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mercredi 25 septembre 2024

Mercredi 25 septembre 2024. 23h00.

Pas mieux. Je suis tout de même parvenu à faire un peu de courrier. Essayé entre autres de m’occuper du problème de « l’héritage » de mon oncle Georges. Quelques jours après la cérémonie à Lille, j’ai en effet reçu une lettre recommandée de la société d’assurance qui s’était acquittée de son contrat d’obsèques. Il restait un peu plus de 300 € sur le compte. En cette pénible circonstance, permettez-nous de vous adresser en premier lieu nous sincères condoléances. Afin que nous puissions procéder au règlement du solde du capital, il convient de nous adresser : - la copie intégrale du livret de famille de M. Lapierre Georges – les coordonnées postales de ses enfants… J’ai donc dû expliquer que mon oncle était prêtre et que question progéniture, je n’avais pas d’informations. Mais comme ses cendres avaient été dispersées, j’avais eu alors l’idée d’utiliser cette petite somme pour faire réaliser une plaque commémorative que l’on pourrait apposer dans la paroisse où il avait été curé ou au monastère des sœurs dont il était le chapelain. Visiblement, ce n’était pas simple. L’assureur allait réfléchir. En outre, il fallait que la pose de cette fichue plaque soit possible. L’affaire va peut-être se régler grâce à la gentillesse de M. Lefèvre, l’ancien directeur de la maison de pompes funèbres qui a organisé les obsèques et dont mon oncle était proche. Ce serait bien.

Mardi 24 septembre 2024. 21h10.

Épuisé. Je me suis lamentablement traîné toute la journée.

Lundi 23 septembre 2024. 20h00.

Bronchite. J’ai accompagné Amélie à la gare en fin d’après-midi. On ne se voit pas avant dix jours. Il y a le festival America à Vincennes et elle fait un aller-retour à Lyon samedi pour Italissimo.

mardi 24 septembre 2024

Dimanche 22 septembre 2024. 21h50.

J’ai pris froid à Paris. La chaudière de l’immeuble est tombée en panne lundi dernier. Nous nous sommes lavés à l’eau glacée toute la semaine. Le pire étant les shampooings. Brrr. J’ai l’impression de ne m’en être pas encore réchauffé. Visite à Saint-Jean-des-Champs chez Cathie et Etienne. Soixante-dix-sept et quatre-vingt-huit ans. Lui a une sciatique qui ne passe pas et peut à peine marcher. Elle a des faiblesses, des vertiges. Leur petite chienne Jacquotte est morte. Bref, ils ne vont pas très fort tous les deux. Dîner à la maison avec Brigitte et Yann. Au menu : pâtes au coulis. Évidemment.

Samedi 21 septembre 2024. 22h20.

Marché à Granville. Nous sommes passés chercher La Harpe chez Séverine. Amélie avait chargé Brigitte hier matin de lui récupérer une cagette de tomates (très mûres) chez le maraîcher. Depuis un mois, Amélie s’efforce de refaire notre provision de coulis. Hélas, 2024 n’est vraiment pas une année à tomates et j’ai bien peur que n’atteignions pas le stock de 2023. Avec les dix kilos d’aujourd’hui, elle est parvenue à faire six pots. Ce qui nous fait en tout une petite quarantaine.

Vendredi 20 septembre 2024. 23h50.

Déjeuner avec Amélie dans un restaurant coréen de la rue Dupuytren. Je suis rentré à l’appartement en passant par le Luxembourg. Fait quelques courses pour notre pique-nique dans le train. Le voyage nous a semblé très long. Beaucoup de monde et du retard dû à je ne sais quel habituel problème de signalisation.

Jeudi 19 septembre 2024. 22h50.

J’ai soixante-neuf ans et je suis fatigué. Mais vraiment fatigué. J’avais dans l’idée de me rendre rue Ducouédic jusqu’à l’immeuble où je suis né. À quoi bon ? La clinique a fermé depuis bien longtemps. À la place, on a ouvert une maison pour vieillards aisés. Samuel Beckett y a fini sa vie. Deux rendez-vous médicaux dans la journée. Côté cœur, ça tient. Bruno Genevray est content aussi de mes résultats sanguins. Sauf le sucre. Vous verrez ça avec Letanoux. – Je la consulte tout à l’heure. Sinon, nous avons parlé de livres, de musique, des gens que nous aimons bien. J’ai rejoint Laurence pour un verre au Zimmer. Finalement nous n’irons pas à Nice pour la fête de la guérison d’Adam. Elle a dû déplacer la date d’une semaine et ce sera justement au moment où Virginie et Marcus m’offrent un séjour à Senlis pour mes soixante-dix ans (prochaine étape) avec eux et mes nièces. Laurence vient de rendre son roman à paraître en janvier à Alice d’Andigné sa nouvelle éditrice. Elle quitte en effet Stock pour Laffont. Comme son éditrice d'ailleurs, à quelques années de distance. Déjeuner médiocre et cher, seul, au Chai de l’Abbaye. J’ai flâné un peu dans Saint-Germain avant de me rendre chez la diabétologue. Comme prévu, ce n’est pas brillant. Changement de traitement, analyses dans deux mois. Elle prend sa retraite et m’adresse à une consoeur vers Denfert. Mes médecins vieillissent. Amélie toute cette semaine accompagnait, de rédactions, en studios, son auteur israélien Amir Tibon. Dans Les portes de Gaza, ce journaliste de Haaretz, raconte comment, le 7 octobre, au kibboutz de Nahal Oz, il a survécu, avec son épouse et leurs filles de trois ans et vingt mois, à l’épouvantable massacre. Au-delà du récit douloureux, il pose aussi un regard lucide sur ce tout qui ne cesse de menacer Israël. Il participait à une rencontre ce soir au Musée d’art et d’histoire du judaïsme. Amélie en est sortie un peu tard. Elle m’a invité chez Tutto Bene rue Daguerre pour une pizza d’anniversaire. Là-bas pour l’occasion, on nous a offert une grappa de la maison Poli. « Settembre », bien sûr.

Mercredi 18 septembre 2024. 23h20.

J’avais rendez-vous chez l’ophtalmo. Une nouvelle dame. La précédente avait fermé son cabinet. Elle m’a fait subir tout un tas d’examens. Des croix à gauche, des croix à droite, des aérostats orange sur fond bleu. Tonomètre et rétinographe. Résultat : c’est limite, mais ça va quand même. Je devais retrouver Marie pour prendre un verre en fin d’après-midi à la sortie de sa galerie. J’avais le temps, il faisait beau. J’y suis allé à pied. Hormis la place de la Concorde défigurée par les aménagements des jeux olympiques, entièrement grillagée, intraversable, la balade était belle. Cela faisait une éternité que je n’étais pas passé par les jardins des Champs-Élysées. Trouvé Marie plutôt en forme. Je devrais lui proposer plus souvent qu’on se voie lorsque je viens à Paris. Marché jusqu’à Saint-Lazare où je rejoignais Amélie chez Mollard. Nous y étions conviés pour mon anniversaire par Cécile et Patrick. Toujours attentionnés, délicats. La brasserie art nouveau, décor de mosaïques, d’émaux, est vraiment un lieu exceptionnel. Je n’y avais pas remis les pieds depuis son centenaire en 1995. Une réception d’anniversaire avec un buffet hors pair, pantagruélique. Marie que j’avais emmenée avec moi (elle avait dix ans) s’en souvient encore avec émotion. Je devais l’invitation à Marianne Niermans avec qui je travaillais à Point de Vue. Elle est la petite-fille d’Edouard Niermans qui en fut l’architecte (comme celui, entre autres, du Negresco à Nice ou du Moulin Rouge). J’ai complètement perdu Marianne de vue. Je me suis dit que c’était l’occasion de lui faire un petit signe. À la fin du dîner, j’ai demandé au maître d’hôtel si je pouvais avoir une carte ou une feuille de papier à en-tête. Ah, mais ça ne se fait plus, Monsieur…

mercredi 18 septembre 2024

Mardi 17 septembre 2024. 20h25.

Déjeuner avec Pascale chez Perraudin. Cela fait plusieurs fois qu’on se retrouve dans ce restaurant du haut de la rue Saint-Jacques. Un endroit rassurant. Nappes en papier à carreaux rouges et blancs, terrine campagne et foie de veau purée. Je l’ai un peu abrutie avec mes états d’âme, mes empêchements divers, Surtout ce livre que je ne cesse de repousser à écrire. Parlé de Buchet et de sa rentrée. Antoine Choplin et Joël Egloff. Du texte à venir d’Hélène Veyssier au printemps. De celui de Violaine Bérot. Je l’ai raccompagnée jusqu’à la rue des Canettes. J’avais rendez-vous avec Nathacha au Sauvignon. Je l’ai attendue en faisant un peu de courrier. Elle m’a offert une écharpe en cachemire toute douce. C’est vrai que c’est bientôt mon anniversaire.

Lundi 16 septembre 2024. 22h20.

Nous étions invités à la remise du prix Patrimoines. Cela avait lieu à l’Hôtel des Invalides. Accueil par la fanfare de la garde républicaine dans la cour d’honneur puis réception sous les lustres du grand salon et le portrait de Louis XIV. Ça avait franchement de l’allure. Embrassé Floryse qui avait organisé l’événement. On s’aime bien. Nous ne nous étions pas vus depuis des années. C’est elle qui m’avait fait entrer au jury du prix Pagnol. J’en ai démissionné en 2018 après qu’il avait été attribué à un livre pour moi sans rapport avec le thème du souvenir d’enfance, premier critère de sélection. Je ne suis plus dans aucun jury d’ailleurs aujourd’hui. La soirée a permis d’autres retrouvailles. Manière de s’apercevoir que les années passent vraiment. Vous vous connaissez depuis quand ? demandait je ne sais plus qui à Brigitte et à moi. Oh, du temps où elle travaillait pour les PUF. – Hum… C’était il y a quarante ans. Au fait, le prix est allé à Maylis de Kerangal pour Jour de ressac.

Lundi 16 septembre 2024. 9h00.

J’entame une semaine de rendez-vous médicaux. Je commence par le laboratoire d’analyses.

Dimanche 15 septembre 2024. 23h20.

J’ai envoyé ma note de lecture au CNL. Encore une fois c’était sur le fil. L’ouvrage est très documenté, très complet. D’une certaine manière, il fallait oser se lancer dans une biographie de Gracq. Lui qui n’aimait vraiment pas parler de lui. Je me souviens d’une conversation avec Alain Jaubert qui fut son élève au lycée Claude-Bernard à la fin des années 1950. Pour lui, Gracq était d’abord M. Poirier, professeur d’histoire-géographie qui ne mélangeait pas la littérature et l’enseignement. Cela fait un moment que je n’ai pas croisé Alain Jaubert. Il habite, je crois, boulevard Raspail. On s’apercevait rue Daguerre. J’espère qu’il va bien. Rangé la maison. Pris le train dans l’après-midi à Granville (bondé). Je suis arrivé un peu passé l’heure pour faire des courses. J’ai juste acheté deux phở chez le traiteur asiatique. Amélie rentrait tard, accaparée par ses auteurs, sa rentrée. Nous n’avons pas traîné à nous coucher.

Samedi 14 septembre 2024. 10h10.

Amélie est en Corse pour Libri Mondi, les rencontres littéraires de Bastia. Elle accompagne Ivy Pochoda qu’elle a connu chez Liana Levi pour ses deux premiers titres traduits en français et dont le nouveau, Ces femmes-là, est paru chez Globe. Réalisé avec effroi que j’avais un avis de lecture à rendre pour le CNL avant demain (complètement enfoui cette histoire…) sur une biographie de Julien Gracq.

vendredi 13 septembre 2024

Vendredi 13 septembre 2024. 21h15.

Fait quelques courses. J’ai passé l’après-midi à toiletter un peu les rosiers, à pincer les rhododendrons, à enlever les ronces. M. Mitaillé, la semaine prochaine, va ramasser les feuilles, désherber (surtout), arracher la vigne vierge qui grimpe sur le toit. Après je pourrai commencer les travaux d’automne au jardin.

Jeudi 12 septembre 2024. 20h30.

J’ai envoyé à Jean le papier sur Un jour de chien. L’histoire d’une dernière chasse à courre, foutraque et désespérée.

Mercredi 11 septembre 2024. 17h10.

Franck, l’électricien (plombier aussi d’ailleurs) est venu poser le radiateur qui m’a été livré la semaine dernière. Le précédent n’en pouvait plus. Il l’avait installé il y a quinze ans maintenant, lorsqu’il a tout refait chez nous. La maison avait comme « lâché » après la mort de Maman. Elle s’était tenue, elle ne tenait plus. Les arrivées d’eau cassaient, les prises de courant grésillaient. Il a été le bon génie de nos (grands) travaux de rénovation. On s’est vus un moment, allant prendre un verre ou dîner chez l’un, chez l’autre, lorsque ses enfants étaient encore petits : Marion et Thomas, des jumeaux qui ont l’âge de Camille. C’est dire comme le temps a passé. Nicole, son épouse va bientôt prendre sa retraite. Lui, à force de travailler trop souvent à genoux, a des problèmes de ménisques. Je pense que je ne dois qu’à son amitié qu’il vienne pour des bricoles. Il en a un peu assez des chantiers. Sa passion, c’est la plongée sous-marine. Il part d’ailleurs en faire en octobre en Espagne. On organise quelque chose à mon retour ? Ça fait si longtemps…

mercredi 11 septembre 2024

Mardi 10 septembre 2024. 18h50.

Je me suis fait gentiment taper sur les doigts par Jean. Cher Xavier, pourrais-tu m'envoyer ton aparté tant désiré, un de ces jours (de chien) ? Rien à répliquer. Je n’ai pas été en retard à ce point-là depuis une éternité. Je n’arrive pas à m’y mettre. Et je ne sais vraiment pas pourquoi. Je lui dois les papiers sur Un jour de chien de Xavier Patier et sur Alors c’est bien de Clémentine Mélois. J’ai relu les livres. Repris mes notes. Allez, je les écris. Demain…

mardi 10 septembre 2024

Lundi 9 septembre 2024. 21h10.

Je peux passer ? J’ai eu la visite de ma cousine Josette. Elle était allée sur la tombe de Georgette au cimetière de Carolles. On se voit très peu bien qu’elle habite tout près d’Avranches. Elle et Jean-Claude sont venus s’installer dans la région après que Georgette, justement, avait déménagé de Roubaix au milieu des années 1980 pour venir aider ma mère. Mon père ne s’était pas remis de son attaque et il était cloué dans un fauteuil roulant. Depuis, leurs enfants, petits-enfants, ont aussi, pour une part d’entre eux, élu domicile par ici. Je ne les vois pas davantage. Ce qui me lie à Josette est affaire de souvenirs lointains. D’enfance. Encore qu’elle était déjà grande, l’aînée des trois filles de mon oncle Henri et de ma tante Marcelle. J’étais beaucoup plus proche de deux autres, Agnès et Françoise. Petit garçon, j’étais même amoureux de Françoise. Françoise est morte en mars 2018. D’Agnès, je n’ai plus de nouvelles depuis longtemps. Je lui avais écrit un petit mot au décès brutal d’Alain, son mari, en 2019. Elle n’avait pas répondu. Mes histoires de famille sont devenues des histoires de morts, des histoires de cimetière. C’est d’ailleurs parce que je venais de lui envoyer la photo de la tombe, refleurie, nettoyée, de mes grands-parents à Roubaix (depuis deux ans, je paie quelqu’un pour l’entretenir) que Josette a pensé à venir à la maison. D’un cimetière à l’autre, d’une tombe à l’autre, d’un mort à l’autre. Je lui ai raconté les funérailles de Georges. Lui ai remis quelques souvenirs de rien récupérés dans sa chambre. Nous avons parlé du passé, des moments, des visages. Fichu théâtre d’ombres. Elle va avoir quatre-vingt ans en novembre, ma cousine.

Lundi 9 septembre 2024. 15h20.

Voilà bien quinze jours que je guettais une repousse, un rien de vert, mais il faut bien que je me résolve à l’évidence : le rosier est mort. C’est un des deux Cecile Brunner que j’avais plantés, oh, il y a si longtemps, Maman était encore en vie, au pied des sapins. Les lianes avaient envahi haut les branches des douglas et faisaient tôt au printemps de grandes cascades rose pâle. Celui qui a succombé se trouve dans une étrange diagonale de dépérissement. Il y a deux ans, c’est un des halopeanum qui s’est desséché d’un coup, puis un des fusains de la haie. Là encore, je vais arracher et replanter. J’ai fini par recevoir mes rhododendrons. Ils ont bien résisté au retard de livraison. Je les ai installés au fond du jardin. Ils vont faire buisson avec ceux achetés chez Hue l’an dernier et le vieux pontique qui a marcotté un peu partout.

dimanche 8 septembre 2024

Dimanche 8 septembre 2024. 22h40.

Les averses n’ont pour ainsi dire pas cessé de la journée. À peine avons-nous pu nous échapper une demi-heure pour une promenade. Histoire de voir la mer. Journée au calme en écoutant la pluie. Je voulais reposer les cadres que nous avions décrochés lors de la venue du peintre cet été. Nous avons refait la pièce principale, l’entrée, la cuisine. Madame Leroux ayant pris sa retraite depuis déjà quelques années, nous avons confié l’affaire à un artisan de Saint-Pierre-Langers que nous avait recommandé Thierry Giffard, le menuisier. Il a fait du bon travail. Le problème, c’est que sur ces beaux murs tout neufs, je n’ose rien installer. J’ai quand même remis en place la toile de Claude Rameau, celle du pointilliste Gransart qu’Amélie m’avait offerte, le paysage de Berthellier, les deux scènes Directoire, d’après Kaemmerer, récupérées du 12 boulevard Thiers, la petite huile sur bois XIXe aux giroflées dans un vase de cuivre qui nous vient de Georgette. Mais après, j’ai peur de tout massacrer en plantant des clous. Il faut pourtant que nos portraits de famille (nos photos d’ancêtres) qui étaient dans l’entrée retrouvent leur place. Amélie a pris le train pour Paris. Il pleuvait. C’était sinistre.

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