Je devais commencer les séances de rééducation aujourd’hui. Ce sera pour… plus tard. Deux mois aujourd’hui qu’a eu lieu l’accident. Je n’en peux plus et je risque de le répéter longtemps encore. J’ai déjeuné avec Marianne chez Guiseppe avant mon rendez-vous chez le coiffeur, rue Monge. J’aurais donc, de taxi en taxi, passé ma journée « anniversaire » dehors. C’est presque l’été. Envie de m’arrêter en terrasse au Luxembourg. Là aussi, ce sera pour plus tard. Tout est encore si fatigant, si compliqué.
samedi 28 mai 2011
Mardi 17 mai 2011. 20h45.
Par Xavier Houssin le samedi 28 mai 2011, 12:10
J’ai déjeuné au Perron avec Brigitte. A la table à côté de nous, pas de chance, deux orthopédistes... Père et fils si j’ai bien compris. Je n’avais pas fait attention qu’ils avaient laissé traîner leurs quatre oreilles (peut-être à partir de la répétition du mot malléolle ?) lorsque je racontais mes petits malheurs des consultations bi-hebdomadaires à Saint-Joseph (la dernière ce matin...) et de ce temps infini de ce qui n’est toujours pas une convalescence. Oh, vous en avez encore pour un bon moment, m’a fait l’un deux. Et voilà qu’ils connaissaient ma chirurgienne et qu'il me tenaient consultation sans que je leur aie rien demandé, m’empêchant de manger mes pâtes à la poutargue. On ne s’en dépêtrait pas. Cela n’a pas été simple de rattraper notre conversation à deux. Il est des fois où j’aimerais bien être grossier. Vous ne pouvez pas me foutre la paix…
Lundi 16 mai 2011. 21h10.
Par Xavier Houssin le samedi 28 mai 2011, 12:08
Dernière journée à Paris pour Claire et Emmanuel. Ils repartent mardi. Hier soir, ils étaient venus dîner rue Danville. Nous ne les reverrons pas avant l’été et le baptême de Gabrielle en juillet dans la petite église de Magagnosc. Il a bien failli ne pas se faire là-bas. Partis voir le curé pour organiser la cérémonie, ils se sont faits assez fraîchement recevoir. Mais qui êtes-vous ?, leur a dit le bonhomme. Je ne vous connais pas. Sous-texte à peine voilé : Je ne vous vois pas aux offices, donc je ne suis pas à votre service.. Au service de qui est-il, d’ailleurs ? Il a chipoté pour tout, les horaires, l’âge de Camille qui n’aurait pas les quatorze ans requis pour être marraine (d'où sort ce règlement ?) . Pour un peu, il leur aurait fermé la porte. Il a fallu l’intercession de Fanette, une des sœurs aînées d’Emmanuel qui prend une part active dans la paroisse, pour que l’affaire se fasse. Il me semble que je n’ai pas le choix, a-t-il fini par maugréer. Quelle pitié que ces gens qui utilisent leur pauvre pouvoir pour peser sur les autres. Il en est tant. Chez les juges, chez les flics, les médecins, les enseignants, les guichetiers. J’ai repensé à l’adresse du Christ aux Pharisiens dans L’Evangile de Matthieu : Malheur à vous, qui fermez aux hommes le Royaume des Cieux ! Vous n'y entrez pas vous-mêmes, et vous ne laissez même pas y entrer ceux qui le voudraient !
Dimanche 15 mai 2011. 20h00.
Par Xavier Houssin le samedi 28 mai 2011, 11:49
Avec les courses, rue Daguerre, Amélie a rapporté Marianne. Joseph Macé-Scaron y consacre une page entière à La fausse porte. J’ai été traversé d’une gêne délicieuse en lisant son papier. J’ai de la chance de tant de compréhension, de tant de proximité... Nous recevions à déjeuner à la maison Laurence et ses deux filles, Gaïa et Josepha. Nous aurions dû être tous ensemble à Carolles ce week-end. Parties de pêche et promenades. Les interminables suites de ma fracture ont repoussé à loin ces projets. J’étais un peu inquiet aussi, aujourd’hui, qu’elles ne soient pas à l’aise. Je garde de ces souvenirs où on vous emmène, enfant, chez l’un, chez l’autre. Où il faut faire bonne figure tant on vous a gentiment sermoné. J’avais envoyé des lettres à ces deux petites, mais nous ne nous étions vus qu’une seule fois. Inquiet ? En quelques instants, tout a été emporté. L’après-midi m’a paru courte. A elles aussi, je crois.
Samedi 14 mai 2011. 23h15.
Par Xavier Houssin le samedi 28 mai 2011, 11:48
Claire et Emmanuel sont venus à Paris ce week-end pour voir Gabrielle. A peine eu le temps de poser leurs valises à Magagnosc de retour du Mexique. Ils ne quittent décidemment pas les petits-enfants. D’autant que, là-bas, Virginie est de nouveau enceinte. Une autre fille ? Un garçon ? Si c’est une fille, ont expliqué Camille, Victoria et Valentine, nous, on sait faire… Et d’ailleurs, on lui prêtera nos jouets. Mais si c’est un garçon, nous sommes contentes aussi. Parce que Papa se sentira moins seul… Claire répète et répète l’histoire à l’envi. Radieuse. Nous nous sommes retrouvés à l’heure du dîner rue Marmontel. Gabrielle dormait. Le brouhaha des conversations l’a réveillée. A force de passer de bras en bras, elle s’est mise pleurer. De faim et d’inquiétude. Redoublant de cris. J’ai senti Marion gênée. Qu’est-ce qu’elle a ?, a demandé Jérôme. D’habitude, elle ne fait jamais ça. D’habitude ? Je n’ai rien dit. Je lui ai juste envié la remarque. Elle a douze jours, Gabrielle.
samedi 21 mai 2011
Vendredi 13 mai 2011. 22h20.
Par Xavier Houssin le samedi 21 mai 2011, 21:53
Amélie m’a accompagné à la consultation à l’hôpital. Quel vendredi 13... Chirurgienne, interne, infirmière. J’ai bien vu qu’ils tordaient le nez. J’ai une infection sur la plaie de mon opération. Me voilà sous antibiotiques, et pour un moment. J’en ai plus qu’assez de ce temps où s’entortillent la maladie, l’accident, le mal-être. Je n’en vois plus la fin. Je n’arrive plus à rien faire. Je me décourage sans cesse. Dans l'après-midi, j’ai repris mes lectures. Pour le prix Pagnol. Pour Le Monde. Je n’ai rien proposé là-bas depuis des semaines… Géraldine est venue prendre un verre à la maison. Elle est restée un bon moment avec nous à dépiauter les nouvelles. C’était bien.
Jeudi 12 mai 2011. 21h00.
Par Xavier Houssin le samedi 21 mai 2011, 21:46
La fausse porte est dans le supplément littéraire du Figaro de ce matin. L’article est signé d’Astrid de Larminat. On ne se connaît pas. Jamais vus, je crois. J’avais retenu sa signature très vite, il y a longtemps, à cause du général Edgard de Larminat (qui est-elle par rapport à lui ?) qu’avait, autant que je l’ai compris, bien connu mon père. En Indochine, puis dans la France libre et après. Je sais si peu de la vie de mon père. Quelques noms, justement. Et des moments sans liens. Il ne m’a rien confié. Il ne m’a rien laissé. Et puis, de son côté, il ne reste plus personne. Je me demande comment je ferais si je m’attelais un jour à reprendre cette histoire… J’ai déjeuné avec Élodie. Nous avions rendez-vous à la Cigale, rue Récamier. Terrasse ensoleillée. J’ai fait des bonjours à plein de gens. Bavardé avec Gérard, le patron, toujours aussi gentil, toujours aussi mondain avec sa clientèle chic. Parlé livres. J'aurais bien fait durer la parenthèse. A bientôt... Je suis rentré à la maison. Usé les escaliers avec mon pantalon. Encore cette fatigue. Il faut pourtant que je me remette au travail.
Mercredi 11 mai 2011. 20h30 .
Par Xavier Houssin le samedi 21 mai 2011, 00:24
Amélie est remontée à l’appartement avec le pain du petit déjeuner et les journaux. Un journal surtout. Aujourd’hui, j’ai eu un papier de Christine Ferniot dans Télérama. En 2004, elle avait déjà chroniqué mon 16 rue d’Avelghem. J’ai lu, gêné, ravi. Elle parle de retourner en enfance, comme on rentre le soir à la maison. J’aime bien cela… J’ai souri. Tu es content ? Nous avions rendez-vous du côté de la Bastillle avec les deux avocats qui vont nous aider à démêler les conséquences de l’accident auprès de l’assurance. Car si tout semble assez clair au niveau des conséquences « médicales », les choses vont être plus compliquées en ce qui concerne mon préjudice financier. Je ne travaille presque plus en ce moment, faute d’avoir la tête à proposer de nouveaux articles. Je suis en peine aussi à me déplacer et cela arrive juste au moment de la sortie du livre. Il va falloir quantifier tout cela et ce n’est pas forcément très quantifiable. Pour l’instant j’entasse les documents dans une chemise et je remets au lendemain l’instant de m’y mettre. J’ai déjeuné avec Capucine. Elle a déménagé du côté de la place Pigalle. Et vient d’adopter un chaton qui s’appelle Tchekhov. Nous avons parlé aussi de mes projets. Un autre roman auquel je pense et qui commence à prendre sa place, de riens en riens, par moments. Et d’autres écritures. Tout cela s’enberlificote. Je me sens tellement embrouillé ces temps derniers… Visite de l’infirmière au soir. Piqûre, pansement. Elle a fait la grimace. D’accord, d’accord. Je prends rendez-vous à l’hôpital.
Mardi 10 mai 2011. 21h45.
Par Xavier Houssin le samedi 21 mai 2011, 00:20
Le rituel des mes sorties… Verrouiller les serrures de l’appartement en équilibre sur une jambe. Descendre les escaliers sur les fesses, les béquilles d’une main, l’autre accrochée aux barres de la rampe. Rétablissement en bas. Je maintiens la porte d’entrée avec l’épaule. Dans la rue, assis sur un rebord de fenêtre, j’appelle un taxi à la borne de la place Denfert-Rochereau. Donner l'adresse. Vous voyez où c’est ? Se glisser dans la voiture. S’en extraire à l’arrivée. J’étais invité à RCJ par Caroline Gutmann. Nous avons passé une heure d’interview amicale. Pour ton livre, je suis sûre que tout va aller bien…
jeudi 19 mai 2011
Lundi 9 mai 2011. 16h20.
Par Xavier Houssin le jeudi 19 mai 2011, 17:39
J’ai aidé comme j’ai pu Amélie à mettre en place les cinq hortensias (Générale vicomtesse de Vibraye) que Jean-Pascal nous a laissés hier. Nous avons arrosé abondamment. Tout est sec. La terre fait sable. Les plantes vont souffrir. Nous ne revenons pas avant une quinzaine de jours. Pas envie de partir.
Dimanche 8 mai 2011. 21h15.
Par Xavier Houssin le jeudi 19 mai 2011, 17:38
Norbert et Annick se venus prendre un verre. Ils nous avaient prévenus : On apporte tout ! Les rillettes de maquereau et le blanc d’Anjou. Pas moyen après de les garder déjeuner. Une autre fois, une autre fois. Norbert avance à un train de sénateur, mais droit sur ses béquilles... L’hôpital lui a posé un nouveau plâtre avec un talon sur lequel il peut prendre appui. Moi, mon cas ne s’arrange pas. J’ai toujours aussi mal et, hier, l’infirmier qui vient faire me faire piqûres et pansement a regardé ma plaie d’un air un peu circonspect. Faudrait faire quelque chose… Jean-Pascal est passé de retour de sa semaine en famille dans les Anglo-normandes. Guernesey surtout. Ils sont allés une journée sur Sercq. Il parlait de la Coupée, de la Sablonnerie, d’Elizabeth. J’entendais sans écouter. J’étais là-bas. De retour dans l’île…
Samedi 7 mai 2011. 20h20.
Par Xavier Houssin le jeudi 19 mai 2011, 17:36
Georgette est venue déjeuner. Amélie avait fait les courses à Granville. Arrivée tard. Il ne restait presque plus rien. Elle a remonté la halle. Etals clairsemés chez les poissonniers. Maraîcher dévalisé. J’ai acheté ce que j’ai pu. Moi, j’étais resté au jardin, assis, à faire comme si je regardais pousser les fleurs. A guetter les roitelets dans les hautes branches des sapins. Sri, sri, sri… A compter les bourdons, les premiers papillons.
mercredi 18 mai 2011
Vendredi 6 mai. 23h00.
Par Xavier Houssin le mercredi 18 mai 2011, 12:01
J’ai eu des nouvelles des étudiants par Astrid. Elle faisait ses premiers cours avec eux cette semaine. Ils me manquent. Quelques uns continuent à m’envoyer des messages. Je n’ai pas grand courage à leur répondre. Je renvoie juste un petit mot. J’essaie d’accompagner un peu leur demandes de stages. Mais je me sens si loin de tout en ce moment. Nous sommes partis en Normandie au train de dix heures et demie. Toujours la même expédition. Fauteuil roulant le long du quai, gymnastique pour monter dans le wagon… J’ai encore passé tout le trajet à garer ma jambe dans le couloir des allers et venues des voyageurs. Arrivé épuisé. J’ai invité Amélie à déjeuner sur le port. Fruits de mer et vin blanc frais. Il faisait un temps d’été. Nous avons rejoint doucement la maison. Au jardin, les rosiers ont presque tous fleuri. Le Cecile Brunner, le Generous gardener. Ceux que nous avons mis en place à l’hiver ont éclot aussi. Miss Alice, Gertrude Jekyll, Glamis castle. Je me suis aperçu que, dans la précipitation des plantations de janvier, j’ai installé dans la plate-bande, le grimpant Amelia que je réservais pour l’arrière de la maison. Nous sommes allés voir Georgette. Elle s’inquiète pour moi. Ce n’est pas normal que tu continues à avoir mal. Trié la montagne de courrier qui attendait à la maison. Nous étions invités à dîner au presbytère de Donville par Jean-Luc pour fêter ses quarante-sept ans. Il revenait de Venise. Des amis lui avaient offert le voyage. Soirée un peu disparate, et un rien étrange. Il y avait là sa sœur aînée, Régine. Un couple d’anciens restaurateurs de l’Orne et visiblement « piliers » de la paroisse. Discussion sur les villes touristiques et les cuisines locales. Je me suis entendu parler de sainte Thérèse d’Avila et de la dispersion de ses reliques. Bon, on va rentrer à la maison…
Jeudi 5 mai 2011. 22h50.
Par Xavier Houssin le mercredi 18 mai 2011, 11:59
J’ai vu avec Floryse une partie de la sélection du prix Marcel Pagnol 2011. Je suis heureux d’avoir pu y glisser le livre de Joëlle Miquel, Le lit de Rose et celui d'Emmanuel Arnaud, Arthur et moi. Les autres titres sont cohérents. De beaux textes aussi.... Réunion du jury fin mai. J’ai essayé d’avancer un peu dans les papiers d’assurance pour l’accident. J’en ai perdu, j’en perds, je m’y perds. Jérôme est venu dîner à la maison avec Juliette, la sœur aînée de Marion et son mari Edouard. Pour continuer de fêter Gabrielle.
lundi 9 mai 2011
Mercredi 4 mai 2011. 22h30.
Par Xavier Houssin le lundi 9 mai 2011, 17:46
La fausse porte est en librairie aujourd’hui. Pour mes autres livres, à chaque fois, j’avais été faire un tour. La vitrine, les piles sur les tables, les rayonnages. Là, c’était plus compliqué. J’aurais pu clopiner jusqu’à la librairie d’Olivier Renault, L’arbre à lettres, rue Boulard. Mais dans cet exercice narcissique du « je vais voir », je n’avais aucune envie de rencontrer quelqu’un de connaissance. Olivier que j’avais croisé l’autre jour dans la rue comme Amélie me poussait dans ma chaise à roulettes, m’a proposé de faire une signature. J’irai dès que je peux. Avec bonheur. J’ai aussi des propositions à Senlis, à Granville, à Compiègne, à Lille. J’attends également des papiers dans la presse. Mais je reste inquiet de ce livre. J’ai peur de ne pas pouvoir, de ne pas bien savoir l’accompagner. Avec mon immobilité forcée qui dure, je me sens désemparé. J’ai laissé filer l’après-midi. J’ai retrouvé Amélie aux Cousins d’Alice, le magasin de jouets de la rue Daguerre à deux pas de la maison. Rencontré là-bas Sarah et Noé, son petit garçon qu’elle rebaptise quelquefois Néron. Le bonhomme a bien essayé de faire son imperator en réclamant avec beaucoup d’insistance je ne sais quelle effrayante figurine (un monstre juché sur un dinosaure ?), mais elle a tenu bon. Et tout est rentré dans l’ordre sans qu’il soit vraiment trop dépité. Il a du mérite... Dans cette caverne d’Ali Baba où tout est à portée de menottes, j’imagine sans peine combien il est difficile, à deux ans et demi, de rester stoïque. J’ai choisi une peluche, une souricette à poil beige, douce et câline, pour Gabrielle. Nous sommes allés la voir dans le XVe, à la clinique où elle est née. Dans le berceau transparent de la maternité, elle dormait en souriant aux anges. C’est d’ailleurs ce à quoi elle occupe le plus ses premières journées. Marion et Jérôme ont essayé doucement de la réveiller. Juste pour nous monter qu’elle avait les yeux bleus… Peine perdue. Un froncement de nez, une moue minuscule. Gabrielle n’avait pas, mais vraiment pas, envie de les ouvrir. J’ai caressé sa joue. Dans son sommeil, elle a attrapé mon index, l’a serré dans son poing. Amélie a fait des photos. Ce gros doigt, pris dans sa toute petite main, c’est le mien. J’ai senti que ça piquait derrière mes paupières. On y va ? Nous avons dîné chez Péret, en terrasse. Amélie m’avait invité pour la sortie du livre.
samedi 7 mai 2011
Mardi 3 mai 2011. 23h10.
Par Xavier Houssin le samedi 7 mai 2011, 19:58
Ma rentrée à Jeux d’Epreuves... J’enregistrais deux émissions à la suite pour les samedis de fin mai. Amélie est venue avec moi jusqu’à la Maison de la radio. Elle m’a fait encore un bout de chemin à l’intérieur. C’est fou ce qu’il y a comme marches, comme couloirs et comme portes là-bas. J’ai descendu un dernier escalier pour accéder au 119. Un grand studio, un peu délabré, au décor des années 1970. Retrouvé, autour de Joseph, Josyane, Baptiste Liger, Sébastien Le Fol. Je présentais Le monde sans vous de Sylvie Germain, deux textes distincts, rassemblés, écrits après la disparition de sa mère, de son père. L’un, comme une divagation poétique où les associations, les réminiscences, les sentiments épars se mêlent et fondent dans l’interminable trajet, de Moscou à Vladivostok, du Transibérien. L’autre, échardé de lieux et de moments d’existence. Rien de triste vraiment, le chagrin dilué ravine doucement. Mais, hélas, il n’y avait que moi que ce livre avait touché. Les critiques, d’une prise de parole à l’autre, ont grandi, débordé, enflé, jusqu’à gronder. Baptiste Liger (et peut-être même aussi Sébastien Le Fol…) a parlé d’afféterie. Comment peut-on aller chercher dans ce texte doux de la prétention, de la préciosité, d’excessives manières ? Tant pis pour eux. Josyane défendait Noir souci, de René de Ceccatty. Une réflexion intime, habitée, sur la « passion chaste » entre Giacomo Leopardi et Antonio Ranieri. Le bonheur de l'homme ne peut consister dans ce qui est réel, disait Leopardi. Depuis que j’ai lu ce récit, je continue de mordiller la phrase. Deuxième enregistrement avec Cécile, Clara et Frédéric Ferney. J’y ai été plus heureux avec Le monologue de Teresa d’Alicia Duvjone Ortiz. Il faut dire que ce texte à la première personne est époustouflant. Alicia Duvjone Ortiz donne à Thérèse d’Avila une voix brûlante, incarnée. On y entend ses plaintes et ses désirs, ses râles, ses prières. Sainte des douleurs et des vertiges. De la conversion permanente et de l’humilité. Joseph m’a raccompagné en taxi à la maison. Passé une après-midi de griffonages, de courrier inachevé. J’ai attendu Amélie. Nous sommes allés dîner au bistrot de Paris pour fêter, à un jour près, nos deux ans de mariage. A nous...
mercredi 4 mai 2011
Lundi 2 mai 2011. 23h00.
Par Xavier Houssin le mercredi 4 mai 2011, 17:50
Gabrielle est née cet après-midi à l’heure du goûter. A 16h26 pour être précis. Elle va bien. Marion aussi. Toutes les deux dorment à l’heure qu’il est. Jérôme est venu nous voir en rentrant de la maternité. Nous avons bu du champagne. Il était fatigué. Nous irons la voir mercredi ou jeudi, cette petite fille.
Lundi 2 mai 2011. 11h00.
Par Xavier Houssin le mercredi 4 mai 2011, 17:49
On s’est embrassés. Bon anniversaire. Amélie a filé au travail. Deux ans… J’ai regardé les photos de ce 2 mai 2009. Elle était toute en rouge à la mairie de Carolles. Il y avait tous ces gens. Je me suis juré ce jour-là que plus rien, jamais, ne se passerait sans elle.
Dimanche 1er mai 2011. 20h50.
Par Xavier Houssin le mercredi 4 mai 2011, 17:48
Levés tard. Pas sortis. Pourtant j’ai bien pensé aller acheter un petit bouquet pour Amélie. Aujourd’hui, il y a des vendeurs de muguet à tous les coins de rues. Mais impossible de faire la moindre course tout seul. Tant pis pour le 1er mai. Je trouverai d’autres fleurs, d’autres porte-bonheur. Plus tard. Jérôme a appelé dans l’après-midi. Il était presque en pleurs. Submergé d’émotion. Pardon, je ne peux pas m’empêcher. A quelques jours de la naissance de sa fille, le voilà envahi par la peur de ne va pas être à la hauteur.
Samedi 30 avril 2011. 22h40.
Par Xavier Houssin le mercredi 4 mai 2011, 17:48
Tout ce beau temps dehors. Le lierre de la cour fait des feuilles neuves. Le mur, au matin, s’envahit de soleil. Je n’en peux plus de rester enfermé. Nous sommes sortis. Oh, pas bien loin. J’ai fait rouler mon fauteuil jusqu’à la place de la mairie. Nous avons déjeuné au Jeu de quilles, rue Boulard. Nathalie est passée prendre un café avec nous à la maison dans l’après-midi. Son vieux père est hospitalisé à La Rochefoucault. Nous avons parlé de nos livres, de nos projets. De la vie qui va, comme elle peut, dans la précarité de l’écriture. De notre manière d’être toujours inquiets. Dimanche dernier, en apprenant la mort de Marie-France Pisier, j’avais repensé au court-métrage de Truffaut, Antoine et Colette. Et à ce plan où, assise dans la salle de concert des Jeunesses musicales de France, se sentant observée, elle mordille nerveusement sa médaille. Tire sur l’ourlet de sa jupe. Amélie n’avait pas trouvé le film chez le marchand de dévédés de la rue Daguerre et, du coup, je m’étais décidé à commander le coffret du « cycle Doisnel ». Nous avons commencé par regarder Les 400 coups. Pas revu depuis les années 1970… J’avais un peu peur du temps qui avait passé. Mais l’émotion est intacte.
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