J'ai cueilli des genêts chez Perron. Un gros bouquet pour le mettre sur la tombe. J'irai en chercher d'autres. Chaque jour. Jusqu'à l'anniversaire et après, on verra... Le jardin et la villa sont dans un hallucinant état d'abandon. L'herbe arrive à la taille. Les haies sont devenues d'inextricables obstacles. Les volets s'effondrent. A chaque pas, on dérange des oiseaux, on fait fuir tout un invisible et inquiétant bestiaire. L'autre jour, après la tempête, une fenêtre battait à l'étage. Nous avons décidé, Fabien et moi, d'aller la redresser. Nous sommes entrés sans difficultés. La porte vitrée n'était pas fermée. A l'intérieur le sol était partout jonché de gravats et d'ordures. De livres piétinés, de vêtements épars. Nous avons monté l'escalier sans nous dire un seul mot tant nous étions troublés par cette incurie. Après avoir remis en place le vantail effondré, nous nous sommes sauvés. Trois secondes pour sortir. Dehors, il faisait soleil. On respirait. A pleins poumons...