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jeudi 8 mars 2018

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Samedi 17 février 2018. 22h00.

Nous avions invité David Fauquemberg aux Rencontres littéraires. Amélie le connaît mieux que moi (par Björn Larsson, quand elle travaillait chez Grasset). Il vient de faire paraître Bluff, un roman lointain et maritime, océanique même. Il nous y emmène dans les pas d’un étranger perdu qui a traversé la Nouvelle-Zélande à pied, avant de s’échouer à Bluff Harbour. Là-bas, c’est le bout du monde. Après c’est l’enfer des Quarantièmes, battus par les tempêtes. Creux vertigineux, vagues scélérates… Fauquemberg croise les destins, scrute les étoiles. Ramène du profond les mythes, les légendes, du peuple des îles. Le texte est beau, troublant. Son premier roman Nullabor, racontait une histoire étrangement proche. Mais, comment dire, je ne suis pas vraiment en harmonie avec ces grandes fresques. Les interrogations sur les mondes que portent les « écrivains voyageurs » ne me touchent guère. Cela m'est trop étranger, sans doute. Mais la salle était comble et les gens ravis. Alors, quel bonheur…

Vendredi 16 février 2018. 21h40.

J’ai rédigé un petit texte pour Le Monde sur le premier recueil de Lola Nicolle, Nous, oiseaux de passage chez Blancs volants. Des poèmes migratoires, où, depuis son kilomètre zéro, l’appartement qu’elle occupe à Paris dans le XVIIIe, elle trace, en rosaces de compas, ses allers et retours, ses itinéraires de voyage. Les lointains, les tout proches. Un carré bleu/ s’est découpé/ dans la nuit/ 5 étages plus bas/ je traverse un pays. J’ai trouvé cette strophe si juste, si parfaite. Je l’ai glissée dans le papier, avant de m’apercevoir (trop tard, je l’avais envoyé) qu’elle faisait la quatrième de couverture du volume. Comme si je n’avais pas fait grand effort pour aller la chercher...

Jeudi 15 février 2018. 23h30.

Carnaval et manèges obligent, j’ai été chercher Amélie à Folligny. A 20h00, il faisait nuit noire. Je me suis perdu, je ne trouvais pas la gare. En fait j’étais passé devant par deux fois sans la voir. Elle était éteinte. Juste une petite lampe blafarde à l’entrée du hall. Et personne. Les quais étaient aussi plongés dans l’obscurité. La passerelle sur les voies disparaissait dans le noir. A l’arrivée du train, j’ai joué au sémaphore avec la torche de mon téléphone portable. Amélie s’est éclairée avec le sien pour me rejoindre. L’autre voyageur qui était descendu avec elle la suivait comme il pouvait. Dangereux colin-maillard.

Mercredi 14 février 2018. 19h50.

J’ai vécu une semaine avec une molaire entre le monde et moi. Ca a commencé par un agacement désagréable, une sensibilité gênante, jusqu’à que cela devienne franchement éprouvant. Comme j’avais mon rendez-vous annuel à Paris avec le dentiste à la fin du mois et que je n’en connaissais aucun par ici, j’ai décidé de prendre mon mal en patience. Laquelle patience s’est vite émoussée. Je ressentais chaque jour un peu plus d’une douleur sourde que rien ne pouvait soulager. Pas moyen de penser à autre chose. J’ai fini par aller voir la généraliste de Jullouville qui m’a mis sous antibiotiques et donné des calmants. Et comme ça ne passait toujours pas, j’ai téléphoné à Patrick à Petit-Quevilly, le cousin d'Amélie, qui m’avait déjà sauvé la mise, il y a un an, en me réparant un plombage. Je te prends mercredi. Sans lui, je crois que je serai devenu fou. Je n’ai aucun souvenir d’avoir eu mal aux dents comme ça. Sauf que, petit, je faisais carie sur carie, et que je passais mes jeudis après-midi chez la dentiste, Mme Savourey. Saleté de roulette. On me maintenait la bouche ouverte. J’accrochais mes mains au fauteuil. Je me retenais de ne pas hurler. Là, Patrick m’a flanqué une bonne dose d’anesthésique, gratté, creusé la dent avant de la reboucher. C’est fini. Mais garde bien ton rendez-vous avec le confrère de Paris. Il faudra mettre une couronne. Laurence nous attendait chez eux à Franqueville. Franchement, je ne suis pas sûr de rester déjeuner. C’est que côté droit, je ne sentais plus ni ma joue, ni ma mâchoire. Allons, ça va bien se passer. Ils sont vraiment gentils tous les deux. Avec le poulet, il y avait de la purée. J’ai fait la connaissance là-bas (c’était prévu) de Nine, leur petite-fille de trois ans. Je lui avais apporté Chloé l’araignée des « Drôles de petites bêtes » d’Antoon Krings. Cela ne m’a pas permis de vaincre sa timidité. Il faut dire que la chienne, tout juste libérée de la voiture (il avait bien fallu que je l’emmène), avait du mal à rester calme, et que moi, je devais avoir l’air plutôt étrange, les lèvres tordues dans le rictus anesthésique.

mardi 6 mars 2018

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Mercredi 7 février 2018. 15h20.

Voyage de retour. Le train a traversé une Normandie toute blanche. Mais à Granville, pas une seule trace de neige. Les quais étaient luisants d’une pluie passée et il faisait soleil. J’ai récupéré La Harpe, crottée comme prévu. En pleine forme. J’étais passé voir Yann. Je viens la chercher avec toi ! La chienne ne savait plus à qui faire la fête. Doucement ! Cela ne fait pas un mois qu’il a été opéré de l’épaule.

Mardi 6 février 2018. 20h00.

Il neige toujours. J’avais rendez-vous en début d’après midi avec Michel Bernard pour un papier sur son Bon cœur, le livre qu’il vient de faire paraître à la Table Ronde sur Jeanne d’Arc. Jeanne d’Arc ? Quel courage, ou quelle folie, mais quel texte magnifique, lyrique, emporté. Nous avons bavardé longtemps au bar de l’hôtel de La Perle (le grand avantage du lieu c’est qu’il n’y a jamais personne). Par son style si doucement classique et qui ne s’emcombre jamais de postures, son propos, sa manière d’inscrire ses mots dans nos paysages, son sens de l’Histoire, celle qui nous a façonnés et qui nous porte encore, il est vraiment, lui, ce que j’aspire à être, « un écrivain français ».

Lundi 5 février 2018. 18h15.

J’ai fini tard dans la nuit mon portrait de Garcin. J’avais brouillonné tout samedi avant de me décider à le démarrer. Déjeuné avec Marie dans le quartier Daumesnil où elle avait un rendez-vous. La neige commençait à tomber comme j’arrivais. Les trottoirs étaient devenus tout blancs quand nous avons quitté le restaurant. Je voulais passer chez Caractères. J’ai appelé Nicole. Elle était chez elle, clouée au lit par un zona. Je sais combien cette maladie est angoissante, douloureuse et longue. Elle dirige la maison d’édition depuis chez elle. Elle s’inquiète. Serai-je sur pieds pour le salon du Livre ?

Vendredi 2 février 2018. 14h40.

Je suis resté presque deux heures chez Jérôme Garcin. Ca me ferait plaisir qu’on se revoie, m’a-t-il dit. Moi aussi. Mais si sincère que ce soit, j’ai peur que cela ne reste qu’un vœu pieux. Il y a quelques années, nous aurions pu entamer une correspondance. Aujourd’hui, cela est devenu compliqué, hasardeux. Et nécessite surtout une volonté, une énergie, un peu… anachroniques. En sortant de chez lui (il habite vers Saint-Georges), je suis passé chez Eppe. J’ai tourné dans les rayons sans rien trouver. Il y avait bien les Œuvres complètes de Voltaire chez Aubrée, l’édition des années 1830, mais même si c’était une affaire, c’était encore trop cher pour moi. Et aussi impossible à emmener avant un bon moment (il y a une quarantaine de volumes). J’ai pris un verre place Kossuth et je suis rentré retrouver Amélie.

Jeudi 1er février 2018. 23h20.

J’ai déposé La Harpe à l’Arche de Léo. Tout est boueux là-bas, je vais la récupérer dans un drôle d’état. Mais elle va adorer se bauger. Et puis, elle déborde d’affection pour Eléonore. J’ai garé la voiture à Granville sur le haut de l’avenue du maréchal-Leclerc. A partir de lundi prochain, en effet, toutes les places de stationnement de la gare sont interdites pour cause d’installation des forains. Voilà revenu ce fichu carnaval. Le temps des fêtards déguisés et des confettis ne dure certes pas très longtemps, mais le luna-park des autos tamponneuses, des carrousels criards et des vendeurs de barbe à papa s’éternise jusqu’à la fin du mois. Une plaie. Arrivé à Paris, je suis allé déposer mes affaires à l’appartement. Je me suis changé avant d’aller chercher Amélie place Paul-Painlevé. C’était la soirée des cinquante ans (enfin des cinquante et un pour qui veut pinailler) du Monde des Livres et cela se passait à l’ancienne B.N., rue de Richelieu, dans la salle Labrouste. J’avais hésité un moment avant de me décider à m’y rendre, mais remettre les pieds dans cette salle des Imprimés où j’avais tant travaillé sur La Harpe (le vrai, pas la chienne) m’a décidé. Beaucoup de monde, c’était prévu. Je ne me suis pas senti très à l’aise de me promener dans ce lieu, une coupe de champagne à la main. Je me trouvais un peu sacrilège. Nous ne sommes pas restés très longtemps. Je suis allé vers les gens que j’aime bien et j’ai évité ceux que j’aime moins. Ou, en tout cas, ceux avec qui je n’ai pas grand chose à faire.

Mercredi 31 janvier 2018. 20h40.

Je me suis souvenu que c’était l’anniversaire de la mort de Marguerite Audoux. J’aurais été plus avisé de le faire l’année dernière pour les 80 ans, mais je suis définivement fâché avec les dates. Je ne retiens rien. Cette année 2017 qui vient de finir, j’ai même laissé passer les 50 ans de la disparition de mon grand-père Joseph. J’aurais dû pourtant associer les deux. 16 rue d’Avelghem qui racontait l’histoire de Joseph et d’Angèle avait reçu le prix Marguerite Audoux. Grâce auquel j’avais lu ses livres. Nous étions allés sur sa tombe au cimetière de Saint-Raphaël un jour ensoleillé de décembre 2014, lors d'un séjour à Grasse. J’y avais ramassé une pousse de valériane, qui survit toujours dans un pot au jardin. Et cela fait maintenant neuf ans que j’ai publié dans ma collection « Domaine public » Douce Lumière, son dernier roman sorti, posthume, à l’automne 1937 chez Grasset. Toute ma journée a été tournée vers elle.

Mardi 30 janvier 2018. 23h50.

J’ai relu Jérôme Garcin. Son dernier récit, Le syndrome Garcin, et puis quelques autres titres dans l’ordre, ou plutôt le désordre, de la pile de volumes que j’ai extraite de l’extrême bas de la bibliothèque (de Gantheret à Genevoix, c’est le rayonnage le plus inaccessible, coincé derrière la table de nuit). Sa correspondance avec Chessex, Olivier, La chute de cheval, Bleus horizons, Théâtre intime. Je le vois vendredi à Paris pour un portrait dans Le Monde. Je pensais feuilleter et gribouiller quelques notes, mais je me suis laissé embarquer dans la lecture. Jusque tard. Redécouvert à quel point je me sens proche. Une part de moi est dans le présent décomposé, écrit-il, l'autre part dans le passé recomposé.

lundi 29 janvier 2018

Lundi 29 janvier 2018. 11h50.

Deuxième petite lettre à Gabrielle. Dans l’enveloppe, je lui ai glissé un brin de mimosa.

Dimanche 28 janvier 2018. 23h40.

Je me suis réveillé un peu vaseux. Marc Villemain et Joëlle déjeunaient rapidement à la maison avant de prendre le train du début d’après-midi. Amélie rentrait à Paris avec eux. Joëlle est arrivée avec du champagne. Et bien, je ne l’ai pas bu avec autant de plaisir que j’aurais pu imaginer. J’ai chipoté les huîtres et les crevettes. De retour à la maison, après les avoir accompagnés tous à Granville, je me suis senti plutôt fatigué. Mais pas question de se plonger dans une longue sieste, j’avais à écrire mon papier sur Belletto. Je m’en suis pas sorti si mal, compte-tenu de ma torpeur migraineuse. J’avais été frappé, en le lisant la première fois, par le frontispice de la fausse page. Je m’étais demandé quel était ce tableau début XIXe représentant une femme en grande robe blanche, assise sous une tonnelle, de dos, regardant, distraite ou absorbée, un paysage de montagnes. En fait, il s’agit de la reine Hortense, la fille de Joséphine de Beauharnais, adoptée par Napoléon, et mariée sans amour aucun à un des frères de l’empereur, Louis, devenu roi de Hollande. Nous sommes en 1813. Elle est venue prendre les eaux à Aix-les–bains. Sa meilleure amie, Adèle de Broc, vient de mourir. Toutes deux étaient parties faire une excursion aux gorges du Sierroz. Le pied a manqué à Adèle, elle est tombée dans le gouffre. Elle a été emportée par les flots. Pour distraire la jeune souveraine de son chagrin, on a demandé à un peintre, Antoine Duclaux qui a d’ailleurs le même âge qu’elle, trente ans, de venir faire son portrait. Pas de lien semblait-il entre cette image d’une tristesse lasse, accaparante, et le roman où les destins des personnages s’enchevêtrent (Belleto parle d’enchevêtremental) dans une narration inquiétante de coïncidences, sans cesse bouleversée. Pourtant elle était bien là, placée par l’auteur, sans explication. A moi donc, sinon d’en trouver, du moins de me laisser guider à travers le texte dans le sentiment de cette représentation. Je suis parvenu à finir cette chronique à une heure raisonnable. Pas fâché d’aller me coucher.

Samedi 27 janvier 2018. Dans la nuit.

Le Paris-Granville ayant à nouveau des hoquets, il a fallu que j’aille récupérer « mes gens » à Rennes. Là-bas la gare est toujours en travaux. On s’y égare, personne ne sait vraiment où se trouvent les quais, les départs, les arrivées. Les agents de la SNCF ont les plus grandes difficultés à renseigner les voyageurs. Et comme on leur pose vingt fois les mêmes questions auxquelles ils ne savent pas répondre, ils sont à cran. La route ensuite (une très grosse heure) a paru longue à tout le monde, mais en arrivant, je suis passé par la côte et j’ai pu ainsi montrer la Baie, le Mont et Tombelaine, depuis les falaises de Champeaux. Un genre de récompense. La vue était encore dégagée. Le ciel se couvrait juste. Après déjeuner, il n’était pas question d’aller se promener tant la pluie menaçait. Je les ai donc déposés tous les deux à l’auberge. Il y avait du monde à la Rencontre. Et tout s’est bien passé, comme je l’espérais. Depuis Etretat où je l’avais vu, chez lui, pour le portrait dans Le Monde à la fin de l’automne, je savais bien que Marc Villemain ne serait pas dans la réticence, qu’il ne m’abandonnerait pas dans les silences ou les réponses détournées. Il a été réellement généreux. Beaucoup de ceux qui étaient venus l’écouter et qui avaient lu son recueil de nouvelles sur les émois amoureux de l’enfance et de l’adolescence étaient visiblement touchés. Comme moi. Je ne sais pas où il a enfoui ces sentiments, ces battements d’autrefois pour les ressortir aujourd’hui à ce point intacts. Ses textes restituent, dans une exactitude troublante, les petits bonheurs, les grandes hontes, la timidité, la maladresse, les chagrins. Les cœurs battants. Belle et longue soirée à la maison. A parler de livres, encore, d’écrivains (de Lionel-Edouard Martin à qui je devrais d’ailleurs écrire), du monde comme il va aussi. Après, je ne sais plus bien. C’est que nous avons vidé, je crois, pas mal de bouteilles.

Vendredi 26 janvier 2018. 20h20.

Marché à Jullouville. Promenade sur la digue. Il faisait soleil. Amélie est repartie faire des courses après le déjeuner. C’est que demain nous recevons Marc Villemain pour les Rencontres. Il viendra accompagné de Joëlle qui ne perd jamais l’occasion d’accompagner ses auteurs à Carolles. Nous avons écrit à Gabrielle qui part lundi en classe de neige en Savoie. Il faut qu’elle reçoive le courrier à son arrivée ! J’ai gribouillé quelques notes au sujet du Belletto et j’ai préparé mes fiches pour le débat de demain. Retrouvé le passage sur la mort de son père dans Monsieur Levy : Et puis Papa est mort. Alors je n’ai pas pu devenir grand. Ou je suis devenu grand trop vite.

Jeudi 25 janvier 2018. 22h40.

J’ai lu le Belletto. Une drôle d’histoire pleine de hasards, de chausse-trapes, d’incongrus rebondissements. Je l’avais juste fini pour aller chercher Amélie à la gare.

Mercredi 24 janvier 2018. 21h30.

J’ai acheté un globe de mariée, fin XIXe, début XXe. Franck, l’électricien, m’avait téléphoné. Il faisait des travaux dans une maison à Carolles. Le propriétaire cherche à s’en défaire. J’ai tout de suite pensé à toi. Je l’ai nettoyé, installé sur le marbre de la commode de la « chambre verte ». Je suis tout ému par ce petit reliquaire sentimental. Sur la calotte de velours est posée la couronne de fleurs d’orangers en cire que portait la jeune épousée. Le treillage de cuivre doré est orné de feuilles de vigne, de marguerites. Sur le haut, une colombe. Et partout des miroirs censés symboliser la fidélité, l’honnêteté, car, dit-on, les miroirs ne trompent jamais…

Mardi 23 janvier 2018. 18h50.

J’ai reçu une invitation de Jeanne Pham Tran pour la soirée Xavier Grall le 9 février à la maison de la Poésie. Pierre Adrian m’en avait déjà parlé. C’est lui qui signe la préface de L’inconnu me dévore, cette « lettre » à ses cinq filles que rééditent les éditions des Equateurs. Le recueil a été publié la première fois en 1984 chez Calligrammes, trois ans après sa mort. Je ne serai pas là. Je viens déjà à Paris deux fois le mois prochain. J’aurais bien aimé pourtant y assister. La poésie de Xavier Grall m’accompagne depuis longtemps. J’ouvre au hasard. Tout fait écho. La foi est porte ouverte, seuil franchi, affranchissement, bruit des pas sur la route, bonne brise, voilier filant aux îles. Mes Divines, la foi est aventure, vent claquant, souffle, envolée de colombes, voile gonflée. Partez, partez, au nom de Dieu. Je me souviens d’avoir rencontré son aînée, Catherine, il y a longtemps à Nantes, où j’étais venu pour je ne sais plus quelle occasion littéraire. Raphaëlle m’a commandé un papier sur Être, le dernier livre de René Belletto. Ce sera le numéro des cinquante ans du Monde des Livres (je croyais que Jacqueline Piatier l’avait créé en 1967, mais bon..). Je suis, en tout cas très touché qu’elle ait eu envie de m’y faire signer. Jacques s’efforce d’organiser le déjeuner du jury du Prix printemps du roman en mars. Tu es libre le 16 ? Le 17 ? Le 19 ? Je suis certain de lui faire faux-bond. Cette année, je vais à Chassignolles, ce petit village du Berry où ma grand-mère s’était réfugiée avec ses enfants pendant la Grande Guerre. C’est là-bas que ma mère est née. Le 19 mars. Il y a cent ans.

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