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jeudi 4 juin 2020

Dimanche 8 mars 2020. 16h40.

Deux nouveaux papiers aujourd’hui. Pierre Vavasseur dans Le Parisien et, à nouveau Jérôme Garcin dans La Provence. Je ne boude pas mon plaisir. Et même, je savoure ma revanche. Il y a un an, Manuel Carcassonne m’envoyait paître avec mon Officier. Oh, je ne crois pas qu’il se morde les doigts de son refus. Mais je me plais à croire que toute cette presse l’agace un peu.

Dimanche 8 mars 2020. 16h40.

Deux nouveaux papiers aujourd’hui. Pierre Vavasseur dans Le Parisien et, à nouveau Jérôme Garcin dans La Provence. Je ne boude pas mon plaisir. Et même, je savoure ma revanche. Il y a un an, Manuel Carcassonne m’envoyait paître avec mon Officier. Oh, je ne crois pas qu’il se morde les doigts de son refus. Mais je me plais à croire que toute cette presse l’agace un peu.

Vendredi 6 mars 2020. 19h30.

J’ai eu Olivier Renault au téléphone. Rendez-vous pris, le 26 à La petite lumière, sa librairie, rue Boulard, pour une signature.

Jeudi 5 mars 2020. 17h20.

Un papier de Jérôme Garcin dans L’Obs. Un livre rédempteur, écrit-il. Et aussi une très belle chronique d’Arnaud de la Grange dans Le Figaro. Une autre encore de Franck Boitelle dans Paris-Normandie. Quelle belle journée !

Mercredi 4 mars 2020. 20h00.

Sophie est venue m’enregistrer à la maison pour son émission Paroles et Musique sur Avranches FM, devenu d’ailleurs maintenant Radio Sud-Manche. Grand privilège des antennes locales : le temps. C’est presque une heure et demie de conversation qui sera diffusée. J’avais demandé à avoir en ouverture Les barricades mystérieuses de Couperin, la version de Blandine Verlet. Parce que l’histoire de mon Officier n’est qu’une succession d’empêchements intérieurs, d’absurdes refus d’obstacles, une longue chronique de l’inaptitude au bonheur, en fait.

Lundi 2 mars 2020. 18h50.

Rentré par le premier train. Amélie m’a accompagné à Montparnasse. Elle est avec moi d’une délicatesse de chaque instant. Récupéré La Harpe chez Séverine. J’ai un papier d’Anne-Marie Mitchell dans La Marseillaise, deux critiques de lecteurs sur Babelio.

Dimanche 1er mars 2020. 23h00.

Salon du livre de Levallois. Je n’étais pas vraiment chaud. Je savais que je ne participerais même pas à un un débat et que j’allais me retrouver coincé derrière une pile de livres à attendre le client. J’ai une sainte horreur de ces espèces de foires aux auteurs. Il y règne une confraternité un peu poisseuse, et, en ce qui me concerne, c’est, généralement une cruelle leçon d’humilité, vu que les lecteurs ne se bousculent pas pour me demander des dédicaces. Mais Agnès, chez Grasset, avait un peu insisté et puis surtout, Amélie m’accompagnait et je savais que j’y retrouverais Michel. Nous avons d’ailleurs déjeuné ensemble, avec Françoise, son épouse, juste avant de rejoindre la mairie où se tenait l’affaire. Tout s’est passé comme je le pressentais. Les gens passent, prennent timidement un livre, lisent ou font semblant de lire la quatrième, esquissent un pâle sourire et passent leur chemin. Pesant ennui. Allez, j’ai signé quelques exemplaires. J’ai vu des visages amis (Cécile et son compagnon), et fait mes civilités, à Stéphanie Janicot, à Evelyne Lever, à Pierre Péju, à Etienne de Montéty, à Olivier Bellamy. Agnès Clancier est venue me parler du Corps de Sankara, son dernier roman. J’ai fait un nœud à mon mouchoir pour ne pas oublier de le regarder à nouveau. Prévoyant, j’avais pris avec moi quelques cartes et quelques enveloppes. J’ai rattrapé un peu le retard de mon courrier. Parti le plus (décemment) tôt possible. Il tombait une pluie glacée. Diem perdidi. Heureusement, le soir, nous dînions chez Antonie et Vincent. Pour Suzanne qui avait tant aimé Les malheurs de Sophie, j’avais apporté Les petites filles modèles.

lundi 6 avril 2020

Samedi 29 février 2020. 23h50.

Nous sommes allés déjeuner à Saint-Cloud pour fêter l’anniversaire d’Antoine. Petits cadeaux aux deux. Notre dernière visite remontait à l’automne. Les enfants étaient gentils, Marion plutôt détendue. Mais je trouve tout là-bas cafardeux, débordant d’ennui. C’est mon syndrome de la banlieue. Nous avons accompagné Gabrielle à son cours de théâtre sur le chemin du retour. Le soir, Isabelle, Astrid et Lahlou, sont passés à la maison fêter la sortie de mon livre. Champagne. Il revient de si loin mon Officier.

Vendredi 28 février 2020. 19h30.

Reçu un message de Pôle emploi : Bonjour, Vous ne savez pas conduire des trains ? Venez vous former en étant rémunéré pendant un an ! La dernière fois, un « conseiller » m’avait proposé de devenir chauffeur VTC. D’une certaine manière, ils ont de la suite dans les idées.

Vendredi 28 février 2020. 16h20.

Enregistrement à RFI avec Catherine Fruchon pour son émission Littérature sans frontières. L’immeuble de la radio est à Issy-les-Moulineaux dans un quartier de bureaux sinistre. J’attendais mon taxi quand j’ai reçu un message de Laurence. Son fils (il a quatre ou cinq ans) va très mal. Deux mois que cela traîne sans qu’un diagnostic clair soit posé. Je ne peux pas t’appeler, me dit-elle. Je n’en trouve pas la force. Déjeuner avec Michel, rue Stanislas, chez Marcel. Un bon moment dans tous les sens du terme, puisque nous avons fait la fermeture du service. Nous nous revoyons dimanche pour le salon du livre de Levallois.

Jeudi 27 février 2020. 18h00.

J’ai déposé La Harpe chez Séverine à Coudeville pour quelques jours. Déjeuné à Granville dans une brasserie de la rue Couraye et pris le train de l’après-midi. En cette période de carnaval, avec la fête foraine qui envahit tous les abords de la gare, il n’y pas moyen de se garer. Heureusement, cette année, Brigitte et Yann ont acheté un parking à deux pas. Et ils nous le prêtent. Quel soulagement.

Mercredi 26 février 2020. 21h20.

Messe des Cendres à Jullouville. J’ai filé après la cérémonie. Il était question de bol de riz à la salle paroissiale.

Dimanche 23 février 2020. 23h00.

J’ai reçu un long message de Patrick Kéchichian. Nous nous étions rencontrés au Monde au moment de mes premières piges, en 2005. J’y étais entré en avril avec un papier sur Remonter l’Orénoque de Mathias Enard. Josyane grâce à qui j’avais mis un orteil dans la rédaction était alors sur le départ et m’avait confié à Christine Rousseau. Pigiste, je le suis resté, du règne de Franck Nouchi à celui de Jean Birnbaum. Même si j’ai cru un moment qu’on allait m’embaucher. Aujourd’hui, ma collaboration est pour le moins hachée. Kéchichian m’écrit à propos de mon livre, tenant des propos très louangeux. Confortants surtout. Il l’a lu grâce à Dominique Lefrère à qui je l’ai dédié (Une amie d’adolescence, m’écrit-il). Je suis toujours troublé de m’apercevoir de la manière dont les existences se croisent. Pendant plus de quinze années, et davantage, je pense, elle a été ma thérapeute, mon analyste, ma directrice de conscience. Elle m’a aidé à devenir qui je suis, à retrouver qui j’étais. Aussi à me sauver, à m’enfuir, à m’évader. Je lui dois mes livres et tout particulièrement ce dernier. Je lui dois mon bon, ou plutôt mon vrai côté des choses. Depuis que j’ai mis fin aux séances, nous nous sommes aperçus quelquefois au Rostand, de loin. Un sourire. Un petit signe. Il faudra bien qu’un jour, je lui témoigne de cette reconnaissance-là. Deux chroniques sur L’officier, dans Le Parisien week-end et le Figaro magazine. Je suis gâté.

Vendredi 21 février 2020. 19h50.

Nous avons passé toute la journée à ranger le bois. Deux cordes. Nous avons un nouveau fournisseur, du côté de La Rochelle Normande. L’adresse nous a été donnée par Séverine, la dog-sitter de La Harpe. Le précédent, un voisin d’Etienne à Saint-Jean-des-Champs nous avait livré deux fois de suite des bûches de mauvaise qualité, et je le soupçonne d’avoir été à chaque fois un peu « chiche » sur la quantité. Là, tout à l’air parfait. Du chêne, du pommier, du frêne, du châtaignier. Nous avons fait une belle première flambée.

Vendredi 21 février 2020. 8h20.

Je ne me souviens que du titre : 21 février en pagaille, et la suite. Un poème que j’avais écrit quand je devais avoir dix-huit ans. Ca m’est revenu d’un coup en ouvrant l’agenda. Mais quel était ce texte ? Pourquoi s’accrochait-il à cette date ? Je ne sais plus. Je ne sais plus.

Mercredi 19 février 2020. 20h50.

J’ai écrit à Raphaëlle pour la remercier de son papier dans Le Monde sur mon livre. Elle a tout compris de ce que j'ai essayé de dire.

Mardi 18 février 2020. 17h40.

Amélie m’a rappelé que c’était l’anniversaire d’Antoine aujourd’hui. Il a six ans. Un petit garçon pas facile. Têtu, à fleur de peau. Il a poussé un rien de travers, n’ayant connu que les incessantes disputes de ses parents. Lesquels, depuis bientôt deux ans, pataugent dans une demande de divorce qui n’avance pas. De fait, ils sont séparés. Jérôme, qui travaille dans le Midi maintenant, a fini par louer quelque chose du côté de Marseille, après avoir colonisé de longs mois la maison de Claire et d’Emmanuel. Marion est restée dans l’appartement de Saint-Cloud. Mais rien n’est réglé. La situation s’enkyste. Gabrielle et Antoine en font les frais. Nous les verrons dans une dizaine de jours. Long entretien téléphonique avec Mme Rossi, la DRH chargée des retraites aux hôpitaux psychiatriques de Paris qui s’affaire à reconstituer ma carrière publique. Ca a l’air bougrement embrouillé, mais, enfin, j’ai une interlocutrice attentive. Je me mets à espérer.

Jeudi 13 février 2020. 22h30.

Lucien Suel m’a envoyé un message. Il a aimé le livre et j’en suis très heureux. Je ne l’ai jamais rencontré. On se fait de petits signes de temps en temps. Il fait partie des quelques auteurs, comme Alain Galan, comme Michel Bernard, avec lesquels je me sens en connivence. Non pas que nos textes se ressemblent, loin de là je crois, enfin je ne sais pas, mais nous puisons aux mêmes sources. Il y a entre nous quelque chose de familier. J’avais découvert Lucien Suel avec Mort d’un jardinier en 2008. Les tourterelles passent encore une fois au-dessus de ta tête, tu entends des voix lointaines étouffés par la distance, tu ne les entends pas ici dans tes oreilles, tu les entends ailleurs dans ta chambre d’enfants d’enfants assis en larmes au milieu de ton lit mouillé. C’est un roman du monde clos, des pressentiments. De la fidélité. Qui me touche, me vrille. Au profond.

Mercredi 12 février 2020. 21h00.

J’ai retrouvé Ilana Moryoussef à l’Hotel des Saints-Pères. Un court enregistrement pour France Inter. J’étais très content de la revoir. Amélie me l’avait présentée en novembre lors d’une soirée à la SGDL. Elle est d’une intelligence rieuse. Et si juste, si sensible. Passé, vite, chez Grasset saluer Inès, Elodie, Juliette, et récupérer quelques exemplaires du livre. J’avais rendez-vous avec Michel au Danton. Juste le temps d’un verre avant qu’il ne reprenne son train pour Bar-le-Duc.

Mardi 11 février 2020. 20h30.

J’ai déjeuné avec Luc à la Forquetta. On s’était croisés par hasard rue Boissonnade la semaine dernière. Il y habite maintenant. Cinq ans, au moins qu’on ne s’était pas vus. Depuis sa séparation d’avec sa femme il vit toujours seul. C’est comme ça, me dit-il en souriant. Il n’a pas changé, avec cette manière de faire bon cœur quelle que soit la fortune. Mais en vrai, il ne va pas fort. Il a quitté Point de Vue où je l’ai connu et où il a fait toute sa carrière de photographe. Il a demandé la clause de cession. Un drôle coup de tête sur le tard. Incompatibilité d’humeur ? Je n’ai pas tout compris. Résultat, il se trouve privé de la plus grande partie de ses revenus, n’a pas le droit au chômage puisqu’il a atteint l’âge de demander sa retraite et parle (il a fait ses calculs) de s’installer en banlieue. Je ne lui ai rien dit de ma Bérézina financière. Il m’a donné des nouvelles des uns et des autres. Enfin de quelques uns. A part lui, je n’ai revu personne depuis mon licenciement de 2004. Sans que je sache bien pourquoi les amitiés de ce temps là se sont si vite dissoutes.

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