Marie-France est venue me chercher à la gare. Elle m’a emmené jusqu’à Coudeville récupérer La Harpe. La chienne s’est blessée contre un grillage pendant le séjour. Rien de grave mais il ne faudrait pas qu’elle se gratte. Déballé les affaires. Je suis passé chez Yann et Brigitte. Ils m’ont raconté les élections. Patricia Allain a été élue au premier tour avec 35 voix d’avance. Nous changeons donc de municipalité. L’ambiance était, paraît-il, tendue lors du dépouillement. Je n’ai pas bien écouté les détails. J’ai du mal à m’intéresser vraiment à tout cela. J’avais été pourtant enthousiaste, et même engagé, lorsqu’Amélie s’était présentée sur la liste de Jean-Marie Sévin en 2014. Mais après la période de grâce du début du mandat, il avait fallu déchanter. Je ne comprends pas ce qui agite à ce point les gens dès qu’ils croient posséder une once de pouvoir. Un si petit village. Ça a été d’abord l’abominable idée (heureusement stoppée) de construire un grand parking pour autocars sur les terrains descendant vers la mer au bout de la Croix-Paquerey. Puis la triste rénovation de la rue principale. Enfin, en prime, des lotissements, l’abandon de la vieille poste au profit d’une casemate en bois près de camping, et la construction d’une salle des fêtes surdimensionnée aux allures de hangar. J’oubliais l’ambition de bâtir une maison d’accueil pour personnes âgées. J’ai accueilli avec soulagement l’arrivée du maire suivant dont l’ambition était « Cultivons notre jardin ». De fait, il m’a semblé qu’il ne s’est occupé longtemps que de potagers partagés et de garages à vélos. Enfin tranquilles ? Hélas, le démon du bâtir et des projets somptuaires s’est là aussi réveillé. N’empêche, je lui dois de m’avoir proposé de donner le nom de ma mère à une petite chaussée proche de la vallée du Lude. Et ça, comment dire ?, me laisse juste reconnaissant.