Antonie est venue, de retour de Bretagne, passer quelques jours à la maison avec Louise et Suzanne (qui vient juste d’avoir quatre ans). Un « spécial filles », puisque leur frère Basile était invité chez un copain et que Vincent repartait pour Paris tout de suite après avoir déposé sa petite famille. La météo s’annonçait optimiste. Déjeuners dans le jardin, balades, jeux de plage. La seule ombre qui se dessinait au tableau était que Suzanne avait décidé qu’elle avait peur des chiens. Dès qu’elle voyait La Harpe, elle cherchait désespérément à se hisser dans les bras de sa mère en poussant de petits cris ou s’enfuyait en courant. La chienne qui imaginait que tout cela était un jeu, s’approchait d’autant plus, frétillante. Nous sommes partis faire un tour sur la falaise. Sur les sentiers, la situation a presque viré au drame, burlesque d’ailleurs, car Suzanne tout en galopant pour se mettre à l’abri, au point que j’ai cru qu’elle allait se flanquer dans les ajoncs, hurlait des J’ai très peur ! qui se terminaient par grands éclats de rire. N’empêche, ça s’annonçait compliqué… Louise m’a accompagné chercher Amélie à la gare et nous avons embarqué la chienne avec nous, histoire de laisser souffler tout le monde. A notre retour, de fait, l’affaire a commencé à mieux se présenter. Amélie ayant pris les choses en main (elle sait bien allier fermeté et douceur), Suzanne a largement abandonné sa frousse. Tout juste, pendant le repas, jetait-elle de temps en temps un regard inquiet sous la table pour s’assurer que La Harpe restait tranquille. Son grand soulagement a été d’apprendre que celle-ci était interdite de séjour dans le couloir et dans les chambres. Tu vois, lui a-t-elle dit au moment d’aller se coucher, tu n’as pas le droit de venir. Et d’ajouter : Mais bonne nuit quand même !