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jeudi 25 février 2010

Mercredi 24 février 2010. 22h15.

En sortant de la fac, j’ai été porter les épreuves corrigées de mon recueil chez Caractères. Regardé avec Nicole les jours où elle aura besoin de moi sur le stand du Salon. J’ai retrouvé Amélie à Denfert-Rochereau. Nous sommes allés voir ensemble l’appartement que quitte Frédérique dans quelques semaines. Il y a pas mal de travaux à prévoir, mais si le loyer est raisonnable, nous pouvons peut-être nous y installer. Ce serait bien. Déjà, nous aurions davantage de place. Et puis nous aimons tous les deux ce quartier de la rue Daguerre. Un autre coin du XIVe, pour moi. Si nous déménageons, j’aurais décidemment pas mal « voyagé » dans cet arrondissement…

Mardi 23 février 2010. 23h55.

Traversée du village. J’ai été faire deux ou trois courses pour la venue de Fiona, Steven et Leo, jeudi. Nous arriverons à Granville tard. Il faut prévoir pour le souper. Longue discussion sur le trottoir, rue de la Croix, avec Mme Corbesier. Elle avait succédé à ma mère à la présidence de l’Association de défense de la vallée du Lude. Aujourd’hui, bien qu’adhérent, je ne sais plus bien qui est à sa tête. Je ne sais plus, tout simplement. A l’automne dernier, j’avais vu Patrick Dacheux qui m’avait proposé d’y prendre une part un peu plus active. C’était mon désir d’ailleurs, mais je me suis vite aperçu que je n’avais pas vraiment la possibilité de m’impliquer vraiment. Disponible, certes, mais de temps en temps... Mme Corbesier a continué l’énième discussion que nous avions déjà entamé sur la mise en œuvre du Plan local d’urbanisme, le cheval de bataille du maire actuel, sur les « grands travaux » et l’extension de notre petite commune. Nous ne sommes pas bien d’accord là-dessus. J’aurais plutôt tendance à penser que l’urgence est, ici, dans la sauvegarde, avant de se lancer dans d’hypothétiques et très controversés projets. Passé prendre des nouvelles de Nelly auprès de Charles. Les chirugiens lui ont abîmé son opération du dos. Un nerf pris ou quelque chose comme ça. C’est juste moins pire que ce qu’elle endurait avant. Elle en a pour six semaines avant de savoir quoi. Retour par chez Charuel pour les derniers achats. Jocelyne revient de quelques jours de congé à la montagne. Elle renaît de son deuil, tout doucement. Le temps change. Les mimosas, les camelias, fleurissent. C’est bientôt le printemps.

mardi 23 février 2010

Lundi 22 février 2010. 22h45

Le vent a soufflé fort pendant la nuit. Je me suis levé pour assurer un volet. Dehors, les sapins étaient agités. Chaque rafale emportait les branches dans un ballet entortillé et grinçant. Amélie a pris le train sous la pluie. A chaque départ, il reste toujours un rien à arracher. J’ai regardé le mauvais temps toute la journée à travers la fenêtre de mon bureau. J’ai profité d’une éclaircie pour aller voir Georgette. Alors, tu travailles ?, m’a-t-elle demandé.

dimanche 21 février 2010

Dimanche 21 février 2010. 21h30

Plus je refais ce plan, ce découpage, plus ressurgissent des moments que je croyais apaisés. Plus en surgissent d’autres qui effacent les précédents. Voilà pourquoi ce livre se révèle si difficile. Il se défait, se refait au fur et à mesure, et depuis si longtemps. Il vaut mieux que j'arrête d’en parler.

samedi 20 février 2010

Samedi 20 février 2010. 22h45

J’ai corrigé les épreuves de Montée des cendres. Resserré à nouveau le plan de mon livre. Encore une journée de ce travail-là et tout sera clair. Enfin, j’espère. Je brouillonne encore. Et je n’en ai plus le temps. Amélie avait acheté des huîtres au marché que nous avons apporté à Georgette. Nous les avons mangées avec elle à l’heure du vin blanc. Le pneumologue qui l’a vue hier a été plutôt rassurant, mais il faut qu’elle prenne du poids. Je me force à manger, pourtant. Dans l’après-midi, Amélie lui a cuisiné des gratins.

Vendredi 19 février 2010. 22h15.

Premier train. Marché rapide à Jullouville. Il faisait un temps radieux. Nous sommes allés ramasser de pleins sacs de feuilles mortes aux Châtelliers pour couvrir les plates-bandes. Retarder un peu l’arrivée des narcisses. Nous les avions plantés l’an dernier pour le mariage, ils avaient éclos en mars, plus d’un mois en avance.

Vendredi 19 février 2010. 1h10

Je pense en rond. Ca ne bouge pas. Après avoir ruminé toute la matinée et une bonne une partie de l’après-midi, j’ai fini par sortir. Je suis allé chercher les épreuves de Montée des cendres chez Caractères. Le livre sortira en mars. Je me suis arrêté dans un café pour feuilleter tout de suite. J’éprouve un étonnant vertige. J’étais un très jeune homme quand, il y a déjà trente-huit ans, mon premier recueil sortait justement chez Caractères. Je me suis rejoint aujourd’hui. Mon Dieu, comme il a fallu du temps. Et ce n’est pas fini. J’ai été chercher Amélie place Paul-Painlevé. C’était la réunion du CVJA de Nadine (ce Club qu’elle l’a créé en 2006 et qui doit son nom à une petite phrase d’un bien maladroit Olivier Rubinstein qui lui reprochait, à l’époque, de déjeuner avec de « Vieux Journalistes Alcooliques ». Nous sommes quelques uns de la presse littéraire à en faire maintenant partie. Je ne suis pas peu fier d’avoir la carte portant le n° 6…) Bons vins et beau buffet. Agréable compagnie. Bavardé avec Véronique. Avec Nathalie, Marie-Françoise, Hubert… Nous étions reçus chez Ariane, rue de Grenelle, juste en face du 155 où se trouvait mon studio à mon arrivée à Paris. Je suis resté plusieurs années à cette adresse. J’avais trouvé cette location par hasard alors que, je l’ignorais, le quartier avait abrité les amours de mon père et de ma mère, à leurs retours d’Indochine et de Martinique. Pour pouvoir s’y marier en 1974, Maman s’était d’ailleurs domiciliée chez moi. Je me souviens de la cérémonie à la mairie, rue de Grenelle aussi, et à l’église Saint-Pierre-du-Gros-Caillou. J’ai tracé mes itinéraires dans ces quelques rues. J’avais appris la promenade du soir de mes parents. Le Champ-de-Mars, puis flâner vers la Seine. S'arrêter regarder le temps qu’il ferait à la Météo, avenue Rapp. Je connais encore le nom des restaurants qu’ils fréquentaient et qui existaient encore quand j’habitais là-bas : Chez Blanc, Chez Doucet, près de l’École militaire… Subsistent encore, rue Saint-Dominique, La Fontaine de Mars et chez Thoumieux. Mon demi-frère Francis, que je n’ai jamais connu, logeait, sans que je le sache, à deux pas, rue Duvivier, alors même je m’y trouvais. Ce quartier m’est empli d’attaches. D’ailleurs, je crois même avoir été conçu avenue de La Bourdonnais… J’aimerais assez revenir dans ce coin du VIIe avec Amélie. Cela ressemble, hélas, à un souhait genre conte de fées. Frédérique que nous avons vue lors de la soirée, quitte Paris après son licenciement de chez Denoël. Elle nous a proposé de reprendre son appartement proche de la rue Daguerre. Ce n’est pas si cher, mais j’ai peur que ce soit encore trop cher pour nous. Alors, la rue de Grenelle…

jeudi 18 février 2010

Mercredi 17 février 2010. 23h20

J’ai recupéré toutes mes étudiantes, plus deux ou trois autres venues d’autres groupes. Et un garçon aussi, que je ne n’avais vu que rapidement au premier semestre. Nous avons travaillé sur les associations d’idées. Comment il faut laisser peut-être s’égarer la pensée. Et la ramener doucement à soi, de ses vagabondages, comme on tire un filet. Drôle de manière de leur apprendre à écrire… J’ai reçu la semaine dernière un coup de fil de Léa, que j’avais eue en cours il y a deux ans, je crois. Elle est en stage chez Faits et gestes et écrit des papiers dans des journaux du web. J’ai cru comprendre que mon atelier l’avait aidée un peu. Je m’en suis senti tout content. Je suis allé voir Nicole. Elle a des soucis avec son stand au prochain salon du livre. Elle avait obtenu un angle et voilà qu’on a repoussé son emplacement dans une allée. Nous allons tenter de plaider la cause de la maison auprès de Bertrand Morisset. C’est quand même les soixante ans de Caractères cette année… J’ai fait la connaissance là-bas de Rocío Durán-Barba, romancière et poétesse équatorienne que traduit Claude Couffon. Croisé Ilaria aussi, qui travaille à quelques numéros plus haut de la rue de l’Arbalète. J’ai rejoint Amélie au Balzar. La nuit commençait juste à tomber.

mercredi 17 février 2010

Mardi 16 février 2010. 23h00

Il faisait très beau. Grand ciel bleu. Je n’ai pourtant pas mis le nez dehors. Je m’acharne à travailler, mais le livre avance avec une désespérante lenteur. J’ai pris le train en fin de journée. Granville était à nouveau recouvert de confettis après la dernière cavalcade du carnaval.

mardi 16 février 2010

Lundi 15 février 2010. 21h30

J’ai eu le sentiment d’être à contre-courant d’un flux lent et lourd toute la journée. J’ai pris des notes pour mon cours de mercredi. Pour le reste, mal travaillé…

Lundi 15 février 2010. 6h45

Cinq heures et demi du matin. Je conduisais Amélie à la gare. A Jullouville, devant la mairie, un contrôle de gendarmerie. Coupez le moteur. Montrez-moi les papiers du véhicule. Quand je pense que j’avais hésité à les prendre. Ca n’a pas duré longtemps, nous étions en règle. J’avais roulé doucement, nous avions nos ceintures de sécurité… N’empêche, je n’étais pas à l’aise en repartant. Qu’est-ce qu’ils font là, avant l’aube, sur cette route déserte où l’on ne croise que les camions de ramassage des ordures ? Ce sentiment d’être soumis, silencieux et craintif. Forcément coupable de quelque chose. Nous avions mal dormi. Déjà épuisés au réveil. Amélie s’est pelotonnée dans son siège, contre la vitre. J’ai regardé le train s’éloigner. Remonté les quais tout seul. Les trottoirs de Granville étaient jonchés des confettis du carnaval d’hier. Je suis passé par le port. Croisé trois fêtards déguisés. Au retour, pas une seule voiture. Les pandores étaient au même endroit. Ils m’ont à nouveau arrêté. J’ai bien cru que cela allait recommencer. Mais l’un a dit aux autres : C’est fait, je l’ai vu. Et à moi : Circulez ! Toujours nuit. Je me suis fait couler un café à la maison. J’étais tout nauséeux d’ennui et de tristesse.

lundi 15 février 2010

Dimanche 14 février 2010. 22h00.

Continué les rangements toute la journée. Ca a l’air sans fin, mais ça avance. Tout est, au moins, regroupé : les photos, les manuscrits, les archives… Le placard de mon bureau est enfin accessible. Sans Amélie, je n’y serais jamais arrivé.

Dimanche 14 février 2010. 0h20

Grands rangements. Les placards, les tiroirs, les armoires sont bourrés de désordre. Capharnaüm du n’importe comment. Nous perdons tout. Nous ne retrouvons rien. Je travaille mal dans ce foutoir. Amélie a bravement retroussé ses manches. Grâce à elle, je parviens à jeter. Seul, je conserverais le moindre emballage, les papiers inutiles, le vieux linge usé, les bricoles cassées. Dîner chez chez Monique et Jean-Marie, route de Groussey. N’hésite pas. Passe nous voir quand tu en as assez de travailler…

Vendredi 12 février 2010. 22h50

Il a bien fallu faire des courses, le frigo est vide. Nous avons erré deux heures dans le supermarché. Déjeuner au chinois de la rue Couraye. Amélie était épuisée. Elle est allée se coucher dans l’après-midi. J’ai profité d’un rayon de soleil pour désherber un grand carré au potager. La terre est détrempée. Je n’ai fait qu’arracher les mottes, pas possible de passer le rateau. Il va y avoir du travail dans les semaines à venir. Brève visite à Georgette… Nous étions invités au soir, pour un verre, à la Bellengerie par Françoise et Jean-Pierre. Je n’étais jamais entré dans cette maison où vivait le peintre Jacques Simon, ne connaissant de lui que son atelier dont a hérité Noëlle à la mort de sa mère en 2008. Nous avons découvert un lieu chargé de toiles et de souvenirs, étonnament chaleureux et vivant. On s’y sent bien. Nous avons fait la connaissance là-bas de Michel, « voisin » des Fontenelles, que sa carrière dans la banque a fait voyager vraiment autour du monde, de Gillian et Patrice aussi, un couple d’anthropologues. Elle, Canadienne, travaillant sur les Papous de Nouvelle-Guinée. Lui, s’étant consacré à l’étude des Indiens d’Amazonie. La fille de Gillian est romancière et a déjà publié deux titres aux USA. Nous avons parlé de plein de choses éparses, passé du temps à nous les rassembler. Il était tard quand nous nous sommes quittés.

Jeudi 11 février 2010. 23h40

J’ai mis un temps infini à rassembler mes idées et mes notes pour Jeux d’épreuves. Lorsque je dois présenter un texte qui m’est proche, cela m’est toujours très difficile. Je me perds en rêveries, je ne trouve pas les mots justes. Je présentais Pont de l’Alma de Julián Ríos et ce livre, saute-tombeaux à travers les époques, que déclenche le drame du 31 août 1997 où la Mercedes de la princesse Diana s'écrase contre un pilier du tunnel de l'Alma ( j'étais à Point de Vue à ce moment-là... ), m’a réellement fasciné. Tout y est hanté par la mort et les coïncidences. Un genre de jeu de l’oie paranoïaque où se croisent Isadora Duncan, Martine Carol, Ödon von Hortvath, Louis-Ferdinand Céline et toute une foule de disparus, peintres, écrivains, acteurs dans une quête absurde de sens. Qui rejoint vite le nonsense… Le mot n’a pas plu à Frédéric Ferney ( le livre non plus d’ailleurs…) qui me l’a renvoyé un peu brutalement, genre professeur. Ca n’a rien à voir. Il ne faut pas dire n’importe quoi ! J’ai tenté de lui expliquer que le nonsense m'apparaît assez clairement comme ce qui caractérise la mise à l’envers d’un monde qui jamais ne retrouvera sa forme d’avant, mais il avait cessé d'écouter. Enfin… Je suis sorti de l’émission contrarié. De retour à l’appartement, j’ai entendu que la météo était catastrophique dans la Manche. A nouveau de la neige et des températures sous zéro. Nous sommes partis un peu inquiets. Ca va recommencer ? A Granville, aux abords de la gare, envahis par les manèges du carnaval, le sol était verglacé. Mais la route était dégagée. Ouf !

vendredi 12 février 2010

Mercredi 10 février 2010. 23h50

La neige a commencé de tomber comme j’arrivais à Censier. Pagaille à la fac. Les horaires étaient décalés, les salles avaient changé. J’ai erré dans les couloirs avec une étudiante. Nous avons fini par aller prendre un café. Ca ira sans doute mieux la semaine prochaine. Je crois que vous pouvez rentrer chez vous… Il me restait plus d’une heure avant le deuxième atelier. Je suis passé chez Caractères. Je voulais justement t’appeler, m’a dit Nicole. La diffusion, le salon du livre… Nous avons aussi fait le point sur « le dossier » Œuvre complète. De ce côté-là, nous allons pouvoir recommencer à travailler. J’ai été retrouver les étudiants, enfin les étudiantes, de mon autre groupe. A chaque interruption, pour les vacances, pour les examens, je m’aperçois que ces séances hebdomadaires avec elles me manquent vraiment. Nous allons nous mettre au portrait ce semestre. Petites révisions à prévoir : le message essentiel et les brèves. Je crois que je vais leur parler de Felix Fénéon… J’avais rendez-vous au Bar Bac avec Jean-Pierre. Un moment que nous devions nous voir. Nos derniers verres remontent au mois de septembre. Peut-être même avant. C’est de ma faute. Je n’ai pas arrêté de repousser les dates. Pour pas grand chose, honnêtement. Nos conversations restent souvent en bribes, quelques mots sur le CNL, sur les parutions, les auteurs, les éditeurs, la presse, nos affres d’écriture, à peine. Mais j’en sors assez apaisé. J’ai rejoint Amélie dans le métro. Fiona et Steven nous avaient invités à dîner dans l’appartement que les Affaires culturelles australiennes mettent à leur disposition pendant leur séjour en France. Cette fois-ci, ils sont logés à Montmartre, rue Norvins, dans un petit immeuble ancien au bout d’un jardin. Décor de Dorgelès ou de Carco. Un endroit au charme étrangement doux. Nous avons passé une soirée très amicale malgré une conversation vraiment très compliquée. Je cours après chaque mot de mon anglais pour réussir à ânonner une malheureuse phrase. Eux ne sont pas beaucoup plus brillants en français que l’année dernière... Grâce à Amélie, nous nous sommes tous compris.

Mardi 9 février 2010. 23h30.

Amélie est partie au premier train du matin. Je suis rentré, au soir, avec le dernier. Pendant le voyage, j’ai défait tout ce que j’avais écrit dans la journée. De quoi se sentir un peu découragé... Quai glacé de Vaugirard à Montparnasse. Le temps ici semble être à la neige. Je suis arrivé transi à l’appartement.

mardi 9 février 2010

Lundi 8 février 2010. 22h15

Nous avons retrouvé Noëlle sur le parvis Saint-Vigor. Temps tout gris pour l'enterrement de sa tante Gaby. Embrassé quelques uns. Serré des mains. La cérémonie était fervente, et discrète, et pudique. Difficile, en effet, de se laisser aller au chagrin quand la mort touche un proche si âgé. Larmes furtives. Je voyais le regard de Noëlle se creuser. J'ai été aussi envahi par une drôle d'impression. L'église m'a semblé étroite. Pas tant à cause du nombre des gens rassemblés, plutôt comme si les murs s'étaient étrangement rapprochés. Tout était rétréci. Ce village change... N'y avait-il rien à dire sur la mort de sa doyenne, la fille de Jacques Simon, peintre des paysages d'ici ? Il est des mots simples qui peuvent rassembler, réconforter. L'absence de parole, le défaut de mémoire, me deviennent insupportables. Nous sommes passés voir Georgette. Il y avait du monde ?, a-t-elle demandé. Il tombait un grésil froid. Nous sommes rentrés. Amélie a lu des épreuves. J'ai préparé mes cours. C'est la rentrée à Censier cette semaine.

lundi 8 février 2010

Dimanche 7 février 2010. 23h00.

Nous sommes allés écouter Emmanuelle qui chantait avec sa chorale à l’église de Saint-Pair. Je craignais le pire. C’était plutôt bien. Vraiment... J’ai été assez troublé qu’ils aient choisi, pour commencer, un chant espagnol du XVe siècle : En la fuente del rosel. Je l’avais entendu il y a très très longtemps interprété par Ana Maria Miranda. Petit choc. Impact minuscule. Davantage le souvenir de la sensation d’alors (je ne devais pas avoir vingt ans) que du lieu ou de ceux avec qui j’étais. Après le concert, Emmanuelle devait rejoindre les gens de son groupe pour rentrer sur Agon. Nous ne sommes restés quelques minutes avec elle. Son travail sur Jean Patou continue. Avec des avancées, des interrogations, de fausses pistes, quelques belles découvertes. Elle cherche, en ce moment, à découvrir l’identité du grand amour de jeunesse du couturier. Une « Violette », visiblement un peu plus âgée que lui, avec qui il a échangé une longue correspondance. Qui est-elle ? Comment la retrouver ? Drôle de jeu de piste… En rentrant, nous nous sommes lancés dans les rangements. Les penderies, les tiroirs de commodes sont emplis d’un ahurissant fouillis. Vider, trier, jeter. Nous y avons passé la soirée. J’ai retrouvé, la chemise de nuit de vieille dame que portait Maman lorsqu’on l’a emmenée à l’hôpital en 2006. Après sa mort, une infirmière m’avait rendu ses affaires dans un sac poubelle gris. J’avais tout nettoyé. Plié soigneusement. J’ai hésité. Aujourd’hui, je ne sais plus quoi faire de cette fausse relique qui ne lui ressemble pas. J’ai fini par la déposer sur les braises du feu. Le coton s’est enflammé. Ca duré un instant.

dimanche 7 février 2010

Samedi 6 février 2010. 23h45

Le marché à Granville. Des praires et des saint-jacques. Nous avons arraché des poireaux au potager. Ramassé un chou rouge. Le temps approche de remettre les Fontenelles en culture.

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