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mardi 24 octobre 2017

Dimanche 22 octobre 2017. 19h50.

Retour de la pluie. Une tisane de feuilles mortes infuse dans les flaques du jardin. Là aussi, il y a du travail à faire.

Samedi 21 octobre 2017. 21h15.

J’ai écrit un mot pour les six ans d’Apolline qui accompagnera les paquets de son anniversaire. Ma grande petite. Elle va apprendre à lire et à écrire cette année. Fabien, Isabelle et les enfants sont venus déjeuner à la maison. Il fait des rangements (euphémisme) chez son père. Tout est entassé là bas. Il y règne un indescriptible désordre, et la dernière compagne de Jean-Michel, qui y a habité un an après son décès, a laissé l’endroit dans un état de saleté repoussante. Fabien m’a proposé du bois de chauffage. Les bûches sont un peu vermoulues mais juste à la bonne dimension. Nous avons charrié des brouettes tout l’après-midi.

Vendredi 20 octobre 2017. 20h50.

Nous étions à Granville pour des courses. Amélie m’a invité au P’tit mareyeur, la poissonnerie du port qui fait aussi écailler. Il y avait des clams et des oursins, et des bouquets. Et de belles huîtres de Saint-Vaast. Et du sancerre aussi. Soleil sur le bassin. Nous étions en vacances. Trouvé un message de Raphaëlle au retour. Elle me passe deux commandes fermes dans mes propositions pour Le Monde. Un papier sur le Célia Houdart et un portrait de Marc Villemain. Ouf.

Jeudi 19 octobre 2017. 16h20.

Nathacha parle de mon Herbier des rayons dans sa chronique de La Croix. Ca m’a fait plaisir. Ca m’a réconforté. Car je n’ai presque pas travaillé cette semaine. Je suis encore dans un chapitre qui ne se boucle pas. Rien à faire lire à Amélie qui en vaille la peine.

Mercredi 18 octobre 2017. 20h30.

Quatre ans que Georgette est morte aujourd’hui. Je voulais faire un mot à ma cousine Josette. Je ne l’ai pas fait. Je crois que je ne sais plus partager les souvenirs. Si tant est que j’en ai été capable un jour. Je me renferme sur mes deuils. Je les étouffe d’oubli. Envoyé un message à Olivia pour lui demander un rendez-vous. Je suis sans nouvelles de mes propositions pour Elle que je lui ai adressées voilà maintenant un mois. Je m’explique mal ce silence. Je n’ai plus guère d’amour propre mais les soucis d’argent (enfin, le manque d’argent…) me rongent.

Mardi 17 octobre 2017. 18h30.

Pierre Adrian a reçu le prix Nimier pour Des âmes simples. Il lui est remis ce soir au Fouquet’s. J’aurais bien aimé trinquer avec lui à son succès. Amélie y va. Elle le fera pour moi.

Lundi 16 octobre 2017. 21h50.

J’étais allé promener La Harpe sur la falaise vers la Croix Paquerey quand le ciel s’est couvert d’un coup d’énormes nuages, sombres, épais au point de faire virer le ciel du matin en une sorte de crépuscule. J’ai pensé à un gros orage et j’ai hâté le pas pour rentrer à la maison. Puis le vent s’est levé. Un vent tiède, poisseux, et le gris foncé du ciel a viré marron sale avant de devenir couleur d’ambre. L’air portait des odeurs de brûlé. Sur la mer, plus d’horizon. Quelle effrayante étrangeté. J’ai mis un moment à comprendre que tout était devenu silencieux aussi. Pas un seul chant d’oiseau. Ce temps bizarre et inquiétant a duré la journée entière. J’ai guetté en vain au carreau une trouée de lumière. J’étais sans forces. Epuisé d’animale inquiétude. Il y a une explication. La tempête Ophélia soufflant sur l’Atlantique emporte avec elle du sable des déserts et de la fumée des incendies des forêts portugaises. C’est tout cela qui était en suspend.

Dimanche 15 octobre 2017.

J’ai relu le livre, abandonné depuis jeudi. Amélie est allée courir sur la plage.

Samedi 14 octobre 2017. 23h40.

J’ai pris des places pour Tartuffe avec Michel Bouquet à la Porte Saint-Martin. J’avais promis à Louise. Dîner chez Brigitte et Yann. Il avait préparé un roumazaf (ou romazava ?). Le plus intéressant dans cet espèce de pot-au-feu malgache, ce sont les brèdes mafanes, une astéracée de là-bas qui se cuisine, feuilles et fleurs en boutons, comme les épinards et dont la saveur tient du poivre, de l’ortie brûlante. Il se les procure sur le marché de Rennes. On devrait sans difficultés en trouver à Paris.

Vendredi 13 octobre 2017. 14h30.

Mon père aurait eu cent-quatorze ans aujourd’hui. A quoi bon compter. Cela ne veut plus dire grand chose.

Jeudi 12 octobre 2017. 23h00.

Comme à chaque fois ou presque que je vais chercher Amélie à la gare, je me trouve, sur le quai, à côté d’un monsieur qui, lui aussi, attend sa femme au train de Paris. Nous avons chacun notre chien en laisse. Nous ne disons pas un mot, nous nous ne nous faisons pas un signe. Lui est flanqué d’un gros labrador qui se tient à ses pieds, parfaitement indifférent à ce qui l’entoure. Mais lorsque le train s’annonce au loin, le voilà qui relève la tête, remue la queue avec contentement. Quand les voyageurs commencent à descendre, il se dresse, et du plus loin qu’il aperçoit sa maîtresse, il se met à faire, sur place, des bonds impressionnants. On le dirait monté sur des ressorts. Lorsqu’elle arrive à sa portée, il entre en transe. Il est enivré de bonheur. Pour La Harpe aussi, c’est l’euphorie dès qu’elle voit Amélie, mais elle n’a pas encore ce maintien dans l’attente, cette distance (ce flegme) du chien bien élevé. Cela viendra, j’en suis sûr. J’avais repéré depuis longtemps ce labrador et son maître. Je m’étais dit qu’un jour, moi aussi, je serais peut être au bout du quai à Granville avec mon chien. Le coeur battant à l’unisson, à l’arrivée d’Amélie.

Mercredi 11 octobre 2017. 21h10.

J’ai reçu ce matin la chemise sur mesure que j’avais commandée. Depuis bientôt vingt ans, je ne porte plus que des T-shirts noirs mais le 30 novembre, puisque j’ai été distingué par l’Académie française, j’assiste, sous la Coupole, à la séance où sont reçus les lauréats. Pas question, m’a-t-on dit, d’entrer sans cravate. Des cravates, j’en ai encore, mais plus une seule chemise. Et comme j’ai des mensurations un peu « fantaisistes », il a bien fallu que je me tourne vers un modèle, disons personnalisé. Me voilà paré à présent. Mais je vais quand même regarder à quoi ressemblent mes cravates…

mardi 10 octobre 2017

Mardi 10 octobre 2017. 20h20.

Achevé un nouveau chapitre. Que c’est long, que c’est long, que c’est long. (C’est que c’est long et triste…, comme dit la souris dans Alice)

Lundi 9 octobre 2017. 20h45.

J’ai répondu à Jacques qui me demandait quels étaient les titres de rentrée que je verrais bien figurer dans la sélection du prix Printemps du roman. Pour moi, il n’y en a qu’un : Les hommes de Morgiève.

Dimanche 8 octobre 2017. 22h30.

J’ai retrouvé une petite pile de dossiers appartenant à mon père que j’avais soustraits à la rapacité de mon demi-frère quand il était venu en 2006 récupérer toute une masse de documents, souvenirs et bibelots. Je les avais si bien cachés en fait que je les avais complètement perdus de vue. Il y a notamment des lettres éclairant les circonstances de son renvoi d’Indochine (ridicule et injuste) par de Lattre, et les « compensations » qui ont suivi. Ca m’est précieux. Pas de nouvelles, par ailleurs de ma belle-sœur qui a chez elle d’autres dossiers et surtout le journal de mon père. Je n’arrive pas à me décider à lui téléphoner. Je devrais pourtant.

Samedi 7 octobre 2017. 23h45.

Deux ans aujourd’hui que La Harpe est née à son élevage des Eaux vives d’Achères-la-Forêt. Elle est arrivée à Carolles début janvier. Depuis que je me suis attelé (pour de bon) à mon malheureux roman, je l’emmène peu se promener. Elle n’a pas l’air de m’en vouloir et se couche à mes pieds tant que je reste à mon bureau. Dîner chez Brigitte et Yann. Magnifiques homards grillés (c’est vrai qu’ils sont toujours au régime…).

Vendredi 6 octobre 2017. 20h50.

Amélie ne vient pas ce week-end. Elle est à Toulouse pour le festival Polars Sud. Et enchaîne samedi et dimanche à Gradignan pour Lire en Poche.

Jeudi 5 octobre 2017. 21h10.

Je ne tiens pas mon programme. Les heures filent. Je suis désespérément lent.

jeudi 5 octobre 2017

Mercredi 4 octobre 2017. 22h00.

Fini ce fichu chapitre. Enfin. J’ai mis de l’ordre dans les notes et les documents entassés sur mon bureau. En triant les photos, je suis tombé sur le portrait d’un gaillard barbu à l’air farouche, en uniforme de sergent chef. Mon père avait écrit au dos : Mon oncle Julien, mari de la sœur de ma mère. Guerre de 1914. Or, je ne connaissais qu’une sœur à ma grand-mère, la « tante Blanche » qui était, j’en étais sûr, restée célibataire. Il en existait donc une autre. J’ai passé un bon moment sur le site des archives départementales de Seine-Maritime et j’ai fini par la découvrir : Marguerite, Louise, Albertine, née le 29 juin 1882 au Petit-Quevilly. Sur l’acte, il y a mention de son décès le 17 septembre 1963 au Trait. Pas de trace de mariage, mais elle doit être l’épouse du Julien de la photographie. Je n’ai jamais entendu mon père en parler. Il faut bien avouer qu’il ne parlait guère. Qu’il ne me parlait guère.

Mardi 3 octobre 2017. 22h45.

Trois lignes au plus. Je n’avance pas. Du tout. Annick et Norbert, rentrés de la veille de Sanary, sont passés à la maison. Je les ai gardés à dîner. Soulagé en fait de ne pas avoir à continuer de patauger dans cette mélasse toute la soirée encore.

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