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jeudi 29 juillet 2021

Lundi 26 juillet 2021. 20h20.

J’ai fait l’aller-retour à Paris. Toujours mes histoires de bague. Peu avant notre départ au Mexique, j’avais finalement trouvé la « remplaçante » de celle que j’avais perdue en novembre. Une intaille XIXe en cornaline représentant un profil de Junon, montée très sobrement. Je m’y étais apprivoisé. Je l’ai perdue aussi. Ou plutôt, il ne m’est resté que l’anneau. Le chaton s’est arraché. Un faux mouvement, un choc. Les soudures n’ont pas tenu. Je m’en suis aperçu un soir alors que je lisais Une étude en rouge à Gabrielle et Antoine. Nous les avions à Carolles pour une semaine. J’en étais à : Gregson avait à sa disposition une civière et quatre hommes. Ceux-ci arrivèrent à son appel ; ils soulevèrent le cadavre et l’emportèrent. Au moment où on l’enlevait, une bague tomba avec un son clair et roula sur le parquet. Instinctivement, j’avais alors regardé mon petit doigt. L’intaille n’y était plus. Nous avons cherché partout. Le lendemain, nous sommes revenus à l’aérodrome de Bréville où Yann avait fait faire un baptême de l’air aux enfants dans son bel avion tout neuf. Nous avons exploré, ratissé. Peine perdue. Le hasard a voulu que je tombe les jours suivants sur une vente d’intailles antiques à Drouot. Il y en avait une particulièrement jolie. Ronde, d’un peu moins d’un centimètre de diamètre. Sur la calcédoine blanche était gravé un petit genius romain ailé, portant une offrande. Un ange passait avant l’heure. J’ai eu la chance d’emporter l’enchère. C’est cette minuscule pierre que je suis allé chercher à Paris aujourd’hui. Comme faisions la première étape des vacances à Veyrier, l’idée était de le confier à Marcus afin qu’il la fasse monter en bague dans l’atelier de sa bijouterie de Mexico. Manière de refermer (pour de bon ?) cette sorte de boucle bizarre. Sauf qu’entretemps, Amélie a retrouvé le chaton disparu dans un improbable recoin de la maison.

Dimanche 25 juillet 2021. 23h00.

D’une lacune l’autre, tout se disperse. Les journées sont comme des grains de sable emportées dans le flot d’un torrent. Je n’en retiens rien.

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vendredi 25 juin 2021

Dimanche 30 mai 2021. 22h10.

Nous avions rendez-vous avec Clémence à la terrasse de chez Péret. Elle a été vite rejointe (c’était prévu) par Louise. Et Louise, cela faisait bien un an que je ne l’avais pas vue. La faute à mes trop brefs séjours à Paris. J’étais ravi des retrouvailles. Elle a changé évidemment. Elle va avoir dix-sept ans dans quelques semaines et se dépêtre avec tout un tas de préoccupations dont je ne comprends pas grand chose. Mais je suis sous le charme. Elle est jolie, vive. Elle rit, et déborde d’un enthousiasme communicatif. De retour à l’appartement, je me suis occupé des plantes que j’avais rapportées de Senlis. Mis en godet la pousse toute chétive, toute malingre, trouvée au pied de « mon chêne » en forêt d’Halatte. Et celle aussi d’un des grands marronniers du Cours, juste en face de la maison. Elles rejoindront mon petit arboretum sentimental à Carolles. Pourvu qu’elles s’enracinent. Ca a été une belle journée. Jusqu’ici, mes rapides allers retours à Senlis étaient toujours envahis de mélancolique tristesse. Mais cette fois, dans la douceur de cet après-midi de printemps, j’ai compris, que je n’avais rien perdu là-bas. Qu’en fait je n’étais jamais parti. Que tout était resté si vivant dans mon cœur que j’appartenais encore à cette terre-là, à cette ville qui m’avait vu grandir. Qui m’avait fait grandir. Et que j’étais, à jamais, de mon enfance. Nous reviendrons, n’est-ce pas ?, m’a dit Amélie.

Dimanche 30 mai 2021. 17h20.

Et si nous allions à Senlis ? a proposé Amélie. J’y avais pensé (pour une fois que j’avais la voiture), je n’avais pas osé lui en parler. C’était sans doute trop tard pour les marronniers en fleurs sur le Cours, mais j’avais très envie de retourner là-bas. La dernière fois remontait bien à cinq ans, une fin novembre. Et ce dimanche était si ensoleillé, le ciel si bleu, pur comme l’azur des blasons royaux. Nous sommes arrivés vers midi. Déjeuner rue Bellon dans un restaurant installé en lieu et place du Bazar de la licorne, le magasin aux trésors où j’achetais mes lignes de pêche et mes appâts, les lance-pierres, les pétards, les filets à papillons. Nous avons flâné dans les rues. J’appréhendais un peu, mais sans effort tout m’est redevenu familier. Je me trouvais très doucement accueilli. J’étais chez moi. Je rentrais à la maison. La maison, justement. Je suis bien sûr allé la voir. J’ai aperçu du linge qui séchait dans la courette. Contre le mur grimpait un rosier fleuri. Ca m’a fait sourire. Le présent faisait une jolie boucle avec mes souvenirs. Je me suis rendu compte que nous étions le jour de la fête des mères. J’ai pris la main d’Amélie.

mercredi 2 juin 2021

Samedi 29 mai 2021. 20h00.

C’était la communion de Gabrielle. Sa première communion. La cérémonie avait lieu dans l’église Stella matutina, sur les hauteurs de Saint-Cloud. Un édifice des années 1960 à toiture de cuivre en forme d’étoile. Bois et béton, vitraux géométriques. Nous y étions déjà venus en octobre pour la confirmation de Thomas. Je ne suis pas très sensible à ces architectures-là. Marion et Jérôme étaient ensemble, bien sûr, pour l’occasion. Il y avait aussi, petit comité, Véronique, la mère de Marion, Gilles, son frère, et son épouse Laurie. Sa sœur Juliette aussi. Messe à la guitare, sermon un peu niais à l’adresse des enfants. C’était hélas prévisible, mais quelle pauvreté de la liturgie, du discours. Gabrielle était jolie avec sa petite robe blanche, sa couronne de gypsophylle posée sur ses cheveux blonds. Prends ma couronne, je te la donne/ 
Au ciel n'est-ce pas, tu me la rendras. Pourquoi ne chante-on plus cela ? Déjeuner simple rue Alphonse-Moguez. Gabrielle a ouvert ses cadeaux. Camille, sa marraine nous avait confié pour elle une médaille en argent de Notre-Dame de Guadalupe. Nous lui avons offert un petit bracelet (mexicain) des Vierges protectices, mais aussi des accessoires de pâtisserie, sa nouvelle passion, avec un tablier « Harry Potter » portant l’écusson de Griffondor. Gabrielle a dévoré la série de J.K. Rowling il y a déjà un moment. Elle est une grande lectrice. Je m’efforce de la fournir. Récemment je lui ai posté une dizaine de Roald Dahl qu’elle a tous terminés. Je vais lui faire un nouveau paquet avec les trois romans de Frances Hodgson Burnett (La petite princesse, Le petit lord Fontleroy et Le jardin secret). Ca devrait lui plaire.

Vendredi 28 mai 2021. 22h50.

Arrivée cauchemardesque à Paris. Cela faisait un moment que je n’étais pas venu en voiture. Les restrictions de circulation mises en place par la mairie dépassent tout ce que l’on peut imaginer. Ca a mal commencé. Arrivé par la porte de Sèvres, J’ai pris les Maréchaux et tourné un peu plus loin à gauche rue Desnouettes (il y a une poste et j’avais du courrier à mettre) pour rejoindre la rue de Vaugirard. Sauf qu’à l’angle de la rue de la Croix-Nivert, je me suis retrouvé avec une portion de 50 mètres de chaussée interdite, sauf aux vélos, alors que le sens de circulation continuait juste après. J’ai hésité, mais j'ai fait finalement comme celui qui me précédait, j’ai passé outre. Pas vraiment fier. Quel incompréhensible embrouillaminis. Quant à la rue de Vaugirard, elle est très vite réduite à une seule file matérialisée par des plots jaunes et des rails en béton. Personne ne parvient à avancer. La voie ne s’est dégagée qu’après la rue de Rennes. J’ai retrouvé Amélie au Luxembourg. J’avais mis plus d’une heure pour venir du XVe. Dîner à Auteuil chez Astrid et Lahlou (nous y sommes allés en taxi). Nous y avons retrouvé Clémence. Et ça a été une très jolie soirée…

Jeudi 27 mai 2021. 19h40.

Je suis bien évidemment en retard pour mes papiers. J’avais proposé à Raphaëlle d’emporter des devoirs de vacances au Mexique. Heureusement (elle me connaît bien) qu’elle n’a pas trop compté dessus. Mais j’avais fermement l’intention de m’y mettre dès le retour. Sauf que, à peine nous étions arrivés à Carolles, encore dans les vapeurs du décalage horaire, je suis me suis retrouvé bizarrement malade. Un genre d’empoisonnement, dû peut-être au plateau repas d’Aeromexico (¿ pasta o pollo ?), sinon à une mauvaise huître de notre premier déjeuner. Va savoir. Je me suis traîné quinze jours. Une vraie loque. Me reste donc à terminer quelques chroniques. Un petit bouquet de brèves et La vie des morts de Laclavetine. Un peu profond ruisseau... de Catherine Millot aussi. Je sais, ce ne sont pas ce que l’on pourrait appeler des textes divertissants. J’ai emmené la chienne chez Séverine. Je pars à Paris pour le week-end. En voiture.

jeudi 27 mai 2021

Mercredi 26 mai 2021. 23h00

Presque six mois sans une ligne. Acédie. Le mot m’est revenu, encore, comme une mauvaise évidence. Après une nouvelle journée gachée, perdue, épuisé de ruminations blanches, d’idées qui ne viennent pas ou si peu, je suis allé faire un tour avec la chienne sur la falaise. Le temps était à l’aune. Gris, froid. Une bruine éparse. Fichu mois de mai hors printemps. La végétation souffre. Les fleurs des genêts pendent, fanées, chiffonnées. Les compagnons blancs sur les talus ont replié leurs pétales. Hier, il a même grêlé. Mon pauvre jardin. Mes pauvres roses. Tout cela n’affectait pas La Harpe qui bondissait dix mètres devant moi dans les hautes herbes. Je me suis senti content pour elle. J’avais bien fait de sortir. J’ai respiré un grand coup. Acédie. Ce pourrait-il que ce soit Assez dit ! Que cela signifie qu’il faut maintenant que je me taise ? Je ne sais pas. L’acédie me garrotte l’âme. J’ai du mal à respirer. C’est peut-être un peu aussi que le monde est devenu terriblement étouffant avec cette folie sanitaire, ces contraintes, ces interdits. Ces permissions éphémères. Les terrasses des cafés, des restaurants, les commerces, viennent de rouvrir. Sous conditions. Des tas d’abrutis s’y pressent, panurgent. Persuadés qu’ils sont de renouer enfin avec la liberté. Drôle de liberté. Le vaccin va bientôt être exigé pour une foule de choses de la vie courante. Et malheur aux récalcitrants. Jusqu’à peu, j’avais l’impression, ici, d’être à l’abri de toute cette pression grotesque. Je m’aperçois qu’il n’en est rien. Je me suis juste recroquevillé. Nous nous sommes évadés quand même. Dix jours au Mexique à l’invitation de Virginie et Marcus. Là-bas, les frontières étaient largement ouvertes. Pour sortir de France, il fallait juste trouver un « motif impérieux ». Il en est. J’accroche ce séjour à mes plus beaux souvenirs.

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jeudi 14 janvier 2021

Jeudi 14 janvier 2021. 19h00.

Le couvre-feu est avancé partout à 18h00. Le Premier ministre vient de l’annoncer. Quelle folie, mais quelle folie que ces gens. Le résultat déjà est qu’Amélie ne peut pas rentrer à Paris dimanche soir. Le seul train au départ de Granville (il n’y en a plus que deux par jour) arrive passé 22h00. Et je ne serais pas rassuré de la savoir marcher dans les rues désertes. Elle prendra celui du lundi matin. A 5h55…

Jeudi 14 janvier 2021. 15h40.

Anniversaire de la mort de Lewis Carroll. A chaque fois, je m’arrête sur la date. 123 ans cette année, ça ne fait pas un compte rond. Ce qui tombe juste par contre, c’est son âge à ce 14 janvier 1898. J’ai le même aujourd’hui. Il a été emporté par une mauvaise grippe. Cela fait plus de vingt ans que je me suis rendu sur sa tombe à Guildford. J’aimerais bien, je voudrais, refaire le voyage. Revenir à aussi Oxford, à Eastbourne. Aller à Daresbury. Ce n’est pas demain la veille avec, justement, cette épidémie de grippe internationale. De nouvelles « vagues », de nouvelles « souches » de cette étrange infection arrivent paraît-il de partout. Et le monde semble avoir définitivement sombré dans la folie inquiète. Confinement, couvre-feu, interdictions, consignes sanitaires. J’étais à Paris ces jours derniers. Chacun fait semblant, mais tout est comme pétrifié. Les gens circulent un masque sur le visage. Les cafés, les restaurants, les cinémas, les musées sont fermés. Sinistre. J’ai vu Bruno Genevray (j’avais dû repousser nos rendez-vous d’octobre et de décembre) et je suis allé (il était temps) chez le coiffeur. J’ai aussi réussi à déjeuner avec Pascale. A la maison, puisqu’il est impossible de se retrouver où que ce soit en ville. J’avais fait ouvrir deux douzaines de Gillardeau par le poissonnier de la rue Daguerre. Elle avait apporté du menetou-salon. Un bail que nous n’avions pas passé un moment ensemble. On s’entend bien tous les deux. Je me suis retrouvé dans la nouvelle année sans bien m’en rendre compte. Marie est venue quelques jours à Carolles. Elle est arrivée le 31. Nous avons veillé jusqu’à minuit pour la forme. Au lit tout de suite après. Le soir de Noël, nous étions chez Yann et Brigitte. Couchés de bonne heure là encore. Il va maintenant falloir se réveiller. Autrement, j’ai enfin touché ma retraite. Dieu que ça a été long et compliqué. Comme je m’en doutais bien, c’est très loin d’être le Pérou, mais cela va me faire un fixe qui me permettra d’affronter mes factures ordinaires sans frémir. Je vais continuer bien sûr à travailler… J’ai rendu à Raphaëlle un papier sur Aujourd’hui de Dominique Fabre. Terminé pour Macha une petite chronique de La chanson de Passavant de Sureau qui reparaît en Poésie/Gallimard. Pour lundi, je dois écrire sur Cimetière d’étoiles de Morgiève. Fait un peu de courrier. Pas de vœux. A la bonne cinquantaine de cartes que nous avions expédié pour Noël, nous n’avons reçu que cinq ou six réponses. J’ai eu des nouvelles de François. Il a écrit à ma belle-sœur Noëlle pour tenter de récupérer le « stick » que son père, le capitaine Félix Broche, avait donné en gage d’amitié au mien, à Nouméa, en quittant le Bataillon du Pacifique avant qu'il ne tombe pour la France à Bir-Hakeim. Il veut en faire don au musée de l’Ordre de la Libération. Je sais que cette courte cravache gainée de cuir marron est chez elle. Après le décès de ma mère, mon demi-frère Jean et elle étaient venus emporter pas mal d’affaires de la « succession » de mon père. Ce petit talisman en faisait partie. Jean avait d’ailleurs insisté pour le prendre. Il est mort en 2010. A plusieurs reprises, j’ai tenté de récupérer le journal de mon père, quelques souvenirs. Et cette cravache aussi. Noëlle n’a jamais répondu à mes lettres. A François, elle prétend qu’elle ne sait pas de quoi il s’agit. Ca me laisse sans voix. J’ai de la peine pour lui.

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lundi 21 décembre 2020

Dimanche 20 décembre 2020. 15h40.

M. Hervieux a livré le bois. Passé la matinée à le ranger. Mon dos a tenu.

Samedi 19 décembre 2020. 22h15.

J’ai fait la crêche. Installé comme tous les ans ce joli théâtre de Noël. Il compte maintenant une bonne trentaine de santons. J’aimerais en racheter d’autres pour étoffer ma petite troupe. Il m’en reste encore quelques uns à peindre, mais je repousse de m’y mettre, car je crains de mal faire. Ma vue n’est plus la même, mes gestes moins précis. Il me faudrait une loupe sur pied. J’ai habillé la scène de branchages, de verdure. La semaine dernière, avec Amélie, nous étions allés, au bois des Châtelliers, ramasser du polytric, cette belle mousse épaisse qui pousse au pied des chênes.

Vendredi 18 décembre 2020. 18h50.

Déposé une enchère à une vente de janvier pour une bague à intaille représentant un sphinx. Je me suis demandé pourquoi je m’acharnais autant à remplacer ce bijou perdu. Pas d’autre réponse que l’étrange sensation de manque que j’éprouve depuis qu’il n’est plus à mon doigt.

Jeudi 17 décembre 2020. 19h30.

L’équipe de M. Mitaillé est venue enfin tailler les haies. Ils y ont passé la journée. Le jardin reprend forme. Ils reviendront avant Noël pour les bordures de buis.

Mercredi 16 décembre 2020. 16h10.

C’était l’enterrement d’André à Metz ce matin. Virginie et Marcus ont fait le voyage depuis Mexico pour y assister. Ils sont magnifiquement fidèles. Nous sommes allés jusqu’à l’église allumer un cierge dans la chapelle de la Vierge. Nous y avons croisé Yann. Il y est chaque matin pour ses dévotions après son heure de marche. Venez donc dîner à la maison ce soir.

Mardi 15 décembre 2020. 17h00.

J’ai commandé deux caisses de vin gris de Joigny. Chez Alain Vignot à Paroy-sur-Tholon. Vignot a été un de mes camarades de service militaire, mais je dois avouer que ne me souviens pas bien de lui. Sauf de son nom. Pourquoi cela m'est-il resté ? Je n’ai pas beaucoup de souvenirs de mon armée, à Joigny, en 1976, au régiment géographique. Je veux dire de souvenirs de caserne. Je ne garde vraiment de cette année lointaine, entre parenthèses, que la sensation restée vivace, de la douce consolation que m’ont apportée les lieux, la forêt d’Othe, les bords de l’Yonne, la vieille cité, ses ruelles, ses églises. J’ai fait aussi là-bas un assez inattendu apprentissage gourmand. Lorsqu’il était possible d’être « décompté » du triste repas de 18h00 à la cantine, je filais au plus vite en permission de ville et je m’offrais quelquefois, en rognant sur ma solde, à dîner au restaurant. Il y avait de belles tables. Généreuses. Gougères aux cèpes, terrines, jambons, gibiers en sauce. J’allais à L’Escargot, au Paris-Nice, à La Côte-saint-Jacques. Cette dernière adresse était plutôt chic avec décor fleuri, fauteuils à médaillon de style Louis XVI, mais on y servait sans trop de chichis du boudin, de la poularde. Depuis, l’endroit, repris par le fils du patron d’alors (dont je garde en mémoire la grosse moustache noire), a été agrandi, « modernisé », « embelli ». C'est devenu un haut lieu de la gastronomie contemporaine et aussi un hôtel de très grand luxe. Autre chose. Plus vraiment pour moi.

mardi 15 décembre 2020

Lundi 14 décembre 2020. 10h00.

Appelé Pascal Hervieux, notre fournisseur de bois de l’an dernier. Il ne reste plus grand chose dans notre bûcher. Nous avons brûlé les deux cordes qu’il nous a livrées, plus une bonne corde débitée dans le grand tilleul mort de Fabien. Je vais essayer de faire au plus vite. Mais d’ici qu’il vienne, ça va vraiment être juste.

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