Samedi 30 mai 2026. 21h00.
Par Xavier Houssin le mardi 30 juin 2026, 17:41 - Lien permanent
J’ai reçu un message d’Amélie Pascal, la directrice éditoriale de J’ai Lu, que j’avais rencontrée après la publication de mon papier sur Ma petite Yvette le si beau texte d’André Dumas sur sa fille emportée à six ans par la scarlatine, publié chez Plon en 1922, et qu’elle avait réédité. Dans sa maison d’édition, elle mène un travail curieux, patient, sensible pour la valorisation et l’enrichissement du fonds. Avec pêle-mêle Michel Zevaco, Thyde Monnier, Raymonde Vincent (quel beau livre que Campagne !). J’avais repensé à « Domaine Public » ma trop brève collection chez Buchet. Nous avions pris rendez-vous début mars dans un café du quartier Saint-Lazare, proche de son bureau et évoqué cette littérature du tournant du XIXe et de la première moitié du XXe que nous aimions. Je lui avais glissé quelques noms d’auteurs et aussi laissé un exemplaire d’Un tablier rouge de Michèle Hénin paru, posthume, en 1988 chez Actes Sud. La narratrice y est une gamine tuberculeuse trimbalée d’hôpital en sanatorium. Fragile et têtue, vulnérable, naïvement lucide. Les mots, les phrases, sont ponctuées de blancs qui font autant de pauses respiratoires dans le récit. J’avais été bouleversé à la parution par la justesse âpre de cette chronique d’enfance. J’avais fait un papier dans Nervure à l’époque et, des années, après j’en avais rédigé un autre dans Point de Vue alors qu’il ne restait plus que quelques exemplaires en stock. J’ai ainsi fait vendre les derniers. Actes Sud ne l’a jamais réimprimé. C’est un livre rare, d’une sensibilité et d’une sincérité merveilleuses m’écrit Amélie Pascal. Sauf que pour des raisons commerciales J’ai Lu ne le mettra pas à son catalogue. Mais je me suis pris au jeu de lui proposer quelques titres. Oh, de temps en temps… Dans l’après-midi, nous étions conviés à la célébration de confirmation de François Marchand à Saint Sulpice. À 55 ans, voilà qu’il redécouvre et affermit sa foi catholique. Il s’engage. Je ne le pensais pas dans cette démarche. Sois marqué de l'Esprit saint, le don de Dieu. L’église était pleine (il y avait plus de quatre cents confirmants). Bien trop de monde pour que je ressente de la ferveur. Après la cérémonie nous avons rejoint la famille et quelques proches pour un verre de champagne chez lui. Quans nous sommes arrivés, tout le monde était installé autour du téléviseur pour regarder le match PSG/ Arsenal. Pas vraiment moyen de battre en retraite. Nous sommes restés un moment à bavarder à l’écart avec François et sa marraine de confirmation que j’ai imaginé être une religieuse d’une de ces congrégations devenues très discrètes après la loi Combes. J’ai invoqué le latin, la liturgie, les dorures baroques. Ma pauvre foi a bien besoin de supports.
