Jeux d’Epreuves à nouveau cette semaine. Je me fais la rengaine du « L’ai-je bien défendu ? ». Là, c’était Noces de Chêne de Régine Detambel. Je suis accroché à ses livres depuis que j’ai lu La quatrième orange en 1992. En moins de vingt ans (elle a publié pour la première fois chez Julliard en 1990), elle a bâti une œuvre inouïe qui parle du corps, de la peau, des émotions vivaces. Dix-sept ou dix-huit romans, au moins six « textes brefs », cinq essais, deux recueils de poèmes, plus la jeunesse, plus les ouvrages collectifs, les préfaces, les critiques d’art, les articles. Je suis, à chaque fois, ébloui par son écriture. Elle l’envahit de plaies, de rage, de lancinances. De nature brute. Foisonnante. Instinctive. Noces de chêne est un très beau texte sur la vieillesse, sur la permanence du désir. Sur la fidélité en amour. J’ai foncé à la maison juste après l’émission. Je devais avoir Xavier Hanotte au téléphone. Le Monde m’a passé commande d'un « atelier d’écriture » sur son dernier titre, Le couteau de Jenufa. A rendre lundi. Je venais à peine de raccrocher quand Marie a sonné. Nous sommes partis ensemble rejoindre Amélie rue Saint-Charles pour notre dernier dîner là-bas. Nous devons rendre en effet l’appartement plus tôt que prévu. De la famille de Dominique et Frédéric doit y loger. Nous n’aurons pas vraiment habité cet endroit. En fait, nous commencions juste à l’apprivoiser. Nous avons passé cette soirée de clôture avec Agnès et Laurent, Anne-Gaëlle et... Laurent. Nous avons fini le poulet rôti, les frites, la glace à la mangue, celle au tiramisu, le pouilly, le bourgueil, les discussions sur les livres, les livres, les livres. Il était tard. Tout le monde est rentré chez soi. Nous avons rangé. Amélie a passé une serpillère sur le sol. J'ai fait le tour des pièces. Dans la chambre, j'ai raccroché au-dessus du lit le portrait du petit Grégory.