraîches. Un reste d’aïoli. Nous avions rapporté une salade de museau transparente, une belle tranche de porchetta. Vin rosé. Nous nous sommes mis à table tous les quatre sur le terrasse.

Dimanche 31 juillet 2011. 21h20.

Nous sommes tous dévorés par les moustiques. Des piqûres par dizaines. Il s’agit de moustiques-tigres (Aedes albopictus). Une espèce particulièrement agressive originaire d’Asie du sud-est et qui a vraiment envahi la région cette année. Il n’y a pas grand chose à faire contre ces nouveaux venus que la classique citronelle n’impressionne pas du tout et qui se révèlent remarquablement résistants aux insecticides. Ils sévissent de jour comme de nuit et au rythme où ils m’attaquent, je ne serai bientôt plus qu’une immense démangeaison. Balade avec Amélie dans le village de Chateauneuf. A part quelques chats allongés au soleil sur les murets et le pas des portes, nous n’y avons croisé personne. Marcus est reparti ce midi. Le vol de Nice à Paris, puis celui de Mexico. Il rejoindra sa petite famille dans une quinzaine de jours. Camille et Valentine étaient du trajet jusqu’à l’aéroport. Pas Victoria. Tellement sensible celle-là sous ses rires et ses airs de bravache. Elle avait préféré couper court à la séparation.

Dimanche 31 juillet 2011. 3h15.

La grand-mère d’Amélie, une ribambelle de ses oncles et tantes. De ses cousins. Les parents de Marion, ses frères et sœurs. Tous les enfants, les joues pleines de bonbons. Je m’y suis fait à ces réunions de famille que je redoutais tant. J’y prends même plaisir d’une certaine façon. Il n’aura fallu finalement que quelques années pour estomper le malaise des noces et banquets que je traînais depuis l’enfance. L’angoisse de ne savoir jamais quoi dire. Le sentiment de pas être à sa place. Peut-être est-ce parce qu’enfin, un rien, je me sens à ma place.

Samedi 30 juillet 2011. 23h50.

Gabrielle a été baptisée à 9h00 dans la petite église Saint-Laurent de Magagnosc. Elle dormait lorsque le prêtre lui a versé un bon demi litre d’eau sur le front. Le réveil a été un peu brutal, mais elle a juste poussé un petit cri de surprise. Heureuse nature. Il en faut visiblement bien davantage pour la perturber. Quelle drôle d’idée toutefois que de vouloir noyer ce bébé sous un pareil flot. Pour justifier son geste, un tantinet spectaculaire, l’abbé a rappellé dans son prêche que le verbe baptiser venait du grec ancien βαπτίζω (plonger, baigner, mouiller…). Bah. On le sentait, le cher homme, assez enclin a jouer au père La Science. Il n’a pas pu s’empêcher de faire passer à Camille (parfaite marraine), un court examen de catéchisme au moment où l’on enfilait à Gabrielle la robe blanche de baptême. Quel est le sacrement qui nous permet de laver notre âme des taches du péché ? Je ne suis pas convaincu du parfait à-propos de ces histoires de lessive… Café et viennoiseries aux Margouillats. Le vrai buffet était prévu le soir. Chacun, sans trop en parler, guettait la progression des nuages au-dessus des collines. Tiendra ? Tiendra pas ? Nous avons installé les tables en fin d’après-midi. Le gris est resté en suspend, mais pas une goutte n’a mouillé la fête.

Vendredi 29 juillet 2011. 23h30.

Aujourd’hui, nous fêtions un anniversaire de plus Amélie et moi. Une de nos nombreuses premières fois dont le souvenir est tout intact. Cela a été si vite depuis notre rencontre. Nous avons avancé à gué d’imperceptibles moments. Il ne se passe pas un jour sans que je ne me sente empli de gratitude envers la providence qui nous a fait nous rencontrer. J’ai aidé Virginie à confectionner les petits bouquets pour les tables du dîner de baptême. Sept brins de lavande, un brin d’olivier. En rentrant de mon rendez-vous chez le kiné à Pré-du Lac (ces séances de « vacances » ne me servent pas, je crois, à grand chose), nous sommes allés marcher un peu… dans Grasse. Je suis loin d’être prêt, en effet, pour les promenades dans l’arrière-pays. Trouvé chez Fragonard, un petit cadeau pour le mariage (en avril !) de Clémentine et Ismael. Le soir nous dînions tous au Capriccio, la pizzeria de Chateauneuf. Grande tablée, volée d’enfants. En plus de Camille, Victoria et Valentine, il y avait ceux de Laurie et de Gilles, le frère de Marion. Ceux de Juliette, sa sœur, et d’Edouard. Victor, Philippe, Elise, Myrtille, Céleste, Romain… Dans sa poussette, Gabrielle dormait à poings fermés, parfaitement indifférente au brouhaha des conversations et aux cris de ses cousins.

Jeudi 28 Juillet 2011. 22h45.

Promenade dans Grasse avec les filles. Traîné place aux Aires et dans les ruelles. Acheté des cartes postales. J’ai à peine commencé à les écrire. Il y en avait trop. Ou pas assez. L’indécision emporte tout en ce moment. Jusqu’aux plus minuscules des choses. Nous avons laissé couler la journée en attendant l’arrivée de Marion qui venait d’Annecy avec ses parents. La voiture a franchi le portail en fin d’après-midi. Comme Gabrielle a changé en si peu de temps… Claire et Emmanuel avaient préparé un dîner « des familles ». Magrets de canard et gratin dauphinois. Retrouvailles hachées. A trop parler plus personne ne s’entend. Dehors c’était bruine et brume à nouveau. Mauvais augure. Quelqu’un a dit : Ca risque bien de durer.

jeudi 28 juillet 2011

Mercredi 27 juillet 2011. 22h50.

Victoria a capturé pour moi un petit névroptère au corps brun, rayé. J’ai mis du temps à l’identifier. Il s’agit vraisemblablement d’une chrysope de Rossi (Italochrysa italica), fréquente près des chênes lièges et des oliviers. Nous sommes juste sortis faire des courses. La pluie est tombée en rideau toute la journée. Ciel plombé. Pas la moindre éclaircie. Jérôme se dévore de souci pour le baptême de Gabrielle samedi. Si ça devait s'installer… Jeux de société avec les petites. Lynx, Time’s Up, Monopoly. Virginie et Marcus s’étaient chargés du dîner. Un carré d’agneau fondant aux haricots verts. Deux belles bouteilles de margaux. Le ciel s’est levé. Des pans d’étoiles sont apparus au milieu des nuages. Non, c’est sûr, le mauvais temps ne va pas durer.

Mardi 26 juillet 2011. 23h10.

Amélie s’est réveillée en sursaut à 5h00. Je n’ai pas entendu la sonnerie. Nous avons raté le train ! Cauchemar de départs. Mais nous sommes arrivés comme prévu (à l’avance...) à la gare. Et le trajet a filé vite. Lu le journal, pris quelques notes sur les livres de rentrée. A peine rêvassé. Nous étions déjà dans l’Esterel... Emmanuel attendait à Antibes avec Camille. Nous sommes passés chercher Jérôme à l’aéroport de Nice. Un rien plus tard nous étions aux Margouillats. Retrouvé Claire et Virginie et Marcus et Victoria et Valentine. Quelque chose d’imperceptible s’est relâché dans moi. L’après-midi, nous avons été faire un tour à Valbonne. Au magasin de jouets, j’ai acheté des bricoles pour les filles. Envie de me fondre dans leurs rires, dans leur été. Quelques gouttes sont tombées sur le chemin du retour. Mais non, ça ne va pas durer.

mardi 26 juillet 2011

Lundi 25 juillet 2011. 22h20.

Le train était déjà plein au départ de Granville. A Argentan, les gens ont commencé à s’installer comme ils pouvaient, assis dans le couloir, sur les accoudoirs des sièges. Epouvantables voyages. C’est la règle sur cette ligne. Et on s’estime contents juste de partir et d’arriver à l’heure. Amélie est partie déposer les affaires à la maison. Nous nous sommes retrouvés rue Monge au salon de coiffure de Muriel. Coupes d’été. Nous avons déjeuné, lasagnes et roquette, chez le petit traiteur italien de la place Maubert. J’avais rendez-vous avec Sylvie Gracia qui m’avait adressé un message hier au sujet de mon projet autour d’Alice racontée aux enfants d’aujourd’hui. On pourrait prendre un café… Je suis allée la voir à son bureau de la rue Séguier. Lui ai parlé en vrac de tous mes idées « jeunesse ». On se reverra en septembre. Nous sommes restés un bon moment ensemble. Comme elle me raccompagnait, j’ai vu traversant le jardin deux tortues avancer à ras d’herbes. Oh, elles sont là depuis toujours. S’enfouissent l’hiver, se réveillent aux beaux jours. Des tortues terrestres (Agrionemys horsfieldii ?) en plein Paris. Il y a de quoi rêver… Amélie m’attendait au salon de thé, à l’étage de Mariage frères. Je t’offre un verre au J’Go. Nous n’y étions pas retournés depuis le début de l’année. Christophe était content de nous revoir. A nous ! Il y a deux ans, l’abbé Dukiel nous bénissait dans la chapelle Saint-Jean d’Antibes. C’était notre anniversaire aujourd’hui. Belle journée…

lundi 25 juillet 2011

Dimanche 24 juillet 2011. 22h00.

Nous avons reçu Martine et Jean-Pascal à déjeuner. Avec Agathe et Mathilde, une copine du même âge restée chez eux en vacances pour la semaine. J’avais préparé des filets de maquereaux marinés, Amélie, des tourteaux en salade. Eux étaient venus avec des queues de lotte rôties au lard. Nous avons fait un des ces repas de dimanche qui durent longtemps. Après-midi en traîne. Les petites avaient installé le hamac au bout du jardin. Nous avons décidé de pousser une promenade jusqu’au potager. Des mois qu’il est en jachère. Les carrés, les allées, sont envahis d’herbes hautes. Les artichauts et les cardons sont montés en fleurs. Je t’assure qu’il ne faut pas beaucoup de temps pour remettre tout cela en état, a dit Jean-Pascal. Ca nous a redonné espoir. Il a raison d’ailleurs. Le sol est meuble. Les grandes adventices, renouées, séneçons, s’enlèvent sans effort. On viendra vous aider en août ! C’est vrai que nous pourrions partager le terrain, les plantations. Agathe et Mathilde avaient trouvé des pieds de pommes de terre enfouis sous le cruau. Des bleues d’Auvergne, des vitelottes, des rattes. Elles en ont déterré un plein cageot. Agathe imaginait ses futures récoltes. Cela a fait glisser un peu son cafard de fin de journée. Ce soir Martine rentre à Caen. Elle raccompagne Mathilde chez ses parents. Les deux amies ne sont pas près de se revoir. Mathide habitera Lyon à la rentrée prochaine. Nous avons allés embrasser Georgette. On se revoit dans une semaine. Le malaise d’hier n’est plus qu’un souvenir. Quand je vous disais que je savais ce que j’avais…

dimanche 24 juillet 2011

Samedi 23 juillet 2011. 23h45.

Georgette va mal. Comme Amélie lui téléphonait pour lui annoncer qu’elle allait passer lui apporter ce qu’elle avait acheté pour elle au marché de Granville, elle a juste dit Je ne veux rien, plus rien. Je suis allé chez elle en fin de matinée. Elle était toujours couchée, recroquevillée dans son lit. Mal au ventre. Coralie la petite aide ménagère avait appelé la généraliste. Je reviens tout à l’heure… Lorsque nous sommes repassés, vers les 13h00, elle se sentait déjà mieux. J’ai vu le médecin, mais je savais ce que j’avais… Nous lui avons laissé du jambon, du beurre, du fromage des abricots. Ne vous inquiétez pas. J’ai lu tout l’après-midi. Nous étions invités au restaurant par Nelly et Charles. Une soirée remise de nombreuses fois, toujours à cause de ma jambe. Nelly est venue nous chercher après la fermeture du magasin. Nous avons suivi sa voiture jusque chez eux à Quettreville-sur-Sienne. Il habitent une belle bâtisse rurale XIXe qu’ils ont entièrement refaite, il y a maintenant longtemps. Visite de la maison flanqués d’un gros saint-bernard craintif et d’un affectueux king charles. Ils nous ont emmenés à Trelly, dans une petite auberge cachée dans le bocage, tenue par un couple d’Anglais. Ca été une soirée douce, tranquille. A bavarder de rien. J’ai aimé cet endroit. A la fin du repas, le chat des propriétaires a sauté sur mes genoux. Tout noir, à poil ras. S’est mis à ronronner.

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