J’ai envoyé à Lanwenn mon papier sur le deuxième volume des Carnets (1937-1947) de Paul Gadenne paru aux Éditions des Instants. Comme beaucoup, j’avais découvert Gadenne avec Baleine, sa nouvelle rééditée en 1984 par Actes Sud. Sur une crique proche de la plage d'une villégiature d'été, un grand cétacé s'est échoué. Une baleine blanche, brillante comme une carrière de marbre. Un couple d'amants s'en va voir le spectacle. La bête gît sur le sable. Ils sont là immobiles. Je regardais Odile, puis la baleine ; puis je retirais mon regard à la baleine, difficilement, et je le rendais à Odile, n'osant lui dire ce que je rapportais de cette confrontation, n'osant m'avouer à moi-même ce que je pensais de sa fragilité, qui était la mienne. Le texte m’avait chaviré. Et j’avais peu à peu remonté l’œuvre, de trouvailles chez les bouquinistes en reparutions. Jusqu’à ces Carnets… Un premier tome aux Instants rassemble ceux écrits entre 1927 et 1937. D’autres avant chez Séquences.