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vendredi 13 novembre 2009

Mercredi 11 novembre 2009. 22h10.

Nous sommes arrivés à la fin de la cérémonie au monument aux Morts. On repliait les drapeaux. Un bonjour à Philippe et Joêle, salué les uns, les autres. Le Tout-Carolles se retrouvait autour d'un kir à la salle du chemin de l'Aumône. On y va ? Le maire et ses adjoints, l'opposition municipale, les membres des associations. Nous avons bavardé longtemps. Venez prendre un verre demain, nous a dit Gilles. Georgette avait fini de déjeuner lorsque nous sommes passés chez elle. Un bouillon de légumes. Un carré de fromage. Nous lui avons laissé un petit sachet de macarons acheté à la boulangerie. Pourquoi pas un dessert, tiens... J'ai ramassé sous la pluie les feuilles qui jonchent le jardin. Jeté les tas derrière les haies. Lu du Maurice Genevoix près du feu. Rien que des arbres, des feuilles jaunes, des feuilles rousses...

mercredi 11 novembre 2009

Mardi 10 novembre 2009. 23h50.

Le gris. La grêle un peu. La pluie. J'ai continué la chronologie de Bruno Durocher. Agathe a été opérée à nouveau aujourd'hui. Les médecins ont dit à Séverine que tout s'était bien passé. La voilà, maintenant qu'ils ont le sentiment d'avoir accompli tout leur travail, à nouveau seule avec son bébé dans la chambre commune de l'hôpital. Elle a du courage, du courage, du courage. Et cette petite fille aussi. On n'ose rien dire d'autre. Le temps est en suspend, l'avenir en sursis. J'ai fait du courrier. Tourné autour du livre, encore. Regardé l'heure chaque heure pour le train d'Amélie. Je suis parti la chercher en avance. La 4L a démarré sans problème. Il y avait juste un voyant rouge qui continuait de clignoter au tableau de bord quand la voiture roulait. C'est quoi ça ? - Je suis sûr que ce ce n'est rien.

lundi 9 novembre 2009

Lundi 9 novembre 2009. 23h40.

J'ai accompagné Amélie au train de 5h58. Il faisait un froid d'eau. Glacé. Nous avons fait les braves au marchepied du wagon. Quand j'ai rebroussé chemin sur le quai dans la nuit, je me suis rendu compte que j'étais vraiment tout seul. Personne dans la gare. Je suis rentré doucement. Un café, et un autre. Et puis encore, encore. J'ai avancé un peu dans la chronologie de Bruno Durocher. Mais je ne m'en sors pas. Il y a trop de lacunes que je ne parviens pas à combler. Je risque de rendre à Nicole une dentelle défaite. Courses à Granville. J'ai fini mon courrier. Répondu à Philippe qui m'avait envoyé plein d'encouragements avec cette lettre adressée au ministre. Téléphoné à Laurence pour le rendez-vous avec Gaymard à la fin du mois à l'Assemblée. Je suis passé dire bonsoir à Georgette. Alors, tu as bien travaillé ?

Dimanche 8 novembre 2009. 22h40.

Georgette est venue déjeuner. Même si elle n'a pas voulu toucher à la viande, elle a mangé d'assez bon appétit. Et quelques coupes de champagne lui ont fait du bien. Du rose aux joues. Elle a retrouvé son persiflage pétillant des beaux jours. La famille? Chez nous, c'est un puzzle et en plus, maintenant, il manque tout un tas de pièces. C'est définitivement impossible à rassembler ! Amélie a fait un Scrabble avec elle après le café. Ah bon, j'ai gagné ? Je ne me débrouille pas si mal. J'ai rédigé mon papier sur Tâche de ne pas devenir folle de Vanessa Schneider. Une autre histoire de vieille dame et de famille...

samedi 7 novembre 2009

Samedi 7 novembre 2009. 23h00.

J’ai fait des piles de travail dans mon bureau. Papiers, lectures, préfaces. Tout ce qu’il faut régler avant de s’y mettre totalement. Je suis au bord, tout au bord, comme l’année dernière. Et j’ai hâte d’avancer à m’en mordre dedans. Il pleut. Il a même grêlé. Une bannière de ciel bleu aussi, de temps en temps.

Vendredi 6 novembre 2009. 21h30.

Georgette va mieux. Elle regarde le temps passer à sa fenêtre. Un petit tour jusqu’au bourg ou à l’Humelière. Elle attend les visites, l’heures de ses émissions à la télévision. Elle nous attend pour un verre de vin blanc. Pour les livres qu’on lui apporte. Tiens celui-ci n’était vraiment pas terrible. Quoi déjà ? Et que le vaste monde poursuive sa course folle de Colum McCann. Trop tiré par les cheveux et trop américain. Enfin je veux dire que ce n'est pas intéressant. Ce qu’elle a trouvé bien ? Des saisons au bord de mer de Maspero et loin devant tous les autres, Le dernier frère, le roman de Nathacha. Il est magnifique celui-là. Vraiment, vraiment…

Jeudi 5 novembre 2009. 23h50.

J’ai rédigé la nécro de Francisco Ayala pour Le Monde. Un grand auteur espagnol disparu mardi, à Madrid, à 103 ans... Un seul de ses livres, Morts de chien, chez Autrement, est disponible en France. Un recueil de nouvelles était paru avant, en 1986. Epuisé depuis. Rien d'autre. Qui a entendu parler de lui ici ? Ecrivain hanté par la guerre civile, parti en exil vingt ans. Son œuvre est gigantesque. Il s’était remarié en 1999 avec sa traductrice, une universitaire américaine spécialiste de la littérature espagnole. Moins de deux ans plus tard, à 95 ans, il lançait son propre site internet et confiait, paraît-il, qu’il avait oublié comment on écrivait avec un stylo… J’avais rendez-vous dans l’après-midi avec Alain Absire à la Société des gens de lettres. C’était histoire de confronter nos points de vue après la lettre ouverte au ministre. De commissions en tables rondes, la SGDL travaille depuis longtemps au statut des auteurs. Nous nous sommes quittés d’accord. Nous l’étions même avant. Embrassé Cristina. Je suis rentré faire les bagages. Toute une semaine à Carolles pour finir les papiers et pour écrire vraiment. Il faut que ce livre démarre. Je sais comment je suis dans mes hésitations. Amélie m’a rejoint dans le train. Dix minutes avant le départ. Seulement.

Mercredi 4 novembre 2009. 23h30.

A Censier, tout va bien. J’ai l’impression d’avancer plus vite, cette année, avec mon petit groupe d’étudiants. J’ai retrouvé Pascale dans une grande brasserie de la place de la Bastille. Elle s’est fracturé l’épaule droite, il y a quelques semaines maintenant. Elle travaille chez elle. Pas simple. Je voulais te dire : Je ne veux plus apparaître dans ton journal. Je ferai comme elle voudra, et bien évidemment. Depuis que j’ai rencontré Amélie, je ne mets plus de herses, de cloisons dans mon existence. J’habite tout, en même temps. Les rencontres, les amis, les instants, les bonheurs, les souvenirs, les souffrances. Ma vie d’auteur, celle de journaliste. Celle que l’on mène ensemble et comme je la raconte. S’y agrège qui veut. Oui, bien évidemment. Caroline est venue nous rejoindre. Avec un gros chagrin... Sa grand-mère est morte, une vieille dame de cent ans. L'âge ne fait rien. Je l'ai sentie si triste, et si profondément. J’ai été chercher Amélie place Paul-Painlevé. Nous étions invités chez Marion et Jérôme. Nous y avons retrouvé Edouard. Soirée, donc, « en famille ». Je me fais à l’exercice. Ce n’est pas mal, finalement.

Mercredi 4 novembre 2009. 2h10.

Je ne suis pas allé à la remise du prix Décembre. Je devais y retrouver Karine, mais elle avait eu un empêchement. Pas envie de m’y retrouver seul. Ou pas envie, surtout, d'être seul pour voir les gens. J’ai déjeuné avec Anne-Marie vers l’Alma. Elle est pleine de projets pour l’association de rencontres littéraires qu’elle vient de monter. Nous avons parlé aussi du Journal de Françoise Siefridt. Ce témoignage d’une jeune étudiante catholique qui, à 19 ans, en 1942, avait décidé par protestation de porter l'étoile jaune. J’aimerais la rencontrer. Elle habite quelque part en Normandie. Où ça ? C’est vaste… Vu Fabienne au Zimmer. Echangé nos histoires d’auteurs. Evoqué nos petits boulots. Nos comment s’en sortir… Encore une qui s’associe sans réserves à notre lettre ouverte au ministre de la Culture. Un succès, si l’on veut, d’ailleurs, ce courrier… Beaucoup sont ceux qui nous écrivent pour apporter leur soutien. A la fin du mois, nous serons reçus par Pierre Lungheretti, le conseiller de Frédéric Mitterrand. J’avais rendez-vous au Sauvignon avec Tristan, histoire de noyer dans quelques verres, maintenant que « Buchet, c’est fini », notre projet de livre sur la cuisine du Bizarre. Il a d’autres pistes. On verra bien. Nous sommes restés un bon moment nous enrhumer à fumer, au froid de la terrasse. Amélie est venue nous rejoindre. Discuté d’Anna de Noailles avec François, le serveur, qui habite à deux pas du château de Champlâtreux. Dîner chez Joëlle dans le XIe avec Elodie, Pierre, Jeanne… Cela fera un an en décembre que Michel est mort. Je n’étais pas revenu dans l’appartement. Joëlle garde intact un deuil doux et courageux de tout petit enfant. On a un peu trop bu. Champagne et vin rouge. Parlé longtemps des rêves, de la douceur des choses…

Lundi 2 novembre 2009. 23h50.

Un double express et un croissant à La Petite Bretagne. Ca devient presque un rite à l’arrivée du train. Vite fait, quand même… Il n’y a guère de semaine sans un quart d’heure de retard. Amélie a filé à son travail, je suis rentré déballer les affaires. Je suis passé chez Laurence. Je lui avais demandé de me rapporter de Saint-Chély deux saucissons. Trafic de cochonnailles. Laurette (c’est la charcutière..) les a choisis spécialement pour toi. Marie et Pascal t’embrassent. Elle a participé à un débat, là-bas, signé pas mal de livres. Je ne suis pas resté longtemps. Elle écrit, en ce moment. Je sais combien il vaut mieux ne pas être interrompu. L’appartement où elle s’est installé, il y a quelques mois seulement, avec ses filles, donne sur le Père-Lachaise. Si je me souviens bien de la topographie du cimetière, dans le prolongement de ses fenêtres, au bout de l’avenue Cail ou de l’avenue Eugène Delacroix, se trouve la 49e division et la tombe de Gérard de Nerval. Il faisait froid. Je n’ai pas eu le courage d’aller voir « mes » sépultures : La Harpe au Bosquet Delille, avec Boufflers et Saint-Lambert, Régnier, et Nerval justement. Paul Guiraud, mon prof de philosophie de terminale… J'ai téléphoné les résultats du Goncourt et du Renaudot à Isabelle pour les pages du Pèlerin. Déjeuner avec Amélie chez Polidor. J’y ai croisé Jean-Philippe avec qui j’étais au jury du Wepler en 2006. Il vient d’être embauché comme éditeur chez Flammarion. Retour pour travailler. Quelques heures lentes sur le livre. J’ai envoyé aussi mon dossier pour le prix Hennessy. J’étais finaliste l’an dernier. Qui sait si cette-fois-ci ? Nous nous sommes retrouvés pour fêter le prix Goncourt de Marie chez Gallimard. Beaucoup de monde dans les salons. Beaucoup de joie, et sans arrière-pensées. Du moins il me semble. Jean-Yves est arrivé de Berlin, bien plus ému et heureux qu’il faisait attention de ne laisser paraître. Nous étions conviés au dîner qui suivait le cocktail. Une cinquantaine de personnes dans l’appartement privé à l’étage. A notre table, Sabine, Nathalie, Nelly, Isabelle. La petite chienne terrier de la maison mettait ses pattes sur mes genoux attentive à mon assiette. Rien donné. Tenu bon. Nous ne sommes pas n’importe où, n'est-ce pas... Au café, nous avons parlé un moment avec Marie et Jean-Yves. Il rentre demain. La météo annonce de la neige en Allemagne. Marie reste à Paris. Elle a des rendez-vous à foison. A bientôt. On s'écrit. C’était bien…

mardi 3 novembre 2009

Dimanche 1er novembre 2009. 23h00.

J’ai acheté la 4L de Sandrine, la petite-fille de Mme Bassard. Une affaire. Enfin, je ne sais pas. Qu’est-ce que je vais faire de cette voiture qui a bien 200 000 kms ? Mais j’en avais envie. Elle est bleu gendarmerie. C’est d'ailleurs une ancienne voiture de gendarme. Il faudra la repeindre. Maman en avait eu quatre ou cinq en vingt ans. 974 JW 60, la première, bleu pâle... Puis, 207 NA 60, toute blanche... Les autres, je ne sais plus. J’avais grandi, je crois. Avec cette auto, je me paie aujourd’hui comme un retour d’enfance. Les souvenirs sont revenus d’un coup. L’odeur dans l’habitacle : la même qu’autrefois. Curieux quand même cette marque de fabrique. La 4L qui emmenait Amélie à l’école en Afrique sentait pareil aussi. Vieux caoutchouc. Vieux skaï. Ca tient à pas grand chose. J’ai fini le portrait de Céline Lis. Avancé dans quelques papiers. Pas touché à mon livre. Ou si peu. J'ai écrit quatre lignes. Je reprends. Je gribouille. Au revoir à Georgette. Nous lui avons laissé des saint-jacques, du gratin de poireaux. Nous étions invités au soir à boire un verre chez M. et Mme Simon, nos voisins du bout du chemin. Feu dans la cheminée. Porto et whisky. Il y avait là leur fille Claire, son mari, Jean-Charles. Des gens très simples, gais, charmants. Je crois qu’on les a ennuyés avec nos bavardages sur les prix littéraires.

Samedi 31 octobre 2009. 22h30.

Amélie a fait le marché à Granville. Elle est revenue avec des saint-jacques, deux tourteaux, une queue de lotte, des praires… Du radis noir aussi pour Georgette qui veut s’en faire du sirop. Pouah. Il faut couper des tranches les plus fines possibles. Dans une terrine, on recouvre chaque couche de radis de cristaux de sucre candi. Le lendemain, la racine a rendu son eau. Il ne reste plus qu’à recueillir un jus marron et collant. Je me souviens encore de mes hauts le cœur, enfant, quand ma mère me forçait à en avaler de grosses cuillères au moindre rhume. Panacée familiale. Ca semble sortir tout droit des recettes naturelles de mon grand-père Joseph. Ce n’est pas si mauvais. C’est sucré. Et je suis sûre que ça me fera du bien. Traversé la rue pour aller voir Alfred, le bébé de deux mois de Virginie. Puer egregiae indolis. Je me suis souvenu de mes cours de latin. Tout mignon. Tout sourire. Et puis cet air ravi quand Amélie l’a pris dans ses bras. J’ai écrit mes papiers « Goncourt » et « Renaudot » pour Le Pèlerin. Jean-Philippe Toussaint et Marie Ndiaye. Jean-Marc Parisis, Frédéric Beigbeder. Ce serait bien que Marie obtienne le Goncourt. Parce que Trois femmes puissantes est un beau livre et parce qu’aussi elle est une belle personne. Il a plu tout l’après-midi. Le vent a soufflé. Au soir il y avait, autant qu’hier, de feuilles mortes tombées partout dans le jardin.

vendredi 30 octobre 2009

Vendredi 30 octobre 2009. 22h00.

Georgette traîne une bronchite depuis plus d'une semaine. Quintes de toux qui l’épuisent. Je dors tout le temps. Le médecin passe lundi. Nous sommes allés lui chercher du thym au potager pour ses tisanes. Là-bas, nous avons arraché les topinanbours. Ramassé deux salades. La nuit tombe si vite maintenant. J’ai appelé Laurence pour la tenir au courant des publications de notre lettre ouverte à Mitterrrand. Elle était dans l’autocar pour Saint-Chély-d’Apcher. Je me suis dit que j’y retournerais bien. Avec Amélie.

Vendredi 30 octobre 2009. 16h00.

J’ai ramassé en monceaux les feuilles mortes du figuier et du frêne. Attaché les grimpants et les lianes qui pendaient aux murs où la vigne vierge est tombée. Travaillé un peu, un tout petit peu à ce roman de l’an prochain. Histoire d’apprivoiser l’idée qu’il faut s’y mettre. Pour de vrai. Pour de bon. J’ai tellement peur de ne pas y arriver.

Vendredi 30 octobre 2009. 0h40.

Ca n’a pas été vraiment l’enthousiasme à Jeux d’épreuves pour le livre que je défendais. Ni Josyane, ni Sabine, ni Frédéric n’ont aimé Le silence des abeilles de Daniel de Roulet. Joseph non plus d’ailleurs. Ca insinue un drôle de doute cette belle unanimité contre. Je crois que je me suis laissé un peu déstabiliser. Pas trop, j’espère. Le livre est pourtant beau, troublant. Tout miel et tout poison. Un roman d’initiation qui va du conte moral au règlement des comptes. Car de Roulet plante la pointe de son compas en Suisse, au milieu de notre monde qui ne cesse de confondre valeurs et argent. Son personnage est un enfant du tournant du siècle, désabusé, perdu. Abominable, et quoi qu’on s’en défende, pathétiquement touchant. Je suis sorti du studio mal à l’aise. Essayé d’appeler Pascale pour lui raconter l’émission. Son portable a sonné dans le vide. J’ai laissé un court message pour qu’elle me rappelle. Fait la valise pour Carolles. Beaucoup de travail en perspective là-bas. Quatre ou cinq papiers pour Le Pèlerin. Plus les brèves que je dois au Monde. Amélie m’a rejoint à Montparnasse. Train très en retard. Enfin à la maison.

Mercredi 28 octobre 2009. 23h50.

Amélie a eu trente-huit ans aujourd’hui. J’avais fait publier trois lignes de petite annonce dans Libération qu’elle épluche chaque matin de la première à la dernière page. Seulement voilà, les NMPP s’étaient spécialement mis en grève. Ma surprise tombée à l’eau, je me suis senti envahi d’une hargne anti-syndicale toute la journée. Les cours à Censier se sont déroulés de façon compliquée. Une partie des étudiants étaient retenus à un « cours d'Initiation à l'expérience muséale » (en fait, ils vont simplement visiter un musée) et sont arrivés très en retard. Comme cela va se reproduire tous les quinze jours jusqu’à la fin du semestre, je vais avoir du mal à tenir mon programme. Je suis repassé à l’appartement chercher le cadeau d’anniversaire caché dans le penderie et j’ai retrouvé Amélie au J’Go. Christophe n’a pas voulu que nous payions nos verres. C’est le mien de cadeau… J’avais réservé une table au Bistro de Paris. Séverine et Gérald sont venus nous y rejoindre. Ils sortaient de l’hôpital Necker. Agathe s’était endormie paisiblement.

Mardi 27 octobre 2009. 23h20.

Deux mois déjà que le marchand de journaux, près du métro, a fermé. Une boutique idiote de pashminas, à la devanture peinte en rose fuschia, s’est installée à la place. Du coup, nous achetons la presse un peu n’importe où. Ce matin, j’ai trouvé un kiosque ouvert près du métro aérien. J’ai épluché les quotidiens pour le questionnaire d’actualité des étudiants. Découpé des articles pour mon cours de demain sur la titraille. Rassemblé quelques notes… Avec un peu de retard, la « lettre ouverte » à Frédéric Mitterrand sur le statut des auteurs que nous avons rédigée, Laurence, Renaud et moi, va finalement être mise en ligne sur le site de Livres Hebdo. Des extraits sont déjà parus vendredi dernier. Elle sera publiée intégralement dans Marianne samedi. Nous nous sommes retrouvés tous les trois en fin d’après-midi dans un café près du conservatoire des Arts et métiers pour préparer la suite. C’est Renaud qui est à l’origine de tout cela. Moi, je n’ai fait qu’agréger ma colère consécutive à la prise de position en mai lors d’une journée de colloque à Lyon d’un responsable de la Société des gens de lettres qui disait : Si vous voulez avoir une création littéraire riche et durable, ayez un métier à côté et écrivez pour votre plaisir. Tu parles… Quand j’ai rencontré Laurence, nous avons très vite parlé de cette précarité qui fait notre quotidien. J’ai bien peur que ce soit cela le dénominateur commun des auteurs… Laurence est partie retrouver ses filles, j’ai pris le métro avec Renaud jusque chez lui. Il nous avait invité à dîner Amélie et moi. Soirée avec Marie, sa femme, que j’avais entrevue au festival de Chambéry en 2004 et leur fille Norma, deux ans. Une blondinette étonnamment peu farouche qui s’est jetée tout de suite dans les bras d’Amélie. La petite qui avait attrapé une grosse rhinopharyngite à la crèche a tenu avec nous autant qu’elle a pu, puis s’est effondrée en pleurs, de fatigue et de fièvre.

jeudi 29 octobre 2009

Lundi 26 octobre 2009. 23h10.

J’ai terminé le papier sur Oberlé. Mémoires de Marc-Antoine Muret est probablement son livre le plus intime. Davantage que Retour à Zornhof… Retenu cette phrase : Le temps présent se refusant aux hommes de mon espèce, je me réfugie dans une nostalgie dolente et voluptueuse qui me permet de ne pas renier ma jeunesse . Déjeuner avec Catherine à la terrasse d’une brasserie du quartier de l’Alma. On se connaît depuis combien de temps déjà, m’a-t-elle demandé. – Plus que ça je crois… C’est à la fête d’anniversaire de ses trente ans que j’ai vu pour la première fois Amélie. J’ai traîné tout l’après-midi la mauvaise conscience du devoir vraiment pas accompli. Rien fait du tout. Je bloque… Jérôme était seul à Paris. Marion passe la semaine en Tunisie ses parents, pour une longue fête de famille… Lui ne pouvait pas l’accompagner à cause de son travail. Il est venu dîner à l’appartement. Enfin dîner... Pique niquer plutôt au milieu de l’envahissant désordre. Jambon, salade et pain réchauffé. Ca ne nous a pas empêché de passer une jolie soirée. Entre la Vache qui rit et la clémentine, il m’a demandé d’être son témoin à leur mariage cet été. J’ai dit oui. Bien sûr. Et comme le bordeaux (quand même…) était bon, nous avons trinqué.

Dimanche 25 octobre 2009. 22h00.

Deux autocars attendaient à l’hôtel Mercure pour redescendre la petite troupe d’auteurs au centre ville. On s’est regardés avec Anne. C’est fou, ils comme ils se connaissent tous. Surtout ceux qu’on connait pas. Tu étais à Limoges, toi ? Tu vas à Colmar ? Et moi, qu’est-ce que je suis venu faire ici… Courte matinée sous le chapiteau du salon. De rares signatures. François Beaune et moi avons composé des vers de mirliton pour l'auteur de chick lit du stand d'en face. Amélie a donné le signal du départ. Juste le temps de déjeuner avant de regagner la gare. Nous avons échangé des adresses. Nous étions à Paris dans l’après-midi. Amélie avait des manuscrits à lire. J’ai commencé à rédiger mon portrait de Gérard Oberlé.

lundi 26 octobre 2009

Samedi 24 octobre 2009. 23h25.

Il y avait une foule digne des grands magasins à ce salon du livre. On m'avait installé sur le stand de la Librairie du Forum. Celui de la librairie de Paris était à quelques mètres. Je suis allé y embrasser Isabelle. J'étais installé entre Françoise Henry et Anne Plantagenet. Ouf... Sorj était un peu plus loin. Je n'avais jamais rencontré Anne Plantagenet auparavant. Je gardais le souvenir d'un de ses textes, Seule au rendez-vous, en 2004 ou 2005. Un récit très tendre, très proche, sur Marceline Debordes-Valmore. Il me reste seulement en tête deux vers d'elle : Toi qui ris de nos coeurs prompts à se déchirer,/ Rends-nous notre innocence, ou laisse-nous pleurer ! J'allais souvent sur la tombe de Marceline Debordes-Valmore quand je travaillais dans le quartier du cimetière Montmartre... Où sont ses poèmes à la maison ? J'étais attendu à la médiathèque. Une quinzaine de personnes seulement là-bas. Yann Nicol m'a posé des questions extrêmement justes et précises. Doucement dérangeantes même. J'en étais d'autant plus troublé que, lorsque je regardais vers le fond de la salle comme pour aller y chercher (va savoir pourquoi ?) ma réponse, je croisais le regard d'une femme qui aurait pu être Dominique, quelques trente ans après. Mais pas un sourire. Rien. Qu'aurait-elle fait, d'ailleurs, dans cet endroit ? Le passé me revient parfois en d'étranges courants d'air. Un souffle. Il a filé. Nous sommes redescendus vers le centre ville. De retour au salon, Amélie m'a présenté à Eddy Harris, son auteur de chez Liana Levi qui a fait paraître en mai Paris en noir et black. Il m'a serré la main à la broyer. Heureusement qu'il n'a pas accompagné son bonjour d'une bourrade affectueuse... J'ai signé quelques livres. Nous étions tous conviés à un cocktail dînatoire à l'hôtel du golf sur les hauteurs de Saint-Etienne. Un endroit chic, probablement. En fait de dînatoire, il n'y avait pas grand chose à manger et pour ce qui est du cocktail, pas de quoi s'enivrer... Eddy était consterné. J'ai faim, moi. Sûr qu'on allait avoir un creux en sortant. Nous sommes restés avec lui et Anne, un verre de vin blanc tiède à la main, à raconter de ces bêtises qui font du bien. Croisé Akli qui cherchait je ne sais qui... Nous avons été rejoints par Joëlle et par Camille Bordas qui publie chez elle son beau premier roman, Les treize desserts (pourquoi, déjà, ce n'est pas moi qui le fait au Monde ?). Vu aussi Frédérique Deghelt auprès de qui j'étais à la Foire du livre de Bruxelles et avec qui j'ai parlé de Laurence... Retrouvé François Beaune que j'aime vraiment bien et Fabrice, mon « camarade de promotion » du festival de Chambéry. Allez, on ne va pas se plaindre. Quand ils ont sonné le départ pour l'hôtel Mercure où nous étions logés, nous n'avions pas vraiment vu le temps passer. Une demie-heure d'autocar. Vite au lit. Tu as passé une bonne soirée ?

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