Je suis arrivé à Paris hier. Des analyses à faire pour je ne sais plus quel médecin. On m’en prescrit au moins une fois par trimestre. Je suis allé acheter des pots, des jardinières et leurs supports pour les fenêtres du 166. Retrouvé Amélie pour dîner à La retraite du Père Claude, le bistrot de Claude Perraudin rue de la Convention, ouvert à l’emplacement de L’étape d’Annie et Christian que je connaissais de la Marlotte où elle était en salle et lui en cuisine. A la fin du repas, comme nous bavardions avec Pascal, le serveur, nous avons appris la mort de Géraud Rongier. Nous l’avions retrouvé par hasard fin septembre 2023 comme nous étions allés déjeuner là après les funérailles discrètes de Jacques Gournay, un ami de Claire et Emmanuel.. Nous avions fait une photo, échangé à nouveau nos adresses. Il s’est éteint en janvier de l’année suivante. Jamais consolé de la disparition de son épouse Marcelle en 2019. Je n’ai pas connu Géraud quand il officiait au Val d’or, avenue Franklin-Roosevelt dans les années 1980-1990. C’est Claudine Lemaire qui me l’a fait rencontrer au moment où il s’était installé rue Vital, à la Muette. J’y ai entraîné Amélie plus d’une fois. Nous y avons des souvenirs de fête. Des souvenirs très doux. Il était un monsieur d’une incroyable gentillesse.
Mercredi 22 avril 2026. 23h00.
Par Xavier Houssin le mardi 16 juin 2026, 13:05
J’ai envoyé à Lanwenn mon papier sur le dernier Michel Bernard, L'automne d’André Derain, où il s’arrête sur le voyage que fit le peintre en Allemagne en octobre 1941. Un train des artistes appareillé par la Propagandastaffel dans lequel beaucoup vont aussi embarquer. Derain a soixante-et-un ans et il a beau être célèbre, il n’est plus grand-chose. Mais je suis mauvais juge. Sa peinture m’indiffère et le bonhomme me déplaît. Il n’empêche. Michel Bernard va remuer les années, fouiller les consciences. Il pose un regard lucide, sans jugement, sur cette époque en effrayant désordre. Mon père, du peu qu’il m’ait confié sur ces temps-là, lui qui avait rejoint la France Libre au tout début, disait de ceux qui étaient restés fidèles au régime de Vichy Ils ont juste choisi le mauvais côté. Il savait combien, au-delà des convictions, cela tenait aussi à peu de choses. Mais Derain… J’ai profité de l’envoi pour dire à Lanwenn que je ne comprenais pas pourquoi on avait trouvé utile de changer dans mon papier sur Peter Pan la phrase ...et qui est aussi le refuge d’enfants perdus qu’une petite fille, Wendy, va tous adopter en ... et qui est aussi le refuge d’enfants perdus qu’une jeune fille, Wendy, va tous adopter. Que je sache, Wendy est une bien une petite fille et c’est parce qu’elle grandit et qu’elle devient une jeune fille justement, qu’elle ne retourne plus au pays imaginaire. Je me demande ce qui se passe dans la tête de celui qui chipote le texte ainsi. J’ai beau savoir que le journal dans peu de temps va servir à emballer les épluchures de légumes, et que ça n’a pas d’importance, ça agace…
Dimanche 19 avril 2026. 9h50.
Par Xavier Houssin le mardi 16 juin 2026, 13:02
Les halopeanum sont tout roses. Le pommier a fleuri.
lundi 15 juin 2026
Jeudi 16 avril 2026. 21h00.
Par Xavier Houssin le lundi 15 juin 2026, 20:09
Terminé et expédié au Monde ma une sur le Peter Pan en Pléiade. C’est un très beau volume et le travail d’édition si sensible de Philippe Forest y fait un guide essentiel. Forest publie conjointement chez Gallimard son explication intime du texte, Gais, innocents et sans cœur, titre emprunté à la dernière phrase du roman de Barrie (Il en ira ainsi aussi longtemps que les enfants seront gais, innocents et sans cœur.) Parce que, dit-il je n’aurais jamais lu Peter Pan si je ne l’avais pas lu pour Pauline. Sa fille unique de 4 ans morte en avril 1996. Amélie ne me rejoint pas ce week-end. Elle reste à Paris pour le Salon du livre. Moi, après n’en avoir manqué aucun depuis sa création, j’ai cessé de m’y rendre. Comment dire ? Tout est vide et triste. La dernière fois que j’y suis allé, c’était en 2017. J’ai refait une tentative en 2024 parce qu’il se tenait à nouveau au Grand-Palais. Mais quel cafard.
Dimanche 5 avril 2026. 15h40.
Par Xavier Houssin le lundi 15 juin 2026, 20:06
Office de Pâques à la Lucerne. Messe en ut majeur de Mozart avec le chœur Éphata et le chœur Ad Caelum. Liturgie magnifique. On est transportés. Ma toute petite âme s’envole. Dommage que le nouvel évêque, Mgr Grégoire Cador, qui s’était fait remarquer en 2024 pour avoir accueilli l’appel à la prière des musulmans sous les voûtes de la cathédrale de Coutances ait décidé le retour à une ouverture uniquement saisonnière des célébrations à l’abbaye. Cette catholicité vibrante doit l’irriter.
Mercredi 1er avril 2026. 13h05.
Par Xavier Houssin le lundi 15 juin 2026, 20:06
Récupéré La Harpe. Séverine m’a raconté : pendant son séjour, un chevreuil s’est mortellement blessé hier en franchissant la clôture. Les chiens l’ont découvert au petit matin. Un voisin chasseur est venu dépecer l’animal. Vous en voulez ? Je suis reparti avec une épaule, un filet mignon et des côtelettes.
Mardi 31 mars 2026. 16h20.
Par Xavier Houssin le lundi 15 juin 2026, 20:05
Retour à Carolles par le chemin des écoliers. En fait je me suis perdu. Cela fait la deuxième fois que je n’arrive plus à passer par le Haras du Pin. Il y a des contournements, des déviations. Je suis arrivé par la Mayenne. Je n’étais pas pressé.
Lundi 30 mars 2026. 21h10.
Par Xavier Houssin le lundi 15 juin 2026, 20:04
Train jusque Savernes (il a fallu changer à Strasbourg). Nous étions à la gare un peu avant l’heure du déjeuner. J’avais réservé dans un restaurant situé dans l’enceinte du château du Haut-Barr, une spectaculaire forteresse du XIIe remaniée au XVIe. Une heure à pied en marchant tranquillement. J’aurais dû me méfier. On a rarement construit les châteaux forts en plaine. Et aussi, et surtout, l’établissement s’appelait Là-Haut. Enfin. Après un moment où nous avons longé le canal de la Marne au Rhin, il a fallu commencer à grimper. Premières montées dans les faubourgs, puis dans les sentiers escarpés des bois. Ça n’en finissait pas. J’étais exténué, plus de jambes, plus de souffle. Me revenaient mes souvenirs de retour de manœuvres au service militaire. Amélie qui était contente de la balade commençait à s’inquiéter. Mais, baeckeoffe, choucroute et pinot gris, je me suis heureusement remis de mes efforts. Pendant que nous déjeunions, l’horizon s’est bouché et la grêle s’est mise à tomber. J’imagine la déroute si l’orage nous avait surpris en pleine ascension. Le commercial du garage est venu nous chercher. Brèves formalités. Nous avons pris possession de la voiture et sommes rentrés direct, par l’autoroute. Amélie au volant, ravie.
lundi 27 avril 2026
Dimanche 29 mars 2026. 18h30.
Par Xavier Houssin le lundi 27 avril 2026, 12:05
Messe des Rameaux chez les visitandines de l’avenue Denfert-Rochereau. La petite fenêtre de notre appartement du boulevard Montparnasse donne sur leurs jardins. Cette vue, cette proximité, m’ont rassuré quand nous avons fait le choix de ce nouveau chez nous. Une fois de plus le temps se natte. J’ai tout de suite repensé à Senlis et aux sœurs de Saint Joseph de Cluny. Ma mère enseignait les mathématiques dans leur institution pour jeunes filles. Nous avons vécu dans une petite chambre située dans le couvent avant de louer à la communauté la minuscule maison de la rue du Moulin-du-Gué-de-Pont. J’ai passé mes premières années avec les religieuses. La chapelle, les longs couloirs, le parc. Je retrouve ici quelque chose de cet indéfinissable. Et une grande paix tout doucement m’enveloppe. Déjeuner avec Valentine avant son retour à Lyon. François et Agnès sont venus prendre un verre. Demain nous allons chercher la voiture.
jeudi 23 avril 2026
Samedi 28 mars 2026. 23h00.
Par Xavier Houssin le jeudi 23 avril 2026, 18:46
Il y a vingt ans aujourd’hui que mon divorce a été prononcé.
Samedi 28 mars 2026. 20h45.
Par Xavier Houssin le jeudi 23 avril 2026, 18:45
Je regrette notre périple. Notre route de retour devait traverser la crête des Éparges. Je me serais bien arrêté sur la tombe d’Alain-Fournier à Saint-Remy-la-Calonne, devant la stèle de Pergaud à Marchéville-en-Woëvre. Nous aurions aussi pu aller saluer Michel Bernard à Bar-le-Duc. Déjeuner ou dîner à Sainte-Menehould dont je ne connaissais les pieds de porc que par Les mamelles de Tirésias d’Apollinaire (Mange tes pieds à la Sainte-Menehould ! dit Thérèse au Mari). Ce sera une autre fois. Nous avons fait le marché boulevard du Port-Royal. Nous attendions la visite de Jérôme et des enfants ce soir. Mais peu avant de venir, il s’est très violemment emporté contre Gabrielle. Pour rien. Une fois de plus. Amélie a eu la petite en larmes au téléphone. Elle hoquetait. Lui ne maîtrise rien. Son énervement va croissant. Il est à vif. Il ne contient pas son chagrin et sa rage. Et personne ne parvient à l’apaiser. Quo usque tandem abutere patientia nostra ? Tout cela est navrant. Et triste.
Vendredi 27 mars 2026. 23h50.
Par Xavier Houssin le jeudi 23 avril 2026, 17:17
Marie-France m’a accompagné à la gare. Nous avons déposé La Harpe chez Séverine à Coudeville en chemin. Amélie m’attendait au bout du quai à Montparnasse. J’ai juste déposé ma valise à l’appartement et nous avons filé rue Rodier dans le IXe pour la soirée qu’avait organisé son cousin Edouard pour célébrer en famille la fermeture bien définitive du bar qu’il avait tenu en association avec quelques amis. Ça avait été leur danseuse pendant quelques années. Énormément de monde. Les invités de plusieurs fêtes organisées en même temps se bousculaient à l’intérieur. Il fallait reconnaître les siens et se frayer un passage. Musique à fond, conversations presque impossibles. Gabrielle et Antoine faisaient le pied de grue devant la porte, s’ennuyant ferme. Ils accompagnaient Jérôme qui, ce soir, en avait la garde. Nous avons (comme nous avons pu) embrassé les uns les autres, cousins, cousines. Comme il y avait là Vincent et Suzanne, sa dernière de douze ans qui elle aussi se morfondait, nous sommes allés dîner chez un Libanais à cinq minutes à pied du vacarme. Avant de retourner aux embrassades. Valentine est arrivée de Lyon pour deux jours. Nous avions prévu de lui laisser l’appartement car nous voulions passer deux jours dans l’Est après avoir récupéré la voiture en Alsace. Sauf que la carte grise ne sera pas prête avant lundi.
jeudi 26 mars 2026
Jeudi 26 mars 2026. 20h20.
Par Xavier Houssin le jeudi 26 mars 2026, 20:46
Nous allons avoir une nouvelle voiture. Une Toyota. Et neuve (merci la Providence !). Nous allons la chercher samedi à Saverne en Alsace. Je pars à Paris demain.
Mercredi 25 mars 2026. 14h25.
Par Xavier Houssin le jeudi 26 mars 2026, 20:46
Yann est passé. Il va changer ma boîte aux lettres. Quand je suis absent, c’est lui qui relève le courrier et il n’en peut plus de mon tas de ferraille rouillé qui s’effrite. La nouvelle boîte, je l’ai achetée il y déjà longtemps. Sauf que je n’ai toujours pas compris comment il fallait l’installer. Ce n’est rien à faire. Je m’en occupe. Les jours de l’ancienne sont comptés.
Mardi 24 mars 2026. 20h25.
Par Xavier Houssin le jeudi 26 mars 2026, 20:45
Jacques m’a accompagné au garage où je devais signer les papiers de cession de la Punto. Maintenant c’est fait. Au retour, il est resté prendre un verre à la maison. Du blanc des côteaux-varois. Il a longtemps tenu un stand aux puces, marché Serpette. Nous avons parlé brocante. Il est intarissable. Nostalgique, drôle. Je l’aime bien. J’avais rendez-vous chez la dentiste. Elle me pose une couronne. Longue séance. La première, mi-février lorsque j’étais allé la voir en urgence m’avait déjà paru interminable. Mais Dieu qu’elle m’avait soulagé… Cette fois encore, ça n’en finissait pas. J’y retourne dans quinze jours.
Lundi 23 mars 2026. 16h50.
Par Xavier Houssin le jeudi 26 mars 2026, 20:45
Rapporté sa voiture à Brigitte. J’ai bricolé un peu dans la maison. Remis en place dans le jardin la statuette de la Vierge de Guadalupe que Virginie et Marcus m’avaient offerte il y a dix ans. A la dernière tempête, elle avait basculé. Sa tête qui avait heurté le mur s’était brisée. Je l’ai brossée, recollée, traitée à l’hydrofuge. Elle a retrouvé le rosier Étoile de Hollande et la vigne. Et dans le fouillis de la plate-bande, à ses pieds, les valérianes pâles de la tombe de Marguerite Audoux à Saint-Raphaël.
Dimanche 22 mars 2026. 19h20.
Par Xavier Houssin le jeudi 26 mars 2026, 20:44
La journée a filé sans qu’on s’en aperçoive. Il a fallu raccompagner Amélie à la gare. A chaque fois je retrouve ce cafard poisseux du dimanche soir. C’est l’heure… Ce vilain chant du départ est accompagné à la radio par La tribune des critiques de disques de Jérémie Rousseau. J’ai pris l’émission en grippe. Aujourd’hui, c’était La lettre à Élise. J’avais en tête la chanson d’Anne Sylvestre : Depuis le temps que tu entends ça/ Gnagnagna, gnagnagna/ Est-ce que ça ne te saoule pas ?
Samedi 21 mars 2026. 21h45.
Par Xavier Houssin le jeudi 26 mars 2026, 20:43
J’ai reçu la mousseline du volume Peter Pan de la Pléiade. Lanwenn a bien voulu me laisser faire la une du journal avec cette parution qui rassemble l’ensemble des écrits de Barrie sur l’espiègle petit garçon qui refuse de grandir. Je n’en connaissais que la version romanesque, Peter et Wendy, découverte à l’adolescence. L’édition et bien des traductions nouvelles sont de Philippe Forest qui publie en même temps Gais, innocents et sans cœur, histoire intime de sa relation avec le texte. J’ai profité de la voiture pour faire quelques courses à Granville. Le temps fraîchit doucement au soir. Nous avons fait du feu.
Vendredi 20 mars 2026. 18h00.
Par Xavier Houssin le jeudi 26 mars 2026, 20:42
Je suis allé, à l’ouverture, au garage de Sartilly où se trouve la Punto. Ma pauvre voiture ne vaut pas les frais qu’il faudrait engager pour le réparer. Je leur laisse pour rien (enfin, je ne paie pas la main d’œuvre du diagnostic). Je passerai la semaine prochaine pour les papiers. J’ai été récupérer ce qui traînait dans les vide-poches. Avant de claquer pour de bon la portière, j’ai tapoté le volant. Nous avons pas mal roulé ensemble. Fabien nous l’avait vendue il y quatre ans. Marché à Jullouville. J’ai acheté un bar, deux moussettes, des praires, des saint-jacques, des bigorneaux. Un jarret de porc, du boudin. Un plein panier de légumes. Deux kilos de pommes jaunes acidulées. Je suis rentré à la maison déposer les courses. La chienne m’attendait un peu désespérée. Je ne la fais pas monter dans la petite Honda de Brigitte, elle laisserait ses poils partout sur les sièges. Mais La Harpe n’a pas l’habitude que je la laisse seule. Elle s’inquiète. Tu gardes le jardin ! Alors elle se poste sous la boîte aux lettres, l’air résigné. Je suis arrivé juste à l’heure pour le train d’Amélie. Premier déjeuner sur la terrasse. Il faisait un soleil radieux. C’est aujourd’hui le printemps.
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