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samedi 17 octobre 2009

Lundi 12 octobre 2009. 22h00.

Nuit noire des petits matins sur le quai à Granville. Le train est parti avec une demi-heure de retard. Amélie commençait à s’inquiéter pour ses rendez-vous. Le soleil ne s’est levé que vers Argentan. J’ai déjeuné avec Claude au Chais de l’abbaye. Pourquoi ne se voit-on pas plus souvent ? Nous avons beaucoup de connivences. De l’enthousiasme en commun, des lassitudes et des exaspérations aussi. Il faut bien qu’on résiste, non ? Elle m’a encouragé a faire passer dans Livres Hebdo le courrier, écrit avec Laurence et Renaud, sur le statut précaire des auteurs. Parlé poésie, littérature jeunesse et quittés à regrets… Je suis rentré à l’appartement ouvrir les paquets de livres déposés par la concierge. Tout mis en pile. Pas le temps de regarder… Filé au Select embrasser Lucie avant qu’elle ne prenne son train pour Bruxelles. Je devais retrouver Valérie au bar de l’Aubusson. Je n’aime pas beaucoup cet endroit. Il me rappelle les quelques semaines que j’ai passées à Page en 2007. Le journal était en face, rue de Nesles. Mauvais souvenir. J’ai fini par oublier le nom du directeur. Un peu comme l’écrit Ferré dans Et Basta !. Bonjour, tu te rappelles ? C'est moi... l'ordure... - Qui ça ? Ordure ? Tiens, il y en a encore dans le siècle ? Je vous demande excuse, Monsieur. Je ne connais, quant à moi, que des anges... Valérie m’a dissipé tout ça avec le programme de Métailié. En janvier sort un nouveau titre de Luis Sepulveda. J’avais été fasciné par Le monde du bout du monde. J’ai très hâte de lire. Amélie nous a rejoints. Nuit tombée dans la petite cour « fumeur » de l’hôtel sous les chauffages électriques. Froid ? – Un peu…

Dimanche 11 octobre 2009. 22h15.

Quelques courses au bourg. Un verre de blanc chez Georgette. J’ai écrit le portrait de Price. Rien fait au jardin. Nous sommes juste passés en hâte ramasser des légumes au potager pour la semaine. Soirée de départ un peu grise : cette petite dépression des dimanches d’automne….

Samedi 10 octobre. 23h50.

Amélie est partie au marché, je me suis mis au travail. Un panorama rapide des prix littéraires, et quelques brèves, à rendre au Pèlerin avant de commencer à décrypter mes bandes pour le portrait de Richard Price qui doit paraître dans Le Monde jeudi prochain. Price, j’ai dû le rencontrer vers le 10 juin. J’avoue, j’avais un peu oublié le livre et l’entretien. Perdu mes notes aussi. Sur l’insistance d’Amélie, j’avais embarqué à l’époque un petit enregistreur. C’est ce qui m’a sauvé. Je m’étais replongé dans Souvenez-vous de moi pendant la semaine. C’est un roman sombre construit et vendu dans un emballage de thriller. Et sacrément bien emballé. Une intrigue, une enquête, des dialogues : tout cela pour parler, au fond, de la mémoire et du temps et des quartiers des villes. Des sédiments, des strates qui s’y déposent avec le passé des gens. Vestiges, fantômes. L’auteur est du genre taciturne. Pire, même. Je me souviens qu’il n’avait pas décroché un sourire pendant l’entretien. Un Buster Keaton de soixante ans... A la fin, après qu’il avait fait quelques photos, j’étais allé lui dire au revoir. It was a great interview, m’avait-il dit, encore un peu plus monocorde. Nous avions invité Jean-Luc Lefrançois à dîner. Soirée calme et amicale. Il revenait, pour son émission de radio Au cœur de la vie sur Tendance Ouest, d’une interview avec Maxime Leforestier. Déçu. Le chanteur ne lui a pas dit grand chose. Il m’a laissé à peine un quart d’heure... N’empêche, il aimerait bien écrire un livre avec toutes ses rencontres. La plus belle ? Celle avec Michel Serrault, quelques semaines avant la mort du comédien. Là, j’ai des heures d’enregistrement.

vendredi 16 octobre 2009

Vendredi 9 octobre. 22h15.

J’ai tenté d’y voir clair dans les paperasses qui encombrent les placards de mon bureau. Jeté des monceaux de papier, entassé le reste pour plus tard. Classer sans penser… Nous avons fait une longue visite à Georgette. Avec elle, en ce moment, tout passe d’un sourire à un soupir.

Jeudi 8 octobre. 23h45

Il a plu. Le vent a soufflé. La cour est jonchée des épines des sapins. Les feuilles mortes recouvrent tout le jardin. Celles du frêne, du saule, du noisetier, du figuier. Du grand peuplier d’en face. Il fait froid, humide. J’ai allumé un feu. Epluché les légumes. Laissé mijoter le pot-au-feu toute la journée sur le plus petit feu de la gazinière. Un morceau de flanchet, un de macreuse, un autre de galinette, une tranche de lard de poitrine fumé, un os à moëlle… Rangements. Courrier. Je suis allé chercher Amélie à la gare. J’avais carafé le vin pour le dîner. Un côte-du-Rhône, pur mourvèdre. La dernière bouteille.

vendredi 9 octobre 2009

Mercredi 7 octobre. 23h00.

Amélie est partie tôt vers sa journée. Heureuse. Je la sens pleine d’élan, d’enthousiasme. Pour ses auteurs, pour les livres qu’elle défend, pour les manuscrits qu’elle déniche. J’avais rendez-vous à la Maison de l’Amérique latine. Benjamin François me filmait pour une courte séquence sur l’écrivain colombien Antonio Caballero, invité à l’émission de François Busnel, La grande librairie. J’ai témoigné du mieux que j’ai pu. Caballero, journaliste engagé, caricaturiste m’apparaît avant tout comme un poète. J’ai le sentiment qu’il a construit son roman, Un mal sans remède, un roman picaresque, drôle, absurde, violent, cynique, juste pour y abriter un très très long poème. J’ai retrouvé Jean-Marc Roberts chez Lipp. Cela fait un moment que nous devions déjeuner ensemble. C’est lui mon éditeur, à présent. Mon prochain livre paraîtra chez Stock. Pas chez Buchet. L’arrêt de « Domaine public » a emporté une décision que je repoussais depuis un moment. Je n’arrivais pas à franchir le pas car j’avais l’impression de trahir ceux qui, en 2003, avaient accueilli La ballade de Lola. Mais quand je dis « ceux », en fait, c’est juste Pascale. Je voulais lui parler de tout cela à Grasse. Elle devait être mon témoin à la cérémonie religieuse. J’espérais que le contexte me permettrait d’aborder cette histoire avec elle de manière proche. Des soucis avec sa mère l’ont empêché de venir. Je lui ai alors écrit une lettre. Elle ne l’a jamais reçu. Qu’est-ce donc que j’avais oublié sur l’enveloppe pour que cela n’arrive pas ? Un silence imbécile s’est ainsi mis en place jusqu’à ce qu’elle apprenne par d’autres ce que je croyais qu’elle savait déjà. Sac de nœuds. Mais je ne me sens pas coupable. Pour une fois... J’ai ce texte devant moi, maintenant. Neuf mois pour aller jusqu’au bout. Un café avec Marlyse Pietri pour parler de Tout là-bas avec Capolino de Jean-Marc Lovay. Un fascinant rêve sans fin. Je suis arrivé un peu en avance au J’Go où je devais prendre un verre avec Daniel. Il est pour quelques semaines à Paris. Il loue vers Montmartre un appartement réservé aux écrivains suisses. Amélie est venue nous rejoindre et puis Jérôme aussi. Du coup, nous avons dîné tous ensemble. Je ne le connais pas bien, Daniel. J’ai juste lu les quatre livres qu’il a publié chez Buchet. Il y en a une quinzaine d’autres. Pourtant, je me sens avec lui en connivence. Pourquoi en sommes nous venus à évoquer Louis Pergaud ? J’ai un attachement qui remonte à l’enfance pour cet auteur. Je garde le souvenir très précis d’une dictée de CM2. Il s’agissait du Roman de Miraut, chien de chasse. Une phrase était comme un entrebaillement. J’ai gardé le cahier : Elle avait attendu la pleine obscurité, se contentant, pour vaquer aux menus soins du ménage, de la clarté brasillante qui sortait par les soupiraux du poêle et laissait flotter par toute la pièce un grand mystère paisible et calme où les choses semblaient sommeiller. Pergaud avait habité à deux rues de chez moi dans le XIVe. Daniel s’intéresse à sa mort sur le front en 1915… Nous avons d’autres rencontres en perspective.

jeudi 8 octobre 2009

Mardi 6 octobre. 22h40.

J’ai envoyé, à nouveau, à Libération notre texte sur le statut des auteurs. Ils ne le retrouvaient plus, puis ne parvenaient pas à l’imprimer… Ca a l’air compliqué, là-bas. La parution risque de traîner. Du coup, je l’ai fait parvenir à Alexis pour Marianne. On s’est dit quelques mots au téléphone. Il le publie dans quinze jours. Affaire réglée… Un hebdo, d’ailleurs, c’est bien mieux. J’ai fait part de la bonne nouvelle à Laurence et Renaud. Déjeuner avec Sophie et Marie-Jeanne à la Villa corse. Petit état des livres et des papiers. Le portrait de Richard Price que j’avais rencontré en juin est enfin commandé. Je vais l’écrire cette semaine. Marie-Jeanne parlait des romans « populaires » ou « de terroir » qu’elle avait à défendre. On ne connaît pas bien les gens qui écrivent toute cette littérature. Leur nom est rarement célèbre, on ne parle presque jamais de leurs livres dans la presse. Pourtant ils ont des millions de lecteurs. Vraiment pas de quoi les mépriser.

mardi 6 octobre 2009

Lundi 5 octobre. 23h20.

Journée de départ. Instants flottants. Nous sommes allés jusqu’à Opio acheter un peu de terreau à la jardinerie pour des rempotages. J’ai nettoyé les framboisiers. Ramassé un plein sac de feuilles d’olivier. Nous avons trinqué avec du vin blanc de cassis. Il faut revenir… Claire nous a accompagnés à la gare. Je me suis accroché au paysage depuis la fenêtre du train jusqu’à la nuit complète. Gare de Lyon. Paris. Le taxi en silence. Nous avons retrouvé l’appartement, les piles de livres et le désordre familier.

Lundi 5 octobre. 1h20.

Terminé le poème. Vraiment. Je lui ai donné son nouveau titre : Montée des cendres. Je l’ai dédié à Joseph Noël. Là aussi, il était temps. C’est à lui que je dois d’écrire. Je suis revenu à ma chronologie de Bruno Durocher. Il me manque énormément d’informations pour lui donner un peu de cohérence, mais il faut que j’aille au bout avant de travailler les lacunes. Emmanuel m’a conduit à Mouans-Sartoux en fin d’après-midi. J’ai retrouvé Amélie. Petit tour des stands. J’ai cherché Florence. Dit bonjour à Sorj. Nous avons marché jusqu’au conservatoire des plantes à parfum. Un jardin botanique tout récent où l’on peut librement se promener et toucher les feuillages. Il y avait des rangées impressionnantes de sauge ananas (Salvia rutilans). J’aurais bien chipé quelques boutures, mais je me suis souvenu qu’il est préférable les faire au printemps. Dîner aux Margouillats. Claire et Emmanuel avaient invité Véronique et François, Jean-Paul, Marie et Jacques.

Samedi 3 octobre. 18h20

Nous sommes allés faire un tour à la librairie de Jean-Paul à Pré-du-Lac. Il n'était pas là. Je voulais savoir s'il avait reçu l'exemplaire des Innocentes que je lui avais adressé. Anna de Noailles n'est pas vraiment une célébrité locale mais elle a fait un séjour à Grasse en 1910 et s'est un peu promené dans les environs. Nous avons pris un café. Feuilleté les journaux du matin. Amélie a pris la route pour Mouans-Sartoux. Elle rentre tard aujourd'hui. Dîner avec le maire ou quelque chose comme ça. J'ai avancé doucement dans la chronologie de Bruno Durocher. Un vrai travail de Pénélope. Il faut tout défaire à chaque fois pour comprendre un peu.

Vendredi 2 octobre. 22h20.

Amélie est partie à Mouans. J’ai installé mes affaires au bureau de la chambre, la fenêtre ouverte sur les collines. Envoyé à Libération la lettre écrite avec Laurence et Renaud. La passeront-ils ? J’ai travaillé à mon long poème. Nicole me demande le texte pour ce mois-ci. Je termine. Je n’ai presque jamais cessé de le reprendre. La première version doit dater des années 1990. Avant, il y avait même eu des ébauches, d’autres narrations… C’est dire à quel point cela me tient au cœur. Il est temps qu’il puisse être publié. Claire m’a montré les petites pousses vertes qui sont apparues en touffes, là où j’ai planté, en août, les griffes de marguerites ramenées des Fontenelles. Je suis gâté ici. Je m’y sens bien. La maison s’est comme poussé pour me faire une place. Claire me concocte une cuisine affectueuse et attentive. Elle passe me demander toutes les heures si j’ai soif, si je ne veux pas un café. Emmanuel confectionne mes boîtes à insectes. On ne peut pas embrasser les gens ou leur dire merci tout le temps. Pourtant…

Jeudi 1er octobre. 23h50.

Nous avons traîné une énorme valise. J’ai tant à faire que j’avais préféré tout emporter. Plus les inévitables objets cassés que nous confions à chaque fois à Emmanuel pour qu’il les répare. Il nous attendait à la gare de Cannes. Nous retrouvions Claire aux Margouillats une demi-heure après.

Jeudi 1er octobre. 11h40.

Valises encore. Amélie doit accompagner plusieurs auteurs au Festival du livre de Mouans-Sartoux. Nous en profitons pour descendre quelques jours, tous les deux, à Magagnosc. Pendant qu’Amélie sera sur place, je travaillerai au calme à la maison.

Mercredi 30 septembre. 23h00.

Laurence m’a adressé quelques remarques à propos du texte sur le statut des écrivains que nous avons commencé à rédiger, Renaud et moi. Je suis vraiment content qu’elle ait accepté de nous rejoindre dans l’exercice. Nous sommes d’accord tous les trois : il faut simplement dire à quel point notre situation est précaire et tenter d’amorcer un débat. On peut rêver. Mais il ne ne passera rien si l’on se tait… J’ai travaillé tout l’après-midi à l’édition de l’œuvre de Bruno Durocher. Ca avance très très doucement. Amélie est venue me chercher. Nous devions rejoindre Elodie et Pierre chez Roberta, le restaurant italien du XIe dont ils nous parlent depuis des mois. Là-bas, nous avons retrouvé Illaria et David. Petits poulpes rôtis, praires et palourdes sautées, aubergines, carpaccio de joue de morue, tripes au parmesan, calamars farcis au pesto. Pas de doute, c’est une magnifique adresse.

Mardi 29 septembre. 22h45.

Je suis allé chez Buchet faire les envois presse du Anna de Noailles. Claire avait préparé la liste, les étiquettes, les enveloppes. Je glissais des petits mots dans les livres. Surtout n’oublier personne. Pourvu que ce dernier volume ait un bel écho. J’ai retrouvé Isabelle au Café de la mairie. On s’était perdus de vue après qu’elle avait quitté le Cherche-Midi, il y a une bonne dizaine d’années et recroisés par hasard il y a un mois dans le quartier Mouffetard, comme je sortais de Caractères. Après pas mal de soucis personnels, elle reprend du service dans l’édition. Elle venait me parler de L’impatiente, un premier « roman » de Céline Lis, chez Lattès. J’étais vraiment très peu emballé par l’histoire (une jeune femme atteinte d’un cancer, mais qui s’en sort avec courage…) Regarde-le, je t’assure, l’écriture vaut la peine. - Promis, promis… Et puis nous avons bavardé. Ravaudé l’un l’autre nos années. J’ai tant oublié. En fait, je ne sais plus bien comment était le temps, avant. J’ai déjeuné avec Florence aux Charpentiers. Pris des nouvelles de Denoël. Parlé de Richard Morgiève (Il les quitte. Je vais l’appeler…), de Véronique Bergen (Elle vient d’achever un nouveau texte), de Jaunay Clan (Son manuscrit avance). Je suis retourné à mes Anna de Noailles. Terminé assez tard. Amélie avait une soirée de lancement d’un livre chez Liana Levi. Je l’ai attendue au Sauvignon. Lu L’impatiente et jeté aux orties mes préjugés. Le texte suscite une profonde émotion, sans pathos, sans larmoiement. Il a beau se perdre au tournant de ses cinquante dernières pages, il n’en reste pas moins beau. Etonnament pur…

Lundi 28 septembre. 22h10.

Pas le temps de prendre un café ensemble à la sortie du train. Amélie filait à un rendez-vous. J’ai hésité un instant à en avaler un au comptoir de la Petite Bretagne. Non, pas tout seul… Je suis rentré à l’appartement. Déjeuner avec Philippe Rey et Marie-Laure, son attachée de presse, dans un restaurant libanais de la rue de la banque. Houmous, brochettes et taboulé vert. Nous avons parlé de la rentrée de janvier (déjà !) et aussi des poèmes de Jean Fanchette dont je ne me souviens que d'un vers (lu où?) : Les tresses se dénouant dans l'or fin des regards. J’ai découvert à la fin du repas que Marie-Laure avait passé des vacances d’enfance à Carolles. C’est si beau là-bas, m’a-t-elle dit. Je me suis senti tout envahi d’une fierté chauvine. Travaillé dans l’après-midi à la chronologie de Bruno Durocher pour l’édition de ses œuvres complètes. J’avais rendez-vous le soir au deuxième sous-sol d’une clinique sinistre du XVe pour de nouveaux examens. Amélie m’accompagnait. Tout est normal, semble-t-il. Nous sommes rentrés à pied. Doucement.

Dimanche 27 septembre. 22h30.

Terminé le papier dans la matinée. J’ai appelé Jean-Yves pour vérifier quelques bricoles. Pour me sentir un peu conforté aussi. En écrivant, j’étais sans cesse inquiet de ne pas sonner juste. Il est à Paris, de retour d’un salon du livre à Béziers qui semble s’être assez moyennement passé. Il râle. Je sens bien qu’il a envie de rentrer chez lui. Chez lui, maintenant, c’est Berlin. Venez si vous voulez. J’aimerais bien je crois. Au printemps ? Nous avons passé l’après-midi aux Fontenelles. Désherber, râtisser. Nous avons encore ramassé un plein panier de tomates cerises. Il en reste. Nous en trouverons à nouveau à notre retour. Dix jours. Nous pourrons récolter les premières chicorées. Planter l’ail. Nous sommes passés dire au revoir à Georgette. Je la sens épuisée. Elle nous a accompagnés jusqu’à son seuil. Bredouillé un au-revoir. Essayé sans y parvenir de casser une tige fanée de géranium à un des pots de son jardin miniature. A bientôt. Je suis revenu sur mes pas pour l’embrasser.

Samedi 26 septembre. 21h40.

Je n’ai pas dû assez faire cuire la confiture de mûres. Je l’ai laissée pourtant bien dix minutes à petite ébullition. En pots, elle reste un peu liquide. Redonner un bouillon ? Il faut attendre quelques jours avant de prendre une décision… J’ai repris mon papier sur Cendrey. J’y avance ligne à ligne.

Vendredi 25 septembre. 22h45.

Il n’y a plus que quelques rares étals au marché de Sartilly. L’essentiel. Le charcutier, le mareyeur, le maraîcher. Mais nous sommes revenus sans avoir pu faire les courses de Georgette. Pas de fromage. Pas de fraises. J’irai chez Charuel… Elle se recroqueville. Elle est fatiguée. Ca va, ça va. Quand même… L’après-midi, nous avons ramassé des mûres dans les bois de Saint-Michel-des-Loups. Deux bons kilos. Les mains égratignées. Violettes de jus.

Vendredi 25 septembre. 1h20.

Ciel gris à Carolles. Pas sorti de la journée. A peine le tour du jardin. J’ai travaillé à mon portrait de Cendrey. Amélie est arrivée au train du soir.

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