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Par Xavier Houssin le mardi 16 juin 2026, 13:05 - Lien permanent
J’ai envoyé à Lanwenn mon papier sur le dernier Michel Bernard, L'automne d’André Derain, où il s’arrête sur le voyage que fit le peintre en Allemagne en octobre 1941. Un train des artistes appareillé par la Propagandastaffel dans lequel beaucoup vont aussi embarquer. Derain a soixante-et-un ans et il a beau être célèbre, il n’est plus grand-chose. Mais je suis mauvais juge. Sa peinture m’indiffère et le bonhomme me déplaît. Il n’empêche. Michel Bernard va remuer les années, fouiller les consciences. Il pose un regard lucide, sans jugement, sur cette époque en effrayant désordre. Mon père, du peu qu’il m’ait confié sur ces temps-là, lui qui avait rejoint la France Libre au tout début, disait de ceux qui étaient restés fidèles au régime de Vichy Ils ont juste choisi le mauvais côté. Il savait combien, au-delà des convictions, cela tenait aussi à peu de choses. Mais Derain… J’ai profité de l’envoi pour dire à Lanwenn que je ne comprenais pas pourquoi on avait trouvé utile de changer dans mon papier sur Peter Pan la phrase ...et qui est aussi le refuge d’enfants perdus qu’une petite fille, Wendy, va tous adopter en ... et qui est aussi le refuge d’enfants perdus qu’une jeune fille, Wendy, va tous adopter. Que je sache, Wendy est une bien une petite fille et c’est parce qu’elle grandit et qu’elle devient une jeune fille justement, qu’elle ne retourne plus au pays imaginaire. Je me demande ce qui se passe dans la tête de celui qui chipote le texte ainsi. J’ai beau savoir que le journal dans peu de temps va servir à emballer les épluchures de légumes, et que ça n’a pas d’importance, ça agace…
