Juan Goytisolo est mort ce matin à Marrakech où il vivait depuis une vingtaine d’années. Florence m’avait commandé sa nécro (en avance !) au printemps 2014. Je ne suis jamais parvenu à en écrire une ligne et je ne m’explique pas bien pourquoi. J’avais pourtant été à l’époque rencontrer Aline Schulman, sa traductrice, chez elle, rue d’Auteuil. J’avais consciencieusement lu ses deux textes autobiographiques, Chasse gardée et Les royaumes déchirés. J’avais épluché la presse espagnole. Et puis, rien, ou rien à faire. Je n’arrivais pas à m’y mettre. Florence m’avait relancé plusieurs fois avant d’abandonner, de guerre lasse. J’aurai porté cette impuissance pendant trois ans, essayant plusieurs fois de la surmonter, sans résultat. Dire que l’œuvre de Goytisolo ne me touche pas, que son parcours d’existence me laisse indifférent ne suffit pas à expliquer cette étrange inhibition. Il ne me reste qu’a ranger l’histoire dans le volumineux classeur de mes échecs. Petits et grands.